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lypogacu, donner des graines oléagineuses. Plusieurs auteurs et parmi eux le D'G. Schweinfurth, prétendent que l’Afrique est au contraire le berceau de cette plante dont l'importance est considérable comme aliment et qui y fait d'ailleurs l’objet d'une culture assez étendue. D'après Théophraste, l'Égypte aurait été le pays d’origine, mais la plante en question ne parait pas avoir été cultivée dans l'antiquité dans la vallée inférieure du Nil, où elle l’est encore relativement peu de nos jours.
Brown, dans la Botanique du célèbre et malheureux voyage de Tuckey au Congo, opinait pour une origine chinoise. D’après lui, l’arachide aurait été amenée du Céleste-Empire vers les Indes, à Ceylan et dans l’archipel Malais, d'où elle aurait passé en Afrique et de là en Amérique. Mais à l’assertion de l’origine chinoise ou japonaise, on peut opposer que dans aucun des anciens écrits de la riche littérature de ces deux pays, il n’est fait mention de cette plante d’ailleurs encore fort peu cultivée de nos jours en Chine et au Japon.
Sloan, dans un écrit de la fin du xvi° siècle, parle de l'arachide comme d'une plante introduite aux Indes occidentales par les transports d'esclaves venant des côtes de Guinée; les négriers avaient pris l'habitude d'en charger leurs vaisseaux pour nourrir les nègres pendant la traversée. Il ajoute que cette plante avait été introduite en Guinée amenée du Pérou. Oviedo, dans « Coronica de las Indias », décrivit en 1547 l'Arachis sous le nom de « mani » et l’indiquait comme très commun dans les jardins des indigènes aux Indes occidentales. De ce nom indigène, encore parfois usité à Cuba,
seraient dérivés les autres noms vernaculaires « mandubi + où « mandobi +, appliqués parfois à Ja méme plante dans certaines iles des Indes occidentales. Jean de Léry, dans le récit de son voyage au Brésil en 1578, parle de l’arachide et la dénomme «+ manobi +; bien d'autres noms indigènes sont encore signalés par les anciens explorateurs de l'Amérique qui pour la plupart insistent sur son origine brésilienne.
Rumphius fait cependant exception et dénommant la plante Chamaebalannus japonicus, lui donne comme pays d’origine le Japon et pense qu'elle à été transportée de là dans la plupart des iles de l'archipel Indien.
Enfin on a encore prétendu que l’arachide était d'origine mexicaine; elle est en effet très répandue au Mexique où elle porte le nom de « cacahuete +, corruption de « tlaltacahuatl », qui signifie cacao de terre. Mais le mexicain ne tire guère partie de la graine pour l'obtention d'huile, elle sert uniquement comme fruit (1).
C'est en 1648, qu'apparait pour la première fois le nom d'Arachis; c'est à Parkinson qu'il est dû et la plante fut décrite par lui sous le nom d’Arachis hypogas americanus, mais une description un peu complète parut plus tard seulement, en 1658, dans les travaux de Piso, dans lesquels on trouve des détails descriptifs sur le port, les fruits et les propriétés de cette plante,
(1) Annuellement le Mexique produit environ 100,000 hectolitres d'arachides, en 1897 la production a atteint un maximum de 140,357 hectolitres, production qu'il serait facile d'atteindre annuellement et même de dépasser,
L'arachide appartient à la famille des Léguminosacées ; c'est une plante herbacée annuelle pouvant atteindre 60 cm. de hauteur, à racines plus où moins pivotantes et munies de nodosités. Les tiges sont glabres, sauf dans leur partie supérieure ; les feuilles alternes sont paripennées, à deux paires de folioles courtement pétiolulées, obovales où ovales, obtuses ou courtement apiculées au sommet, mesurant de 2,5 à 4 em. de long et 1,5 à 2 em. de large, glabres sur la face supérieure, plus ou moins velues sur la face inférieure, naissant à une certaine distance de la base du pétiole; celui-ci muni de deux stipules de 9 à 11 mm. de long. Les fleurs se développent ordinairement par paires à l’aisselle des feuilles inférieures à pédoncule pubescent; elles sont jaunes et constituées par un calice caduc, étroit et allongé, dont le tube atteignant 13 mm. de long porte à son sommeil 5 dents, les 4 supérieures plus ou moins soudées; les pétales au nombre de 5, et les étamines au nombre de 10 sont insérés au sommet du tube calycinal, l’'étendard mesure parfois 13 mm. de diamètre et la carène 11 mm. de long. Les 10 étamines sont soudées en un tube plus ou moins charnu et épaissi, à étamine vexillaire souvent avortée. L'ovaire sessile au fond du calice est terminé par un très long style dont le stigmate arrive au niveau des anthères. Après la fécondation le périanthe et l’androcée tombent, mais le pédoncule floral s’allonse considérablement, mesure parfois 16 em. et se recourbe vers le sol pour y pénétrer. Le fruit murit sous terre et si par suite de circonstances quelconques l'ovaire ne peut s'introduire dans la terre, le fruit n'arrive pas à maturité. Ce fruit est une gousse cylindrique, indéhiscente, de 1 à 5 cm. de long, à coque un peu spongieuse portant des côtes longitudinales saillantes, il présente des étranglements entre les graines dont le nombre varie de 1 à 4 par gousse. Les graines d’arachide sont irrégulièrement ovoïdes, à surface de contact souvent plane ou concave, à épisperme mince et de couleur chair à l’état frais, passant au rouge brique
après dessiccation; elles ne possèdent pas d'albumen mais les deux cotylédons sont farineux et très riches en huile. Les racines possèdent un goût sucré assez prononcé rappelant un peu celui de la réglisse.
La particularité de cette plante d'avoir des fleurs s'enterrant après fécondation de l'ovaire et des fruits murissant leurs graines dans le sol à donné lieu à bien des erreurs et c’est en 1805 seulement que Poiteau décrivit correctement la fleur, description confirmée en 1816 par R. Brown dans l’appendice du voyage de Tuckey au Congo. Malgré ces descriptions exactes il y eut postérieurement encore des discussions sur les caractères floraux de cette plante, discussions auxquelles prit même part le célèbre botaniste anglais Bentham; pour lui certaines fleurs étaient toujours stériles, d’autres, moins nombreuses, toujours fertiles.
Au point de vue botanique on peut considérer deux formes d’Arachis hypogaea, l'une dressée et plus où moins fortement velue, l'Asachis asialica Lour, lautre couchée, plus glabre, l’'Arachis africana Lour. (= Arachis hypogaea var. glabra DC.).
D’autres auteurs différencient 3 variétés qui sont caractérisées comme suit :
A. hypogaea var. vulgaris Haxz; fruit légèrement contracté entre les graines, parfois cylindrique, de couleur pale, à nervures peu proéminentes. Graines courtement ovalaires, rouges, rouges-jaunäires, ou d'un bleu rougeûtre ;
A. hypogaex var. reticulala Blanco (Bull. Acad. sciences de Belg. 1850, n. 6). Fruits du jaune-grisätre