‹ Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la flore du Congo (volume 2)Chapitre 33 sur 47 · SOUR GRASS, GREEN GRASS · texte numérisé non relu

SOUR GRASS, GREEN GRASS

Le Paspalum conjugatum, portant à la Jamaique le nom de « Sour grass » et à Singapore celui de « Green grass », est également répandu dans les régions tropicales, on le rencontre dans diverses parties de l’Afrique. Il est très estimé dans beaucoup de régions comme plante fourragère, grâce à sa croissance rapide et à sa crande résistance à la sécheresse. C’est une herbe vivace s’'enracinant facilement aux nœuds et recouvrant très rapidement le sol excluant tous les autres végétaux.

Paspalum dilatatum Poir. (1).

Ce Paspalum est originaire du sud et du centre de l'Amérique ; étant donné sa valeur comme plante fourragère, il est peut-être destiné à se répandre dans d’au-

(1) Paspalum dilatatum Por. ( - P. ovatum Nees).

tres régions tropicales. Son port est celui de la plupart des espèces du genre et à première vue il pourrait être facilement confondu avec certaines espèces endémiques au Congo.

Cette espèce pourrait avoir pour l'Afrique, une certaine importance, car elle se trouve déjà répandue dans le sud africain, où elle se montre de valeur grâce à sa résistance à la sécheresse.

Elle a été introduite entre autres en Australie et au Cap de Bonne-Espérance, où elle a résisté à des froids intenses comme à de fortes sécheresses, toujours grâce à ses racines profondes. Ces particularités en feraient une graminée dépassant en valeur beaucoup d’autres plantes fourragères. Grâce à ce Paspalum des terrains rocailleux, montueux ou marécageux peuvent être transformés en pâturages excellents.

Cependant ce n’est pas dans un terrain sec que cette plante donnera la meilleure récolte, mais pour se développer avec luxuriance il ne faut qu’une minime quantité d’eau.

Elle est très estimée du bétail, aussi longtemps nalurellement que les tiges sont encore jeunes. Les pousses atteignent jusque 1%,50 de hauteur et sont munies de 3 à 4 feuilles mesurant environ 30 centimètres de long ct près de 1 centimètre de large. L’inflorescence terminale comporte 3 à 6 épis érigés-étalés.

M. S. B. Wallis, un planteur du Texas, considère, d'après H. Semler, cette graminée comme une des plus importantes. Elle pourrait, en effet, dans cette région, fournir en toutes saisons un excellent fourrage, car le

froid n'arrête que momentanément son développement. Le Paspalum ovatum se multiplie par graines, boutures ou rejets, ces derniers naissant aux nœuds et pouvant sans difficultés vivre comme plantes séparées.

Quant à la propagation de cette plante utile les avis sont cependant très partagés. Suivant les uns la multiplication ne pourrait guère se faire par le semis, car les graines müriraient irrégulièrement, et seraient souvent de qualité inférieure. En Australie, où l’ou à fait de nombreux essais avec cette plante, le meilleur mode de multiplication parait avoir été l’emploi de fragments | de tiges enracinées, placés à environ 90 cm. de distance en tous sens. Le développement est très rapide et la plante recouvre rapidement le sol de sa végétation touffue.

D'autres planteurs, et en particulier certains colons de la Nouvelle-Galles du Sud, prétendent au contraire qu’on trouve chez cette plante des graines à tous les états dans un même épi. Si donc on à cru qu'un pelit nombre de graines seulement arrivaient à maturité, c'est que la récolte des graines avait été faite sans soins. Il faut faire, autant que possible, cette récolte à la main, les graines se détachent facilement par secousse; de cette façon il sera facile d'obtenir sur un même pâturage au moins une douzaine de récoltes de graines. Le poids de la graine parait être un des meilleurs moyens de reconnaitre sa valeur; de bonnes graines pèsent de 112 à 140 livres par 4 boisseaux (anglais), en-dessous de ce poids la graine est considérée comme de peu de valeur. On pourra aussi essayer la fertilité des graines

par résistance à la pression, ce qui indiquera la présence dans le fruit d’un embryon bien formé.

Pour la germination régulière des graines, il faudra avoir à sa disposition un sol assez humide et assez chaud ; on fera bien aussi, si c’est possible, de recouvrir légèrement les graines. Si le sol est vierge ou s’il est obtenu par l’incinération de la forêt et de la brousse, les graines semées à la surface ne devront pas être recouvertes, les premières pluies auront vite fait pénétrer les craines dans le sol où elles se développeront avec une très grande rapidité.

M. Guthrie a fait une analyse du foin de cette espèce récolté à la « Wollongbar Experimental Farm >; les chiffres sont :

NUE RE ES ee ET CAES 5 (1 AIbMMOMES VOA Gran SU O 22 Solubles . . 1.83 Insolubles . 8.39 Cellulose digestible . . . . . 29.96 ” INIPESUDICN CE 0027.00 CONULeS APR TETE Er re NN 087 Solubles . . 4.32 Insolubles . 2.05 Composés amides. . . . . . 14.86

Dans le n° 1, 1901 des « Agricultural series n. 33. Fodders » du « The Agricultural Ledger >» on trouvera, sous le titre de « New Fodder grass for India », le résumé de tous les renseignements publiés en Australie sur cette espèce, qui peut donner de 13 à 20 tonnes de fourrage par acre et cela même deux fois par an.

Paspalum distichum Pur.

Page 1