‹ Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la flore du Congo (volume 2)Chapitre 3 sur 47 · DE · texte numérisé non relu

DE

au jaune d'or, à nervation très apparente. Graines car'nées ;

A. hypogaea var. glabra DC. à feuilles glabres.

Mais entre ces formes il existe toute une série de variations intermédiaires au point de vue du port, de la villosité et les plantes dressées elles-mêmes arrivées à l'état adulte s'étalent souvent plus où moins sur le sol, ce qui facilite l'introduction des fruits dans la terre, et la coloration des graines et de leurs enveloppes est loin d'être stable.

La eulture à produit chez cette plante une grande série de variations plus ou moins adaptées à divers milieux et méritant d'être conseillées pour certaines régions; les unes conviennent particulièrement aux terrains bas et humides, les autres aux terrains secs et élevés, d’autres enfin sont hâtives et à ce titre adaptées à la culture dans les régions à période chaude et sèche assez courte, Certaines de ces dernières, obtenues particulièrement en Amérique, au lieu de demander cinq à six mois de culiure, sont müres au bout de trois mois.

Une des variétés de culture autour de laquelle il à été fait le plus de bruit est celle dite du « Maurice » qui a été introduite dans beaucoup d’autres régions, par exemple au Madras, où elle s’est si fortement développée qu'elle a fait presque disparaitre totalement la variété indigène, comme l'a remarqué, en 1900, M.C.-A. Barber, dans un rapport qu'il a publié sur les récoltes d’arachides dans les environs de Panruti (South Ascot, Ma-

dras), On signale également des variétés pourpres, rou- D D 1

ves, blanches d'autres, de diverses régions africaines, Madagascar, Barbades, Pondicherry, ete.

La comestibilité des graines d’arachide est connue depuis fort longtemps et déjà en 1658 Piso écrivait que l'usage de ce fruit en forte quantité occasionnait des maux de tête; cette action a pu être vérifiée depuis à diverses reprises. C’est pour cette raison peut-être que les indigènes de certaines régions de l'Afrique refusent d'employer l’arachide, les graines et l'huile extraite des graines occasionnant des maladies. Piso indiquait évalement l'emploi de la noix de terre ou pistache de terre, comme on désigne-parfois l’arachide, en cataplasme contre les blessures et les morsures de serpent et il signalait le gout agréable de son huile pouvant ètre usagée en lieu et place de l'huile d'amandes douces. Actuellement l'huile d’arachides remplace très fréquemment l'huile d'olives.

L'arachide est connue en France, où elle a été toujours très employée, depuis le commencement du xviu® siècle, mais à cette époque on ne songeait pas à extraire l’huile de la graine, c'était presque uniquement comme graine alimentaire qu’elle entrait dans la consommation. En France comme en Espagne, et actuellement encore dans certaines colonies et dans les États- Unis de l'Amérique du Nord, les graines d’arachides servent à fabriquer du pain, des gâteaux, des émulsons, des purées et même un chocolat, dans lequel elles entrent dans la proportion de 50 à 70 p. c.

En Sénégambie, d'où provient la-plus grande partie des graines importées en France, l'Arachis se eultivait

surtout au point de vue alimentaire; Îes noirs torréfiaient les graines et les mangeaient après les avoir réduites en farine. Actuellement encore le noir mange beaucoup d’arachides soit bouillies soit rôties.

Déjà en 1837 on considérait la consommation des arachides au Sénégal comme des plus importantes et on cite les quantités consommées à Saint-Louis, 213 barriques, et à Gorée, 19 barriques.

La culture de cette plante commenca à prendre de l'extension en 1840 seulement, dans l'Afrique occidentale française, grâce à la perspicatité d’un Français, M. Rousseau, représentant au Sénégal d’une maison de commerce de Rouen.

