Voir plus loin la notice du maréchal d'Esrrérs
2. Tome XVI, pages 355-360. M, de Luynes tenait ces détails du maréchal, dont il était l'ami.
3, Commune, village.
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tir ceux qu'on impose que s'ils manquent à quelqu'une de ces conditions, ils seront imposés au double, au triple, mème au quadruple ; leur tenir parole à la dernière rigueur sur ces punitions, mais en même temps empêcher avec la plus grande sévérité qu'il soit exigé, dans aucun cas, pa delà ce qui a été imposé. Et, lorsqu'il arrive quelques circonstances qui mettent dans l'occasion ou la nécessité d'exiger des fournitures extraordinaires, les faire payer avec la dernière exactitude. Enfin, ilest très nécessaire que le général ait chez lui un livre par chapitres contenant les différents articles pour la subsistance de l'armée, el que tous les jours, s'il est possible, il se fasse rendre compte par l'intendant de ce qui regarde ces différents articles, Ce travail devient fort court quand on le fait tous les jours et qu'une lois la règle est établie,
Voilà la méthode que M. le maréchal de Belle-Isle employa lorsqu'il passa en Bohème. Il avait déjà eu l'occasion d'en comprendre l'importance lorsqu'il entra dans l'électorat de Trèves, à la tête de l'armée du Roi. Avant que d'y entrer, il parla non seulement aux officiers généraux et particuliers, mei, même à la Lête de chaque corps et leur dit que, quoiqu'ils entrassent en pays ennemi, ils ne devaient pas en conclure que le pillage et la maraude seraient permis; qu'il aurait attention qu'on leur fournit tout ce qui leur serait nécessaire à un prix raisonnable ; que mème il espérait de trouver le moyen de leur procurer quelques bénélices sur les subsistances, mais qu'il exigeait que pendant huit jours on observât la même exactitude et la mème régularité que si on campait dans le parc de Versailles.
Dans le même temps qu'il donnait ces ordres, il parlail aux magistrats des villes principales où l'on devait passer et leur déclarait ses intentions sur l'espèce et la quantité de
1. Si le soldat en effet n'a pas ses vivres assurés par l'intendance, il est bien obligé de marauder; la maraude le conduit au pillage; dès lors la discipline est détruite.
BELLE-ISLE. 47 4 Définir ue = =” ni ne de fournitures qu'il exigeait, I leur enjoignit de les faire ap- A triple, porter, dans chaque lieu où son armée devait camper, au Ko gueur plus tard dans huit jours, après quoi il ne pouvait plus f vec la répondre des désordres qui pourraient être commis. Il ors, pa donna qu'on fournit gratis à chaque soldat une livre de *S cCir- viande et une cerlaine quantité d'herbes et de légumes. 2essité Lorsqu'il fut prêt de faire entrer son armée dans Trèves, Tr avec tit venir les magistrats et leur dit que, l'électeur, leur que le maitre, étant la principale cause de la guerre que le Roi es dif= avait contre la maison d'Autriche, S. M. était en droit d'agir e tous contre eux avec la dernière rigueur et de faire piller et ar lPin- brûler tout l'électoral, mais qu'il ne voutut point user de è travail celte sévérité à leur égard ; qu'ils eussent à faire fournir vi qu'une avec la plus grande régularité les subsistances dont l'état 1 leur serait remis par M. l'intendant et qu'ils pouvaient être ÿ le em- assurés qu'il ne serait fait tort à aucun particulier en quoi ÿ :CasIOn que ce soit. LE l'élec- Les magistrats, qui avaient été effrayés avec raison, se he ue d'y trouvèrent fort heureux d'en être quittes pour des fourni- 1h et par- lures et des contributions réglées ; tout fut apporté avec la Li eur dit dernière régularité. Il n'y eut ni désordre ni plainte. IE evaient L'armée campait au milieu des vignes et des jardins, suns nt pet- prendre un chou niun grain de raisin. 14 ce qui Les deux lignes de l’armée francaise s'étant trouvées k ème 1 nécessairement séparées par un canton de vignes, à peu près 4 elques dans le temps de la vendange, car c'élait au mois de sep- 54 e pen- tembre, il paraissait plus difficile que jamais d'empêcher fi mème le dégàt. M. de Belle-Isle en sentit l'inconvénient, I examina 4 ss, le terrain. I] lui fallait une communication facile entre les Lie >arlait deux lignes de son armée; il fit venir les baillis des environs : ! passer il leur demanda quatre chemins de communication au tra- l tité de vers des vignes, mais seulement de # pieds de large chacun. 4 I fit faire une estimation de la perte que ces quatre chemins itahs causeraient aux particuliers dont on entamait les vignes, et fit toi payer sur-le champ le dédommagement. 11 publia les défenses les plus sévères de toucher aux vignes, et chargea les HA à
BELLEKE-ISLE.
