Distoma g igas Xardo
Comme le précédent, ce Trématode vit également dans l’estomac et l’intestin d’un Scombéride, 1 mania Cavieri Risso(l). Xardo l’a découvert chez un Poisson de cette espèce capturé dans le golfe de Venise : il en donne une description très sommaire (2), lui attribue une longueur de o pouces et signale « la présence de l’anus à fext rémi té de la queue, où, bien que petit, il est pourtant parfaitement apparent et visible à l’œil nu. »
Dans une note additionnelle, Heusinger rappelle que l’orifice observé par Xardo à l’extrémité postérieure du Ver et regardé par lui comme l’anus, avait déjà été vu, chez Distoma hepatictun et J), lanceolatnm, par Melilis, qui avait reconnu qu’il conduit dans le système vasculaire, et non dans l’intestin.
Six ans plus tard (3), Xardo revint sur sa première description et publia cette fois une diagnose vraiment très exacte, si n*. n’est <1 u’i 1 persiste à prendre le pore excréteur pour un anus :
« Distoma tores , rubrnm, rétractile ; paru ventrali minimo enjus apertnra magna, rotamhüa ciliata ; poroaatico tenu inali pat co ; colla brevi retrorsum divergente , estensili, ap'tce angusto basi lato ; cauda longa postice incrassata et in apice obtuso osciilo donata. Long. poil. J, crass. S ad J lin.
)) Ilab. in ventricnlo Proctostegi Prototypi (iXardo) mense Septembri. Exemplaria 2 tantum inventa fnere.
» Observatio : Osculnm caudale anum esse primas observavit et exposait Dr. Nardo, deinde ejusdem sententiae fnere Cl. Huer. Ileusinger (4), Férassac , etc. »
Germent à une seule et même espèce, cela est incontestable, ainsi que je crois l'avoir établi dans le co^rs du présent travail ; il est remarquable que l'habitai d'aucun d eux ne soit connu d'une façon précise. L'interprétation des Vers de Oursin, de Uudolplii et de Jourdan, que ni Moniez ni moi n’avons vus, est une pure atïaiie de sentiment puant aux Vers du Musée britannique, l'un de ceux (il 0 00) qui ligurent dans la galerie publique et l'un de ceux de la collection privée (tig. 30, A) appartiennent sûrement aussi à l'espèce en question : or, si la provenance de ce dernier est inconnue, on sait d'autre part que le premier provient de la bonite Note ajoutée pendant l'impressionJ.
(1) Synonymes : Procloslegus proctostegus Nardo, 1827; Pv. prototypas Nardo, 1833; Lucarus imper Mis Kalinesque, 1833.
(2) 11. D. Nardo, Ueber den After der Distomen. lleusinger’s Zeitschrift fCi r die organische Physik, I, p. 08, 1827.
(3) A. U. Nardo, Isis, p. 527, 1833.
(4) Un a vu plus haut que, bien au contraire, Heusinger a combattu cette opinion.
H. BLANCHARD
Le Distoma giyas n’ayant pas été ligure par Nardo, quelques auteurs ont émis des doutes relativement à la validité de cette espèce. Cobbold se demande avec raison si l’aspect « cilié » de la ventouse ventrale ne serait pas du à des plissements; à part cela, il ne voit aucune raison de considérer ce parasite comme distinct du Distoma rnitn'cusiim. Poirier (1) croit aussi à l’identité du Distoma giyas avec le Distoma rcntricosum . D’autre part, Stossich (2) range le Distoma giyas parmi les espèces douteuses, tandis que Juel (3) le rattache au sous-genre Apoblcma Dujardin.
Or, ces diverses opinions sont inexactes. 11 existe en effet au British Muséum un Ver recueilli par Gerrard dans l’estomac d’un Lucarus imperialis péché sur la cote anglaise. Ce Ver, que OLrley a inscrit sur ses listes manuscrites sous le nom d’IIinidinella giyas Nardo (feuille XXV1I1), a été examiné par Monticelli (4), qui s’est borné à le reconnaître comme une espèce distincte et à le figurer. Je l’ai moi-môme examiné avec soin et je l’ai fait aussi dessiner) fig.37).
C’est un Ver long de 70 à 80 n,m et large de 7 à 8 mm : il diffère du Distoma rcntricosum par son aspect général, par sa plus grande longueur et aussi parce qu’il est légèrement aminci dans sa moitié postérieure.
Le tégument est partout marqué de plis transversaux, moins profonds quechez Distoma rcntricosum. Comme chez ce dernier, la portion comprise entre les deux ventouses est triangulaire, aplatie dans le sens dorso-ventral, creusée longitudinalement en gouttière à sa face inférieure; le pore génital se voit encore entre les deux ventouses, sur la ligne médio-ventrale. La ventouse antérieure est petite; la postérieure est large, ovale et circonscrite par un contour largement et régulièrement festonné. Le pore excréteur a l’aspect d’un pertuis percé à l’extrémité postérieure du corps.
Fig. 37. — Distoma gigas, do grandeur naturelle.
(1) Loco ci lato, p. 470.
(2) M. Stossich, l Distomi <lei Pesci marini e d'acqua dolce . ïriesle, in-8° de GO p., 18SG. Voir p. 50.
(3) II. O. Juki., licitrdgc zur Anatomie der Tremalodengatlung Apoblema ( Duj .). Bilmng ti 11 k. svenska Vel.-Akad. llandlingar, XV, Afd.4, n° G, 1880.
(4) F. S. Montjckli.i, Notes on sonie Entozoa in the collection of Hie livitish Muséum. Proceed. Zool. Soc. of London, p. 322, pi. XXX1I1, lig. 2-3, 1880.
NOTICES 11 KLM 1 NT HO LO ( î IQ U ES
LSI
Le Distoma gigas est donc line espèce bien caractérisée. Il a d’ailleurs une étroite ressemblance avec le Distoma ventricosum et avec les espèces voisines (D. Ileartdi, dactyliferum, cerrucosum , pcrsonatum, fnsemn (nec Bosc), Pallasi et Megnini) décrites par Poirier. Toutes ces espèces sont des Hinulinella , dans le sens que de Blainville et Baird attribuaient à ce mot.
Mais est-il utile d’admettre ce nouveau genre? En réalité, les espèces qui pourraient y rentrer sont de vrais Distoma , appartenant au sous-genre Dicrocoelium Dujardin.