‹ Notices historiques sur les généraux et marins du XVIIIe siècle [microforme]Chapitre 29 sur 143 · Gazette, 1741, p · texte numérisé non relu

Gazette, 1741, p

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Les ordres ayant été donnés pour l'exécution de ce projet, le comte de Polastron, qui avait été chargé de faire une fausse attaque sur un front de la haute ville, à l'endroit où l'on avait paru vouloir ouvrir une tranchée, commenca cette attaque le 26, à une heure du matin, avec les grenadiers du régiment de Piémont et avec plusieurs détachements des brigades du même régiment, de celui du Roi et de celui d'Anjou. Il y eut à cette attaque un feu très vif d'artillerie el de mousqueterie, qui y attira la plus grande attention de la garnison, dont le feu ne fut pas moins fort que celui des attaquants.

Le comte de Saxe, qui commandait l'attaque qui devait être faite par les troupes françaises, et qui avait passé la Moldau à Konigsal, sous prétexte d'aller découvrir la posilion du comte de Neuperg, se rapprocha le soir de la place, qu'il attaqua, vers les deux heures après minuit, par le côté de la ville basse, suivant ce qui avait été convenu. Il avait sous ses ordres trois compagnies de grenadiers du régiment d'Alsace, une du régiment de Beauce, les carabiniers, 600 hommes de cavalerie, un pareil nombre de dragons et 800 hommes d'infanterie. |

Le comte de Saxe ayant fait poser les échelles à l'angle rentrant, à l'épaule du bastion qui flanquait la porte Neuve, et à la courtine attenant, le sieur de Chevert, lieutenantcolonel du régiment de Beauce, mon! à la tête des grenadiers par l'angle rentrant, et il entra le premier dans la place, dont aucune maison ne fut pillée par l’attention qu'il eut de contenir sa troupe. Le comte de Broglie, à la tête de trois détachements du régiment de Piémont, escalada par la courtine, et les dragons par l'épaule du bastion.

Dès que les premières troupes furent entrées dans la ville, elles s’emparèrent de la porte Neuve, et l’a, . rompue à coups de hache, elles mirent la cavalerie et le reste des troupes commandées pour cette attaque en étal d'entrer dans la ville et d'y pénétrer.

Pendant cette attaque, dont le succès rendit le comte de

Saxe maitre de la ville basse, les troupes saxonnes conli-

nuèrent leur attaque sur la haute ville, à la gauche de celle

commandée par le comte de Polastron. Le major général

Wiesback, à la tète de 300 grenadiers et de # bataillons,

- ne monta le premier à l'escalade, et, dès qu'il fut sur le parapet, il fut tué d'un coup de fusil. La perte de cet officier, la

“+ difficulté que les Saxons avaient trouvée pour arriver au

pied de la muraille, et la résistance des ennemis, auraient pu

rendre cette entreprise plus difficile, si le courage et l'exemple du comte Rudowski n'avaient redoublé l'ardeu des soldats qu’il avait sous ses ordres et ne les avaient mis | pr en état de s'emparer de la haute ville, À « La seconde attaque dont les troupes saxonnes avaient été chargées fut aussi heureuse que celles que le comte de Saxe | et le comte Rudowski avaient commandées, et avant six à de heures du matin l'électeur de Bavière était maitre des trois d villes! et du château, le gouverneur et la garnison, composée I

d'environ 3,000 hommes, ayant été faits prisonniers de guerre par le comie de Saxe.

On ne peut assez louer la sagesse des troupes dans cette occasion, et la discipline à laquelle on doit de n'avoir élé exposé à aucun désordre ni à aucun pillage... L'électeur de

Het Bavière a donné le commandement de cette ville au comte 2 HU TERRS de Bavière, sous les ordres duquel le sieur de Chevert a &té el (ra chargé du détail, |

I est nécessaire de compléter ce récit en rappelant

14 | | a ts le dialogue entre Chevert et Le sergent chargé de monter He . ; d'A ts le premier sur le rempart, Chevert avait rassemblé tous | N el 4 les sergents de sa colonne : «Il me faut un brave à trois | A sh | I poils », leur dit-il, — « Présent, mon colonel », réhi . FR , : ai il pondit un sergent du régiment d'Alsace, nommé Pascal, L: | 1 il e RE 1. Haute ville, basse ville, ville juive, 4

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— « Camarade, tu vas monter le premier. — Oui, mon colonel, — La sentinelle te criera : Qui vive? Tu ne lui répondras pas. Elle tirera et te manquera. Tu lireras dessus et tu la tueras, — Oui, mon colonel. — Va, je te suis ».

