‹ Notices et mémoires, Volume 2Chapitre 1 sur 27 · SA CONVERSION AU CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

SA CONVERSION AU CHRISTIANISME

et

SON INTRODUCTION DANS LA SOCIÉTÉ CIVlLIdÉE DE l'eUROPE OCCIDENTALE.

Mémoire la à rAcadénie des sdences nonles et polidfoes daos les séances des 31 aoAt, 12 et 19 octobre et 2 BOTenbre 1839.

Je me propose de montrer, dans ce mémoire, à quelle époque, comment et par qui l'ancienne Germanie a été incorporée dans la société civilisée de l'Occident. L'introduction de la race allemande dans les sociétés régulières et la réunion de son territoire à la partie du continent européen déjà soumise à une organisation semblable et à la même loi morale , est un événement de la plus haute importance. Cet événement du premier ordre, sans changer encore la proportion des masses géographiques entre le monde civilisé et le monde barbare, a changé la proportion de leurs forces. Il a fermé la principale route par laquelle les tribus nomades de l'Europe septentrionale et des plateaux de l'Asie s'avançaient, de temps immémorial, jusque sur les bords de l'Océan et de la Méditerranée, en culbutant tout ce qu'elles rencontraient sur leur passage. Il a préparé et hâté l'heureuse transformation des peuples et des pays placés plus au nord , et qui à leur tour ont étendu le cercle de l'univers policé. Ainsi, l'avènement de toute une race nombreuse , forte , intelligente à îa civilisation qu'elle ' était capable d'accepter , mais non de produire ; la formation d'une digue centrale propre à arrêter ce torrent de peuples qui , d'intervalle II. 1

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en iotervalie, inondait les contrées de l'Ouest et du Sud ; enfin l'unité européenne qui en a été assez promptement la suite : tels sont les graves résultats qui m'ont décidé à traiter ce sujet et à appeler sur lui l'attention de l'Académie^

Civiliser le centre et le nord de l'Europe était une entreprise fort diilicile. Il suffit, pour s'en convaincre, d'observer quelle est la configuration géographique de cette partie de l'ancien continent. L'œil y découvre tout d'abord ce que l'histoire y confirme ensuite , et l'esprit y voit tracées pour ainsi dire d'avance les longues destinées quedéroulent les événements. Le territoire européen, si favorablement disposé pour conserver , entretenir , étendre la civilisation , était peu propre à en faciliter les commencements. Je n'examinerai pas derrière quels abris, dans quelles conditions alimentaires les peuples se fixent sur le sol , peuvent s'y défendre , savent s'y nourrir , et deviennent aptes à cultiver leur intelligence , à étudier la nature, à inventer les arts , à développer la société humaine. Je dirai seulement que la réunion de toutes les circ^stances extérieures nécessaires au grand et difficile passage de la vie errante à la vie stable, de la barbarie à la civilisation, est assez rare pour que des peuples appartenant à la race indo-européenne , la mieux douée de toutes les races , soient demeurés , faute d'avoir rencontré ces circonstances , sans culture sociale depuis les temps les plus reculés jusqu'à peu de distance de notre époque. Ces peuples ont montré plus tard qu'ils possédaient des facultés natives supérieures à celles des nations orientales qui les ont devancés dans la carrière des progrès sociaux. Leur race a fait par l'intelligence et pour la civilisation tout ce qui s'est opéré de plus grand et de plus heureux dans le monde ; et aujourd'hui, souveraine des autres races , elle domine sur presque toute l'étendue du globe dont elle a changé la face. Mais son génie , pendant une longue série de siècles , est resté enveloppé en lui-même, jusqu'à ce qu'il ait trouvé les conditions extérieures qui devaient en provoquer la brillante apparition et le magnifique déploiement. En ceci, les races humaines dépendent moins de leur organisation naturelle que de leur position géographique.

La vieille et primitive Europe possédait-elle quelques-unes de ces positions physiques qui, servant d'abris aux hommes, leur permettent de se développer à leur aise , et de sortir de leur stérilité en cessant leurs coprses? Non. Elle n'offrait , sur presque toute sa surface, que

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des forêts ou des marécages, des steppes stériles, des montagnes froides, des plaines couvertes par des bois immenses ou par des eaux mal dirigées , et elle manquait en général d'arbres à fruits et de plantes alimentaires. Elle ne présentait en outre aucun abri sûr contre le choc incessant des nombreuses tribus nomades qui parcouraient libre-^ ment sa vaste étendue. C'était là l'obstacle fondamental que devait rencontrer toute population dbposée à s'asseoir sur le sol et à se civiliser dans le repos.

