Distoma farjonjs 0. F. Muller
Synonymie : Fasciola farioais 0. F. Millier, 1788.
F. trattae Frôlich, 1788.
Distoma laurcatnm Zeder, 1800.
Fasciola lanreaja Rudolphi, 1803.
J’ai trouvé ce Distome dans la terminaison de l’intestin de toutes les Truites (Traita fario) pêchées dans la Durance ou ses affluents, que j’ai eu, en grand nombre, l’occasion d’examiner à Briançon ; c’est d’ailleurs le seul parasite que j’y aie jamais observé.
Ce parasite se rencontre chez plusieurs Salmonidés : l’Ombre (Th y mallus rcxilUfer), le Ilouting (Coregonus oxyrhgachas), l’Omble- Chevalier (Saltno salodinas), la Truite saumonnée (Tratta trutta) et la Truite ordinaire (Tratta fario).
Olsson (1) en a donné une description très précise, à laquelle j’ajouterai quelques détails d’anatomie de l’appareil génital femelle. Suivant cet auteur, le Ver pourrait atteindre une longueur de 0 mm et une largeur de l mra 5; la longueur serait le plus souvent de 2 à 3 mm . Les dimensions moyennes des nombreux exemplaires que j’ai recueillis étaient de 3 mm à 3 mm 5 pour la longueur, de 0 mm 8 à l mm pour la largeur; aucun ne dépassait 4 mm ; les œufs mesuraient en moyenne GO a sur 50 pu Quant au reste, mes exemplaires concordaient exactement avec la description d’Olsson.
L’ovaire ou germigène (fig. 38, oc) est un organe impair, arrondi, situé en avant des testicules et des vitelloductes, tantôt à droite, tantôt à gauche. La mince membrane anhiste qui l’enveloppe est tapissée intérieurement de grosses cellules claires, polyédriques, qui sont des ovules en voie de formation. Par son côté interne, il émet un germiducte, gd, étroit canal qui se porte obliquement en
(1) P. Olsson, Bidrag tilt Skandinaviens helminthfainia. Kongl. svenska Vetcnskaps-Akademiens Ilandlingar, XIV, n° 1, 1870. Voir p. 124.
iv — ai
R. BLANCHARD
arrière et vers la ligne médiane, puis se termine bientôt par une dilatation dans laquelle on peut voir un ou plusieurs ovules. Au
Fi-. *»8. — Appareil génital femelle de Disloma [adonis . — a, spermiducte; b , glande coquillère; cl, canal de Laurer; gd, germidncte; or, ovaire; ood % oviducte; rs, réservoir séminal; ut, utérus ; rd, vilelloducl.e ; cdd, vitelloducte droit; v dg, vitelloducle gauelie; vdi, vitelloducte impair; vg, vifellogène.
sortir de cette dilatation, ceux-ci tombent dans une sorte de carrefour formé par la rencontre de trois autres conduits : c’est là qu’ils seront fécondés et qu’ils recevront le vitellus nutritif.
De la surface dorsale du corps part le canal de Laurer, cl, trèsgrèle, très difficile à suivre, mais dilaté en deux endroits; ce canal se termine en cul-de-sac par une large poche piriforme ou réservoir séminal, rs, remplie de spermatozoïdes très agiles. Cette poche est située immédiatement en arrière de l’ovaire qui la recouvre partiellement (1); elle recouvre elle-même le vitelloducte transverse.
Malgré l’examen le plus attentif, répété un grand nombre de fois, il m’a été impossible d’observer la moindre relation du canal de Laurer ou du réservoir séminal avec l’appareil génital mâle. Quelque invraisemblable que cela paraisse, il faut donc admettre que le sperme suit réellement la voie du canal de Laurer pour arriver jusque dans le réservoir. La taille du pénis est hors de proportion avec l’étroitesse du canal, mais l’intromission n’est pas nécessaire : qu’il y ail accouplement réciproque ou auto-fécondation, ce que permet la longueur cl la flexibilité du pénis, il subit que le sperme soit répandu à la face dorsale, an pourtour de l’orilice du canal de Laurer, pour que les spermatozoïdes entrent d’eux-mèmes dans eelui-ei et arrivent de cette manière jusque dans le réservoir séminal.
(I) Nous supposons que l'animal est examiné parla face ventrale.
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Par son extrémité interne effilée, ce réservoir donne naissance à un étroit canal ou spermiducte, a, qui aboutit au carrefour mentionné plus haut et dans lequel les spermatozoïdes s’engagent pour arriver au contact de neuf.
Les vitellogènes, cg, sont constitués dans chacune des zoues latérales et dans toute la longueur du corps par des aciniglobuleux, sombres, très granuleux, dont chacun émet un canal excréteur. De la réunion de tous les canaux résulte finalement deux troncs collecteurs principaux, Puu qui marche d’avant eu arrière, od, l’autre qui marche d’arrière en avant. Ces deux troncs se rencontrent à la hauteur du réservoir séminal, s’intléchissent en dedans et s’anastomosent bientôt, pour former un canal unique, qui est le vitelloducte transverse. Le vitellus nutritif s’accumule en grande masse dans ce canal et le distend considérablement. Le vitelloducte droit, odd, s’anastomose à plein canal avec celui du coté gauche, ml g , en sorte qu’il n’y a, à proprement parler, qu’un seul vitelloducte transverse. Par sa partie médiane, celui-ci émet un large canal ou vitelloducte impair, edi, qui est également gorgé de vitellus nutritif, mais qui va en se rétrécissant de plus en plus ; il se porte d’abord d’arrière en avant, puis s’infléchit à angle droit, pour aboutir encore au carrefour en question.
C’est donc là que l’œuf, arrivant à l’état d’une simple cellule constituée par du vitellus formatif, est fécondé et s’entoure d’une certaine quantité de vitellus nutritif. Une fois que ces diverses opérations sont achevées, l’œuf pénètre dans l’oviducte, ood , qui se dilate sur son passage et le conduit dans la glande eoquillère, à, cavité piriforme, tapissée d’épithélium polyédrique. 11 y séjourne assez longtemps, s’y entoure d’une coque et se trouve dès lors entièrement constitué. Il passe alors dans l’utérus, ut, qui décrit plusieurs circonvolutions à l’intérieur du corps.