Ce fort est appelé aussi le fort Georges
Li MARQUIS DE MONTCALM, 163
Les pri cnniers furent mis en liberté à Ja condition de ne pas servir contre la France pendant dix-huit mois, eût mieux valu les garder; mais la rareté des vivres exigeail leur libération, Pendant la marche de la colonne anglaise, qui allait rejoindre ses avant-postes, nos sauvages se jetérent sur eux, en tuérent une vingtaine el en firent prisonniers environ 600, Voici exactement ce qui s'élail passé, [est nécessaire d'entrer à ce sujet dans quelques détails, car Fenimore Cooper, dans son roman appelé le Dernier des Mohicans, exagore les faits d'une facon haineuse, invente ce qu'il appelle « le massacre de William-Henry », el accuse Montcalm d'avoir préparé el laissé faire ce massacre,
Malgré les recommandations expresses que leur avaient faites nos généraux, les Anglais avaient donné du rhum aux sauvages, qui, devenus ivres et furieux, les atlaquérent, peu de temps après qu'ils se furent mis en marche, pour piller leurs bagages. Les Anglais avaient conservé leurs armes; mais, au lieu de faire bonne contenance devant les Indiens, « dont ils avaient une frayeur inconcevable », ils se sauvèrent en désordre, Les sauvages, excilés par la lächeté des fuyards, en luérent quelques-uns, une vingtaine peut-être, et en firent environ 600 prisonniers, Au premier bruit, MM. de Montcalm, de Lévis et de Bourlamaque accoururent avec tous leurs ofliciers el soldats commandés pour l'escorte; on apaisa les Indiens et on leur arracha d'abord 400 prisonniers, ce qui ne se fit pas sans danger,
car un de nos soldats fut tué et trois grenadiers furent
blessées, Les Anglais délivrés se reformérent, et, sous la
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protechion de notre escorte, rejoignirent Les avant-postes
ri! du général Webb, qui commandait l'armée anglaise sur
celte frontière, Deux cents autres prisonniers, que Îles
sauvages avaient conduits à Montréal, furent rachetés plus tard à grands frais par M. de Vaudreuil, et ces rh 200 prisonniers délivrés furent reconduits également aux
,% avant-posles du général Webb,
Peut-être Montcalm n'en serait-il pas resté là, s'iln'avait été
obligé de renvoyer les milices pour faire larécolte, et de laisser
à partir les sauvates, dont quelques-uns élaient venus de | 800 lioues uniquement pour voir par eux-mêmes ce que la
renominée leur avait appris de cet homme prodigieux, Mais, si l’on ajoute à la circonstance du départ des sauvages el des colons le défaut de munitions de guerre et de bouche, lextrème difficulté du transport de tout ce qu'exige l'appareil d'un siège, à 6 lieues de distance (24 kilomètres) et à bras
4: d'hommes, avec une armée épuisée de fatigue, et plus affaiblie d encore par la mauvaise nourriture, que pensera-t-on du re- ” proche qu'on lui fit alors de n'avoir pas marché du fort
# William-Henry au fort Edouard1?
La victoire de William-Henry lat suivie d'un hiver | 1
| Lerrible (4757-4758), qui détruisit les récoltes et amena 3
RUE une cruelle famine. Tout était d'une eherté prodigieuse, (
NE el la ration du soldat réduile à quelques onces? de pain. «
FL Le peuple était encore plus alheureux, Toutefois b LC peuple elail encore plus malheureux. routerois
à FH l'abondance ei le Iuixe régnaient chez Bigot et ses Com- {
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VAR 1. Le fort Edouard ou Lydius était situé à quelques lieues au |
(+ Fe sud de William-Henry, sur l'Hudson (Mercure le France, ianvier |
RENTE 4760, p. 265).
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plices, que cette misère enrichissait grâce aux accaparements qu'ils avaient faits.
La campagne de 1758 fut heureuse pour Montcalm, qui remporta une troisième victoire; mais les Anglais sSemparèrent de Louisbourg, éest-à-dire de l'entrée même du Canada.
Les Anglo-Américains envahirent, celle année, la colonie par trois points. L'amiral Boseawen et le général Amherst, avee une floile de 42 vaisseaux et frégates, 150 Lransports el 416,000 hommes, asstégerent et prirent Louishourg, Un corps de 20,000 hommes, aux ordres du général Abercrombv, devait enlever Carillon el se porter ensuile sur Montréal, Un troisième corps, de 9,000 hommes, était chargé deprendrele fort Duquesne, el de nous chasser de la vallée de l'Ohio.
Pari du fort Edouard, situé sur l'Hudson à une petite distance au sud de William-Henry, Abercromiy marcha contre le fort Carillon avec 20,600 hommes.
En avant du fort, situé sur un plateau assez élevé 21 accidenté, Montcalm établit, sur une longueur de 1 500 mètres, un retranchement {rès solide, fail avec des troncs d'arires couchés les uns sur les autres; en avant encore, il placa des arbres renversés, dont les branches « appointées » faisaient Peffet de chevaux de frise. De tous les autres côtés, la position était défendue par les deux rivières, au confluent desquelles se trouve le pla- Leau, I fallait que l'ennemi abordàt Fabatis d'arbres el entevèt d'assaut ce rempart, Montcalm avait avee lui
MM. de Lévis et de Bourlamaque et 3,098 homimes,.
Le G juillet, après avoir fait une grande reconnais-
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