‹ Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la flore du Congo (volume 2)Chapitre 44 sur 47 · CON ESA PAT EEE · texte numérisé non relu

CON ESA PAT EEE

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Le péricarpe en proportion de 23.82 p. c. dans la graine, contient :

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Et la graine qui forme 69.09 p. c. renferme :

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L'extraction de l’huile se fait de différentes façons dans les pays coloniaux. Au Bengale la graine est écrasée dans un mortier, puis bouillie avec 4 fois son volume d’eau, l'huile est écumée et après refroidissement on opère une nouvelle séparation fournissant une huile de qualité supérieure. D’autres fois la graine est bouillie puis séchée, enfin traitée comme dans le premier cas, ou encore la graine trempée pendant une nuit dans l’eau est broyée et la pulpe pressée laisse écouler l'huile qui est recueillie dans des vases spéciaux. Mais cette huile, naturellement très impure, peut être employée que comme huile à brûler. Dans d’autres régions encore.la graine est grillée avant d’être bouillie avec de l’eau.

Les graines de la variété major donnent toujours

une huile de peu de valeur, employée uniquement comme huile lampante et encore elle ne peutêtreusagée, à l’état brut, que dans des lampes rudimentaires ; en la traitant par l’acide nitrique on obtient une huile de graissage très usagée pour les chemins de fer et les tramways de l’Inde. Quant aux graines de la variété minor elles fournissent une huile plus estimée, aussi l’extrait-on avec plus de soin, et elle est exportée vers l’Europe.

A cet effet les graines sont tamisées pour séparer les impuretés, puis écrasées entre des rouleaux destinés à enlever les enveloppes ; les graines ainsi débarrassées sont placées dans des tubes où elles sont soumises à une pression légère qui chasse l’air et en forme des gateaux entassés les uns sur les autres, séparés par des plaques de fer et soumises à une pression de plus en plus forte sous une presse hydraulique. L'huile dérivée de cette pression est bouillie avec de l’eau, un demilitre d’eau environ pour 4 à 5 litres d'huile; on fait bouillir jusqu’à évaporation complète, sans dépasser ce moment critique car si on laisse l'huile plus longtemps elle devient très foncée et acquiert un mauvais goût. L'huile fournie par les graines, à la proportion de 45 à 50 p. c. de leur poids, est filtrée et est alors prête pour l'exportation; si elle a été préparée avec soin elle est d’un beau jaune, parfois verdâtre. |

Aux États-Unis, les graines sont séchées au four pendant une heure puis mises sous une presse à vis. L'huile qui s'écoule est additionnée de son volume d’eau puis chauffée afin de séparer les matières albuminoiïdes ; après refroidissement l'eau est soutirée et l’huile

est mise en caisse pendant 8 heures, ensuite on l’expose au soleil pour la blanchir. 100 kilos de graines traitées de cette facon fournissent environ 36 litres d'huile.

Actuellement, dans bien des régions tropicales on emploie pour l'extraction de l'huile de ricin des appareils plus ou moins perfectionnés, économisant la maind'œuvre et donnant un plus fort rendement.

En France, où l’on reçoit des graines en assez grande quantité, le matériel d'extraction est devenu très compliqué.

Les graines reçues, généralement décortiquées, sont nettoyées dans des bluttoirs et triées en séries de grosseurs différentes, puis elles passent dans des laminoirs où l’amande et les coques sont séparées, ces dernières enlevées par des ventilateurs. La graine est passée à la presse hydraulique, broyée, puis de nouveau remise à la presse après avoir été chauffée, et enfin exprimée une dernière fois. De cette façon, le tourteau qui persiste renferme environ 3 à 4 p. ©. d'huile seulement.

En Allemagne, on a construit différents types de machines pour l'extraction de l'huile des graines oléagineuses; elles peuvent servir pour le ricin et être usagées sans trop d’inconvénients, dans les régions tropicales, elles sont capables d'extraire jusque 40 p. €. d'huile (1). Le rendement en huile peut atteindre, comme nous l’avons dit, 60 p. c., mais ce dernier pourcentage n’est jamais obtenu industriellement.

