LEVOT, Biographie bretonne, W
LA MOTTK-PICQUET,
autres bâtiments francais, il se trouva, pendant une heure, seul à combattre les trois anglais, La lutte continua jusqu'à la nuit, Le lendemain, l’Annibalrouvrit le feu, et, encore une fois, pendant deux heures, il se trouva exposé au feu des trois anglais, les courants et le calme s'opposant à ce que les autres bâtiments francais pussent le rejoindre, Leur arrivée amena la retraite de l'ennemi,
Après avoir réparé les avaries les plus graves de l'Annibal et fait panser la blessure qu'il avait recue, La Motte-Picquet fit le signal à sa division de poursuivre les Anglais. Il allait les approcher, lorsqu'il apercut plusieurs bâtiments qui faisaient force de voiles pour venir l'attaquer. Il vira de bord, prit chasse à son lour et entra le lendemain, 22 mars, au Cap-Francais, où son convoi élait déjà parvenu.
Quelques mois après, il rejoignit la flotte de M. de Guichen et revint à Brest le 6 janvier 1781.
Le 4% mai 1781, La Motte-Picquet commandait dans la Manche une escadre de 6 vaisseaux et 3 frégates, et croisait sur les côtes d'Angleterre, lorsqu'il rencontra le commodore Hotham qui, avec 2 vaisseaux et 2 frégates, escortait un convoi de 24 bâtiments chargés d'un riche butin enlevé aux Hollandais de Saint-Eustache, l'une des Antilles, Le 2 mai, il donna la chasse aux Anglais; mais le commodore Hothanmn fit le signal de sauve-qui-peut, et grâce à la marche supérieure de ses bâtiments, il parvint à éviter le combat. La Motte- Picquet se jeta aussitôt sur le convoi et amarina 22 bàtiments et 2 corsaires. Le 11 mai, il rentrait à Brest
2) LA MOTTL-PICQUET,
avec des prises qui furent vendues 8 millions de livres (24 millions de francs"),
Le chevalier de la Motte-Picquet était devenu le comte de la Motte-Picquet en avril 4781, 1 fut élevé au grade de lieutenant général en janvier 1782, el commanda l'Invincible dans la flotte franco-espagnole placée sous les ordres du comte de Guichen et de don Louis de Cordova, et qui avait pour mission de protéger le siège de Gibraltar, Le 43 septembre, la ville fut attaquée, mais la flotte ne put prendre part à l'action; les Anglais repoussérent l'attaque, et la flotte combinée reprit le blocus, Une tempète survint et forca les vaisseaux franco-espagnols à s'éloigner; pendant ce temps, l'amiral Howe, arrivé d'Angleterre, ravitailla Gibraltar et repassa le détroit, La Motte-Picquet, qui commandait l'avant-garde des confédérés, atlaqua et maltraita l'arrière-garde de Howe; mais celui-ci avait rempli sa mission; il évila une affaire générale et revint en Angleterre sans avoir livré bataille (21 octobre).
En 1784, Louis XVI nomma le comte de la Motte- Picquet grand'eroix de Saint-Louis.
Il mourut à Brest le 41 juin 1791, après 46 ans de services et 28 campagnes. « La Motte-Picquet était très petit, très maigre, et sa laideur était, pour ainsi dire, passée en proverbe ; mais, en revanche, il avait beaucoup d'esprit ».
4. La Compagnie d'assurances de Londres paya 700,000 livres sterling, soit 17,500,000 livres françaises, qui représentent au moins 52 millions de francs d'aujourd'hui,
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LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES NAVALES
Campagne des Antilles.
Combats de la Dominique et de Sainte-Lucie (17 avril, 15 et 19 mai 1780),
Luc-Urbain du Bouexic, comte de Guichen, naquit à Fougères en 1712 et entra au service comme garde de la marine en 1730. Il devint enseigne de vaisseau en 1735, lieutenant en 1746 el capitaine en 1756. Il était chevalier de Saint-Louis depuis 1748. Pendant les guerres de la Succession d'Autriche et de Sept-Ans, il déploya en plusieurs circonstances un courage, un sang-froid et une activité remarquables, et la guerre d'Amérique allait enfin permettre à M. de Guichen de développer ses brillantes qualités de tacticien.