baillis de faire tenir dans lesdits chemins des gardes, de distance en distance, comme on en met en temps de paix pour garder les vignes, avec ordre auxdits gardes, non de faire aucune résistance, ce qui n'était pas praticable, mais d'avertir S'ils étaient maltraités où que lon prit un grain de raisin, {n'y eut pas la moindre plainte.
Une communauté avant refusé de recevoir les troupes du Roi et de fournir les subsistances auxquelles elle était imposée, M. de Belle-fsle, qui était alors un peu éloiuné, ne parut point faire une sérieuse attention à ce refus: mais, à son relour, il obliger ‘ à; magistrats de cette ville de venir le trouver; il leur fit sentir lénormité de leur faute et la punition qu'il serait en droit d'ordonner ; mais il ajouta ue, ne voulant point en user avec eux à la dernière rigueur, il exigeait seulement qu'ils fournissent le quadruple de ce à quoi ils avaient été imposés, les assurant qu'après avoir satisfait exactement à ect ordre, il ne leur serait plus rien demandé. M. de Belle-Isle fut obéi.….
M. de Belle-Isle élait souvent oblisé de faire commander des chariots de paysans, soit pour le besoin général de larmée, soit pour le soulagement des équipages particuliers ; mais il avait établi qu'il n'en fût fourni qu'en conséquence d'un ordre signé de lui, et défendu très expressément qu'on sardât ces chariots plus de huit jours. Un chariot à quatre chevaux est souvent le bien le plus réel d'un paysan ; en être privé pendant huit jours ne lui fait pas un tort irréparable : mais, lorsqu'on le garde plus longtemps, il se trouve dans l'impossibilité de labourer sa terre et de faire son commerce, L'exactitude à renvoyer ces chariots dans le terme fixé n'empêche point que l’armée et les particuliers n'aient les secours nécessaires pour les voitures, parce qu'on en commande d'autres pour les remplacer. Mais, pour faire exécuter cet ordre, 1l faut des exemples. M, de Belle-Isle se trouva dans le cas d'en faire un, auquel il ne se porta qu'avec grand regret, M. de Saudricourt, premier lieutenant général de l'armée sous M. de Belle-fsle, avait demandé un ou deux
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BKELILE-ISLE, 19
chariots 3; il y avait plus de huit jours qu'il les gardait ; ils étaient chargés d'une grande partie de son équipage; tout ce qui était sur les chariots fat entièrement pillé ? c'était en conséquence d'un ordre de M. de Belle-fsle, M. de Saudricourt voulut se plaindre, M. de Belle-fsle lui dit tout haut, à la tête de la ligne, qu'il était au désespoir de s'être trouvé dans la nécessité de faire sur Jui Fexemple d'une sévérité indispensable, d'autant plus qu'il le regardait comme son ami de tous les temps ; mais qu'il était instruit des ordres, et que, comme le plus ancien lieutenant général de l'armée, il aurait dû donner l'exemple; que, s'il retombait dans la mème faute, il ne pourrait s'empècher de l'envoyer dans une citadelle, et peut-être même de lui donner ordre de retourneren France, M, de Saudricourt perdit pour 7 ou 8,000 livres (21 ou 24,000 fr.) d'effets, et personne n'osa plus garder de
chariots.
