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auxquels il résistait par un feu continuel des plus vifs de canon et de mousqueterie!, et, comme il était presque enlitrement désagréé, et que ses mâts n'avaient plus de cordages pour se soutenir, il aurait peut-être été dans la nécessité de céder, si l'Intrépide ne fût venu à son secours, Mais le comte de Vaudreuil, ayant vu l’état où il était réduit, prit sur-le-champ le parti de revirer de bord, se fit jour au travers de 8 vaisseaux ennemis qu'il écarta par la vivacité de son feu, et vint partager le danger auquel était exposé le sieur de l'Etanduère.
Le feu du Tonnant et de l'Intrépide ainsi réunis obligea les Anglais de s'éloigner. Ces deux vaisseaux profitèrent de cel intervalle pour faire vent arrière en coupant la ligne des ennemis, ce qu'ils exécutèrent sans qu'aucun vaisseau entreprit de les combattre, et ce ne fut qu'ensuite qu'il ÿ en eut trois quise détachèrent pour les attaquer de nouveau, mais qui furent bientôt repoussés.
Cependant le Terrible el le Trident, qui, par le mauvais étal où ils se trouvaient, n'avaient pu suivre la manœuvre de l’Intrépide, soutenaient toujours avec vigueur le combat conti la moilié des vaisseaux ennemis. Le Trident fut enfin forcé d'amener vers l'entrée de la nuit, eLil y a lieu de juger que de Terrible n'aura pu résister guère plus longtemps.
Le Tonnant et l’Intrépide voulureut, à la faveur de l’obscurité de la nuit, se raccommoder et se mettre en état de défense pour le lendemain ; mais le Tonnuant était si endommagé qu'il fut obligé de se mettre à la remorque de l’Intrépide. Is étaient le lendemain dans cet état, lorsqu'ils se trouvèrent à portée de 4 vaisseaux ennemis qui ne les atlaquèrent point, et ce n'est que plusieurs jours après qu'ils
1. On se battait à portée de pistolet. Le Tonnant recut dans sa coque 800 boulets sur les 4,000 que tes Anglais lui envoyèrent. Il tira 1,842 coups de canon,
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A l'égard de la flotte à la suite de laquelle le sieur de l'Etanduère a détaché la frégate le Castor, elle ne paraissait plus à la fin du combat, et il est à croire qu'elle se sera sauvée ?,
M. de l'Élanduère avait été admirablement secondé par le major du Tonnant, M. de la Touche, père de l'amiral la Touche-Tréville, par le lieutenant Bart, petit-fils de Jean Bart, et par le premier-maitre Hervé Renaud, qui fut tué dans l'action.
L'amiral Hawke perdit 620 hommes, dont 432 tués”: (ous ses vaisseaux furent {très maltrailés el obligés de revenir à Plymouth se réparer. Mécontent de l'un de ses capitaines, il le fit passer devant un conseil de guerre *,
Après s'être rapidement réparé, M. de Vaudreuil remorqua et conduisit à Brest /e Tonnant, absolument désemparé et avant une partie de ses canons démontés,
Le 28 octobre, M. de l'Étanduëre écrivait, de son bord, à M. de Vaudreuil la lettre suivante”:
Jamais manœuvre n’a été plus belle, plus fière et plus distinguée que celle que vous avez faite, mon cher Vaudreuil: vous m'avez tiré d'affaire d'avec un nombre de vaisseaux contre lesquels j'aurais enfin été obligé de céder à la force.