Devenu chef d'escadre en 1776, il commandait à la bataille d'Ouessant l'une des divisions de la flotte du comte d'Orvilliers, et le vaisseau sur lequel il était monté, la Ville-de-Paris, se battit constamment, à portée de pistolet, contre presque tous les vaisseaux anglais, qui, les uns après les autres, vinrent le combattre. « Sa Majesté, lui écrivit le ministre de la marine, M. de Sar-
tines, n'ignore pas combien vous avez contribué par vos talents el votre bravoure à la gloire que la marine s'est acquise dans cette journée ». Aussi, en récompense de sa belle conduite, le Roi le nomma commandeur de Saint-Louis, et le corps municipal de Paris lui donna le titre d'échevin honoraire.
Le 4% mars 1779, M. de Guichen était fait lieutenant général des armées navales,
La même année, il commanda l'avant-garde de la flotte franco-espagnole placée sous les ordres du comte d'Orvilliers et de l'amiral don Louis de Cordova. Cette flotte, de 66 vaisseaux, se rendit dans la Manche et jeta l'alarme sur les côtes de l'Angleterre; mais une terrible épidémie qui se déclara sur tous nos vaisseaux força l'armée combinée à rentrer dans le port de Brest sans avoir obtenu de résultats.
En 1780, M. de Guichen partit de Brest, avec une escadre de 16 vaisseaux et 4 frégates escortant un convoi de 83 bâtiments envoyés à la Martinique, et sur lesquels 4,000 soldats étaient embarqués. Sur le point d'atterrir, le 22 mars, il rencontra une division de 7 vaisseaux et 2 frégates commandée par le chef d'escadre M. de Grasse qui, avec le comte de Bouillé, allait attaquer l'ile de Sainte-Lucie, ancienne possession française. M. de Grasse se rangea sous les ordres de M. de Guichen, et on fit voile pour Sainte-Lucie, Mais devant les défenses élevées par le gouverneur de l'île et la position inexpugnable où l'amiral Hyde Parker s'était placé au Gros-Ilet, on dut renoncer à l’entreprise et revenir à la Martinique,
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Sur ces entrefaites l'amiral Rodney arrivait aux Antilles et prenait le commandement de toutes les forces 4e" anglaises. M. de Guichen se décida à le combattre 4
et à débarquer des troupes dans Sainte-Lucie ou dans ÿ toute autre île anglaise. Il sortit de Fort-Royal (Marti- ii nique) le 43 avril et se dirigea sur le canal de la Domi- a nique’, le fran: «it et se trouva en présence de Rodney n et de ses 22 vaisseaux. Pendant deux jours, les deux | flottes manœuvrèrent pour s'assurer le vent, et, le 17, vla s
Rodney attaqua les Francais. Après un combat opinià- “2 tre, il fut obligé de se retirer. Le Sandwich qu'il mon- Ag € tait avait élé si maltraité qu'il faillit couler bas.
Guichen fit route pour la Guadeloupe et y déposa ses St blessés, et, apprenant que Rodney revenait l'attaquer, il marcha aussitôt à sa rencontre avec 23 vaisseaux el
5 frégates. 1.
Du 20 avril au 45 mai, M. de Guichen et l'amiral anglais restèrent en présence, les calmes et les variations de la brise empêchant toute action; enfin, le 15 mai, il y eut un combat sans résultats. Le 19, les deux flottes se livrèrent un troisième combat, qui fut signalé par les belles manœuvres des deux amiraux, surtout par celles de M. de Guichen. Ces deux combats restèrent indéeis. 'N Guichen y perdit 978 hommes tués ou blessés?, Rodney ire l à peu près aulant, et de plus un vaisseau et une frégate. Ces trois actions mirent en relief l'habileté de M. de Guichen, qui s'y montra un savant tacticien. Il fut 4. Ile située au nord de la Martinique, entre la Martinique et Le le
la Dominique. HU AP 9, Gazette, 1180, p. 264.
