Distoma ventricosum Pallas
Synonymie : Ilirudinclla marina Garsin, 1730.
Fasciola centricosa Pallas, 1774 (nec Distoma centricosum Rudolphi, 1819).
F. clacata Menzies, 1791.’
F. fnsea Bosc, 1801.
F. Coryphaenae Bosc, 1801.
F. caudata Bosc, 1801.
F. Scombri pelatnidis Tilesius (apud Rudolphi, 1810).
F. Coryphaenae hippuridis Tilesius (apud Rudolphi, 1810).
Distoma clam tu ni Rudolphi, 1810; Owen, 1833; Diesiug, 1830; Wagener, 1800; Cohbold, 1808; Jourdan,1881.
D. Coryphaenae Rudolphi, 1810.
D. tornatam Rudolphi, 1819.
Ilinidinella clacata de Blainville, 1828; Baird, 1833.
Fasciola clacata se a centricosa Owen, 1833.
Ilinidinella centricosa Baird, 1833.
Distoma i ayons Moniez, 1880.
La longue liste synonymique qui précède montre déjà que le Ver qui va nous occuper maintenant a été observé par un bon nombre d’helminthologistes. 11 a donné lieu à quelques interprétations inexactes, qu’il nous semble utile de critiquer brièvement.
Ce Ver a été signalé pour la première lois par Garsin (1), (pii Pavait trouvé dans l’estomac d’une Bonite (Thynnus pelainys) prise en mer au-delà de l'Equateur. 11 en donne trois dessins assez précis pour l’époque et l’appelle Ilinidinella marina , pour marquer l’activité de l’extrémité antérieure, qui explore en tous sens, puis se lixe comme celle d’une Sangsue. 11 décrit la grosse ventouse
(1) Uaksin. Histoire de l’Acad. des sciences, r. 43, 1730.
NOTICES HELM1XT110L0G1QUES
ventrale comme « une bulle assez grosse et bien marquée, placée comme sous le ventre, et qui peut s’enller et se désentler alternativement ».
Pallas (1) décrit sous le nom de Fasciola vcntricosa un exemplaire adulte, de belle taille, long de 43 mm , large de I7 mm (2), qu’il avait reçu d’Amboine et dont il n'indique pas la provenance d’une façon plus précise. Il en donne une diagnose assez exacte, si ce n est qu’il prend l’orifice de l’appareil excréteur pour un anus véritable. Il donne deux très bonnes figures et ne semble pas d’ailleurs avoir connaissance de l’observation de Garsin, ni soupçonner l’identité de son animal avec celui de cet auteur.
Meuzies (3) a souvent trouvé ce même parasite dans l'estomac de la Bonite, entre les tropiques, dans l’Océan Pacifique. 11 le considère comme une espèce nouvelle, lui donne le nom de Fasciola clavata et le décrit comme un animal long de deux pouces environ, à corps mou, cylindrique, finement annelé; vers l’extrémité, le corps devient gibheux, sphérique, se termine par un « anus » et est fortement marqué de rides transversales. La figure qui accompagne cette description représente un animal long de 53 à G0 mm , trop grêle en avant, à ventouse ventrale trop petite, mais pourtant bien reconnaissable à la courbure de son cou et à l’épaississement claviforme de l’extrémité postérieure, qui est ridée transversalement et percée d’un large pore à son sommet.
Pose (4) a trouvé sur les branchies et dans l’intestin de la Dorade (Coryphaena hippurus) des Vers qu’il décrit comme trois espèces distinctes (Fasciola fasca , F . coryphaenae , F. cawlata), mais qui ne sont bien évidemment que des individus inégalement âgés d’une seule et même espèce : bien que ses descriptions et ses dessins soient très imparfaits, la dimension générale des Vers, la taille et la situation de leur ventouse postérieure, l'inflexion de leur cou, sont autant de caractères qui démontrent l’exactitude de cette interprétation. D’autre part, il est évident que la forme adulte (Fasciola fnsea) est identique au Distoma rentrkosum Pallas : la partie antérieure porte « deux petits tentacules en dessous. » Cobbold s’étonne beaucoup de celle disposition et voit là un caractère spécifique indéniable. S'il avait pris la peine de comparer un
(1) Pallas, Spicilegia zoologica , fasc. X, 1774. Voir pi. I, fig. a et 10.
(2) Mesures prises sur les dessins originaux.
