‹ Notices historiques sur les généraux et marins du XVIIIe siècle [microforme]Chapitre 111 sur 143 · VICH=-AMIRAL · texte numérisé non relu

VICH=-AMIRAL

Prise de la Grenade (1779).

Charles-Henri, comte d'Estaing, naquit au château de Ruvel, en Auvergne, en 1729, el commenca sa carrière militaire en servant dans l'infanterie, I était brigadier en 17957, quand il partit pour lnde avec M, de Lally, nommé gouverneur des établissements francais dans les Indes-Orientales. 1 prit une part très active à la guerre que M. de Lally fit aux Anglais: il s'empara de Gondelour, participa à la prise du fort Saint- David, la plus forte place de l'Inde, de la ville d'Arcate, de la ville noire de Madras, où il fut blessé et fait prisonnier (1758). Mis en liberté sur parole, M. d'Estaing eut le tort grave de violer ses engagements et de reprendre les armes contre les Anglais, Fait prisonnier à son retour en France, près de Lorient, il fut envové en Angleterre el mis en prison à Portsmouth.

Rendu à la liberté par la paix de Paris (1763) M. d'Estaing quitta l'armée de lerre et fut fait d'emblée

heutenant général des armées navales, Celle facon

d'entrer dans la marine déplut aus officiers du grand

corps!, qui le regardèrent loujours comme un intrus, Aussi, M. d'Estaing donna-t-11eonstammentla préférence aux officiers bleus, ee qui amena de fréquents conflits, très préjudiciables au service, entre Jui et les officiers placés sous ses ordres, En 4777, il fut nommé vice-amiral.

« En 1778, le comte d'Estaing fut choisi pour commander une escadre de 42 vaisseaux et 4 frégales, des- Linés pour l'Amérique septentrionale, porta son pavillon sur le Languedoc, de 90 canons, Parti de Toulon, le 43 avril, les vents contraires ne lui permirent d'arriver à l'embouchure de la Delaware que le 8 juillet suivant, L'escadre anglaise, que commandait lamiral Howe, en était partie depuis le 28 juin, el s'était retirée ‘hi à Sandy-Hook, près de New-York, L'amiral francais l'y suivit; mais, ne jugeant pas à propos de la forcer à son mouillage, parce que le Languedoe et le Tonnant üiraient Lrop d'eau pour pouvoir franchir les passes, il leva l'ancre le 22 juillet, et alla, de concert avec les Américains, se présenter devant Rhode-fsland, Aussitôt que le corps de troupes américaines qui avail pris poste auprès de Providence eut effectué son débarque ment dans cette île, le comte d'Estaing forca, le 8 août,

les passes de New-Port? et entra dans la baie de Con-

1, I y avait dans la marine deux classes d'oiliciers : Les officiers du grand corps, tous nobles et sortant des gardes de la marine; — les officiers bleus où de port, sortis de la marine marchande, roturiers et fort méprisés par messieurs du grand corps, qui ne leur obéissaient mème pas toujours.

2, New-Port, chef-lieu de lile,

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necticut, À cette approche subite, les Anglais furent saisis d'une si grande frayeur, que, sans examiner S'ils pourraient prolonger leur résistance, ils brûlérent{ vaisseau, à frégates, 2 corvelles el plusieurs magasins! ».

L'amiral Howe venait au secours de New-Port el se préparait à livrer bataille, lorsqu'une terrible tempéte, qui dura deux jours (1-13 août), assaïlit les deux escadres et les dispersa. Les vaisseaux francais furent très maltraités. Le Lanquedoc, entüitrement démâté el sans gouvernail, fut attaqué par un vaisseau anglais, et, sans l'énergie de d'Estaing et le secours de deux vaisseaux francais, il aurait été pris, Pareille aventure arriva au l'onnant.

D'Estaing rallia son escadre : mais, malgré les inslances du général américain Sullivan et celles de La Fayette, il ne crut pas devoir reprendre fes opérations contre New-Port et fit voile pour Boston, dont la rade

sûre allait lui permettre de réparer les avaries de ses

vaisseaux. Le départ du comte d'Estaing obligea les

Américains de lever le siège de New-Port et d'évacuer

Rhode-Island (29 août), et les Anglais restôérent les

maitres de cette importante position.

De Boston, M. d'Estaing revint à la Martinique. Les

Anglais venaient de s'emparer de Samnte-Lucieetavaient

fait de cette île leur place d'armes et le centre de réu-

nion de leurs forces navales dans les Antilles, Le comte

d'Estaing résolut de leur enlever cette position; il alla

les y attaquer, mais il échoua (58 décembre 1778).

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