GENRE E CIIINO CO T Y LE R. BLANCHARD
Diagnosis.— Corpus brève et gracile. Capul ellipticum tel snbsphaerieum y instrnetum longo rostro onmino sese in caput retrahendi capace , un-ica V uncinorum corona armato. Aretabula magna, elliptica 9 paruni umsculosa, vix defossa , sed triplice uncinorum retroflexorum sérié
U. BLVNCUARD
annota. Qnaeque saies e pluribits nncinornw ordinibus constat : una longnm axent acctabnli , reliquae utriusque lateris oram tenait. Collum ilistinctum. Annuli pauci, serrât i. latiores quant Ionqtares. Pori génitales nno eodemque annotantm latere Iliantes . Testes niaiti. Pénis (jracilis spinisqnc retroflexis anuatns. Appavatus femincus ovaque atlhnc icjnoti. Larva Cercocystis in Ostracodum cavo corporis , venais adullus in Anatidum inteslino tenue vivais.
Corps court et grêle. Tète elliptique ou subspliérique, oruée d'un long rostre capable de se rétracter entièrement dans la tète et armé d'une couronne unique de dix crochets. Ventouses grandes, elliptiques, peu musculeuses, à peine creusées, mais armées de trois séries de crochets à pointe réfléchie en arrière. Chaque série est formée de plusieurs rangées de crochets : une série occupe le grand axe de la ventouse, les deux autres en occupent le bord de chaque côté. Cou distinct. Anneaux en petit nombre, en dents de scie, plus larges que longs. Pores génitaux unilatéraux. Testicules nombreux. Pénis grêle et armé de spiculés en rétroversion. Appareil génital femelle et œufs encore inconnus. La larve est un Cercocystis qui vit dans la cavité générale des Ostracodes; le Ver adulte habite l'intestin grêle des Anatidés.
Ce genre ne comprend encore qu’une seule espèce; sa diagnose devra être remaniée, quand on aura découvert d’autres espèces lui appartenant. Quant à présent, son caractère dominant consiste en la présence de crochets, non-seulement autour des ventouses, mais surtout suivant leur axe longitudinal ou grand diamètre.
Eciiinocotyle Rosseteri R. Blanchard, 1801.
La description de ce Ver est déjà donnée en partie dans la diagnose du genre ; nous la compléterons en quelques mots.
Complètement développé, YEchinocotyle Rosseteri (fig. 1) doit compter moins de 50 anneaux, moins de 3 millimètres de longueur et avoir à peine 0 mm 25 de largeur ; c’est donc un Ver de très petite taille. Toutefois le nombre des anneaux murs devient si élevé, chez certaines espèces, par suite de leur peu de tendance à la séparation spontanée, qu’il ne faut pas attacher trop d’importance aux prévisions indiquées par ces chiffres.
M. Rosseter et moi, nous n’avous pu encore examiner que des individus jeunes, encore dépourvus d’œufs et d’appareil génital. Le plus grand était long de l mm 15, large de 0 mm 18 au plus el comprenait 26 anneaux. Voici quelques mesures prises sur lui ou sur d’autres exemplaires :
NOTICES HELMINTHOLOGIQOES
La tète (fig. 2) est subsphérique, longue de 85 à 105 \j., large de 75 à 105 u. Le rostre est très long, à peu près aussi long que la tète;
sur un individu où il est en
Fig. 1. — Echinocolyle Rosseleri, grossi 120 fois.
grande partie rétracté, et dont les crochets sont enfoncés profondément dans la tête, il est long de 32 \x et large de 18 [<. à sa base ; chez
un autre Ver, où il est presque entièrement invaginé, la partie protractée est subsphérique, large de 37 \j. et creusée d’un canal large de 10 à 13 \j.. Les crochets (fig. 3, A) sont longs de 35 h 38 g, d’après mes observations, de 31 seulement, d’après celles de Rosseter; leur taille est donc assez variable. Leur forme rappelle celle des
R. BLANCHARD
Fig. 3.— A, crochet du rostre; B, crochet des ventouses.
crochets de Taenia setigera (I), si ce n’est que la garde ou extrémité de la racine postérieure est moins proéminente, d’où une forme générale plus élancée.
Les ventouses sont oblougues, à grand axe longitudinal, et mesurent 90 jx sur 27 g dans uu cas, 67 \j. sur 32 [j. dans un autre cas. Leur couche musculaire est extrêmement réduite, et leur concavité est complètement effacée, au moins sur ranimai mort. Sans leur armature de tins crochets, il serait véritablement impossible de les distinguer du reste de la tête, bien qu’elles en occupent à peu près toute la longueur et presque toute la surface.
Les crochets des ventouses (lig. 3, B) sont disposés en trois séries dont la situation nous est déjà connue ; ceux du bord de la ventouse forment deux séries distinctes, qui se rejoignent plus ou moins à chaque extrémité, plutôt qu’une couronne continue autour de la ventouse ; ceux du grand diamètre s’arrêtent avant d’atteindre l’une ou l’autre extrémité et n’ont par conséquent aucune connexion avec les deux séries marginales. Chaque série est décomposée en rangées transversales comprenant chacune trois crochets, quelquefois deux, rarement quatre. À l’extrémité de chaque série, le nombre des crochets diminue dans chaque rangée; il tombe à deux et même à un.
M. Rosseter admet que le nombre total des crochets est de 132; chez un individu, j’en ai compté 38 sur un bord, 41 sur l’autre et 18 dans la série médiane, soit un total de 97 ; sur d'autres Vers, où je n’ai pu les compter avec une semblable précision, ils étaient certainement plus nombreux. Leur nombre varie donc de 100 à 130, approximation suffisamment exacte, si l’on tient compte de ce que leur caducité semble être assez grande, comme le prouvent les lacunes observées çà et là dans les séries. Chaque crochet est formé d’une base en forme de bâtonnet, longue de 7 à 8 g, dirigée dans le sens longitudinal et sur laquelle s’élève une grille longue de 3 à 4 g et dont la pointe s’iutlôchit en arrière.
