IX
We Apres la paix de 1748, le maréchal de Saxe se relira Le nm: A ll EX C nu ’ h 1e dans son château de Chambord, où 1l vécut en souveà rain féodal d'autrefois, En 1749, le marquis de Valfons FLE vint à Chambord, et il dit dans ses Souvenirs : LAN “or 1? F ‘ MIAV: . ; ô . É 1 PEN Le château dont le Roï avait donné la jouissance au ma- À PRE réchal était une résidence digne de cet hôte illustre, EH Y | | MAGIE menait un train de prince, avec plus de 100,000 écus (envi- | ron { million de francs) qu'il tirait de ses grades ou de ses I régiments. I y avait établi une caserne de cavalerie, un , . + 45e , , ÿ 4 haras et une ménagerie, Son activité d'esprit et de corps MES avait besoin d'une occupation continuelle et d'exercices c |!LFR variés. Aussi, tout en combinant de vastes projets et même E RENE ‘ Ê = 2 « . . ‘ s MAS. " des entreprises chimériques, il se livrail sans cesse à des | Û : ACRCOS divertissements énergiques, chassant à courre, surveillant n JR ESE ses travaux où il mettait quelquefois la main, et par-dessus | df sp: e à 5 ) gun : tout à faire manœuvrer son régiment, que, par une faveur 1 | particulière, le Roi lui avait donné en garnison, et qu'il lè EN d j . . p .
Ë 1: KAFERSS entretenait sur le pied de guerre avec tous les détails du es" service d'une place forte. Les canons et les drapeaux pris À CC LP sur les ennemis!, et qui décoraient les portes, complétaient le L PR l'illusion. Il y avait aussi très souvent la comédie? et des rat concerts sur l’eau ou dans les appartements. Ru c', lu 1: LORS 1. Que le Roi lui avait donnés. L Rs 2. I'avait dépensé 600,000 livres pour l'établissement de son À MES : . théâtre. m h
Le maréchal avait deux tables, Fune de 80 couverts, l'autre de 60,
I vécut ainsi deux ans à Chambord, recevant quel quefois la bonne compagnie, plus souvent la mauvaise, et se livrant à toutes sortes d'excès qui finirent par le luer, Il révait de nouvelles aventures qui lui permettraient d'être roi ou souverain indépendant quelque part, à Madagascar, à Tabago, en Corse ; il voulut un moment rassembler tous les Juifs d'Europe, les transporter en Amérique et en faire une nation indépendante, I avait des fantaisies bizarres, que le Roi lolérait, parce que l'on craignait qu'il ne passàt un jour au service d'une autre puissance, On peut citer, parmi les plus fortes, celle du Tartare Babac. Le comte de Brubl lui avait envoyé en 1747 plusieurs officiers pour son régiment de hulans. En lui écrivant pour le remercier de cet envoi, le maréchal lui dit : « Le capitaine Babac a élé fait lieutenant-colonel à son arrivée ; je crois que ce sere le premier lieutenant-colonel mahométan qui aura été au service de S, M. T. C. Cela fait bien voir que ce dont on nous accuse n'est pas tout à fait injuste, qui est d'être un peu ture ».
Pour se distinguer, 1l cessa de porter perruque et se coiffa avec des cheveux coupés assez courts, comme on les porte aujourd'hui.
Entre temps, il fit un voyage en Allemagne (juillet 1749) et alla voir à Sans-Souci le grand Frédéric, qui lui fit le meilleur accueil, « Frédéric ne pouvait se lasser d'entendre celui qu'il considérait comme son maître; avide de détails, interrogeant sans cesse, il
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prolongeait l'entretien fort avant dans la nuit, au risque
de fatiguer le héros, qui aimait à vivre au grand air et à se coucher de bonne heure, Frédéric s'en excuse après le départ de son hôte : « J'aurais désiré, mon cher maréchal, vous faire passer le temps plus agréablement, Je vous avoue que j'ai préféré les intérèts de ma curiosité et la passion de m'instruire aux attentions que j'aurais dû avoir pour votre personne et pour votre santé, Je vous fais mes excuses de vous avoir tenu si longtemps assis et de vous avoir fait veiller au delà de votre coutume, J'ignorais que cela pût vous incommoder, Je suis si bon allié de la France, que, bien loin de vouloir ruiner la santé de ses héros, je voudrais leur prolonger la vie ». En invoquant pour excuse sa passion de s'instruire, Frédéric n'adressait pas à Maurice un compliment banal, car il écrivait à Vollaire au sujet du comte de Saxe : « J'ai vu ici le héros de la France, ce Saxon, ce Turenne du siècle de Louis XV, Je me suis instruit par ses discours, non pas dans la langue francaise, mais dans l'art de la guerre, Ce maréchal pourrait être le professeur de Lous les généraux de l'Europe! »., Le 30 novembre 1750, le maréchal de Saxe, usé par les excès de toute sorte, mourut d'une ficvre putride et des saignées réiltérées que lui firent les médecins. On a dit qu'il avait été blessé mortellement dans un duel avec le prince de Conty ; mais cette légende est complè- AL tement fausse.
ci En mourant, il dit au médecin : « Je vois que la vie