L'industrie française utilisa en 1841 pour la première fois cette graine à la suite des circonstances suivantes. En 1840 l'esclavage existait encore à la côte d'Afrique et le noir faisait l’objet d’un commerce important entre l'Afrique et l'Amérique. M. Rousseau eut un jour l’idée de refuser les captifs offerts par un chef de Dakar et de lui proposer en échange d’arachides des produits européens. Le chef trouva cette combinaison pratique et au lieu de vendre les captifs, il les utilisa pour l'installation de cultures. Grâce à différents intermédiaires, 70,000 kiles d’arachides purent, en 1841, être expédiés vers la France ; l’année précédente l'exportation avait été de 1,200 kilos seulement. Ce premier chargement important arrivé en Europe fut traité en entier dans une huilerie de Sotteville près de Rouen et les résultats de cette première expérience furent si favorables que les demandes pour de nouveaux chargements affluèrent aux

factoreries de la Sénégambie. La culture prit petit à petit de l’expansion et la factorerie de Rufisque, fondée par M. Rousseau, avec le concours de M. J. de Saint- Jean, put dès 1850 faire à elle seule des chargements complets vers la France.

La culture de l’arachide est possible entre 40 degrés de latitude nord et 35 degrés de latitude sud; en dehors de cette zone, la plante peut croître mais elle ne parvient pas toujours à muürir ses graines, arrêtées dans leur développement par les froids précoces.

Cependant on parle de la culture de l’arachide en Espagne, où les graines “obtenues ont assez de valeur, et dans ces dernières années on a cité des essais couronnés de succès dans la province de Turin. Cette culture parait même être assez répandue dans cette dernière région depuis que les noyers ont disparu et que l'obtention d’huile de noix a par suite considérablement diminué. On cite dans les communes de San- Benigno, 20 hectares; de Bosconero, 5 hectares; de Montanaro, 15 hectares; de Caluso, 10 hectares; de Chivano, 8 hectares, ete., presque partout les paysans réservent un emplacement pour la culture de cette plante.

Pour une végétation régulière, le minimum de température ne doit pas descendre en dessous de 18 degrés. L'arachide se développe particulièrement bien dans des sols légers pouvant être facilement irrigués. Si le sol est compact, argileux, la plante se développera vigoureusement, mais le rendement en graines sera faible car les ramuscules florifères ne parviendront pas à percer la

terre compacte. Les brousses sablonneuses pouvant ètre convenablement arrosées constituent le meilleur terrain pour la culture de cette plante; elle y donne des fruits de meilleure qualité que si elle est cultivée dans un terrain d'alluvion. La chaux est un des éléments chimiques absolument nécessaires pour la croissance et la fructification de l’arachide ; sans elle, la plante ne peut amener ses fruits à maturité, mais la provenance de cet élément lui est indifférente. Il peut se trouver à l'état naturel dans le sol ou y être ajouté par la fumure. On recommande l'apport de 2,500 kilos de chaux par hectare dans un terrain argilo-sablonneux ; dans un terrain marneux, la dose de chaux devra au moins être triple. L’ameublissement du scl peut aussi ètre obtenu par 4,000 à 5,000 kilos de fumier de ferme par hectare.

Cependant une trop forte teneur en calcaire constitue une condition défavorable pour le développement des tubercules radicaux des légumineuses, et par conséquent des arachides cultivées dans un tel sol n’assimileront guère d'azote et cela au grand détriment de la récolte. En outre, on ne peut assez insister sur le fait que les nodosités des racines de toutes les légumineuses se développent mieux dans un sol humide. Il faut donc, condition très essentielle, que le sous-sol soit humide ou que le terrain puisse être irrigué si l’on désire obtenir une bonne récolte d’arachides.

Il peut être intéressant de donner, à titre d'exemple, la constitution chimique des terres du Cayor, où

croissent les meilleures arachides amences sur les mar-

chés de Dakar et de Saint-Louis. Le pourcentage des éléments principaux de ce sol est en moyenne de :

Sable siliceux et.silice .‘: . . . 84 p.c.

aie ETe Ag 48e BALISE SERRES 5 ” jarbonate:de chaux: . . 46%, à Done lee no i.. 434104 0.5 »

EC TE TT Se RO NET PR RUN A Mae 100 p. €.