En effet, annexe de l'Asie à laqudle la chatnè de TOural la He -, dans une longueur d'environ quatre cents lieues , et qui plus bas a. d&: grandes ouvertures sur elle du câté de la mer Caspienne et par ^es' portes du Caucase , l'Europe était exposée à l'invasion de ses intarissables tribus errantes. Comme la masse de l'Asie est à peu près quatre fois et demie plus forte que la masse nie l'Europe, celle-ci devait opposer dans le principe , et même pendant longtemps , une faible résistance à l'action envahissante de l'autre. Ce n'est pas tout: l'Europe recevait la population nomade ^e l'Asie sur sa partie la plus découverte et la plus compacte, laquelle forme une vaste plaine, qui depuis les versants de l'Oural, les bords de la mer Caspienne et de la mer Noire , s'étend au nord jusqu'à la mer Glaciale , à l'ouest jusqu'aux côtes de l'océan Germanique , et ne s'arrête au sud qu'à la chatne des montagnes Hercinio-Carpathiennes. Cette dernière cbatne, qui se termine aux deux grandes extrémités de la plaine de l'Europe, ne ferme même pas le chemin qui conduit par le nord dans la vallée du Rhin , ni celui qui conduit par l'est dans la vallée du Danube.

II y a dès lors un terrain de la plus spacieuse étendue qui ne présente que de faibles élévations , qui n'est coupé que par des cours d'eau hors d'état de servir de ^rrière , puisqu'ils sont gelés pendant l'hiver, et où les populations n'étant ni retenues ni défendues par rien, devaient rester longtemps incapables de se plaire et de se fixer. Ce terrain , qu'on peut prolonger jusqu'à la ligne du Rhin et du Danube, insuffisamment protégée par la chatne Hercinio-Carpathienne, forme une masse solide à peu près trois fois et demie plus considérable que le reste du continent européen. Ainsi l'Asie pesait d'une partie de sa masse nomade sur l'Europe, qui à son tour pesait de la partie la plus considérable de la sienne sur ses propres extrémités.

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Comment cdies-ci pmifaient-elles supporter un si grand poids et n( pas succomber sous lui? Plus petites , mieux découpées que le reste de l'Europe, elles s'avançaient presque partout en presqu'îles dans la mer. Elles étaient placées sous un climat plus favorable, et elles devaient jouir facilement des productions des autres pays, lorsqu'elle^ y seraient apportées et qu'il serait permis de les y cultiver. De plus elles se trouvaient un peu mieux abritées par d'énormes masses de montagnes qui s'élevaient sur leurs derrières, comme des fortifications naturelles. La presqutle de la Grèce était protégée par la cbatue des Balkans, la presqu'île d'Italie par la ceinture des Alpes, la presqu'île d'Espagne par la muraille des Pyrénées. La Gaule, quoique très-faiblement couverte par le Bhin, participait à l'avantage de leur forme détachée qui les rendait plus aptes à enfermer un peuple, à composer on État, et plus faciles à défendre et à garder.

Cependant, malgré la force de la position et la faveur du climat, cette partie de l'Europe ne pouvait pas entrer toute seule dans les voies de la civilisation. C^qui Fen empêchait, c'était la population barbare qui, placée par couches presque concentriques depuis la muraille de la Chine jusqu'aux Alpes, la pressait irrésistiblement. Elle avait à supporter le choc de la masse européenne, qui subissait ellemême celui de la masse asiatique.

' Gomme il n'y avait pas de proportion entre la force d'impulsion et les moyens de résistance, les peuples qui étaient poussés vers ces confins maritimes de l'Europe , y étaient sans cesse culbutés. Quelque supérieure que fût leur nature , elle devait être longtemps paralysée par leur position.

Il ne faut donc pas s'étonner si la stabilité des peuples a été récente sur le sol européen, si les invasions s'y sont renouvelées fréquemment et prolongées tard, si la péninsule grecque n'a été appelée à la civilisation qu'un petit nombre de siècles avant notre ère, si la péninsule italique y est parvenue postérieurement, si celle d'Espagne l'y a suivie d'assez loin, si la Gaule n'y a participé que vers notre ère, si l'Allemagne était encore dans l'état de barbarie il y a à peine mille ans, et si le reste du continent n'en est sorti qu'après elle. Ces divers pays et l'admirable race qui les occupait seraient restés longtemps dans cet état, s'ils n'avaient pas trouvé de l'aide pour s'en dégager.