(3) A. Menzies, Description of three new animais fourni in the Pacific Océan. Transactions of the linnoan Society, I, p. 187, pi. XVII, fig. 2, 1701.
(4) L. A. G. Bosc, Histoire naturelle des l 'ers. Paris, an X. Voir I, p. 271,pl. IX, fig. 4-6.
R. IiLANCI1AIII)
Distonia mitrirosiun avec la figure de Bosc, il aurait rceonnu pourtant <iii(‘ les deux tentacules en question occupent exactement la situation du pore génital et qu’il s’agit simplement du pénis.
Rudolphi reconnaît comme appartenant à une seule et meme espèce les Vers vus par Garsin et par Menzies; quant à ceux de Bosc, il liésiteà les rapportera cette même espèce et les range parmi les espèces douteuses, sous le nom de Distonia coryphaenap. Les renseignements qu’il donne, d’après des notes que lui avait communiquées Tilesius, n’ajoutent rien de nouveau aux faits déjà connus.
En 1835, Owen (1) décrit un bel exemplaire, de provenance inconnue et appartenant à la collection du Rev. L. Guilding ; il donne aussi quelques détails d’anatomie interne et une ligure d’une grande précision. C’était un Ver long de 54 mm , large de 21 mm dans la partie postérieure. Les ventouses sont interprétées exactement, ainsi que les orifices sexuels et le porc excréteur.
Après la description très précise donnée par Owen, on est vraiment, surpris de voir Dujardin déclarer que ce Ver « n’est certainement pas un Distome ni même un Trématode (2). Si sa forme extérieure et ses deux oscules lui donnent quelque ressemblance avec les Distonies, sa structure musculeuse le rapproche davantage des Contins, et son tégument ressemble à celui des Siponcles. » Et pourtant Dujardin a eu entre les mains de nombreux exemplaires provenant de la Bonite et recueillis par Dussumier et Reynaud. La sagacité de l’illustre helminthologiste se trouve ici singulièrement en défaut.
Diesing (3) est plus précis, et maintient le Ver qui nous occupe au nombre des vrais Distomes; il n’ajoute d’ailleurs rien de nouveau à ce qu’on savait déjà.
Dans un autre ouvrage (4), il mentionne une opinion de Steens- Irup, d’après laquelle l'ascioln camtata Bosc (Distonia iomatnm Rudolphi) ne serait qu’une forme larvaire ou une Cercaire urodèle de Fasciola fusai Bosc : la preuve en est en ce que Fasciola nmdata ne se trouve pas seulement dans le tube digestif de son hôte, mais aussi sur les branchies, ce qui semble démontrer que cette forme
(RR. Onven, On the anatomy of Disioma clavatum, Uud. Trans. /.ool. Soc. of London, f, p. 3X1, pi. XLI, 7, 1X33.
(2) F. Dimahdin, Histoire naturelle de. s* helminthes. Paris, I8 r d>. Voir p. 4.7.L
(0) 0. M. Di esini;, Sifstema helminthnm. Vindolionae, L p- OCG. lS.'iO.
(4) F.. M. Diiïsi.nc, iïaclilrnge nnd Verhessertniyni zur fîerision der Myzhelminthen. Silznngshor. dcrmalh. nalnrw. Clnsseder Wiener Akad. der Wiss., XXXV, p. 421, LSiiîJ. Voir p. 431.
NOTICES 11 KLM [ NTIIOLO O l Q U ES
larvaire vient elle-même à la recherche du Poisson et n’est pas avalée par celui-ci avec sa nourriture.
Wagon er(1 ) a eu l’occasion d’étudier des Vers de la Bonite, faisant partie de la collection de Rudolphi. C’étaient des animaux longs de üo mm , larges de 4 mm à l’extrémité caudale sphérique, larges de 2 mm sur le reste du corps; la ventouse buccale était large de l mm , la ventouse ventrale de 3 mm . II a donc eu affaire à des individus jeunes, comme le montrent d’ailleurs ses figures, très reconnaissables. « La peau est lisse et fortement, mais non régulièrement plissée en travers. Le pharynx est petit et s’insère immédiatement sur l’intestin et sui' la ventouse céphalique. L’intestin court de chaque côté du ventre, en décrivant de nombreuses inflexions... Sur l’extrémité caudale se trouvait une fente allongée, probablement l’ouverture de l’appareil excréteur. Il n’y avait pas trace d’organes génitaux ni de la queue rétractée ». Il pense que le rendement caudal est du à une dilatation des caecums intestinaux.
