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comte d'Estaing, qui marchait à leur Lête, ont enlevé, l'épée à la main, les forts de l’île de la Grenade et fait 700 prisonniers quiont été contraints de se rendre à discrétion, ainsi que le gouverneur, et d'abandonner leurs drapeaux, plus de 100 pièces de canon, 16 mortiers et un ygrand nombre de bâtiments de mer qui étaient sous la protection des batteries. Deux jours après, l'escadre anglaise, forte de 21 vaisseaux et commandée par l'amiral Byron, amenant sous son escorte 4,000 hommes de débarquement, s'est approchée de l'île de la Grenade dans le dessein de tenter de la reprendre sur mes troupes. Le comte d'Estaing a fait appareiller mes vaisseaux, à offert et livré le combat à l'escadre du roi d'Ansleterre, l’a forcée de prendre la fuite après avoir désemparé plusieurs de ses vaisseaux, et a conservé la conquète.
Le succès de ces diverses expéditions dans lesquelles mes officiers, mes troupes et les équipages de mes vaisseaux ont déployé toutes les ressources et l'énergie de la valeur française, ainsi que dans les différents combats qui ont été livrés sur mer depuis le commencement des hostilités, ne doit être attribué qu'à la faveur que le Dieu des Armées, qui connaît la droiture de mes intentions et mon désir pour la paix, veut bien accorder à la justice de ma cause.
C'est pour lui rendre un hommage public de ma reconnuissance, et pour le supplier de me continuer sa divine protection, que je vous fais cette lettre pour vous dire que mon intention est que vous fassiez chanter le Te Deum en l’église métropolitaine de ma bonne ville de Paris, au jour et à l'heure que le Grand-Maitre ou le Maitre des Cérémonies vous dira de ma part. Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ail, mon cousin, en sa sainte et digne garde.
Ecrit à Versailles, le 9 septembre 1779. Louis,
Le Te Deum a été chanté à l’église métropolitaine de cette ville (Paris), le dimanche 12 de ce mois, et le même jour toute la ville a témoigné par des illuminations le vif intérêt que prend la Nation à la prospérité du règne de son Roi,
On apprit bientôt que l'amiral d'Estaing venait de subir un échee à Savannah.
Après avoir offert inutilement le combat à l'amiral Byron devant l'île Saint-Christophe où ils'était embossé, d'Estaing avait été attaquer la ville de Savannah, dans la Géorgie, dont les Anglais venaient de s'emparer. De celle place, ils dominaient et ravageaient les Etats-Unis du Sud, Le comte d'Estaing arriva devant Savannah vers la fin d'août et débarqua 3,500 hommes, Le général anglais Prévôt était décidé à se bien défendre. Le siege commenca, et 2,000 Américains vinrent se joindre aux Francais ; mais la mauvaise saison arrivait, el la flotte, qui était mouillée à l'embouchure de la rivière, recevait déjà de forts coups de vent et commencait à manquer de vivres, Il fallait en finir avec le siège, el d'Estaing résolut d'enlever d'assaut Savannah. Le 9 octobre, les Franco-Américains attaquerent et furent repoussés, Le siège fut levé, et l'amiral revint en France au commencement de 1780.
Il demeura trois ans dans une sorte de disgrâce et n'obtint un nouveau commandement qu'en 1783, au moment où la paix allait être signée.
La carrière militaire du comte d'Estaing était terminée, et quelques années plus tard il allait jouer un rôle dans les événements de la Révolution. En 1787, il fut élu à l'Assemblée des Notables, où il fit partie de l'opposition. Il ne put se faire élire député aux Etats généraux ; mais il devint commandant de la garde nationale de Versailles, Pendant les journées des 5 et 6 octobre 1789, il parait avoir préparé les moyens de per-
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mettre à Louis XVI de s'enfuir; mais il ne fil rien pour arrêter la populace dans son invasion du château. Venu à Paris, à la suite de ces événements, il s'enrôla comme simple grenadier dans la garde nationale parisienne. En 1792, il fut compris dans la nouvelle organisation de la marine en qualité de vice-amiral, tout en étant lieutenant général dans l'armée de terre, La loi des suspects lui fut appliquée et il fut emprisonné. Pendant sa détention, il fut cité comme témoin dans le procès de Marie-Antoinette ; 1l déposa contre elle, se plaignit qu'elle avait refusé de suivre les conseils qu'il lui avait donnés d'engager le Roi à être franchement constitutionnel, et déclara qu'il la détestait, « Oui, je la déteste », répéta-Lil. Traduit à son tour devant le tribunal révolutionnaire, il se défendit en rappelant ses services et termina en disant aux juges : « Quand vous aurez fait tomber ma tête, portez-la aux Anglais, ils vous la paieront cher ».
Le comte d'Estaing fut condamné à mort et exécute le 28 avril 1794.
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