Nous avons reproduit ces pages si curieuses, parce quelles font bien connaître le maréchal, el parce qu'elles le rattachent à l'école de Henri 1V et de Turenne, à laquelle n'appartenait pas le maréchal de Richelieu, que Belle-le aurait certainement punt sans la protec: ‘ion loute spéciale de Louis XV.
M. de Belle-fsle ft cependant quelques exemple: sérieux, Nous eiterons seulement la punition des officiers qui avaient capitulé à Minden.
I réprima le luxe que les généraux étalaient à l'armée, surtout dans les repas : il défendit l'usage de la vaisselle d'argent et v substitua une vaisselle en fer-
blanc !. diminua le nombre des services et des plats
1, Chaque assiette en fer-blane coûtait uu peu plus de 3 livres (10 franes), et le service le plus complet revenait encore à environ 2,000 livres (6,000 fr.\. — LUYNES, XVE, 452.
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que les généraux avaient à leur able et dans les halles, I réduisit le nombre des voitures affectées au transport de leurs bagages,
Le maréchal de Belle-lsle fit cesser l'incroyable abus des colonels à la bavette et les concordats,
De puissants personnages faisaient donner un régiment à leur fils, souvent à peine âgé de douze ans. C'est ce que par dérision on appelait les colonels à Ta bavette, M. de Voltaire est le seul poète qui ail osé fronder ce ridicule sur le théâtre, lorsqu'en 1725 11 fl dire au héros de l'/ndiscret :
Colonel à quinze ans, je pense avec raison, Que l’on peut à trente ans m'honorer du bâton!.
Le maréchal de Belle-fsle, persuadé qu'il faut avoir obéi avant que de commander, proposa au Roi de décider qu'à l'avenir personne ne pourrait prétendre a commander un régiment qu'apres sept ans de service, dont deux en qualité de cornette ou de lieutenant, el cinq comme capitaine dans l'infanterie, la cavalerie ou les dragons.
Un autre abus non moins grave élail celui des concordats; il sévissait surtout dans l'infanterie, Les officiers riches S'entendaient avec des lieutenants et des capilaines peu fortunés pour obtenir d'eux, moyennant une somme d'argent, qu'ils se retirassent du service?. Conséquemment, la vacance étant faite, les anciens lieutenants, qui connaissaient le service et faisaient marcher
1. CHEVRIER, Vie du maréchal de Belle-Isle. 1362, p. 154. 2, Tbidem, p. 182.
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BELLE-ISLK, 51
les compagnies, quittaient les régiments et étaient remplacés par des jeunes gens riches, qui ne songeaient qu'à acheter au plus vite une compagnie, Par le même moven on obtenait le départ d'un capitaine sans fortune el qui ne pouvait espérer acheter un régiment, Ces traités clandestins S'appelaient concordats, Leur résultat était de faire arriver à la tête des compagnies de jeunes officiers sans expérience et sans autorité, La vénalité des grades complétée par les concordats avait élé une des principales causes de lindiscipline générale et des défaites de nos armées pendant la guerre de Sept-Ans, Le maréchal défendit les concordats!,
Le maréchal augmenta la solde et la ration du soldat, el la solde des officiers, I sépara l'artillerie et le génie, que son prédécesseur avait réunis?, Il créa l'ordre du Mérite militaire pour les officiers étrangers, Suisses ou Allemands, qui ne pouvaient obtenir la croix de Saint- Louis parce qu'ils étaient protestants, Cette décoration consistait en une croix d'or, où l'on voyait une épée avee ces mots Pro virtute bellicä, el sur le revers une couronne de lauriers, au bas de laquelle on lisait : Ludovicus XV instituit 1759. — 11 donna l'uniforme aux médecins militaires.
