‹ Notices historiquesChapitre 36 sur 78 · CHAPITRE Vri · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vri

résister aux Français du Canada et de repousser les sauvages des hauts I ics. Avec son habileté patiente, Frankh'n s'occupa de faire connaî(re la question avant de chercher à la faire résoudre. Il écrivit des articles dans les journaux, et il publia un ouvrage concluant sur la constitution de la Pensylvanie et les différends qui s'étaient élevés entre les gouverneurs et l'assemblée de la colonie. Quand il eut rendu évident le droit de la colonie et le tort des propriétaires ; quauà il eut montré que la première avait toujours agi dans un intérêt général et juste, que les seconds avaient recherché la satisfaction d'un intérêt particulier et non fondé, il poursuivit l'affaire devant les lords du conseil, qui en étaient les juges. Les propriétaires^ redoutant une condamnation, entrèrent en arrangement. Ils se soumirent à être taxés dans leurs biens, à condition qu'ils le seraient d'une manière modérée et équiiab!e. Cette transaction, ménagée par Franklin, fut agréée par la colonie.

Le succès qu'avait obtenu l'habile négociateur de la Pensylvanie lui flt un grand honneur dans le reste de l'Amérique. Aussi le Maryland, le Massachusetts, la Géorgie, pleins de confiance en lui, le nommèrent leur agent auprès de la métropole. Il rendit profitable à toute l'Amérique anglaise la prolongation de son séjour à Londres. Ce fut sur son conseil et d'après ses indications que le premier et le plus grand des Pitt, lord Chatham, entreprit et exécuta la conquête du Canada. Franklin lui démontra ensuite combien la conservation de cette colonie française serait utile à la sûreté des colonies de la Grande-Bretagne, qui ne pourraient plus être envahies ou inquiétées du côté de la terre ferme. Après en avoir provoqué la conquête, il en prépara la cession. Le traité du 10 février 1 763, qui termina la guerre de Sept ans, laissa le Canada à l'Angleterre. Dès ce moment, les colonies anglaises furent à l'abri de tout danger sur le continent américain, et purent se développer sans obstacle vers l'ouest. Lorsque Franklin, dont le fils avait été nommé gouverneur du New-Jersey, retourna à Philaphie dans l'été de 1762, l'assemblée de Pensylvanie, voulant le dédommager de ses dépenses et reconnaître l'efficace inlervention de son patriotisme, lui accorda une indemnité de

5,000 livres sterling (120,000 francs), ei lui adressa des reraercîments publics, tant, dit-elle, pour s'être fidèlement acquitté de ses devoirs envers la province, que pour avoir rendu des services nombreux et importants à l'Amérique en général, pendant son séjour dans la Grande-Bretagne.

Après les différends de la Peusylvauie avec les descendants de son fondateur, survinrent des contestations plus graves entre toutes les colonies et la roélropole. Cette fois aussi Franklin fut chargé de soutenir les droits de FAmérique contre les prétentions de l'Angleterre.

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