Cette heureuse assistance leur vint des nations plus cultivées de l'Orient, qui communiquèrent leur civilisation aux peuplades euro-

péennes placées sur les bords de la Méditerranée, lesquelles' apprirent à résister peu à peu à la barbarie environnante, en opposant au choc de celle-ci une organisation plus forte, en triomphant du nombre par rintelligence, en suppléant à Timperfection des lieux par les défenses de Fart. La Grèce, qui était dans le voistnage des pays orientaux et qui se trouvait dès lors la mieux située pour recevoir leur civilisation, en eut la première communication. DeiHiis, celle^i fut transmise de proche en proche sur le continent européen, en s'y étendant sans cesse, quoique d'une manière intermittente. Cette intermittence fut due à Faction réciproque et au triomphe alternatif des deux masses, civilisée et barbare, dont la première flt toujours des progrès, même après ses défaites, et dont la seconde continua ses pertes, même aprèà ses victoires.

C'est l'un des plus décisifs de ces pn^ès qui dbit être l'objet du travail que je soumets à FAcadémie.

On sait que les Romains avaient porté les frontières de leur empire, et dès lors les avant-postes de la civilisation antique, jusqu'aux bords du Rhin et du Danube. Ils s'étaient arrêtés là, quoiqu'ils y fussent parvenus à peu près cinq cents ans avant la chute de leur puissance. Ils avaient bien essayé de pénétrer dans la masse compacte de FEurope qui s'étendait au nord de ces deux grands fleuves, mais ils n'avaient su comment l'entamer. Elle ne leur avait pas offert des pays aussi bien coupés que l'étaient FItalie, l'Espagne, la Gaule, Flilyrie, la Pannonie, dont ils avaient pu rendre les abords plus difficiles en ajoutant à leurs défenses naturelles les fortiflcations de l'art, et en les flanquant de leurs oppida, de leurs castra et de leurs castella. Quels points d'appui pouvaient-ils y trouver? Où pouvaientils adosser leurs légions sur ce territoire mal limité ét qui ne finissait nulle part? Où devaient-ils arrêter leurs frontières? Comment parviendraient-ils à y subjuguer des populations belliqueuses dont la plupart, encore errantes, s'enfonçaient dans les profondeurs de leurs forêts et disparaissaient dans le vaste espace toujours ouvert devant elles, à moins qu'elles n*en sortissent pour surprendre les légions, comme elles le firent en égorgeant celles de Yarus? Les Romains avaient à craindre d'y être vaincus s'ils y entreprenaient des expéditions, et d'y être débordés s'ils y fondaient des établissements. Ils comprirent que s'étendre de cette façon c'était s'affaiblir.

Aussi r pendant la dorée de l'empire, se bornèrent-ils à y faire des

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pointes, beaocoop plus pour contenir les populations indomptables qui les harcelaient sans cesse, que pour en occuper le territoire. Le seul essai d'établissement qu'ils firent, au delà du Rhin et du Danube, fut la transformation de la Dacie en province romaine par Trajan. Adrien, en abandonnant les conquêtes de ce dernier empereur, garda toutefois la Dacie qui, appuyée au Dniester, aux monts Garpathes, à la Theiss, semblait plus susceptible d'être défendue. A part cette province, les Romains n'essayèrent pas d'en soumettre d'autres à leurs armes et à leur civilisation dans la partie septentrionale du continent qui était difficile à pénétrer à cause de sa masse, impossible à garder à cause de sa forme, dangereuse à envahir à cause de l'esprit belliqueux et de l'état à peu près nomade de sa population.

Mais le moment où l'on s'arrête n'est pas éloigné de celui où Ton recule. Ce moment arriva pour les Romains, quoiqu'un peu plus tard que pour tout le monde. Leur grand empire s'affaiblit. En Occident, où il était le plus menacé , il succomba sous l'invasion des barbares qu'il n'avait pas pu soumettre, et sous le poids de l'énorme masse nomade qu'il n'avait pas pu réduire. En finissant que laissart-il au monde? Il laissa : le christianisme comme croyance religieuse; la charité et le dévouement comme règle morale ; la monogamie comme constitution domestique ; le système municipal et l'organisation de la société ecclésiastique comme constitution publique; et enfin, comme ressources intellectuelles, les idées découvertes et les arts pratiqués pendant dix siècles de progrès continus. Ce riche héritage était enfermé dans les villes qui avaient été l'élément générateur de la société antique, et qui devaient être l'élément civilisateur de la société moderne.

