‹ Notices historiques sur les généraux et marins du XVIIIe siècle [microforme]Chapitre 76 sur 143 · Thidem, NI, 444, — VOLTAIRE, Siècle de Louis XV · texte numérisé non relu

Thidem, NI, 444, — VOLTAIRE, Siècle de Louis XV

en chargeant à plusieurs reprises l'infanterie anglaise à laquelle il fallait arracher la victoire, L'année suivante (1746), il prit part à la bataille de Raucoux. La droite de notre armée était commandée par le comte de Clermont que dirigeait M. de Lowendal, officier étranger. M. d'Estrées, qui commandait l'avant-garde de notre droite, venait d'enlever le village de Sainte-Valburge ; il voulait poursuivre l'ennemi. «M. le cfnte de Clermont, aux ordres de qui il était, écrit le duc de Luynes', lui envoya dire de s'arrêter; M, d'Estrées renvoya plusieurs aides de camp de suite pour représenter à M. le comte de Clermont la nécessité qu'il y avait de marcher en avant. Voyant enfin qu'il ne pouvait rien obtenir, il y vint lui-même; il dit avec vivacité à M. le comte de Clermont qu'il lui demandait permission de marcher au nom de toute l'armée. À ce discours, M. de Lowendal, par les conseils duquel M. le comle de Clermont Ss'élait toujours conduit, prit la parole et dit au comte d'Estrées : « Vous êtes donc l'orateur de l'armée? —- Oui, lui répondit le comte d'Estrées, parce que je suis Francais », M. de Lowendal répliqua : « Ah ! monsieur le comte, vous vous fâchez; M. le comte de Clermont a envoyé recevoir les ordres de M. le maréchal, il les aura dans un moment ». En effet, la réponse arriva; ce fut d'aller en avant, comme le comte d'Estrées l'avait proposé ». Le mot de M. d'Estrées méritait d'être rappelé, parce qu'il nous fait connaître l'opinion de nos généraux à l'endroit de ces

1, Mémoires, VIIL, 4-5.

» dt:

LE MARÉCFAL D 'ESTRÉES. 1

étrangers qui tenaient alors une si grande place dans l'armée",

A la bataïile de Laufeld (1747), d'Éstrées emporta le village de Wilre, chargea la cavalerie ennemie et lui

fit beaucoup de prisonniers?, Après cette bataille il prit une part très importante à l'investissement de Maëstricht, dont la prise amena enfin Ja paix d'Aix-la- Chapelle (1748).

En 1756, Louis XV envoya d'Estrées à Vienne pour traiter avec Marie-Thérèse, sa nouvelle alliée, de l'emploi du secours de 24,000 hommes que la France devait fournir à l'Autriche contre la Prusse”,

En 1757, d'Estrées reçut le bâton de maréchal et fut nommé au commandement de tarmée de Hanovre. I devait enlever au roi de Prusse ses duchés de Clèves et de Juliers, et au roi d'Angleterre le Hanovre,

Le maréchal d'Estrées passa le Rhin à Wesel et repoussa le duc de Cumberland, général en chef de l'armée anglo-hanovrienne.

D'Estrées avait trouvé son armée, qui comptait 80,000 hommes, peu disciplinée et se livrant à la ma- ‘aude. Il essaya d'y rétablir l'ordre et déploya une grande sévérité, On lit dans une lettre du baron Grimm, l'un des 45 secrétaires du maréchal, les détails suivants : « Imaginez-vous que je vous écris debout appuyé contre une mauvaise planche et au milieu des

4. Voir ROCHAMBEAU, Mémoires, 1, 47. Il est évident qu'on laissa échapper l'ennemi, malgré le comte d'Estrées.

2, LuyNEs, Mémoires, VIT, 260.

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