Cobbold (2) a recueilli cinq exemplaires de ce même helminthe dans l'estomac d’un Espadon (Xiphias ffUuiius) capturé à Lynn, Norfolk. Ils étaient longs de 8 mm 5 à oO mm ; ils étaient de forme assez différente, mais tous avaient la tête et le cou dirigés en arrière. Les deux plus grands spécimens avaient le corps distendu par des <eufs longs de 31 g. environ. Les plis transversaux du tégument et l’orifice postérieur sont décrits avec soin. Entre autres opinions émises au cours de son travail, l’helminthologiste anglais admet que le Disloma gifla* Nardo est identique au Disloma clncaluw ; nous montrerons plus loin que cette manière de voir est totalement erronée.
Jourdan (3) eut à son tour l’occasion d’examiner deux Vers, longs de 20 et de 24 mm , recueillis sur les Algues de la mer des Sargasses, par le capitaine Gournac, commandant du Mossoril. Ce marin avait recueilli souvent des Vers semblables dans l’intestin de la Bonite et du Thon; il remit en effet à Jourdan des Vers du Thon, qui étaient identiques aux précédents. Jourdan donne de ses deux Vers une description anatomique dans les détails de laquelle nous ne saurions l'entrer ici; il n’indique pas la dimension des umfs, mais scs dessins ne laissent aucun doule sur l’identité de l’espèce.
(1) 0. R. Waof.nkm, Ueber Disloma appcndiculuLuin R. An-hiv Fiir Xalurg., 20. Jaiirgang, J, p. 163, 1*00. Voir p. 182 el pi. IX, fig. II 12.
(2) T. Si». Cobbold, Remark* on Disloma elavatum front a Sivord-Fish . Journal of lhe linnean Soc., Zool., IX, p. 200, 1868.
(3) E. Jourdan, Noie sur l'anatomie du Distomum elavatum Rud. Revue des sc. nat., (2), 11, p. 438, pl. Vil, lig. 1, 2 et 2a, 1881.
H. BLANCHARD
Bientôt après. J. Poirier (1) consacrait un travail étendu an Disloma daratnm, et proposait de le subdiviser en huit espèces dinstinetes :
1° D. claratum Areh. Menzies. — Parasite dans l’intestin de la Bonite et rencontré plusieurs fois vivant en liberté. OEuf elliptique brun, mesurant 32 y sur 22 y.
2° /). JlenrteU Poirier. — Trouvé par le lieutenant Heurtel dans l’intestin d’un Thon péché dans l’Atlantique Nord. Œuf elliptique, mesurant 33 y sur 14 y.
3° 1). dactylifenun Poirier. — Indiqué dans la collection du Muséum de Paris comme provenant d’un Argonaute d’espèce indéterminée, péché dans l’Océan Indien. Œuf mesurant 45 y sur 24 y.
4° D.rerntcosum Poirier.— Trouvé par Heurtel dans l’estomac d’un Thon péché dans l’Atlantique Nord. Œuf mesurant 33 y sur 24 y.
5° /). personalum Poirier.— Rapporté du Mexique; hôte inconnu. OEuf mesurant 42 y sur 24 y.
6° I). fascina Bosc (/). Corpphaenae Tilesius). — Espèce restaurée par Poirier en faveur d’un seul individu rapporté de Sainte-Lucie et provenant d’un hôte inconnu; les exemplaires vus par Bosc vivaient sur les branchies et dans l’estomac d’une Dorade (2).
7° />. Pallasi Poirier (Fasciola ventricosa Pallas). — L’individu étudié par Pallas provenait d’Amboine, d’un hôte inconnu. Les deux exemplaires du Muséum provenaient de l’estomac d’un Dauphin des Indes. OEuf mesurant 39 y sur 24 y.
8° 1). Metjnhii Poirier. — Provient d’un Poisson indéterminé. Œuf mesurant 28 y 5 sur 21 y.
A l’appui de ces distinctions, Poirier donne une longue et importante étude anatomique, de laquelle il résulte effectivement que quelques-unes des espèces énumérées ci-dessus doivent être considérées comme très différentes du Distonm datainm; d’autres nous semblent être d’une validité moins certaine. Ajoutons enfin que Poirier, parlant incidemment du Disloma yiyas Nardo, considère cette espèce comme douteuse et la rapporte au Disloma clacatum.