Les tribus barbares qui se répandirent sur le territoire de l'empire romain, qui se le distribuèrent, et y fondèrent de nouveaux États, s'approprièrent sa civilisation. En cela, elles obéirent instinctivement à la loi qui veut que lorsque deux peuples sont en contact et se mêlent ensemble, chacun d'eux emprunte à l'autre ce qui lui manque. Elles communiquèrent dès lors au monde ancien épuisé la force qu'il n'avait plus, et reçurent cfe lui la civilisation qu'elles n'avaient pas encore.

Mais les nations germaniques ne vinrent pas seulement puiser ta civilisation à sa source. Ce furent des hommes de cette race qui, reprenant l'œuvre où l'avaient laissée les Romains, étendirent au delà du Rhin et du Danube les limites de Tunivers policé. Quels furent ces

hommes? Sous quelle forme portèrent-ils la civilisation dans le cœur même de la Germanie? A Faide de quels moyens réussirent-Us? C'est ce que je vais exposer.

Le christianisme était la forme nouvelle sous laquelle la civilisation devait se connnuniquer alors. Il était le seul lien qui untt encore le monde occidental, le seul principe qui TanimAt, la seule force qui le mtt en action, G*est par lui qu'après avoir transformé les barbares ses vainqueurs, le vieux monde pouvait transformer les pays qui étaient le siège même de la barbarie. Le centre de cette nouvelle propagande civilisatrice était toujours Rome ; son chef n'était plus le sénat ou l'empereur, mais le pape, et au lieu de soldats elle employa des moines.

Lorsque l'Église se fut fortement constituée, lorsqu'elle eut fondé tous les dogmes principaux du christianisme, lorsqu'elle fut sortie des longues querelles qui l'avaient agitée pendant la difficile organisation de sa croyance et de son sacerdoce, lorsqu'elle se fut répandue sur toute la surface de l'univers romain , elle songea sérieusement aux conquêtes extérieures et elle mit toute son ardeur dans l'exécution de cette nouvelle entreprise. S'étendre était dans sa nature. Elle avait un principe intérieur d'ambition, celui de la conquête des Ames et de la possession devintelligences, qui devait la conduire plus loin que n'était allée Bome militaire poussée par le désir de subjuguer des peuples et d'envahir des territoires. Elle avait è son service des soldats pacifiques toujours prêts à se hasarder dans les pays lointains, è porter au milieu des barbares leur généreuse croyance et les usages du monde civilisé, à y afironter et è y recevoir la mort.

Ce mouvement de conquête commença par les ties Britanniques. Il est même nécessaire à mon sujet que je fasse connaître sommairement la conversion de l'Irlande et de l'Angleterre. L'époque ou s'<^ra cette double conversion , et l'ardeur entreprenante qu'elle communiqua aux populations gaélique et saxonne des deux tIes, serviront à expliquer les missions des moines irlandais qui colonisèrent chrétiennement le nord de la Gaule , et reprirent la ligne du Bhin perdue pour la, civilisation occidentale, A la suite des invasions des barbares , et celles des moines anglo-saxons qui introduisirent et consolidèrent le christianisme dans l'ancienne Germanie.

La plu^ petite des deux tles Britanniques et la plus éloignée du continent vers l'ouest était restée inaccessible aux armes romaines et

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au christianisme. Habitée par une race gauloise, elle se trouvait encore divisée en une inGnité de peuplades vivant sous le régime des clans et commandées par de petits chefs. Les naturels de TUa avaient des communications avec les Pietés et les Scots qui, selon toutes les apparences, étaient de même sang qu'eux, parlaient la même langue, et qui s'étaient maintenus indépendants dans le nord de l'Ile voisine, au delà du mur d'Antonin. Ils visitaient aussi la cête dç l'Armorique, demeurée plus celtique que le reste du continent. Vers la On du quatrième siècle, quelques-uns d'entre eux , poussés par la curiosité et le goût des voyages, allèrent jusqu'à Rome. Les papes, qui ne lais* saient échapper aucune occasion de propager le christianisme , convertirent ces voyageurs étrangers qui se nommaient Kiaran, Ailba,^ Declan, Ib^r, et se servirent d'eux pour annoncer la religion chrétienne à l'Irlande K Ceux-ci portèrent dans leur pays les semence de la foi évangéiique. En 431 , le pape Gélestin, afin de continuer l'œuvre des premiers missionnaires , envoya le diacre Palladius avec douze compagnons en Irlande Palladius y fonda trois églises qu'il confia à trois de ses disciples ^; mais il fut bientôt expulsé par un roi du pays, nommé Natbi, fils de Garcbon , et reprenant le diemin de Rome, il aborda sur la terre des Pietés, où il mourut. La conversion de rirlande était réservée à saint Patrick, qui fut IfMÉrit&ble apôtre de nie.