(1) G. Christ et Cie, Berlin, Fürstenstrasse, 17. On trouvera dans les volumes de 1901 et 1902 du « Tropenpflanzer » des renseignements au sujet de ces appareils et même des figures.

L'huile ainsi obtenue n’est pas tout à fait pure, elle contient des matières colorantes, des matières albuminoïdes et des résines lui communiquant un aspect trouble, et exige une épuration. Celle-ci peut être obtenue en faisant bouillir l'huile avec de l’eau jusqu’à ce que l'huile devienne claire, puis on laisse le mélange en repos de manière à permettre l’évaporation de l’eau

M. le D' A. Schulte im Hofe, de Berlin. a observé, pendant un séjour aux Indes, que l’eau contenant de l’acide tannique permet une séparation plus rapide et plus complète des matières albuminoïdes que l’eau pure, mais ce mode d'épuration n’est pas appliqué dans la pratique courante.

Actuellement l’épuration se fait en ajoutant petit à petit à l'huile que l’on à amenée dans un récipient doublé de plomb, 2 à 3 p. c. d'acide sulfurique concentré; cet acide attaque les matières organiques en suspension dans l'huile et les carbonise sans modifier l'huile ; la masse est ensuite brassée avec les deux tiers de son volume d’eau, le liquide bien émulsionné est transporté dans des réservoirs et dans une chambre tenue à la température constante de 30 degrés, après quelques jours l'huile est décantée, puis filtrée au travers de charbon de bois ou de couches de son et de sable.

Pour éviter cette filtration certains fabricants d'huile emploient la méthode d'épuration suivante : l'huile est battue pendant une vingtaine de minutes, avec 10 p. c. de tourteaux très secs, pulvérisés, l'huile limpide est soutirée au bout de quelques jours et on la remplace

par une quantité égale d'huile à laquelle on fait subir la même opération. Au bout d’un certain nombre de brassages le tourteau n’est plus apte à clarifier l'huile et est soumis à la presse pour être privé de l'huile qu'il renferme. En Angleterre l’épuration se fait au moyen du chlorure de zinc qui, étant très avide d'eau, attaque également les matières organiques. On a préconisé également l'emploi du chlore, du chlorate de potassium et de l’acide azotique, mais ces modes d'épuration doivent être appliqués avec soin.

L'huile de ricin épurée, le » castor oil + des Anglais, connue parfois aussi sous le nom de « huile de Palma Christi + est assez épaisse, transparente, inodore, plus ou moins âcre; elle est siccative et légèrement colorée en jaune. Elle rancit à l’air, devient âcre et visqueuse et finit par devenir sèche. Elle a une densité de 0,960 à 0.964, se congèle à 18° sous zéro, bout à 265° au-dessus de zéro et est très soluble dans l'alcool et l'acide acétique. Cette propriété permet de déceler facilement les substances qui y ont été mélangées, et en particulier les autres huiles, qui toutes sont moins solubles.

Plusieurs principes ont été isolés de l'huile de ricin, entre autres la ricinélaidine (donnant elle-même de l'acide ricinélaidique), l'acide ricinique, l'acide ricinoléique et la ricine qui peut être extraite directement de la graine et existe aussi dans le tourteau; c’est, comme nous l’avons vu, le principe toxique de la graine.

Dans le commerce l'huile de ricin est souvent mélungée avec de l'huile d’œillette et les huiles de ricin

provenant des Antilles et du Brésil contiennent souvent de l'huile du médicinier, le pignon d'Inde ou Jatropha curcas; le mélange de cette dernière graine aux graines de ricin communique à l'huile un goût àcre.

Le principal emploi médical de l’huile de ricin est son usage comme purgatif, parfois on la prescrit en mélange avec l’éther comme tœniafuge; elle sert aussi dans la préparation du collodion et grâce à son évaporisation facile elle laisse sur les objets qui y ont été plongés une membrane épaisse et adhérente.

