‹ Notices biographiquesChapitre 11 sur 18 · KO — ^^H · texte numérisé non relu

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qui avait été décrété, il donna sa démission j plutôt que de s'associer à des rigueurs qui lui j

paraissaient excessives. Il écrivait aux adminis-

trateurs du département de la Meuse-Inférieure :

« ... Je ne me sens pas l'énergie ou plutôt le (

barbare courage de porter la désolation et

le désespoir au sein des familles, en les con-

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traignant, l'épée aux reins, à fournir leurs

taxes... L'honneur me fait un devoir d'abdiquer '

mes fonctions; le cri de ma conscience me défend de torturer plus longtemps mes sembla-

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bles... »

Pendant les deux années suivantes, Henne-

quin se chargea de la direction des bureaux du

receveur général à Maestricht.

Le 4 mai 1799, il était élu membre de l'admi-

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(') Voir Notice nécrologique sur M. J.-F. Hennequin,

par F. Capitaine (Liège, 1846, in-8°).

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JBAN-rRANÇOIS HENNEQTJIN. 63

nistration centrale du département de la Meuse- Inférieure. Là encore il donna bientôt une preuve de l'énergie de son caractère en faisant révoquer par le Directoire exécutif la mise en état de siège de Maestricht et de Venloo, ordonnée par le général Tilly. Il se rendit lui-même à Paris pour hâter la décision et adressa une vigoureuse protestation au Directoire. Il lui disait : « ... Veut-on continuer à traiter la Belgique en pays conquis, à ce titre y perpétuer le régime militaire et subordonner à celui-ci l'autorité civile?... Le premier coup d'essai est consommé; l'avilissement absolu de l'autorité civile est le résultat nécessaire de la continuation du régime militaire dans ces contrées. »

Le 26 avril 1800, Hennequin devint conseiller de préfecture, et il conserva ces fonctions jusqu'à la fin du premier empire.

Désigné plusieurs fois pour remplir par intérim les fonctions de préfet, il usa de son autorité pour s'opposer à l'arbitraire, et de nombreux prisonniers lui durent leur liberté.

Après la création du royaume des Pays-Bas, Hennequin fut naturalisé Belge par des lettres d'indigénat délivrées à La Haye, le H novembre 1815. Le 19 avril 1816, il était nommé membre de la députation des états de la pro-

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vince de Limbourg. En 1817, ceux-ci l'envoyèrent comme leur mandataire à la seconde Chambre des états généraux. Mais il ne garda point longtemps ce mandat; il y renonça, malgré les instances de ses concitoyens, parce qu'il ne comprenait pas suffisamment, disait-il, la langue hollandaise pour suivre les discussions qui s'engageaient dans cet idiome. Il venait, au surplus, de rendre un notable service à la province en faisant abolir la perception illégale du double droit qui pesait sur la navigation de la Meuse.

Ëlu par ses concitoyens membre du conseil de régence de Maestricht, Hennequin fut nommé bourgmestre le 23 novembre 1819. Un épisode devenu célèbre allait lui assurer une grande popularité. La régence de Maestricht avait été requise par le gouvernement de mettre à exécution la loi du 27 février 181 S qui organisait une garde urbaine {schutterye) dans les provinces du Nord. Dix membres du conseil, M. Hennequin en tète, votèrent contre l'application de cette loi « par le motif que la ville de Maestricht n'avait jamais fait partie exclusivement des provinces hollandaises, mais avait toujours été, depuis 163S, régie et gouvernée conjointement par les états généraux des Provinces-Unies et

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le prince-évêque de Liège, comme un État et une province à part. » Les opposants furent décrétés d'accusation et l'affaire renvoyée devant la cour de Liège pour cause de suspicion légitime. Les neuf conseillers ayant été mis définitivement hors de cause, M. Hennequin seul fut traduit devant la cour d'assises. Il comparut le 10 juillet 1821; au banc de la défense se trouvaient MM. Etienne de Sauvage et Destouvelles ; à côté de l'accusé vint s'asseoir le baron Erasme- Louis Surlet de Chokier, comme conseil et ami de l'homme dont il avait apprécié, depuis le temps de la république, les nobles et énergiques qualités. Ce procès eut un retentissement extraordinaire. Les défenseurs démontrèrent la légalité de la résistance du bourgmestre de Maestricht; Surlet rappela les éclatants services de son ami. Hennequin fut acquitté et ramené triomphalement dans le chef-lieu du Limbourg.