Patrick, né sur les côtes de TArmorique vers 372, de parents chrétiens, avait été pris fort jeune par des pirates bretons, et vendu dans le nord de Tlrlande à un petit chef du pays Dalaradia (faisant aujourd'hui partie des comtés d'Antrim et de Down) nommé Milcon, qui l'avait chargé de la garde de ses troupeaux de porcs L'âme religieuse du jeune esclave s'exalta dans la solitade des forêts et des montagnes, où il menait pattre les troupeaux de Blilcon. Patrick passait ses jours et ses nuits en inrière et dans de pieuses extases ; il

1 J. USSB9U BrUannicarum eeeleiiarum 4ntiquUates ; Londini, 1687, fol.» pages 41 2-4l{(.

» Ibid., tome IIÎ, pages 417-418.

* Jhid., pages 423-424. Beï^m venbrabu.b opéra, Basile», foL ;saneH P€Urieii vUa, auetore Proho, page 315.

* Voir» pour tout ce qui tient à saint Patrick, à la conversion de l'Irlande. Usseeu, Brit. eccl. Antiq,, pages 425 à 503. — Vita S. Patr., dans BfeDB, et Bollandi Acta Sanetorum, Antwerpis, 1668, fol. VUa Patrieii auet, Jocelim monacho de Furnesio, xtu martiî, tome II, page 540.

se tournait sans cesse vers le dieu des chrétiens, de qui seul il attendait des^solations et des secours au milieu de ces idolâtres Après plasieur^inées de captivité, il parvint à s'évader et passa en Gaule 11 se rendit d*abord au Majus monasterium (Marmoutier), fondé près de Tours par le Dalmate saint Martin, où il demeura quelque temps et fut ordonné clerc. Il alla ensuite à Lérins, qui était la Thébaïde du midi de la Gaule, où il habita un nombre considérable d'années, et à Auxerre où il vécut non moins longtemps sous la forte discipline de saint Germain Après s'être préparé, dans la société de ce grand évêque de la Gaule et dans l'asile des plus austères cénobites de l'Oc* cident, à l'apostolat auquel il se sentait appelé, Patrick, ayant appris la mort de Palladius, s'achemina vers Rome pour y être investi da pouvoir de prêcher le christianisme aux peuples de l'Irlande Arrivé dans cette capitale des églises ^ comme dit son biographe, ayant demandé et reçu la bénédiction apostolique ^, il fut accepté commele succiiseur de Palladius. Il quitta Rome, d'où partait Timpulsion pour les nouvelles conquêtes, et où devaient être fixées les règles, propres à les opérer et à les affermir , avec vingt compagnons de ses travaux •

Consacré éi^we ® , il arriva , déjà assez avancé en âge, dans cette Irlande où il I^R passé une partie de sa jeunesse comme esclave, et il la convertit presque en entier, malgré la résistance que lui opposèrent les druides Il ordonna beaucoup de prêtres , et même des évèques. Après avoir fm^é plusieurs maisons monastiques dont la principale fut celle d'Araagh, il mourut à Saballum dans une extrême

■ Quotidî pecora i^seebam et frequens in die orabam, magis et magis accedebat amor Dei... et spiritus agebatur et in die una usque ad centum orationes et in nocte prope similiter; ut etiam in sylvis et monte manebam et ante lucem excitabar ad. orationcm per nivem, per gelu, per pluviam. — Confessio Pcaricii, dans Usserius^ ^ Brit. eccl. AtUiq., page 432. VUa S. Patrieii dans Bèdb, page 314.

* Vita S. Patrieii, page 314. — Brit. eecl. Antiq., pages 434-435.

* Brit. eccl. Antiq., page 437.

* € Perdue me, obsecro, ad sedem sancts ecclesis roman», ut accepta inde-. auctoritate prsdicandi cum fiducia yerbum tuum , fiant cbristiani per me popull Hibemiœ. Nec multo post... vir Domini Patricius yenit ad caput, ut postularat^ omnium ecc^iarum Romam ; ibique benedictione apostolica petita et accepta , rerersus est itinere quo venerat illuc. » VUa S* Patrieii, page 315, — Brit. eccL AtUiq., page W.

* Brit. eeel. Antiq., page 438.

• /Hcf., pages 437-438.

* /6ûl., pages 4434451. ^

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