L'huile de ricin trouve surtout son application dans l’industrie car elle possède un très fort pouvoir lubréfiant et mélangée à du suif elle est d'un usage courant pour le graissage des machines. On l’emploie aussi dans la teinturerie, dans la savonnerie et principalement dans la fabrication des savons durs, savons de toilette et savons transparents.

Dans les régions où le ricin est cultivé en grand l'huile peut être employée pour l'éclairage, car elle donne une lumière très vive.

À Java et aux Moluques elle sert, mélangée avec de la chaux éteinte, à préparer un ciment très tenace dont on enduit les maisons et avec lequel on calfate les navires.

En Chine l'huile de ricin est employée comme huile comestible. mais on la fait au préalable bouillir avec du sulfate d'aluminium et du sucre pour la priver de son principe âcre.

Le commerce considère quatre qualités d'huile :

1° L'huile blanche réservée aux usages pharmaceutiques.

20 L'huile de première pression, employée en pharmacie, mais surtout en teinturerie.

3° L'huile de seconde pression, plus colorée, ne peut être employée que dans l’industrie.

49 L'huile de tourteaux, enlevée à ces derniers par le sulfure de carbone, elle est de qualité très inférieure.

Quant au tourteau qui reste après les deux expressions, contrairement à celui de l’arachide, il ne peut être employé dans l'alimentation du bétail ; au lieu d’activer la sécrétion lactée comme on l’a soutenu longtemps, il occasionne des troubles intestinaux par suite de sa causticité. Mais il constitue un engrais de valeur surtout pour les pâturages, il renferme en effet une dose assez considérable d'azote, d'acide phosphorique et de potasse, comme l’ont fait voir les analyses.

Acide Azote, phosphorique. Potasse. Huile, p.c. Pic p.c. p.c.

Tourteau de graines brutes 3,67 1,62 1512 8,25 Tourteau de graines décorliquées ee DOME M ET 2,26 8,75

Mais cette teneur varie également d’après l’origine du tourteau ; les analyses reproduites par MM. É. Perrot et Collin dans leur très intéressant volume « Les résidus industriels, auquel nous renvoyons le lecteur (1), le montrent nettement :

(1) Cocun et Perror. Les résidus industriels, p. 124 et suiv. Paris. Joanin, 1904.

Johnston, Décugis.

Ricin Ricin Ricin d'Amérique. brut. décortiqué.

EG SE OOT SIP RATER 2.54 9.85 10.38 Matières grasses . . . 18.20 9.25 8.75 — AZOLÉES/. 2 VON DT 20.44 46,37

— non azotées |} c 3. 9.44 24 LAIT GE: RNRRAENSEERTS VAE ire

Méndrosri: tige uh: 6.14 15.02 10.75 ROME ES. Ci RU 4.52 3 07 7.42 Acide phosphorique. . 2.04 1.62 3.20

Les données suivantes permettent de se rendre compte par comparaison de la valeur fertilisaute du tourteau de ricin :

Acide Azote. phosphorique. Potasse. Huile.

Tourteau d'arachides brutes 5,37 0,59 — 8,12 Tourteau d’arachides décor- DAUEES NE TN EURE UNE Le 0 15% 1,50 7,90 Tourteau de coton brut. . 3,90 1,24 1,65 6,18

Tourteau decoton décortiqué 6,55 3,05 1,58 16,40 Tourteau de coton coton-

MONTRE IS PARA SEC ES TT 1,60 — 6,10 Tourteau de sésame noir. . 6,34 2,03 1,45 9,70 Tourteau de sésame roux . 6,14 1.60 — 45 Tourteau de sésame panaché 5,51 1,94 — 11,25

D'ailleurs l’usage du tourteau de ricin est devenu courant aux Indes et il y a donné des résultats très nets dans la culture de la canne à sucre, dans celle du blé et de la pomme de terre.

