ÉGLISES
C’est au crayon de lhomas Baillairgé que l’on doit les plans d’un grand nombre de nos temples, de 1812 à 1850, sur les deux rives du fleuve St-Laurent et ailleurs, Ces églises font honneur non seulement à l'architecte, mais aussi aux paroisses qui les ont fait construire, malgré les faibles ressources de l’époque.
A ceux qui seraient tentés de déprécier ou de critiquer les œuvres de nos anciens architectes en ce pays, nous dirons : — songez à la pénurie des temps où ils ont vécu.
Songeons aussi qu’un architecte n’est pas toujours libre de faire ce qu'il désire et qu’il est assez souvent obligé de dresser ou de modifier ses plans pour se conformer aux exigences de ceux qui l’'emploient.
Citons un cas : — Nous disions dans la biographie de Francois le père de Thomas, que son bulduquin de la cathédrale, tout remarquable qu’il soit comme œuvre artistique, n’en est pas moins une licence en architecture. Est-ce la faute de l’artiste ? Assurément non. Il n'iguorait pas qu’un baldaquin, pour être parfait, doit reposer sur des colonnes ; mais on lui fit retrancher les colonnes pour les remplacer par des curiatides, pour donner plus d'espace au chœur du sanctuaire.
Jean, François, Pierre-Florent et Thomas ont tous contribué à lu décoration intérieure de la cathédrale de Québec.
Le Dr J..0, Taché, le ci-devant dépnté- ministre d’Agriculture, etc., à Ottawa, visitait cette cathédrale, vers 1844, avec un étranger de distinction, officier du génie dans l’armée francaise. L’étranger fut frappé de la belle ordonnance, du bon goût et de la simplicité imposante de cet intérieur d'église, et, en sortant, il dit : — Celui qui, avec une pareille sobriété de moyens, a produit cet effet saisissant, était un architecte.” Cet architecte, lui dit M. Taché, était un Baillairgé. (1)
Aujourd’hui nos moyens sont plus grands, mais on vise à la nouveauté : l'architecture classique y a-t-elle gagné ? Les réponses de Vignole, de Blondel et de Viollet Leduc, nous surprendraient.