Les choses se passèrent ainsi, Prague fut enlevé et Chevert nommé brigadier d'infanterie le 15 décembre.

L'électeur de Bavière partit ensuite pour Francfort. Bientôt après son départ, Prague fut assiégé par les Autrichiens, et la disette ne larda pas à se faire sentir. Le maréchal de Belle-Isle, qui avait le commandement supérieur de l'armée française, réduite à une vingtaine de mille hommes, dut battre en retraite (16 décembre 1742), En sortant de la ville, il y laissa Chevert, qui avait servi avec la plus grande distinction pendant le siège, Pour occuper une partie des forces de lennerni et assurer sa retraite, Belle-fsle avait donné à Chevert une garnison de 1,800 hommes et avait laissé dans Prague 2,000 blessés et malades, ainsi que 2,500 convaleseents el malingres, mais peu de munitions et encore moins de vivres.

Après le départ de l'armée, Prague continua d'être assiégé par les Autrichiens commandés par le prince de Lobkowitz. Chevert ne pouvait résister longtemps, et eut recours à la ruse pour obtenir une capitulation honorable. Un ingénieur autrichien, M. de Monty, ami du prince de Lobkowitz, avait été fait prisonnier ct fort bien traité par Belle-fsle el Chevert. On lui persuada, en lui montrant certaines parties de la citadelle, qu'elle avail été remise en très bon état par les Francais et

qu'elle était largement pourvue d'artillerie, de munilions et de troupes, que le siège en serait long et que le feu de ses canons pourrait bien détruire la ville,

Chevert, qui savait à quoi s'en tenir, envoya M. de Monty au prince de Lobkowitz pour traiter d'une capitulation très honorable, en déclarant que, si on la refusait, il mettrait le feu aux quatre coins de la ville et s'ensevelirait sous ses ruines, Sa fermeté bien connue décida le prince de Lobkowitz à accorder la capitulaion demandée, I fut convenu que la garnison sortirail avec tous les honneurs de la guerre, ses effets et ses équipages, le tout devant être conduit jusqu'à Egra, sur 600 chariots fournis par les Autrichiens, Les malades, absolument hors d'état de partir, restaient seuls prisonniers de guerre. « Lorsque la garnison sortit et que M. de Lobkowitz vit clairement qu'il avait été trompé, il fut au désespoir; mais tout était signé. Des 4,500 malades ou blessés qui étaient restés, il y en eut plus des trois quarts qui sorürent avec la garnison; ils étaient sous les armes et par conséquent dans le cas de la capitulation. Il est vrai que, dès qu'ils eurent passé la porte, ils quittèrent leurs armes qu'ils n'auraient pu porter plus loin, ils montèrent dans les chariots qui avaient élé fournis par les ordres de M, de Lobkowitz, suivant la capitulation".

Le maréchal de Belle-lsle et le P:i furent très contents de la conduite de Chevert. Venu à Versailles pour saluer S. M., le 12 avril 4743, «le Roi, dit le duc de

J, LUYNES, Mémoires, 1X, 405, — Voir aussi IV, 382 et 388.

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Luynes', parla beaucoup, à diner, à M, de Chevert ».

En1743, Chevert servit dans le Dauphiné, fit fonctions de major général des 1% bataillons envoyés renforcer l'armée espagnole commandée par Pinfant don Philippe. L'année suivante (4744), 11 fut employé en Halie, à l'armée du prince de Conty, Le Piémont avait abandonné, suivant sa coutume, l'alliance de Ta France et de l'Espagne; il s'était fait l'allié de l'Autriche, Hfaait passer les Alpes et entrer en Halie pour combattre le Piémont, L'armée, divisée en plusieurs corps, déboucha dans les vallées de La Stura, de la Vraila et de la Maira, La vallée de Ta Vraita était défendue par Château-Dauphin; celle de Ta Stura par des barricades très fortes, Le 18 juillet, Le prince de Conty les enleva, Le même jour, M. de Givry, lieutenant général, qui avait Chevert sous ses ordres, se porta sur Château- Dauphin et se heurta aux retranchements de Bellines, élevés sur la montagne de Pierre-Longue , entre Bellines el Le Châleau-du-Pont. « Ces retranchements consistaient en une importante redoute placée sur la crête et reliée aux deux villages par des lignes disconnues et des batteries? », Chevert allaqua la redoute, et, après une lutte meurtrière, ses grenadiers profitant du recul des pièces pénétrèrent dans la redoute par les embrasures, Toutes les défenses de la Vraita furent enlevées : M. de Givry fut mortellement blessé,

Le prince de Conty écrivit au Roi : « Cette journée est

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