Les tourteaux se présentent sous trois formes commerciales dont la principale est obtenue après expression du mélange du tourteau de première pression avec les coques des graines qui avaient été séparées. Le tourteau qui a été traité par le sulfure de carbone peut être

employé avec grand avantage comme engrais insecticide. Cette propriété est due à la présence de la ricine, le principe actif de la graine, insoluble dans l'huile et qui n'y passe pas pendant l'expression. Le tourteau est réduit en poudre avant d’être employé comme engrais. La toxicité de la ricine exige des précautions car ce produit ne peut être confondu avec des farines alimentaires pour le bétail.

Aux Indes on à utilisé encore autrement les résidus du pressage des graines, ils constituent les matières premières de la fabrication du gaz d'éclairage usagé par les grandes compagnies de chemin de fer; celles-ci ont dans ce but installé de grandes plantations de ricin dont les graines servent à extraire l'huile pour le graissage des machines, les résidus à préparer le gaz d'éclairage.

La graine est parfois aussi, grâce à ses propriétés toxiques, employée pour empoisonner les petits rongeurs nuisibles et pour la pêche.

Outre son huile, et le tourteau qui dérive de sa préparation, le plant de ricin peut encore servir à divers usages accessoires. On peut en extraire des fibres dont on à préparé des cordages plus ou moins résistants et de la toile, les résidus fibreux peuvent encore être usagés dans la fabrication de la pâte à papier. La fibre est préparée par rouissage, mais il est utile, pour obtenir une séparation facile, d'ajouter à l’eau un peu d'acide sulfurique. Le rouissage est arrêté quand l'écorce se détache du bois. |

Dans certaines régions on emploie le bois des tiges et l’enveloppe des fruits comme combustible; ce bois, sans

résistance à l’état frais, peut être, à l’état sec, employé pour certaines constructions, il se recommande alors par sa dureté et par sa résistance aux insectes. Comme il est très léger il est employé, par exemple en Nouvelle- Calédonie, pour les flotteurs des filets de pêche.

Tandis que la graine et le tourteau ne peuvent être employés dans l’alimentation, les feuilles constituent un bon fourrage pour le bétail et leur usage agit même, d’après plusieurs auteurs, très favorablement sur la sécrétion lactée.

Les indigènes de certaines régions de l’Afrique tropicale s’en servent pour un usage analogue, les feuilles sont appliquées par les femmes sur leur poitrine pour exciter et augmenter la sécrétion du lait.

Les feuilles du ricin peuvent encore servir de nourriture à un ver à soie assez réputé de l’Assam ; l’Attacus Ricini; cette chenille élevée uniquement dans les Indes anglaises pourrait, peut-être, être introduite dans les autres colonies tropicales où cette Euphorbiacée se développe convenablement. Divers essais entrepris par M. Rivière au Jardin du Hamma à Alger sont restés cependant sans résultat

Les feuilles jouissent encore d’autres propriétés, au dire de certains indigènes; à la Guadeloupe et à la Martinique on prétend que trempées dans du vinaigre elles guérissent les maux de tête résultant d'insolations, et que chauffées et appliquées sur la peau elles soulagent les névralgies et les rhumatismes.

Lericin est également une plante mellifère, il pourrait done, vu l'importance de plus en plus grande qu’acquiert

Te.

ie miel, être utile d'installer près d'une plantation de ricin une exploitation apicole.

C'est encore une plante ornementale très fréquemment employée dans les régions tempérées.

Les principaux centres de culture du ricin sont les Indes anglaises et les régions chaudes de l'Amérique du Nord, puis viennent l'Afrique occidentale, l'Amérique centrale et australe, la Sicile et l'Italie du sud, mais l'exportation de ces pays est loin d'atteindre celle des Indes anglaises qui dépasse de beaucoup celle de tous ces autres pays.

