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Notices et discours

Les différents morceaux réunis dans ce volume seront sans doute relus avec intérêt. La notice sur Charles Blanc rappelle quelques épisodes de la carrière de ce critique éminent et montre avec quelle difficulté fut instituée la chaire d’esthétique et d’histoire de l’art au Collège de France. Il est curieux de voir combien cet enseignement, si bien préparé par les philosophes les plus considérables de notre temps, a cependant eu de peine à prendre sa place dans le cadre des hautes études. Peut-être craignait-on que le sentiment de Fart eût à souffrir de l’exposition de théories contraires à sa liberté ou simplement peu nécessaires à son développement pratique. En tout cas, la personnalité de Charles Blanc rassura ceux qui se tenaient en garde contre les systèmes. Le professeur poursuivit, dans son cours, l’œuvre qui avait fait le

AVEaTISSEMENT.

succès de ses livres; il y continua, en l’associant à l’histoire et à la didactique, cet éloquent appel à l’idéal que Cousin avait, le premier dans ce siècle, fait entendre parmi nous.

Dans la biographie du peintre Jean Alaux, ancien directeur de l’Académie de France à Rome, on trouve un résumé de l’enseignement des arts pendant la Révolution et pendant le premier Empire. Ce résumé historique, tiré de documents que l’on n’avait pas encore consultés, fait voir, accessoirement, quel a été le rôle de Louis David à cette époque qu’il a dominée par son talent, mais où il a rencontré les contradictions les plus vives. L’évolution de l’École française depuis le commencement de la Restauration jusqu’au triomphe du romantisme forme un autre tableau dont l’intérêt est de nous faire assister à la transformation d’une élite d’artistes qui, sortis de l’école classique, se sont heureusement approprié partie des doctrines nouvelles. Enfin, le même travail présente sur les événements qui se sont accomplis à Rome en 1848 et 1849, et aussi sur les idées mises en éveil pendant ces deux années, des souvenirs qui ne sont pas sans valeur, parce que l’auteur a été témoin des faits qu’il rapporte; et aussi parce que son récit rend compte de l’état d’esprit très particulier où vivaient alors les pensionnaires de la villa Médicis, partagés qu’ils étaient entre leur

AVERTISSEMENT. vu

patriotisme et leur amour pour Fltalie. Mais l’objet de cette notice était surtout de remplir envers le Directeur de TAcadémie de France, en ces temps troublés, un devoir de reconnaissance. Cette tâche a été accomplie sans que celui qui s’en est acquitté ait été aveuglé par l’alFection, ou qu’il se soit laissé influencer par la froideur des contemporains pour son maître. Il a fait revivre et il a honoré M. Alaux, peintre de grand talent, directeur plein de modération et de courage, et il lui a rendu pleine justice.

L’étude sur Barye est, particulièrement, une application épisodique du cours que l’auteur a professé au Collège de France pendant Fannée scolaire 1883-1884. Ce cours, qui avait pour sujet la Théorie des arts, sera bientôt publié.

Enfin, on a cru bien faire en joignant à ce qui précède deux discours prononcés par M. Guillaume,en 1869et en 1884, comme présidentde l’Académie des beaux-arts. Le premier porte une date qii’on n’aura pas oubliée. C’était le temps où la classe des Beaux-Arts avait été dépouillée de la tutelle de l’École de Rome et où ses adversaires prétendaient qu’elle avait ainsi perdu sa raison d’exister. Le président montra, au contraire, que l’autorité de la compagnie n’avait jamais été de la part des particuliers l’objet de plus de respect. En eïïeU un mouvement important de l’opinion se

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