Mercure de France, 1360, janvier, p
2. Abercromby, dans la lettre qu'il écrivit à Pitt, reconnait qu'il avait 15,000 hommes: mais ilen donne 6,000 à Montealm (Voir Gazcite de Frante, AT58, p. 423.)
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veilleux, aux cris de : « Vive le Roi el notre général !» Notre feu, dirigé sur des masses profondes, leur faisait éprouver de cruelles pertes, Une attaque sur leur flane gauche fut vigoureusement exéeulée par M. de Lévis; à leur droite, la flotte anglaise fut repoussée par le canon de Carillon. Enfin, Abercromby se décida à battre en retraite, sur les ruines du fort William- Henry, après avoir perdu 6,000 hommes. Presque tous les officiers anglais avaient été lués ou blessés. De notre côté, nous avions à regretter 377 hommes tués ou blessés, dont 37 officiers. M. de Lévis, qui commandait notre droite, avait eu ses habits criblés de balles, mais sans une seule blessure; M. de Bougainville, moins heureux, recut un coup de feu à la tête.
Abereromby profila de lobseurité de la nuit et du petit nombre des soldats de Montcalm pour effectuer sa retraite, « qui fut plus que précipitée », sans être inquiétée, I'abandonna dans sa fuite ses blessés, ses vivres et tous ses équipages.
Le soir mème, l'heureux et brillant général écrivait, sur le champ de bataille même, à M. Doreil, son ami : « L'armée, et trop pelite armée du Roi, vient de battre ses ennemis. Quelle journée pour la France ! Si j'avais eu 200 Sauvages pour servir de tête à un détachement de 4,000 hommes d'élite, dont j'aurais confié le commandement au chevalier de Lévis, il n'en serait pas
échappé beaucoup dans leur fuite", Ah !'quelles troupes,
1. Seuls les Sauvages connaissaient Les sentiers qui traversaient ces épaisses forèts et pouvaient guider nos troupes.
mon cher Doreil, que les nôtres! je n'en ai jamais vu de pareilles ».
Montcalm demanda cependant son rappelen France: c'était la récompense qu'il désirait. Il était fatigué de la jalousie mesquine el du mauvais vouloir de M, de Vaudreuil; les intrigues que lon tramail sans cesse autour de lui l'irritaient; le spectacle des désordres et des abus qu'il ne pouvait réprimer étant « aussi subordonné » qu'il l'était, tout lui faisait vivement désirer de quitter le Canada; de plus, sa santé s'usait et sa bourse s'épuisail, IH devait 40,000 écus (100,000 fr.), et cela, écrivait-il, « dans une colonie où tous ceux qui sont en place ne mangent pas, pour l'ordinaire, leur bien ». Dans une autre de ses lettres, faisant allusion au mau-
É [… vais vouloir de M. de Vaudreuil, il disait : « Il est E dur, pour un général bien intentionné, de se trouver ÿ à 4,500 lieues, de servir hors de son département! | b
et d'avoir toujours à craindre la nécessité de se
justifier ». |
Quelque temps après sa défaite, Abercromby s'empara du fort Frontenac, qu'il détruisit; M. de Vaudreuil en avail laissé Les remparts tomber en ruines, etil n'y avait que 70 hommes de garnison, Sur l'Ohio, les Anglais et les milices de la Virginie, à [a tête desquelles était Washington, devenaient les maîtres du fort Duquesne. va.
