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AVANT-PKOPOS.
la réalisation de ce plan. En 1866, déconcerté par la foudroyante victoire que les Prussiens avaient remportée à Sadowa, l'empereur des Français chercha des dédommagements en Allemagne. N'ayant pu obtenir un pouce du territoire germanique, il se tourna vers les provinces belges. Pendant quatre années il conspira contre elles, contre leur indépendance. Il avait proposé à la Prusse de reconnaître les changements survenus en Allemagne à condition que la Prusse l'aiderait à subjuguer la Belgique ('). Cette coopération ayant été refusée, malgré les plus tenaces efforts de Napoléon III, celui-ci, en 1870, saisit un prétexte pour attaquer la Prusse, avec l'espoir de la vaincre et d'obtenir pour prix de la victoire les provinces belges et rhénanes.
Dans cette guerre insensée, Napoléon III trouva sa ruine.
Mais cette terrible leçon paraît déjà oubliée. Wœrth, Forbach, Sedan, ne font plus frissonner. Des publicistes avides d'une popularité de mau-
(') Voir nos écrits : Napoléon III et la Belgique; le traité secret d'après des documents nouveaux (Bruxelles 1870, in-8°), et M. de Bismarck et Napoléon III à propos des provinces belges et rhénanes (Bruxelles 1871, in-8°).
AVANT-PUOPOS. XVI]
vais aloi se sont de nouveau efforcés de réveiller les plus dangereuses passions. Ces publicistes sont les ennemis implacables de la Belgique indépendante. Ils ont feint de condamner la folle et désastreuse ambition de Napoléon III, ils l'ont rendu naguère responsable des malheurs de la France, et que fontils maintenant? Détournant les yeux de l'Alsace et de la Lorraine, que possède l'empire allemand, ils cherchent, eux aussi, un dédommagement dans l'anéantissement de la nation belge. Reprenant les traditions de 4792 et de 1870, foulant aux pieds des traités sanctionnés par l'Europe entière, ils prêchent la déloyauté et la rapine pour rétablir la suprématie française. Belges, défions-nous de ces nouveaux Brissot, de ces nouveaux Danton, et combattons-les sans cesse. En demeurant unis et vigilants, nous saurons maintenir notre nationalité et notre indépendance; et quand sonnera pour d'autres, s'ils cèdent à de décevantes déclamations, l'heure de nouvelles catastrophes, nous serons, comme en 1848 et en 1870, préservés de la foudre!
Bruxelles, 1" novembre 1875.
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JEAN-JOSEPH RAIKEM 1
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Jean-Joseph Raikem, issu d'une bonne et ij^l
vieille famille de la bourgeoisie, vit le jour à ^^|
Liège le 28 avril d 787. Après de brillantes études, f^l
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il voulut suivre la carrière où son père s'était ^^H
déjà distingué. Il obtint, le 12 août 1809, de la \^M
faculté de droit de Bruxelles, le diplôme de ^|
licencié, et retourna à Liège oii, par son intelli- '^M
gence pénétrante, ses rudes et i ncessants labeurs, ^H
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sa profonde érudition, il s'éleva graduellement ^|
au premier rang dans l'ordre des avocats. ^|
En 1829, du vivant encore de son père, il était ^^Ê
nommé bâtonnier. Déjà il siégeait au conseil ^H
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de régence, et, en juillet 1830, les états pro- l^M
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2 JEAN-JOSEPH RATKEM.
vinciaux de Liège l'envoyèrent aux états généraux comme l'un de leurs représentants.
M. Raikem appartenait à l'opinion catholique et, très-étroitement lié avec MM. de Gerlache et de ïheux, il était leur actif auxiliaire. Comme eux, il avait travaillé à la formation de l'union des catholiques et des libéraux, et c'est par l'union des deux partis belges qu'il espérait obliger le gouvernement à satisfaire les vœux du Midi.
M. Raikem ne désirait pas une révolution. Il était, comme on l'a dit, peu révolutionnaire de sa nature. « A peine les premiers événements de septembre eurent-ils éclaté, quand déjà les autorités légales étaient renversées à Liège, à Bruxelles et dans d'autres villes, il se rendit à la Haye , en compagnie de M. Deleuw et de M. Dechamps, conseiller à la cour de Liège, pour engager le roi à faire des concessions et pour lui montrer la situation sous son vrai jour. Ces hommes sages comprenaient le danger d'une révolution violente. Mais le roi ne voulut rien entendre ('). "
Par son obstination et son imprévoyance Guillaume I^"" hâta la catastrophe. Le royaume
(') Le procureur général Raikem, par Léon Gollinet, dans la Revue générale (mars 1 875).
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