‹ Notices et mémoires, Volume 2Chapitre 26 sur 27 · INTRODUCTION A L'HISTOIRE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION A L'HISTOIRE

Ainsi se termina cette longue contestation qui occupa la fin d'un siècle et troubla le commencement d'un autre; qui donna à l'Espagne une dynastie continentale , et acheva de lui enlever ses dernières possessions d'Europe; qui devint pour la France à Utrecht ce que la paix de Westphalie avait été pour l'Autriche, une limitation ; qui finit comme chacun l'avait projeté dans les moments où la sagesse faisait taire l'ambition , par un partage , et qui plaça partout les deux maisons d'Autriche et de France en équilibre et en échec* Ceux qui tentèrent de s'opposer à ce dénoûment , nécessaire au repos universel , furent arrêtés par la force des événements. Louis XIV , en voulant tout avoir , faillit tout perdre ; ses ennemis , en voulant tout lui ôter 9 lui rendirent ce que lui avait enlevé la fortune. Il garda les provinces qu'il s'était résigné à céder.; il vit la sombre pâleur de ses derniers jours éclairée de quelques rayons de gloire; il affermit son petit-fils sur son trône disputé ; et , lorsque , après avoir conclu cette grande et dernière affaire de son règne , il mourut , la couronne de France passa sans secousse du front du vieux monarque sur la tète du jeune enfant, dernier reste de sa postérité.

Cet acte final de la lutte engagée depuis deux siècles entrç la France et l'Espagne consacra le triomphe du peuple auquel l'avantage de sa position et l'activité permanente de son esprit assuraient la supériorité sur l'autre. Il provint de la toute-puissance des causes générales, quoiqu'il parût amené par des causes secondaires de succession et de dynastie. Le droit de la France sur l'Espagne sembla si naturel, qu'il fut universellement admis. Avant l'ouverture de la succession , l'Europe , malgré ses craintes , lui en décerna une partie ; au moment de cette ouverture , le dernier descendant espagnol de Charles-Quint la lui abandonna tout entière.

L'établissement d'un prince français dans la péninsule lui valut l'amitié et la mit dans les voies de la France* Le pacte de fàmille fit vivre sous la même politique les deux pays que Louis XIY avait voulu placer un jour sous la même couronne; il entretint la sécurité de l'un et contribua à la régénération de l'autre. Sous cette influence l'Espagne , en moins d'un siècle , améliora son agriculture , rétablit sa marine , réorganisa son armée , doubla sa population. Ce changement ne fut cependant pas complet; il s'arrêta à la surface du pays et ne pénétra point dans ses entrailles. Mais lorsque la France eut été entièrement formée par la royauté, lorsque Tunité monarchique

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Petit conduite à Tanité natiraale » loncpi'elle fut sortie des ruines du passé arec un esprit nouveau » et qu'elle eut opéré sa gran^ révo* hition pour adapter son gouyernement à son état sodal , elle alla fenouveler et étendre en Espagne, par l'action de ses idées » le mouf ement qu'dle avait imprimé à ce pays un siècle auparavant par l'introduction de sa dynastie.

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