Pour l'obtention d'une bonne récolte il faudra avant le semis retourner le sol sur une profondeur de 10 à 20 cm. afin de rendre la couche superficielle suftisamment meuble pour que le carpophore puisse y pénétrer sans difticulté. On évitera de faire des labours plus profonds, car la pénétration des fruits plus bas dans le sol rend la récolte diflicile.

On choisira pour le semis des graines bien mures, certains planteurs conseillent d'employer à cet usage les fruits de glanage, c’est-à-dire, ceux qui sont restés dans le sol après l’arrachage des plantes. |

Le semis se fait avec avantage quand la terre est encore humide; à ce moment on séparera les graines des cosses en battant les gousses au moyen d'un maillet assez léger, en ayant soin de ne pas endommager lépisperme. On sèmera done de préférence les arachides après les premières pluies; on pratique dans le sol des trous de 3 à 10 cm. de profondeur placés en ligne et distants de 30 à 40 cm , les lignes elles-mêmes distantes de 3 pieds environ. On ne doit, sous aucun prétexte, approfondir les trous, car déjà à 14 em. la graine germe diflicilement et plus bas dans le sol

—— AUOT —

elle ne peut plus se développer. Dans chaque trou on jette une ou deux arachides, on reverse de la terre que l’on tasse simplement avec le pied. Pour hâter la germination, les graines sont immergées dans l’eau pendant deux à trois jours avant leur mise en terre. Ce mode opératoire est lent et demande une main-d'œuvre considérable, aussi dans certaines régions, particulièrement en Amérique, où la culture de larachide est faite moins peut être pour l'industrie que pour l’alimentation, on l’a remplacé par le semis à la machine; celle-ci dépose les graines à des distances égales et permet l’ensemencement de 7 acres par jour.

Eu France cette question des semoirs d'arachides a egalement fait l'objet de recherches et les essais instituës à la Station d'essais de machines à Paris, ont fait préconiser une modification du semoir « Pilter-Planet n° 2 », une machine à bras à un seul rang dont le distributeur peut contenir de 4,500 à 4,900 graines; cet appareil très léger pourrait, sans être rechargé, ensemencer en lignes distantes de 60 em., 6 ares de terrain

La graine germe au bout de cinq à six jours; au bout d’une quinzaine de jours la jeune plante s'élève à 10 ou 15 em au-dessus du sol. En ce moment on bute les plantes et on renouvelle cette opération lorsque le fruit commence à se former.

Pendant la durée de la végétation on fait subir un ou deux sarclages si cela parait nécessaire et si les plantes poussant trop serrées on en enlèvera quelquesunes.

Une particularité remarquable à été signalée aux

Indes par M. Watt; on y a remarqué que l'Arachis hypogaea attire fortement les fourmis; celles-ci, par leur travail, rendent la terre très meuble autour des plantes, facilitant, dans une grande mesure, Ja pénetration du carpophore dans le sol.

Comme toutes les légumineuses, l’arachide assimile l'azote de l’air par les nodosités que l'on trouve sur ses racines, et il est possible de la cultiver dans de bonnes conditions sans lui fournir d'engrais azoté.

Jusque dans ces dernières années, on pratiquait en Sénégambie une fumure très rudimentaire. Les noirs se contentaient de bruler sur.place les résidus de la eulture et de retourner les cendres dans le sol; après avoir enfoui les graines dans le sol à une dizaine de centimètres de profondeur, ils abandonnaient le terrain.

Dans les Indes on paraissait donner plus de soins à cette culture, et déjà il y a plusieurs années on se servait d'instruments pour remuer la terre.

Les progrès de l’agronomic ont fait voir que dans cette culture, comme dans toute autre, l’apport d’un engrais est très utile.

Nous pouvons citer l'exemple suivant de l'action de la culture et de l'amendement sur le rendement des arachides; il a été repris par M. Lecomte dans le Bulletin de l’Union syndicale des agriculteurs d'Égypte :

1° Culture indigène ; fumure médiocre : 4 à 7 ardebs au feddan ;

20 Culture améliorée; procédés indigènes; fumure médiocre : 10 à 22 ardebs au feddan.

Page 1