Pour terminer, nous dirons que c'est au maréchal de
1. On peut lire dans la Vie du maréchal de Belle-lsle, par Chevrier, l'excellente circulaire qu'il adressa à ce sujet à tous les colonels d'infanterie, ainsi que dans les Mémoires du duc de Luynes, XVI, 450.
2. Voir LUYNES, Mémoires, XVI, 439, — L. DUSSIEUX. l'Armée en France, W, 228. |
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BILLIE-ISLI,
Belle-fsle que Les maréchaux ont eu un bâton digne d'eux, On lit dans le due de Luvnes, à la date du 10 avril 1798! :
« Les deux nouveaux maréchaux de France, MM. de Berchiny et de Conflans, prétérent serment entre les mains du Roi, L'usage est que le Roi leur donne un bâton, et jusqu'à présent ee bâton avait été Ta première canne que lon trouvait; presque toujours ca été celle de M. d'Argenson pendant qu'il a été en place, M. le maréchal de Belle-sle à représenté au Rotï qu'il convenait d'avoir des bâtons faits exprés pour donner aux maréchaux de France le jour de leur serment, et en conséquence on en a fait faire, qui furent donnés dimanche dernier. Ges bâtons sont pareils à ceux que le: maréchaux de France portent à leurs armes: ils sont longs de 48 pouces 2 lignes (0 m, 49), gros de 4 pouces (0 m, 10), garnis de velours bleu semé de fleurs de [vs d'or, un cercle d'or à chaque bout; lesdits bouts aussi garnis de velours pareil avec une fleur de Is d'or ».
Le maréchal due de Belle-fsle, usé par les fatigues de la guerre, Fâgeet le travail, mourut à Versailles, à
l'âge de 77 ans, le 26 janvier 1764,
1, Tome XVE, p. 410
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MM. de nlire Îles nne un remiere été celle e, M, le uil coniner aux nt, et en mnés dix que le:
ils sont pouces rs de Ivs uls aussi d'or ».
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LIEUTENANT GÉNIURAL.
Escalade et défense de Praque (1741-1749).
Francois Chevert naquit à Verdun, le 21 février 1695, Orphelin, et entrainé par une irrésistible vocation, 1l S'engagea comme soldat, à onze ans, dans le régiment de Carné, « En entrant dans la carrière, il en mesura des veux l'étendue immense sans en etre efravé: Félorgnement presque infini du dernier terme, loin de ralenir son courage, énflamma son jeune cœur; cependant ne voyail point suspendus dans la lice les écussons de Sa maison ; il n'apercevail ni les (trophées ni les statues de ses aïeux; nul guerrier de son sang pour le guider, le protéger, lut aplanir la route, ni abréger le chemin; sans SeCOUrS, Sans appui, €'est à sa valeur, c'est à sa fermeté à braver tous les dangers et à surmonter tous les obstacles,
«Fest vrai que ses qualités nalurelles, qui se développérent avec Fâge, el que le temps perfectionna, an-
noncaient déja ce qu'il devait être un jour,
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54 CHEÉVERT,
joigneit une physionomie intéressante, également douce el tière; une pénétralion vive, un jugement sain; un amour de fa gloire, disons-le, puisque les moyens en furent toujours honnétes; une ambition qui détruisit ou domina ses autres passions ; une constance et une tenue que rien ne lassait; plus capable de se raidir contre les difficultés que de se plier aux circonstances; brave, cntreprenant, audacieux ; d'une vivacité, d'une impéluosité sans égale; mais, pour en modérer les effets ou pour en réparer les écarts, la nature avait mis en lui une àme droile, pleine de bonté et d'humanité; un cœur sensible, pour qui l'amitié fut toujours un besoin ; obligeant, bienfaisant, aimant à rendre justice aux autres: se la rendant librement à lui-méme ; d'une sincérité el d'une franchise que l'équité ne pouvait condamner, mais que la prudence n'approuvail pas loujours: sans art, sans déguisement, parce qu'il n'avait point de vues à cacher, ni de qualités essentielles à feindre où à suppléer!, »