Après la victoire de Carillon, M. de Montcalm, qui ab
AÙ pra A . , : | Rs 7 4. I était dans le département de la guerre et servait dan: le ti à Lu ne nt Aa I: ñ : an MS * département de la marine. élai
ER 1 | # &."0 LE MARQUIS DE MONTCALM, 169 ns AT “ | avait été nommé commandeur de Saint-Louis en 1757, Le fut fait lieutenant général, et lous les officiers qui 4 étaient distingués furent récompensés; mais le Ca- Van e nada fut abandonné à ses seules ressources, celles de ; e la France étant entièrement absorbées par la guerre FUI 6 d'Allemagne. Aux demandes de Vaudreuil et de ins ot Montcalm les ministres de Louis XV ne répondaient que FA 4 8 r par des refus, ou par l'envoi de secours illusoires, nets Gr et er La malheureuse colonie était en proie à la famine; la a ap sa livre de pain y valait 8 sols (EF. 50); la livre de bœuf 20 sols a KA AE el (3 £. 50); la livre de lard 40 sols (7 f, 50) ; un chou 28 sols à ‘| nt (3 fr. 50); une barrique de vin 700 livres (2,500 fr.). HE si on Montcalm avait envoyé Bougamville à Versailles de É 3 au- | exposer au ministre la situation exacte de la Nouvelle- fe j est France. fl oblint un secours de 600 hommes et des PT ‘3 ver vivres, que 15 bâtiments amenèrent au Canada, C'était Ra ent ' bien peu; « mais, écrivait Montcalm au ministre, le peu se est précieux à qui n'a rien ». Ce faible secours fut le À dernier que recut le Canada. i % x - On lit dans un des Mémoires que Bougainville remit ss euil aux ministres, que les forces dont Montcalm disposait 4 nv s'élevaient au plus à 12,000 hommes, dont : 3,500 les hommes de l'armée de terre, 4,500 hommes de la ma- ‘ les- rine, à à 6,000 Canadiens, 1,000 à 1,200 Indiens ; c'était du | avec une aussi faible armée qu'il fallait défendre trois di vastes frontières contre 60 ou 70,000 Anglo-Américains qui abondamment pourvus de tout, quand les nôtres man- x quaient de tout : munitions, vivres, chaussures, ci 1 Le 1. Une paire de souliers valait alors 20 livres (70 francs). Le cuir ‘40 Hi était aussi rare que le bétail, ÿ nr) AR PA À +
En 1759, les Anglais attaquérent encore le Canada par trois points, comme dans la campagne précédente, Le général Wolf, à la tête de 14,000 hommes, se porta de Louisbourg sur Québec par le Saini-Laurent; sa flotte comptait 20 vaisseaux, 10 frégates, 48 bâtiments inférieurs 6t 48,000 marins. Nous n'avions rien à opposer à cel armement, — Le général Ambherst, successeur d'Abercromby, avait l'ordre de se porter sur Montréal par le lac Champlain et la rivière Richelieu, avec 12,000 hommes; il devait manœuvrer par sa droite pour se joindre à l'armée de Wolf, — Le général Prideaux, avec l'armée qui avait pris le fort Duquesne, devait savancer sur les lacs, occuper le fort Niagara, couper nos communications avec la Louisiane, descendre le lac Ontario et le Saint-Laurent, et venir se Joindre aux deux armées précédentes, à Montréal, où les trois corps anglais espéraient enfin envelopper et détruire l'armée francaise : 40,000 hommes allaient donc nous attaquer, soutenus en arrière par 20,000 hommes de réserve.
On avait à leur opposer 5,500 soldats, la milice et quelques centaines de Sauvages, La milice était donc la principale ressource de la défense, M, de Vaudreuil fit une levée en masse de toute la population mâle de 46 à 60 ans. On adressa des prières publiques à Dieu pour lui demander la victoire, et l'enthousiasme de nos braves Canadiens fut tel pour repousser la conquête étrangère, que des enfants de 12 ans et des vieillards de 80 ans vinrent en grand nombre grossir les rangs des compagnies de milice : il ne resta plus aux champs que les femmes et les enfants, On eut ainsi plus de
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45,000 combattants, bons pour la guerre défensive que l'on allait faire, presque tous adroits tireurs,
Les forces furent ainsi disposées : à notre droite, le capitaine Pouchot, un des meilleurs officiers de l'armée, fut envoyé à Niagara avec 300 hommes ; on releva les fortifications de Frontenac: 4,200 hommes furent chargés de la défense du lac Ontario, — Au centre, on placa, sur les lacs Saint-Sacrement et Champlain, M. de Bourlamaque avec 2,600 hommes. — A la gauche, MM. de Montcalm, de Lévis el de Bougainville, avec 13,900 hommes!, se réservérent le som de défendre Québec contre Wolf, qui commandait l'attaque principale.
Wolf arriva devant Québec, le 95 juin, avec 20 vaisseaux, 20 frégates, 20,000 hommes d'équipage, plus de 10,000 soldats et une puissante artillerie,
M. de Vaudreuil n'avait rien fait pour mettre Québec en état de résister; les remparts étaient inachevés, Au dernier moment, Montcalm couvrit la ville par un camp retranché inexpugnable: il était défendu, en avant, par le Saint-Laurent; à droite, par la rivière Saint-Charles”; à gauche, par la rivière Montmorency, qui coule dans un profond ravin avant de se jeter dans le Saint- Laurent, Au milieu de ce camp était le village de Beau-
port, qui donna son nom au camp retranché, appelé
aussi le camp de Montmorency.
Wolf commenca par bombarder la ville; 1l en dé-
1. 4,600 soldats, 10,400 Canadiens, 900 Sauvages, 200 cavaliers.