Après avoir pris l'initiative de la résistance constitutionnelle, Hennequin rentra pour quelque temps dans la vie privée sans jamais rien perdre de la faveur de ses concitoyens. Le 2 octobre 1827, il était réélu membre du conseil de régence et, au mois de juin 1829, des états provinciaux.

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Hennequin allait avoir un rôle plus marquant lorsque éclata la révolution qui devait détruire le royaume des Pays-Bas. Le 13 octobre 1830, il était chargé de remplir provisoirement les fonctions de bourgmestre de Maestricht. Le 10 novembre suivant, l'arrondissement le nommait membre du Congrès national.

11 vota pour l'indépendance du peuple belge et l'exclusion des Nassau de tout pouvoir en Belgique ; il eut surtout la satisfaction de contribuer à l'élection de Surlet de Chokier en qualité de Régent.

Nommé le 2 avril 1831 gouverneur du Limbourg, Hennequin crut devoir se retirer du Congrès pour se consacrer tout entier aux nouvelles fonctions auxquelles il était appelé. Le baron de Loë, son prédécesseur, mandait à Bruxelles que M. Hennequin connaissait mieux que lui la province, qu'il avait de grandes connaissances administratives et que sa nomination serait très-bien accueillie. Hennequin montra un dévouement et une énergie au niveau de la crise révolutionnaire.

Il garda pendant trois ans le gouvernement alors très-difficile du Limbourg belge.

Le 21 septembre 1834, à la suite d'un rema-

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niement dans les hauts emplois administratifs, Hennequin reçut inopinément la démission de ses fonctions ; c'était, comme il le disait, une mesure réellement inattendue. Il en garda un vif ressentiment contre M. de Theux, alors ministre de l'intérieur ; il avait d'ailleurs exprimé ses regrets de ne pouvoir, dans les circonstances présentes, accepter la croix de chevalier de l'ordre de Léopold qui accompagnait la démission.

Hennequin vint habiter Liège. Le 14 juillet 1836, il y était nommé conseiller communal, et, le 13 juin 1843, le collège électoral de l'arrondissement l'envoyait au Sénat. Il donna sa démission, le 27 février 1846, en alléguant la faiblesse de sa vue. Depuis plusieurs années il résidait dans le domaine de Gingelom, où Surlet de Chokier était mort en 1839. Déjà, en 1821, Surlet lui écrivait : « Renonçant aux douceurs du mariage, je dois chercher à m'assurer celles de l'amitié, et je trouverai tout cela dans votre cœur et dans celui de votre chère moitié. »

Il exprimait ensuite l'intention de transmettre à son ami la propriété de la terre de Gingelom, sauf à s'en réserver l'usufruit sa vie durant. Par délicatesse, Hennequin déchna cette offre. En 1830, Surlet écrivit son testa-

JEAN-rEANÇOlS HENNEQUIN,

ment et institua définitivement Hennequin son héritier.

Ce fut au château de Gingelom que Hennequin s'éteignit, le 28 octobre 1846, à l'âge de septante-quatre ans. 11 repose près de son ami, près de Surlet, que le peuple appelait le bon régent.

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EXTRAIT DU CATALOGUE DE LA LIBRAIR/E EUROPÉENNE DE C. MUQUARDT, HENRY MERZBACH, SUCCESSEUR (Bruxelles, Gand et Leipzig.)

LES FONDATEURS DE LA MONARCHIE BELGE PAR Théodore Juste

Léopold /- roi des Belges, d'après des documents inédits • Première partie (1 790-1832), 1 vol. in-8».

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