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CHAPITRE VII

blée de Pensylvanie une taxe de 50,000 livres sterling (1,200,000 fr.), à ajouter aux 10,000 livres sterling (240,000 Ir.) qui avaient été levées auparavant, sur sa proposition. Il obtint qu'on organisât régulièrement la milice, et qu'on la formât aux manœuvres. Comme la frontière de cette colonie se trouvait particulièrement exposée aux invasions, et que les colons y étaient attaqués par les sauvages qui dévastaient leurs habitations, les tuaient et les scalpaient, Franklin fut chargé de la protéger au moyen d'une ligne de forts. Se plaçant à la tête d'une troupe d'environ cinq cents hommes armés de fusils et de haches, Franklin, qui était bon à tout, s'avança vers le nordouest, à l'âge de cinquante ans, dans les rigueurs du mois de janvier de l'nnnée 1756, bivaqua au milieu des pluies et des neiges, fit le général et l'ingénieur, poursuivit les Indiens, qu'il éloigna, et éleva, dans des lieux propices et à des distances convenables, trois forts qui se soutenaient mutuellement. Dans ces forts, construits avec des troncs d'arbres, entourés de fossés et de palissades, il laissa de petites garnisons sous les ordres du colonel Clapham, très-expérimenté dans la guerre contre les sauvages.

A son retour à Philadelphie, le régiment de la province le nomma son colonel. Cette nomination, qui lui avait été offerte et qu'il avait refusée dès 1742, il l'accepta en 1756; il passa en revue douze cents hommes bien équipés, pleins d'ardeur, enorgueillis de l'avoir pour chef. Mais le gouvernement britannique, conservant sa défiance à l'égard des colonies, cassa les bills qui y organisaient des forces permanentes, enleva les grades qui y avaient été conférés, et pourvut à leur défense en y envoyant le général Loudon. II leur demandait des taxes et non des troupes.

Cette question des taxes devint dès ce moment une source de difficultés, et mil les talents de Franklin dans un jour nouveau et éclatant. Avant de susciter le grave conflit qui divisa la Grande-Bretagne et ses colonies, elle amena une lutte très-vive entre la Pensylvanie et les héritiers de Guillaume Penn, qui étaient les propriélaires de celte colonie, d'après la charte de son établissement. Penn en avait été tout à la fois le fondateur 2. 20

m VIE DE FRANKLfN.

el le gouverneur. Cédant une partie du vaste terrain qu'il avait reçu, il avait soustrait le reste de ses immenses domaines à toute espèce de taxe, afin de soutenir par là les charges el Péclat du gouvernement colonial. Moyennant cette exemption d^impôts, il ne devait recevoir aucune rétribution pécuniaire. Ses descendants n'étalent plus dans la même position que lui; ils avaient quitté la colonie pour s'établir en Angleterre. N'ay-int plus l'adminisiration directe de la province, mais y déléguant des gouverneurs payés par elle, ils avaient perdu le droit d'exemption de taxes accordé à leur ancêtre sous une condition qui n'existait plus. Ils ne persistaient pas moins à l'exiger; et, dans les instructions qu'ils dootiaicnt à leurs mandataires, ils leur avaient interdit de sanctionner les bills qui D'alTranihiraieut pas leurs propriétés des charges imposées au reste de la province. Depuis quelque temps le désaccord était devenu d'autant plus animé à cet égard, que l'assembH^ avait TO'é des levées d'argent fréquentes cl considérables pour les besoins et la défense de la colonie. Les domaines des propriétaires étaient lout aussi bien protégés que ceux des colons, et il était juste qu'ils contribuassent également aux charges publiques. Néanmoins il avait fallu employer des moyens termes suggérés par l'adresse de Franklin, pour décider les gouverneurs à ne pas s'y montrer contraires.

Mais enfin, en 1757, l'assemblée ayant volé pour le service du roi une somme de 100,000 livres sterling (2,4 îO,000 francs), dont une partie devait être remise au général Loudon, le gouverneur Denny en interdit la levée, parce qu'elle devait peser aussi sur les biens des propriétaires . Les représentants de la Pensylvanie, indignés de cet acte d'égoîsme et d'injustice, députèrent Franklin à Londres avec une pétition au roi, pour se plaindre de ce que l'autorité du gouverneur s'exerçait au détriment des privilèges de la colonie et des intérêts de la couronne.

Arrivé en Angleterre, le délégué de la Pensylvanie y trouva l'opinion publique mal insiruilc et mal disposée. On avait représenté la colonie comme ingrate envers les descendants de son fondateur, et connue refusant cilc-méme les moyens de

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