Au commencement du XIX° siècle, l’Inde exportait déjà de l’huile toute préparée, en quantité relativement minime ilest vrai, mais par suite des frais qu'occasionnait le transport des huiles vers l’Europe, on en vint petit à petit à exporter de ces régions des graines qui étaient traitées en Europe pour l'extraction de l'huile. Vers 1877-1878 la plus grande partie des graines amenées sur les marchés d'Europe, et provenant de l'Inde ou d'Australie, étaient travaillées en Italie ou en Angleterre, ces deux pays consommant ensemble environ 95 p. c. de l'exportation totale qui comportait environ 228,800 kilos de graines fournies pour les trois quarts par le Bengale, mais outre ces graines, on avait importé en Europe plus de 6,350,000 litres d'huile. A partir de cette époque l’exportation de l’huile des Indes augmenta assez régulièrement jusqu’en 1885, et attei-

gnit 14.471.600 litres pour diminuer et retomber en 1890 à 11.992.400 litres. Malgré cette diminution de la valeur de l'exportation, la valeur marchande de l'huile augmenta au lieu de diminuer. Tandis que nous voyons l'exportation de l'huile diminuer dans une proportion notable, pendant la même période l'exportation des oraines devint de plus en plus forte, en 1878-79 elle était de 3.770.000 kilos, elle atteignait en 1889-90 plus de 45.447.000 kilos. Dans cette exportation, le Bengale a fourni la plus forte proportion d'huile, Madras ayant exporté environ le quart de l'exportation du Bengale.

En Cochinchine. la culture du ricin se fait sur une bien moins grande échelle qu'aux Indes anglaises, les plantes y sont plus sujettes aux attaques des chenilles.

A Ceylan, le ricin existe soit cultivé par l’indigène soit subspontané, mais toujours dans une faible mesure, car l'indigène n’estime guère cette plante, il la croit nuisible surtout si elle se développe en certaine quantité autour des habitations. Aussi la graine et l'huile de ricin ne constituent-elles pas pour Ceylan un article. de commerce ni d'exportation, l'huile indigène se rencontre cependant dans les bazars des localités éloignées, mais dans les villes on importe de Madras une huile supérieure, en tous points, à celle préparée par l'indigène.

Comme nous l’avons vu, le ricin existe dans presque toute l’Afrique, et est même parfois assez répandu, fréquemment il n’est pas exploité par l’indigène qui ignore ses propriétés médicales.

Les premiers essais de culture en grand furent tentés en Afrique occidentale française vers 1863, mais ils n'eurent guère de succès. Pendant un certain temps on espéra dans le ricin un remplaçant pour l’arachide qui subit une crise commerciale vers 1888, mais ces nouveaux essais ne donnèrent guère de satisfaction.

De 1888 à 1898 on a signalé les exportations :

LODEL Me PNR ON MES E 149 kilos.

1891 A LAN So ee ANR LAS MONA TL PS PRET PE 2A0 ur LOS PET A PMR TORE ES ES D5 -.»

Depuis, cette exportation n’a plus augmenté, aussi les statistiques des diverses régions de l'Afrique occidentale ne renseignent-elles plus ces produits.

La culture de cette plante ne pourra certes pas se faire en grand dans les régions où la culture de l'Arachide prend pour elle les capitaux et la main-d'œuvre.

Dans le Mozambique, des essais ont été également tentés, particulièrement par la Compagnie de Boror. En Afrique austro-occidentale allemande la culture ne parait pas devoir faire de grands progrès ; comme l’ont d'ailleurs fait fort bien ressortir plusieurs coloniaux compétents, cette culture n’est pas destinée à donner dans ces régions des bénéfices sérieux. Les raisons principales sont les prix trop bas de cette graine sur les divers marchés et les frais trop considérables de transport de l’intérieur des terres vers le port d’embarquement, et de celui-ci vers les ports d'Europe; dans les conditions actuelles il ne serait pas possible au planteur de l'Afrique d'amener sur le marché des graines de

ricin dans une condition capable de concurrencer celles des Indes ou de l'Amérique.

Dans l’État Indépendant du Congo la culture du ricin n a pas élé entreprise en grand; les raisons que nous venons de rappeler ont sufli pour empêcher le développement de cette culture qui est faite par les indigènes et pour leur propre usage. Mais les conditions peuvent changer et une culture de riciniers faite accessoirement pourrait peut-être donner au Congo, des bénéfices à celui qui l’entreprendrait.