(1) ,1. Poiriku, Contribution a l'histoire (tes Trêmatodes. Aivli. dezool. expérim. et générale, (2), III, p. pl. XX111, iSS’i.
(2) O. von Linstow (Compendium (ter llelminthologie. Nuchtrag. Ilnnnnver. ISSU, no lasfîrt, p. SU) part de là pour attribuer b* Disloma fuscum à un Poisson Un genre Doras i c'est-à-dire à lin Physostome d’ean douce. Or, la Dorade on fineslion esl nn AranllmpkVygien marin de la famille des Sroml) Vides, le Corjfpfmena hipjtnris. Cela nous est un exemple du grand inconvénient <jue présente l’emploi des noms vulgaires d'animaux dans un ouvrage scienlilupie, (prou a la légitime ambition de faire lire par les savants étrangers.
NOTICES HELM1NTHOLOGIQUES
Telle était l’histoire du Distoma clavatum , quand le professeur Meniez (1) fit connaître sous le nom de Distoma ingens un Trématode de grande taille, de provenance inconnue. Ce Ver, bien que contracté par l’alcool, mesurait encore près de G0 mm de long, sur plus de 20 mm de large et 15 mm d’épaisseur à la partie postérieure; ses œufs, jaunâtres et de forme elliptique, mesuraient 38 g sur 23 et avaient à lTin des pôles un clapet large de 10 u à son pourtour.
Moniez donne une longue description anatomique de son unique exemplaire et conclut que celui-ci est bien différent du Distoma datait uni et se rapproche davantage du Distoma personatum Poirier.
Or, je crois être en mesure de démontrer (pie le Distoma ingens Moniez et le Distoma claratum Menzies ne sont qu’une seule et même espèce; j’ai déjà fait connaître cette opinion par une courte note préliminaire (2).
Au mois d’août 1890, je trouvais dans les collections de l’Ecole de médecine de Nantes un flacon renfermant quatre Distomes de très grande taille, non dénommés, mais étiquetés comme ayant été recueillis chez un Requin. Je reconnus aussitôt en ces Vers des Distoma ingens. Le professeur L. Bureau m’autorisa à garder deux de ces quatre Distonies.
Revenu à Paris, je les comparai avec la description que Moniez donne de son Distoma ingens et je me convainquis que j’avais bien réellement affaire à cette même espèce. Voici d’ailleurs une brève description de ces deux exemplaires; elle met hors de doute, je crois, l’identité de ceux-ci avec celui dont Moniez a fait l’étude.
L’animal est conique, long de Ü3 mm après séjour dans l’alcool, effilé en avant, large de lo mm en arrière et terminé par une surface arrondie, au centre de laquelle est percé le pore excréteur. Les deux ventouses sont béantes, oblougues, allongées dans le sens de l’axe du corps : l’antérieure a moins de l mm dans sa plus grande dimension et présente l’aspect d’un simple pore percé immédiatement en arrière et en dessous de l’extrémité effilée ou antérieure du corps. La ventouse postérieure, distante de la précédente de 7 à 9 mm suivant les individus, est longue de 3 mm , large de 2 mm et représente une excavation creusée d’avant en arrière et profonde de 3 à 4 mm ; elle s’ouvre sur un large mamelon circulaire, qui fait
(1) H. Moniez, Description du Distoma ingens nor. sp. et remarques sur quelques points de Vanatomie et de l'histologie comparées des Trématodes. Bull, do la Soc. Zool. de France, XI, p. ;>30, pi. XV, 1880.
(2) IL Blanchard, Identité du Distoma clavatum Rudolphi et du Distoma ingens Moniez. Comptes-rendus des séances de la Soc. de biologie, (9), III, p. 092, 1891.
R. BLANCHARD
une proéminence marquée à la surface du corps; son pourtour est comme festonné.
Au tiers de la distance qui sépare les deux ventouses se voit le pore génital c’est un petit portais dissimulé entre les replis circulaires du tégument, percé sur la ligue médio-ventrale et plus rapproché de la ventouse antérieure que de la postérieure.
La surface entière du corps est marquée de replis circulaires de la cuticule, qui vont en s accentuant d’avant en arrière et qui forment une série de zones concentriques autour du pore excréteur. Celui-ci se présente sous l’aspect d’une fente longitudinale reportée vers la face ventrale. D’après les observations de Moniez, les deux cæcums intestinaux se prolongent jusqu’à l’extrémité postérieure et sont dépourvus de ramifications latérales.
