‹ Notices historiquesChapitre 45 sur 78 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

de nous prendre notre bien sans notre consenleraenl; que nous entendons i>articiper à tous les avantages que la constitution britannique assure à ceux qui lui sont soumis, notamment à l'inestimable avantage du jugement par jury; que nous regardons comme appartenant à l'essence de la liberté anglaise que personne ne puisse être condamné sans avoir été entendu, ni puni sans avoir eu la faculté de se défendre; que nous pensons que la constiiuiion ne donne point au parlement de la Grande- Bretagne le pouvoir d'établir sur aucune partie du globe une forme de gouvernement arbitraire. Tous ces droits, et bien d'autres qui ont élé violés à plusieurs reprises, sont sacrés pour nous comme pour vous. » Ils le conjuraient de ne pas eu souffrir plus longtemps l'infraction à leur égard, et de nommer lin parlement pénétré de la sagesse et de l'indépendance nécessaires pour ramener entre tous les habitants de l'empire britannique l'harmonie et l'affection que désirait ardemment tout vrai et tout honnête Américain.

Dans la supplique au roi, ils disaient que, loin d'introduire aucune nouveauté, ils s'étaient bornés à repousser les nouveautés qu'on avait voulu établir à leurs dépens; qu'ils ne s'étaient rendus coupables d'aucune offense, à moins qu'on ne leur reprochât d'avoir ressenti celles qui leur avaient été faites. Ils rappelaient à George III que ses ancêtres avaient élé appelés à régner en Angleterre pour garantir une nation généreuse du despotisme d'un roi superstitieux et implacable; que son titre à la couronne était le même que celui de son peuple à la liberté; qu'ils ne voulaient pas déchoir de la glorieuse condition de citoyens anglais, et supporter les maux de la servitude qu'on préparait à eux et à leur postérité. Ils ajoutaient : « Comme Votre Majesté a le bonheur, entre tous les autres souverains, de régner sur des citoyens libres, nous pensons que le langage d'hommes libres ne l'offensera point. Nous espérons, au contraire, qu'elle fera tomber tout son royal déplaisir sur ces hommes pervers et dangereux qui, s'entremettant audacieusement entre votre royale perf0.ine et ses fidèles sujets, s'occupant depuis quelques années à rompre les liens qui unissent le§ diverses parties de votre empire, abusant de votre autorité,

caloiDDiant vos sujets américains, et poursuivant les plus desespérés et les plus coupables projets d'oppression, nous ont à la fin réduits, par une accumulation d'injures trop cruelles pour être supportées plus longtemps, à la nécessité de troubU r de DOS plaintes le repos de Votre Majesté. »

Toutes ces pièces furent envoyées à Franklin. Le prévoyant négociateur de TAmirique ne croyait pas plus que le sage Washington et la plupart des membres du congrès à la possibilité d'une réconciliation avec l'Angleterre. Néanmoins, faisant son devoir jusqu'au bout, il avait agi comme s'il n'en avait pas désespéré. Un nouveau parlement s'était réuni le 29 novembre 1774, elle ministère avait engagé une négociation indirecte avec Franklin. On lui avait demandé quelles seraient les conditions d'un retour des colonies à l'obéissance. Il les avait rédigées en dix-sej<t articles Les principaux de (^s articles étaient l'abandon du droit sur le thé, dont les cargaisons détruites seraient payées par Boston; la révision des lois sur la navigation, et le retrait des actes restrictifs pour les manufactures coloniales; la renonciation, de la;)arl du parlement d'Angleterre, à tout droit de législation et de taxe sur les colonies; la faculté accordée aux colonies de s'imposer en temps de guerre proportionnellement à ce que payerait l'Angleterre, qui, en temps de paix, aurait le monopole du commerce cx)loni;il; l'Interdiction d'envoyer des troupes sur le territoire américain sans le consentement des assemblées législatives des provinces; le payement par ces assemblées des gouverneurs et des juges nommés par le roi; la révocation des dernières mesures prises contre le Massachusetts.

Ces articles, discutés tour à tour avec les docteurs Barclay, Folbergill, les lords Hvde et Howe, amis du ministère, et remaniés mente sur quelques points, ne furent point agréés par le ministredes colonies, lord Darmouth, ni |>ar le chef du cabinel, lord North. La pétition du congrès au roi, qui survint pendant cette négociation détournée, ne pro^luisit pas plus d'eiw^ Elle fut reçue avec un silencieux dédain. L'adresse au ncuple de b Grande-Bretagne ne rendit pas le nouveau parle- ' t dIu* circonspect, plus juste, plus prévoyant que l'ancien.

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