Au Congo l'huile extraite des graines est en général utilisée pour la toilette.

Si au Congo, l'huile est uniquement d'usage externe, dans l'Afrique occidentale portugaise, dans l’Angola, les indigènes en connaissent fort bien les propriétés purgatives et l’emploient très fréquemment. La plante ne fait cependant pas l’objet d’une culture, les noirs usagent les graines qu'ils trouvent sur les pieds isolés aux environs des villages et plus ou moins spontanés.

ke RUE

La Belgique recoit relativement peu d'huile de ricin, les importations de ces dernières années se chiffrent :

Pays exportateurs. Quantités en kilos.

1902 1903 AATIELOTÉÉ TS Re 45300 8.905 Breme . UE re ee 76 — France SU EAN 159.288 Italie . ot 1.915 — JAPON -LCLMENETE 1.813 — Fons-Das ae ue 179 — ACTES DAYS NE. UNE -— 5 327

Outre. l'huile, il entre naturellement encore des graines de ricin, mais celles-ci n'étant pas notées spécialement dans les statistiques, et entrant sans payer de droits, il n’est pas possible d’en signaler la quantité importée. Mais la preuve de cette importation est donnée par l'exportation de l'huile de ricin qui, pour le commerce général, atteignait en Belgique, en 1902, 4.149.796 kilos et en 1903, 3.698.372 kilos.

On trouvera, Jans Dugarp et EBERHARDT, Le Ricin, Botanique, culture et commerce, Paris, Challamel, 1902, une bibliographie assez détaillée de ce sujet, pour lequel on fera bien de consulter également les années postérieures de : Revue des cultures coloniales, L'Agriculture pratique des pays chauds et Journal d'Agriculture tropicale.

LES SANSEVIERIA AFRICAINS (Planches XXX-XXXII).

Les Sansevierias sont fréquentes en Afrique, et au Congo où en trouve plusieurs espèces qui ont de la valeur à des points de vue très différents.

Depuis quelques années, l'attention de l'industriel a été attirée sur ces plantes pour leurs fibres, et c’est à ce point de vue que nous donnerons sur elles quelques renseignements.

Le genre Sansevieria qui appartient à la famille des Haemodoracées est constitué actuellement par plus de 30 espèces, dont une quinzaine au moins appartiennent à la flore de l’Afrique tropicale.

Une étude systématique du genre n’a guère été entreprise, tous les travaux doivent être considérés comme provisoire. Il en est à peu près de même au point de vue économique car les nombreuses notices éparpillées dans diverses publications n’ont pas encore vu leurs conclusions ratifiées par la grande industrie.

La fibre de divers Sansevieria est cependant appréciée depuis de nombreuses années. mais jusqu’à ce jour elle n’a pas été présentée en quantités suffisantes sur le marché. Cela provient d’abord, comme l’a écrit très

judicieusement dans le teraps Godefroy-Tebeuf, de ce que beaucoup de plantes de ce genre, dont le rendement est de nature à permettre une exploitation, sont de régions africaines peu accessibles où les matières de grande valeur peuvent seules être grevées de frais de transports considérables. En outre plusieurs espèces sur lesquelles des expériences ont porté sont de découverte assez récente.

La fibre de certains Sansevieria est connue sous le nom anglais de « Bowstring hemp » (chanvre de corde à arcs), nom qui lui a primitivement été donné par les indigènes de Ceylan et indique suffisamment l'emploi qu'ils faisaient des fibres. On la désigne parfois aussi sous le nom de « chanvre d'Afrique », et dans certaines régions de ce continent les indigènes connaissent fort bien la valeur de cette plante; souvent on trouve autour de leurs cases quelques pieds d'espèces variées.

De la côte occidentale d'Afrique on a même déjà exporté une certaine quantité de ces fibres, sans que cependant ce trafic ait acquis de l’importance.

