‹ Notices littéraires sur le dixseptième siècleChapitre 26 sur 51 · de madame la comtesse de maure a h* le mareschal · texte numérisé non relu

de madame la comtesse de maure a h* le mareschal

d'albret.

Attichy, novembre 1657 (1).

Comme vous avez deviné nos sentimens sur Testât où se trouve M. de la Vaugtiyon, nous savions, les vôtres sur la perte de ce pauvre enfant, avant que vous nous les eussiez fait savoir. J'ay quasi autant songé à vous, en cette occasion, qu'à ceux qui y ont le plus d'intérest, sachant que la noblesse de

(1) Petit-ûls de M. de la Vauguyon.

(2) M. et M"« de Maure n'ayant pas d'enfants, avalent-Ils quelque prujet de faire leur héritie^de cet enfanl au détriment des Mortemart dont on sait qu'ils croyaient avoir à se plaindre ?

(3) Isabelle Angélique de Montmorency: elle se remaria en 1664 au duc de Mecklembourg.

(4) Le duc de Chàtillon avait été tué en 1649 à Charenton.

(5) Conrart, t. XI, p. 1303.

votre âme vous feroit sentir quelque chose d'approchant de ce que le sang et l'intérest leur peut faire sentir. Le pauvre enfant! je regrette que vous ne l'ayez point veu, vous l'auriez sans doute trouvé assez joly, pour juger qu'on le peut regretter par luy-mestne. J'en ay esté tout à fait attei id rie on mon particulier. Et pour M. le comte de Maure, ayant veu comme vous avez fait la grande affection qu'il avoit pour son cousin (1), vous pouvez juger comme il a esté pénétré de voir périr tout ce qui restoit de luy. Je'vous supplie de croire qu'il prend grande part à l'obligation que vous a toute la parenté, de la façon dont vous parlez sur leur perte, et qu'il a tout le ressentiment qu'il doit des marques que vous luy donnez en toutes occasions de l'honneur de vostre amitié. Nous avons extrêmement pleint aussi ce pauvre petit Chastillon. C'est, comme vous dites, un grand dommage que de telles maisons soyent éteintes. Je ne doute pas que Madame de Chastillon ne soit fort affligée. Les deux pauvres enfants ont eu un pareil sort en la mort comme en la naissance. Vous savez qu'ils sont tous deux nés après la mort de leur père. M. de la Vauguyon est d'autant plus à pleindre qu'il a une grande aversion pour le remède que chascun propose pour luy (2) ; une autre aversion (3) pourtant pourroit estre encore plus forle. Vous m'entendez bien sans que je m'explique davantage. Mais Madame de Chastillon, qu'en dites-vous? Pour moy, je ne la connois pas assez pour en pouvoir juger. 11 me semble seulement qu'il faudroit bien avoir envie de laisser quelque chose de soy pour préférer cela au bonheur de la condition où elle se trouve.

(1) Fils de M. de la Vauguyon, il portait le nom de comte de Salnt-Mégrin.

(2) M. de la Vauguyon, par la mort de son petit-Ms, se trouvait sans héritier. Il avait soixante-neuf ans. 11 est difficile de croire que chacun lui proposât de se remarier.

(Z) L'aversion des Mortemart sans doute ? c'est le cas de rappeler ce que l'abbé de la Victoire disait des termes exagérés de Madame de Maure.

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