Les œufs sont contenus en nombre immense dans un utérus qui décrit à l’intérieur du corps des circonvolutions très compliquées; ils sont d’un brun jaunâtre, extrêmement granuleux et conformes à la description et au dessin qu’en donne Moniez. Je leur ai trouvé des dimensions à peines dilîérentes de celles qu’a notées cet habile observateur : la coque est elliptique ou légèrement ovoïde, homogène, anhiste, épaisse de 2 u, longue de 30 a et large de 24 g en moyenne; elle présente â son petit pôle un clapet large de 12 à 13 y/., haut de 0 et indiqué par une ligne transversale ou parfois légèrement oblique.
J’avais donc rangé mes deux exemplaires dans ma collection sous le nom de Distoma im/nis Moniez, nom que je crois parfaitement justifié par la comte description ci-dessus. Pourtant, un certain doute subsistait dans mon esprit : en effet, en comparant mes exemplaires avec les descriptions des divers Distomes de grande taille données par les auteurs, j’arrivais presque à la certitude que le Distoma hignis n’était pas une espèce particulière, mais simplement le Distoma rentricosnm. Ce dernier a été ligure maintes fois, ainsi que je l’ai indiqué plus haut, et l’examen de quelquesunes de ses figures me confirmait encore dans mon opinion. Toutefois, en l’absence d’exemplaires originaux du Distoma nmtricosam , je ne pouvais être très affirmatif, d’autant, plus que les Distomes de l'Ecole de Médecine de Nantes étaient indiqués comme provenant d’un Requin, tandis que le vrai Distoma rlavatam vit chez les Téléostéens de la famille dos Scombérides, tels (pie le Thon (Th tpi un s thynnns ), la Bonite (Thi/anas prlamys ), la Dorade (Cortjphama hippuyns) et l'Espadon ( Xiphias g lad ht s).
Aujourd’hui, l’identité du Distoma inifensiwcv. le Distoma rhn:atam n’est plus douteuse pour moi. Cet été, j’ai pu examiner à Londres
NOTICES 11 ELMI NT 110 LO GIQ UES
de nombreux exemplaires de cette dernière espèce, tant dans la collection du Collège des chirurgiens (pie dans celle du Musée britannique.
Dans la première collection se trouve (ilacon n° 8) le spécimen décrit par Owen en 1855. C’est un Ver long de 54 m,n , large de 2l ram dans sa portion la plus renllée et présentant avec mes deux exemplaires la plus frappante ressemblance. Je n’ai pu ouvrir le flacon et faire l’examen des œufs, mais j’ai la conviction profonde que ce spécimen, celui de Moniez et ceux de l’Ecole de médecine de Nantes appartiennent à une seule et même espèce.
Le flacon suivant (n° 9) contient trois spécimens de la même espèce, mais plus petits et tout à fait semblables à ceux qu’ont figurés Garsin, Meuzies et Wagener. Us sont longs de .25 à 57 mm , autant qu’on en peut juger à travers la paroi du flacon ; leur cou est rejeté en arrière, comme c’est le cas habituel pour cette espèce; la partiepostérieuredu corps est arrondie, renflée eu massue et d’autant plus ventrue que l’animal est plus âgé, c’est-à-dire que les œufs s’y accumulent davantage. Les plis transversaux du tégument,la saillie et le bord festonné de la ventouse ventrale, la largeur du pore excréteur sont exactement comme dans l'exemplaire d’Owen et dans les miens. La provenance deces trois exemplaires est inconnue.
Au Musée britannique, où MiVL Günther et J. Bell m’ont fait le plus aimable accueil, j’ai pu examiner également cinq flacons renfermant des Distonm clacatum :
1° Flacon renfermant un Ver jeune, long de 18 mm environ, recueilli par A. E. Craven dans l’intestin d’une Bonite, à l’ile de Sainte- Hélène : l’animal a le même aspect que celui représenté en B sur la figure 30, si ce n’est qu’il est un peu plus court; la partie ventrale est fortement renflée, mais seulement dans sa moitié postérieure, et présente à son extrémité une échancrure dorso-ventrale.
2° Flacon renfermant un Ver adulte (fig. 30, A) de provenance inconnue, un peu plus petit que l’exemplaire de Moniez et que ceux de LEcole de médecine de Nantes, mais ayant d’ailleurs