‹ Notices historiquesChapitre 49 sur 78 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

cul, quels sont et les dépenses et le temps nécessaires pour nous tuer tous et conquérir nos possessions. »

L'Angleterre ne voulut pas comprendre la gravité de cette situation. Elle ne vit pas que les Américains avaient encore plus d'intérêt à lui résister qu'elle n'en avait à les soumettre, et qu'ils déploieraient pour alFermir leur liberté politique autant d'énergie qu'en avaient montré leurs opiniâtres ancêtres pour assurer leur liberté religieuse. Au lieu d'accueillir une dernière supjilicalion que les colonies adressèrent à la mère patrie pour se réconcilier avec elle si les bills attentatoires à leurs privil(ges étaient révoqués , le parlement britannique les mit hors de la paix du roi et de la protection de la couronne. A cette déclaration d'inimitié, il n'y avait plus à répondre que par une déclaration d'indépendance. Le moment était venu pour l'Amérique de se détacher entièrement de l'Angleterre, et les esprits y étaient merveilleusement préparés.

Le congrès donc, sur le rapport d'une commission composée de Benjamin Franklin, de Thomas Jefferson, de John Adams, de Rogers Sherman, de Philipp Livingston, annonça, le 4 juillet 1776, que les treize colonies, désormais affranchies de toute obéissance envers la couronne britannique, et renonçant à tout lien politique avec l'Angleterre , formaient des États libres et indépendants, sous le nom d'États-Unis d' Amérique. Cette mémorable déclaration d'indépendance fut rédigée par l'avocat virginien Jefferson avec une généreuse grandeur de pensées et une mâle simplicité de langage dignes d'inaugurer la naissance d'un peuple. Pour la première fois, les droits d'une nation étaient fondés sur les droits mêmes du genre humain , et l'on invoquait pour établir sa souveraineté, non l'histoire, mais la nature. Les théories de l'école philosophique française, adoptées sur le continent américain avant d'être réalisées sur le continent d'Europe, succédaient aux pratiques du moyen âge; les constitutions remplaçaient les chartes, et à la concession ancienne des privilèges partiels se substituait la revendication nouvelle des libertés générales. Voici comment parlaient ces grands novateurs :

a Nous cro} ons, et celte vérité porte son évidence en elle-

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même, que tous les hommes sont nés égaux, qu'ils ont tous été dotés par leur Créateur de certains droits iualiénabies ; qu'au nombre de ces droits sont la vie, la liberté et la recherche du bien-être; que, pour assurer ces droits, il s'est établi parmi les hommes des gouvernements qui tirent leur légitime autorité du consentement des gouvernés; que, toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient contraire à cesfms-là, un peuple a le droit de la modifier ou de l'abolir, et d'instituer un gouverncment nouveau fondé sur de tels principes, et si bien ordonné, qu'il puisse mieux lui garantir sa sécurité et assurer son bonheur. Il est vrai cependant que la prudence invite à ne pas changer légèrement, et pour des causes passagères, les gouvernements anciennement établis. Et en fait l'expérience a montré que les hommes sont plus disposés à souffrir lorsque leurs maux sont supportables, qu'à user de leurs droits pour abolir les établissements auxquels ils sont habitués. Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations invariablement diriges vers le même but démontre qu'on a le dessein de les soumettre à un despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de se soustraire au joug d'un pareil gouvernement, et de pour* voir à leur sé< urité future en la confiant à de nouveaux gardiens Telle a été jusqu'ici la patience de ces colonies, et telle est maintenant la nécessité qui les force à changer les bases du gouvernement, n

Après avoir énuméré leurs griefs, et exposé toutes les tentatives qu'ils avaient faites, mais en vain, pour se réconcilier avec un peuple resté sourd à la voix de la justice comme à celle du sang, ils ajoutaient : « Nous donc, les représentants des États-Unis d'Amérique, réunis en congrès général, eo appelant au Juge suprême du monde de la droiture de nos iutentions, au nom et par l'autorité du peuple de ces colonies, nous proclamons et déclarons que ces colonies unies sont do droit et doivent être des Étals libres et indépendants;... que, comme Étals libres et indépendants, elles possèdent le droit do poursuivre la guerre, de conclure la paix, de contracter des alliances, do faire des tiailés de commerce, et d'accomplir tous les actes qui appartiennent aux États indépendants. Pour

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