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L. GUÉRIN, Élistoire maritime, IV

fut

Si, dans le commencement du combat, les vaisseaux de l'arrière avaient pu obéir au signal que je fis de serrer la file, j'aurais été en état de mettre plus de voiles: mais, comme il y avait déjà trop d'espace entre eux el moi, je ne pouvais trop forcer de voiles sans les abandonner, D'un autre côté, M... ne se mit pas à son poste, et, quand nous commençâämes à tirer, il était à babord de moi faisant feu de ses batteries, dont les coups me faisaient autant de mal que ceux des ennemis. Qu'il, après cela, je vis que les vaisseaux de l'arrière étaient accablés par le nombre, je voulus mettre d°: voiles pour me rapprocher de ceux de l'avant-garde ; mais le mauvais état de mes mâts et de mes manœuvres (cordages) ne me le permit pas.

Enfin, quand vous m’eûtes rejoint, et quand je vis les vaisseaux de larrière rendus et les deux d'en avant hors d'état de venir à moi, je n'eus pas d'autre manœuvre à faire que d'arriver vent arrière, ce qui nous à heureusement réussi.

I ne s'agit plus que de nous raccommoder pour tàcher de sagner les côtes de France. Nous pouvons dire avoir bien fait la manœuvre des convois, qui est de se faire hacher pour sauver la flotte. Je vous embrasse, mon cher Vaudreuil, de tout mon cœur; je fais mes amitiés à tout votre étalmajor, el je vous remercie de votre bon secours. Tâchons de nous tenir bien près l’un de l’autre, et de rendre encore un bon combat, s’il est nécessaire,

« Get autre combat n'eut pas lieu, et il est douteux que les deux nobles vaisseaux qui restaient seuls de l'escadre francaise eussent pu y résister. L'Étanduère ne voulut pas cesser d'être conduit par son sauveur, et ce fut toujours remorqué par l/ntrépide que le Tonnant rentra en rade de Brest, Ce grand témoignage de recon-

naissance de la part du chefd'escadre francais envers son subordonné fut fort admiré el méritait de l'être ».

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Le marquis de l'Etanduëre recut le cordon rouge; mais il ne survécut pas longtemps à la mort de son fils, qui avait été grièvement blessé à ses côtés, le 95 octobre

1747. Il mourut à Rochefort en 1750 !.

LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES NAVALES

Bataille de Minorque (Prise du fort Saint-Philippe) 1756.

Roland-Michel Barrin, marquis de la Galissonniéere, naquit à Rochefort, le 14 novembre 1693, IL était fils d'un lieutenant général des armées navales de Louis XIV?. II fit ses études à Paris, sous la direction

4. On ne peut terminer cette notice sans dire un mot de M. de Vaudreuil, qui fut fait chef d'escadre pour sa belle conduite. Louis-Philippe de Rigaud, comte de Vaudreuil, naquit vers 1691 et mourut à Tours en 1763, àgé de 72 ans (Gazette). 1] avait été nommé capitaine de vaisseau en 1738, — chef d’escadre en 1747, — + lieutenant général des armées navales en 1753, Le comte de Vaudreuil avait le grand cordou de Saint-Louis.

2. Mort à Poitiers le 7 mars 1737, âgé de 9! ans (Gazette, Table.)

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