Le capitulard de Closter-Severn
sième armée, qui avait déjà pris le fort Duquesne, sur Ohio, devait s'emparer du fort Niagara, que défendait le brave capitaine Pouchot, et, de Niagara, descendre le Saint-Laurent et marcher sur Montréal, où les trois généraux anglais comptaient refouler les Francais et les forcer à mettre bas les armes, après les avoir battus partout et leur avoir coupe toute ligne de retraite, Les Anglais disposaient d'au moins 45,009 hommes en ligne, soutenus par 20,090 hommes de réserve, soit un total de 65,000 hommes, Anglais et Américains, La population du Canada était à peine de 80,000 habitants, et ilest sans exemple qu'il ait jamais fallu, pendant trois ans, des armées aussi nombreuses que la population du pays à conquérir pour parvenir à le soumettre,
Un des meilleurs lieutenants de Montcalm, M. de Bourlamaque, colonel d'infanterie et ingénieur, avail défendu avec tant d'énergie Ia route de Montréal, contre Amherst, que ce général n'avait pu venir se joindre à l'armée de Wolf; mais enfin Montcalm avait été contraint de détacher M. de Lévis et d'envoyer le chevalier au secours du colonel Bourlamaque.
A la nouvelle de la défaite et de la mort de Montcalm (13 septembre), le chevalier de Lévis s'était hâté de revenir sur Québec, pour prendre le commandement de l'armée.
Pendant son absence, l'armée s'était trouvée sans chef. Le gouverneur du Canada, M. de Vaudreuil, était un homme faible et incapable de relever les courages abattus. Il abandonna Québec et il se retira avec les
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troupes à Jacques-Cartier !, en laissant, à Québec, une
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garnison de 1,750 hommes, presque tous miliciens dé-
couragés, sans munitions, sous le commandement
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d'un officier incapable, appelé M, de Ramezay.
Le chevalier de Lévis arriva à Jacques-Cartier à marches foreées, et prit le commandement de l'armée. Il donna l'ordre de marcher sur Québec atin d'empeécher les Anglais de s'en emparer, Le 49 septembre, six Jours après la mort de Montcalm, M. de Lévis élail à quelques kilomètres de la ville, lorsqu'il apprit que. le 48, M. de Ramezay avait chement capitulé, sans méme essayer de se défendre, et que les Anglais étaient les maitres de Québec!
En apprenant cette fatale nouvelle, M. de Lévis rétrograda sur Jacques-Cartier, L'armée anglaise, de son
côté, s'en retourna à Louisbourg sur ses vaisseaux, après
avoir laissé à Québec une garnison de 8,000 homme: nsoèl . é CPE : n avec le général Murray, qui répara aussitôt les fortifi-
cations de la ville,
Pendant ce temps, M. de Bourlamaque, comme on
vient de le dire, arrétait le général Aimherst dans sa
marche sur Montréal, et le capilaine Pouchot, avec
500 hommes, arrétait aussi le général Prideaux au fort
Niagara. Il s'y défendit avec une énergie incomparable.
Prideaux fut tué et remplacé par le colonel Johnson.
Le 95 juillet, le fort se rendit; mais les bastions étaient
en ruines, les batteries rasées, la brèche praticable; la
1. Fort à l'embouchure de la rivière Jacques-Cartier dans le Saint-Laurent, à environ 40 kilomètres au sud de Québec.
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garnison ne dormait plus depuis dix-huit jours; un secours de 4,600 hommes, dont un millier de Sauvages, venait d'être dispersé, La route de Montréal était ouverte à la troisième armée anglaise,
1760, On crot d'abord en Europe que la prise de Québec allait terminer fa guerre, « Personne n'imaginait, dit Raynal, qu'une poignée de Francais qui manquaient de tout, à qui la fortune même semblait interdire jusqu'à l'espérance, osassent songer à retarder une destinée mévitable », En effet, le Canada était sans communications avec la France, qui n'avait plus de marine ; il était épuisé par cinq années de famine ; il manquait de munitions; il était attaqué par trois armées victorieuses ; la France ne pouvait [ui envoyer de secours, et cependant M. de Lévis voulut continuer à combattre et décida qu'on reprendrail Québec,
Le 28 avril, avec 83,000 soldats et 2,000 Canadiens el Sauvages, il était devant Québec et livrait bataille au général Murray. M. de Bourlamaque, à gauche, malgré le feu meurtrier de l'artillerie anglaise, culbuta l'ennemi à la baïonnette, M. de Lévis, à droite et au centre, l'enfonca, lui enleva toute son artillerie (20 canons, 2? obusiers), Murray avait eu environ 800 hommes tués ou blessés, tous à coups de baïonnette,
La victoire nous avait coûté 700 hommes ; {ous nos grenadiers avaient été tués par la mitraille des Anglais et avaient payé de leur sang généreux le dernier triomphe du drapeau français en Canada.
Vainqueur à la seconde bataille de Québec, le chevalier de Lévis assiégea la ville. Mais, le 15 mai, au
Une
soir, assiégeants el assiégés apercurent quelques vaisseaux à l'horizon, « Tout le monde, dit un historien anglais, tournait les veux avec anxiété sur le fleuve, d'où chacun espérait voir venir son salut, C'était l'avantgarde de la flotte anglaise ».
Le 16, M. de Lévis leva le siège et se replia sur Montréal, où les trois armées anglaises convergèrent, l'une par le Saint-Laurent, les deux autres par terre, Elles allaient envelopper, avec 40,000 hommes, la petite armée francaise réduite à 7,000 hommes, soldats, Canadiens et Sauvages demeurés fidèles, et n'ayant plus de poudre et de boulets! que pour un combat, On manquait de vivres, même de pain, Généraux, officiers et soldats donnérent à M. de Lévis tout l'argent qu'ils avaient, avec lequel on acheta de la farine et on s'assura du pain pour un mois,
M. de Lévis occupa quelques positions indispensables à conserver en avant de Montréal et réunit à Montréal 4,000 hommes, Il avait écrit au ministre? : « Nous làächerons de rassembler nos forces ; si les ennemis ne mesurent pas leurs mouvements, nous en profiterons pour combattre le corps de leurs troupes qui avancera le premier : c'est l'unique ressource qui nous reste. Nous sommes hors d'état de tenir la campagne : vivres, munitions, tout manque; il est surprenant que nous existions encore ».
M. de Lévis, décidé à lutter jusqu'au bout, ne voulait