De l’Angola on reçut à Londres pour la première fois des fibres de Sansevieria, elles provenaient d'une espèce à feuilles cylindriques, ce qui intrigua fortement les botanistes anglais qui ne savaient à première vue à quoi rapporter ces fibres reçues sous le nom d’Ife. Ce fut en 1855 que sir W. Hooker remarqua à l’Exposition de Paris, dans la section du Portugal des fibres de même origine africaine et étiquetées comme provenant du S. angolensis reconnu plus tard comme synonyme du S. cylindrica Bojer. Les cordes et les cordages

faits de cette fibre furent démontrés des plus solides et des mieux adaptés pour la confection de càbles destinés à rester sous eau.

C’est encore sous le nom de « Murva ou de Moorva fibre + que le produit de certains Sansevieria a été importé des Indes sur les marchés d'Europe. Sous ce dernier nom on comprendrait surtout la fibre du Sansevieria Roxburghiana Sch., originaire des Indes anglaises et de Ceylan et qui a été longtemps confondue avec le S. zeylanica Willd. dont il différerait cependant très nettement d’après certains auteurs, d’autres le considèrent simplement comme une variété.

11 y a des siècles que cette fibre est connue aux Indes anglaises où elle est employée par les indigènes et porte des noms tels que « Murva, Murya, Maxul >»; le nom sanscrit serait « Goni - il est à rapprocher de celui de « gœni » qui est appliqué actuellement dans plusieurs régions des Indes Anglaises et Néerlandaises à la fibre des Corchorus, c'est à-dire au jute.

Toutes les espèces du genre Sansevieria renferment en abondance, des fibres de finesse, élasticité et force reconnues, mais elles ne sont pas également utilisables par l’industrie. La + Murva fibre «, bien que peu connue encore dans le grand commerce, est très employée par les indigènes dans les Indes anglaises comme nous l’avons dit plus haut; la « Konge fibre », provenant du S. quineensis de la Guinée, et l’« Ife hemp >», provenant du S. cylindrica, sont estimées en Europe pour la fabrication de cordes et en particulier pour celles usagées dans les sondages marins, et en

général pour la fabrication des cordages destinés à subir l’action de l’eau. En général dans toutes les régions africaines où croissent des espèces de ce genre elles sont utilisées par l’indigène et ont attiré l'attention des résidents qui souvent ont insisté pour leur utilisation dans l’industrie textile.

Les Sansevieria textiles paraissent être déjà cultivées pour leurs fibres dans les Indes, en Floride et dans les Straits Settlements, mais cette culture est toujours encore réduite, on les trouve surtout dans les jardins comme plantes ornementales; elles sont d’ailleurs connues dans nos serres d'Europe depuis fort longtemps et méritent la culture soit comme plante verte ou à feuillage panaché, soit comme plante à fleurs.

Les Sansevieria ne sont pas des plantes à exploiter à l’état indigène, elles ne se trouvent pas pour cela en quantité suffisante, il faut les cultiver et c’est, peut-on dire, parce que la culture de ces plantes n’a pas été faite d’une manière rationnelle que la fibre n’a pas encore pris daus l’industrie la place à laquelle elle a droit.

Les Sansevieria sont des plantes d'aspect et de port variables, leurs feuilles en particulier varient ; il en existe des espèces à feuilles relativement minces et planes, d’autres à feuilles épaisses et concaves, d’autres enfin à feuilles totalement cylindriques. Entre ces diverses formes se rencontrent tous les intermédiaires. Elles sont généralement privées de tiges, mais possèdent un rhizome souterrain plus ou moins développé d’où naissent des touffes plus ou moins compactes de feuilles entre lesquelles se dressent les

bampes florales plus où moins longues et fortes, portant des fleurs verdàätres ou blanches, parfois en très grand nombre et atteignant individueliement jusque 12 à 13 cm. de long.

Les Sunsevieria peuvent se classer en différents croupes, on peut les définir en termes généraux, comme l’avait fait Godefroy-Lebeuf, par les caractères suivants :

l° Plantes acaulescentes à feuilles aplaties, peu épaisses.

