‹ Notices historiques sur les généraux et marins du XVIIIe siècle [microforme]Chapitre 2 sur 143 · INTRODUCTION. VI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VI

règne de Louis XV. Elle fut heureuse pour la France grâce à une pléiade d'illustres marins qu rétablirent l'honneur du pavillon, Mais cette guerre glorieuse ne nous rendit pas le Canada, que nos alliés ne nous permirent pas de reprendre, ni l'Inde qu'ils nous empêchèrent de ressaisir, en faisant la paix avant nous et sans nous. Elle obéra le trésor, créa une dette énorme et prépara la Révolution.

Pendant que la politique et la diplomatie de Louis XV étaient si dépourvues de suite, pendant que ce roi gouvernait si mal ses Etats et soulevait contre la monarchie une opposition redoutable qui allait bientôt la renverser, le favoritisme et des abus de toute sorte désorganisaient l’armée et la marine, qui tombaient dans une décadence complète.

Les grandes générations des capitaines et des marins de Louis XIII et de Louis XIV ont disparu, et cependant il n'y eut jamais tant de lieutenants

généraux dans nos armées que sous Louis XV ;

jamais aussi, si peu de vrais généraux. Pendant la

guerre de la Succession d'Autriche, deux étrangers,

les maréchaux de Saxe et de Lowendal, suppléent

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vu INTRODUCTION.

à cette disette de généraux francais el conservent au drapeau son vieil honneur,

Mais, pendant la guerre de Sept-Ans, presque loujours nos troupes ont à leur tête des hommes incapables de les conduire : Richelieu, Soubise, Clermont, Contades. Une intrigue de cour fait rappeler le maréchal d'Estrées le lendemain de la victoire d'Hastembeck. Si Chevert, capable de battre l'ennemi, n'est pas nommé maréchal de France, c'est qu'il est placé à la fin de la liste des lieutenants généraux, et qu'il v en a un si grand nombre avant lui que le gouvernement, en le nommant, soulèverait contre lui loute la haute arislocralie militaire, à laquelle Chevert n'apparlient pas.

en est de mème dans l'armée de mer. Un anural, maréchal de France, M. de Conflans, se sauve devant ennemi sans combattre, laissant les quatre vaisseaux de son arrière-garde supporter seuls le choc de toute la flotte anglaise, et MM. de Saint-André et leurs équipages se font tuer plutôt que de se déshonorer.

Une réforme de nos armées était devenue indis-

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