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marine; c'était l'ancien fort de Saint-Philippe du temps des Espagnols. M. de Vallière ! étant consulté, lui dit qu'avec 24 pièces de gros canon et 15 mortiers il y aurait plus qu'il ne fallait pour écraser cette bicoque. Arrivé à Toulon, il eut quelques conférences avec un capitaine de vaisseau marchand qui y avait été prisonnier et relâché sur sa parole; ce marin lui dit que ce plan ne ressemblait pas plus au fort Saint-Philippe que la Bastille ne ressemblait à une bonne place de guerre. D'après cet avertissement, le maréchal prit dans nos places de la Méditerranée, assez mal pourvues d'artillerie, une augmentation de 14 pièces de canon et 7 mortiers. Mais quel fut notre étonnement à la première reconnaissance que l'on fit du fort de Saint-Philippe, quand nous découvrimes une place hérissée de fortifications et nous présentant 240 embrasures garnies de canons! Depuis que les Anglais en étaient les maîtres, ils y avaient construit des contre-gardes spacieuses en avant de tous les bastions et demi-lunes, couronnées par un chemin couvert ; ils y avaient ajouté un front de lunettes avancées sur les capitales, avec un avant-chemin couvert, et construit le fort Marlborough et celui de Saint-Charles sur les rives droite et gauche de la calle Saint-Etienne. Tous les fossés étaient taillés dans le roc; tous les ouvrages étaient minés par les plus belles galeries possibles ; tous les glacis sur un roc pelé jusqu'au faubourg de la Ravalle, qu'ils n'avaient pas heureusement eu le temps de raser ».