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fait grand-croix de Saint-Louis en 1781 et revint en France.
En décembre 1781 il appareilla de Brest avec 10 vaisseaux et 4 frégate escortant un convoi de nombreux bâtiments chargés de troupes et de munitions pour Saint-Domingue. Par un temps très brumeux, à environ 200 kilomètres au sud d'Ouessant, il fut surpris par 43 vaisseaux anglais commandés par l'amiral Kempenfeld, qui s'empara de 15 bâtiments et en coula quelques autres. Averti de ce qui arrivait, Guichen ordonna de donner la chasse à l'ennemi, mais on ne put l'atteindre. À la suite de cette surprise un violent coup de vent dispersa l’escadre et les restes du convoi", et M. de Guichen se vit obligé de revenir à Brest avec ses vaisseaux fort maltraités. A son arrivée, il voulut se démettre de son commandement; mais le Roi n'accepta pas cette démission et lui fit dire qu'il trouverait bientôt une occasion de faire oublier cet échec.
L'occasion se présenta en effet l'année suivante, et M. de Guichen ne fut pas plus heureux, Sorti de Brest avec 10 vaisseaux, il alla se joindre, à Cadix, à la flotte espagnole. Après avoir croisé entre les caps Saint-Vincent et Finistère, et capturé 18 bâtiments de commerce richement chargés, la flotte franco-espagnole se rendit dans la baie d'Algésiras pour protéger le siège de Gibraltar. Un terrible coup de vent forca l'armée combinée à s'éloigner, et l'amiral Howe en profita pour ravitailler
1. Deux vaisseaux et six bâtiments de transport arrivèrent seulement à Saint-Domingue.
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Gibraltar. Il repassa aussitôt le détroit, s'en retournant en Angleterre après avoir accompli sa mission. L'ar- ÿ' mée combinée se mit à sa poursuite; La Motte-Picquet | 4 * atteignit son arrière-garde le 21 octobre 1782 et la canonna. Le comte de Guichen, qui n'avait que des vais- LE seaux espagnols mauvais marcheurs, ne put arriver à assez tôt pour prendre part au combat, et les Anglais, qui ne voulaient pas engager une äction générale, s'échappèrent.
Ce fut la dernière campagne de M. de Guichen. La paix fut signée en 1783, et, en 1784, Louis XVI le dé nomma chevalier du Saint-Esprit. Il recut, à cette occa- pe sion, les félicitations d'un grand nombre d'officiers de marine, auxquels il répondit spirituellement : « Mes- qu sieurs, le Roi a voulu accorder une croix de ses ordres Ta s au corps de la marine, et c'est moi qu'il a chargé de la porter ».
Le 13 janvier 1790, M. de Guichen mourut à Morlaix.
Capitulation d'Yorktown (1782).
Jean-Baptiste-Donatien de Vimeur, comte de Rochambeau, naquit le 4° juillet 1725. En 1742, il entra au service en qualité de cornetle au régiment de Saint- Simon-cavalerie et fil ses premières armes en Bohème sous le maréchal de Maillebois (4742) et sur le Rhin sous les ordres du maréchal de Coigny (1742-43). En 1743, il acheta une compagnie. En 1746, il est à la bataille de Raucoux ; l'année suivante, il devient colonel d'un régiment d'infanterie et prend part à la bataille de Laufeld ; en 1748, nous le trouvons au siège de Maëstricht.
Le régiment de M. de Rochambeau fil partie de l'expédition de Minorque, commandée par le duc de Richelieu. Il raconte dans ses Mémoires‘ un fait qui montre bien quelle négligence présidait aux opérations militaires : on se croirait déjà en 1870. « Lorsque le maréchal de Richelieu partit de Versailles, on ne put trouver qu'un vieux plan de Mahon dans le Dépôt de la