Le 9 décembre 1710, Chevert élait nommé lieutenant dans le régiment de Beauce, Les officiers de ce corps voulurent se lattacher, comme si dés lors ils eussent prévu combien il devait contribuer un jour à la célébrité de leur régiment,
« L'esprit d'ordre et d'arrangement, une application suivie à l'étude de la tactique le inirent bientôt en éiat
d'instruire, de former ce régiment: d'en faire, pour
1. Eloge de Chevert, dans le Mercure de Franre, avril 1769, jer vol,, p. 177, — Voir aussi le Mercure de mars, p. 222,
tdouce in; un ens eh uisit ou je tenue ntre les
brave, eo impéflets ou sen lui in cœur un: obliautres :
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il 1769, 2,
ainsi dire, un nouveau corps dont il était l'âme; il le porta à un tel point de discipline et de tenue, d'obéissance et d'émulation, d'aisance et de fierté dans le mainlien, d'agilité et d'ensemble dans la marche, de prestesse dans les mouvements, de célérité et de précision dans les manœuvres, que les autres corps se firent gloire de limiter, I servit d'exemple, sans avoir eu de modèle, et l'éloge commence à lui, »
Chevert devint, en 1719, aide-major; en 1721, il recul une commission pour tenir rang de capitaine, fut nommé major, en 1728, et chevalier de Saint-Louis, en 1732, Ces divers grades et celui de lieutenant-colonel ne sachelaient pas, comme ceux de capitaine et de colonel; c'est ainsi que Chevert put y arriver, et, de leutenant-colonel passer brigadier, puis maréchal de camp et lieutenant général, grades qui ne s'achetaient pas non plus,
Très habile manœuvrier, Chevert remplit les fonc- Uons d'aide-major général de l'infanterie au camp du Pays Messin, en 1733. Pendant la guerre de la Succession de Pologne, nous le trouvons à la prise de Trèves, de Traerbach et de Philipsbourg (1734). En 1739, il était nommé lieutenant-colonel du régiment de Beauce, qu'il commanda effectivement,
La guerre de la Succession d'Autriche, commencée en 1741, amena le régiment de Chevert en Allemagne. La France avait pour alliés la Bavière, la Saxe et la Pologne, l'Espagne, le Piémont, la Suède et la Prusse,
1, Eloge, p. 178.
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L'Autriche semblait perdue; mais elle fut sauvée par le courage de Marie-Thérèse, par le dévouement des Hongrois, par les fautes des coalisés et linintelligence de l'électeur de Bavière élu empereur d'Allemagne, par l'appui de l'Angleterre et par la défection de la Prusse.
L'armée francaise, forte de 40,000 hommes, alla se
placer sous les ordres de l'électeur de Bavière, qui Sempara de Lintz, Sy fit couronner archiduc d'Autriche, et qui, au lieu de marcher sur Vienne, entra en Bohème pour se faire proclamer roi de ce pays. Bientôt les Autrichiens reprirent Lintz et nous coupérent la retraite sur le Danube; une armée autrichienne entra en Bohème el menaca les Francais de les enfermer entre elle et Prague, I fallait à tout prix s'emparer de Prague, afin de se réfugier derrière ses remparts, et l'on n'avait ni le temps ni l'artillerie nécessaire pour faire un siège régulier. On en était réduit à enlever la ville par surprise, en escaladant ses murailles pendant la nuit.
Ce fut Chevert qui accomplit cet acte d'audace, et son succès, en sauvant l'armée, donna à son nom une célébrité qui dure encore.
L'électeur de Bavière, avant appris que les Autrichiens, commandés par le comte de Neuperg, s'avan-
le
caient sur Prague, Unt un conseil de guerre, 25 novembre 1741, dans lequel il fut résolu d'essayer,
la nuit suivante, de s'emparer de la ville par escalade, La Gazette’ raconte ainsi qu'il suit ce fait d'armes.