M. Rosseter pense, comme on l’a vu, ([tic les crochets deviennent moins visibles, à mesure (pie le Ver avance eu âge, parce qu’ils sont progressivement envahis par le tissu parenchymateux, qui finirait par les recouvrir. Nous ne croyons pas à la réalité d’un semblable phénomène : les crochets sont des dépendances de la cuticule,
(I) 11 . Ivrahhe, liitlrag lil Kundskab om Fuglcnra Bæudrlonnc. Vidcnsk. Selskabs Skrifter, (o), VIII, n° G, 1SG9. Voir pi. VI, lig. 120.
et à ce titre doivent toujours rester superficiels, quelque actif que soit, d'ailleurs, le processus de prolifération qui se produit au dessous d’eux. 11 est incontestable qu’on les voit moins aisément chez l’adulte que chez le Cysticercoïde, mais cela peut tenir à plusieurs causes : d’abord à leur caducité, puis à l’opacité de la tète par suite d’accumulations pigmentaires, enfin à ce qu’il est difficile de débarrasser complètement la tête des mucosités au milieu desquelles elle était plongée dans l’intestin. Ajoutons à cela que les crochets se montrent le plus souvent de profil, ainsi que l’a reconnu M. Rosseter, et que leur réfringence est à peine différente de celle de la tête.
Le cou est long de 90 à 140 u et large de 45 à 70 g, suivant sou état de contraction. Sur un Ver formé de 20 anneaux, le 2* anneau est long de 22 g et large de 54 »x, le 10 e anneau est long de 45 \j. et large de 127 g. Le 20 e et dernier anneau est long de 153 g et large de 195 w; il est arrondi en demi-cercle sur ses bords latéraux et postérieur, et prouve ainsi la « virginité » du Ténia (1). Sur un animal plus âgé, les anneaux suivants arrivent donc à être carrés, voire même plus longs que larges.
Dès le dixième anneau, les glandes génitales sont reconnaissables : elles forment une masse glandulaire compacte, qui occupe toute la moitié de l’anneau opposée au pore sexuel, et qui représente sans doute l’appareil testiculaire. La poche du cirre se montre bientôt : elle court transversalement tout le long du bord antérieur de l’anneau. On voit apparaître, d’autre part, dans la région médiane et tout contre le bord postérieur des anneaux 19 à 24, une masse elliptique, dirigée en travers et représentant l’ovaire. On ne distingue ni réservoir séminal, ni glande coquillère.
A partir des anneaux 13 à 17, le péuis est bien visible: il est ordinairement en protraction ; il est large de 5 »/., fait hors du sinus génital une saillie de 27 p. et est couvert de fins spiculés en rétroversion. La poche du cirre se distingue également à partir des anneaux 13 à 17; dans le premier ou le deuxième anneau qui suivent, elle atteint déjà sou complet développement. Elle mesure alors 140 \x de long, 14 g. de largeur maximum, s’effile insensiblement vers le pore sexuel et s’étend très loin vers le bord opposé,
(l) Gôzo (Yersuch einer Natvrgeschichte der Eingeiceideiciirmer thierischer Kdrper. Blankenburg, 1782. Voir p. 3Gn) appelle vierges les Ténias qui sont arrondis à leur extrémité postérieure et n’ont encore perdu aucun anneau, a Uenn aile Würmer dieser Art, welclie a ni Hinterende rundlicht zulaufen, sind keine Alto, znr Propagation reile; sondern noch Junge (Taeniae Virginies). »
R. BLANCHARD
dans l’autre moitié de l’anneau. Dans les anneaux 20 à 24, elle est déjà en voie de régression. Le pore sexuel s’ouvre dans la partie antérieure du bord latéral de l’anneau.
Nous n’avons pas eu à notre disposition des Vers assez nombreux pour élucider la structure et la maturation de l’appareil reproducteur. Disons seulement que, à partir des anneaux 22 à 2;>, suivant les individus, le parenchyme se montre plein de corpuscules arrondis, larges de 22 u en moyenne : ce sout sans doute des œufs en voie d’évolution, comme le montre l’absence des crochets de l’hexaeanthe.
Le Ver adulte habite les premières portions de l’intestin grêle des Palmipèdes du genre A nas. En nageant sur les mares ou les lacs, le Canard rejette des anneaux mûrs; les œufs, mis en liberté par la destruction des anneaux, se répandent dans la vase et dans les détritus qui la recouvrent. C’est là que les petits Ostracodes, tels que Cypris cinerea Brady, et probablement aussi les Copépodes, qui se nourrissent de débris organiques, rencontrent lesœufs et les avalent. Ceux-ci livrent alors passage à un embryon liexacauthe qui traverse la paroi intestinale et pénètre ainsi dans la cavité générale du Crustacé, où il se transforme en un Cercocystisüe très petites dimensions, à peine visible à l’œil nu. AL Rosseter ayant indiqué sommairement les caractères de,ce Cysticercoïde, je n’ai rien à y ajouter.
On conçoit, d'autre part, avec quelle facilité peut se faire le passage du Cysticercoïde dans le tube digestif des Palmipèdes : en barbottant dans les mares, ceux-ci avalent les petits Crustacés et s’infesteut de cette manière.
Jusqu’à présent, l’hôte normal de VEchinocotyle Rosseteri est le Canard commun du Bengale; le Canard domestique d’Europe se laisse infester si aisément qu’on doit se demander s’il n’est pas également, en quelque pays, un hôte normal pour ce même parasite.