20 Plantes acaulescentes, à feuilles semi-circulaires ou subcylindriques profondément creusées sur leur face supérieure.

30 Plantes franchement caulescentes à feuilles à section semi-circulaire ou presque cylindrique.

40 Feuilles franchement cylindriques ou ne présentant qu'un sillon plus ou moins apparent sur une partie de leur longueur.

Mais ces caractères, à première vue très tranchés, le sont beaucoup moins quand on se trouve en présence des échantillons ; aussi cette classification ne peut elle être que provisoire.

Dans la'« Flora of tropical Africa + de Sir W. Thiselton-Dyer, le savant directeur du Jardin botanique de Kew (vol. VII), M. Baker a décrit douze espèces africaines :

S. SENEGAMBICA Baker. — Sénégal.

S. NILOTICA Baker. — Région nilienne.

S. BRACTEATA Baker. — Angola et Afrique orientale allemande.

S. GUINEENSIS Wälld. — Sierra-Leone, Niger, Fernando-Po, Région nilienne, État Indépendant du Congo, Zanguebar, Zambésie.

S. LONGIFLORA S?ms. — Fernando-Po, Région nilienne, Bas-Congo, Angola, Usambara, Zanzibar, Zam-

bésie.

S. Kirk Baker. — Nyassa-Land, Shire.

S. VOLKENSII Gurke. — Usambara, Kilimanjaro.

S. EHRENBERGII Schiveinf. — Nubie, Érythrée, Somaliland, Arabie.

S. SCHIMPERI Baker. — Somaliland.

S. CYLINDRICA Bojer. — Région nilienne, État Indépendant du Congo, Angola, Matabeleland.

S. SULCATA Bojer. — Probablement de l'Afrique orien-

tale.

S. GRANDICUSPIS Aarv. — Origine inconnue, cultivée à Kew.

Nous n'avons pas à insister ici sur les caractères qui permettent à M. Baker de différencier ces diverses espèces, ils ne sont pas toujours faciles à définir, la clef analytique est d’ailleurs basée principalement sur les caractères des groupes que nous avons rappelés plus haut.

MM. S. Gérôme et O. Labroy, ont en partie, basé la clef analytique des espèces de ce genre conservées dans les collections du Muséum d'Histoire naturelle de Paris sur les mêmes caractères (1); ils n'arrivent cependant pas à classer les espèces comme le faisait Godefroy-Lebeuf dans son travail paru peu auparavant.

(1) Sur la collection des Sansevieria des serres du Muséum. Tahleau synoptique des espèces et notes sur leur multiplication in Bull. du Muséum d'Histoire naturelle, 1903, n. 3, p. 167.

Cette divergence nous semble être une preuve de la difficulté de l'appréciation des caractères de groupes.

A la liste déjà relativement longue donnée plus haut il faut ajouter les espèces décrites ou signalées par M. Godefroy-Lebeuf (1); ce sont : S. Sluchyt et Andradae, toutes deux de l'Abyssinie, de la côte des Somalis dans la région du Nil Gama, et du continent asiatique, dans le Yemen.

Parmi les espèces signalées par MM. Gérôme et Labroy, dont plusieurs sont originaires de l'Afrique, nous citerons :

. ZANZIBARICA Gérôme et Labroy.

. ARBORESCENS COYnu.

. LIBERICA Gérôme et Labroy. — Libéria.

. FASCIATA Cornu. — Congo français.

. GRANDIS Æ00k. — Somalis.

. AUBRYANA Carr. — Gabon.

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La plupart de ces espèces nouvelles n’ont pas été décrites, nous ne pouvons donc résumer leurs caractères n'ayant pas pu nous-même les étudier en détail ; il pourra donc être utile de reproduire ici le tableau analytique de MM. Gérôme et Labroy, tout en insistant encore sur la difficulté qu'il y a souvent à apprécier les caractères pour certains échantillons. Nous pouvons également donner à l’appui du tableau les dessins de coupes de feuilles qui accompagnent, dans le petit travail de MM. Gérôme et Labroy, la description des espèces.

(1) Les Sansevieria gigantesques de l'Afrique orientale et leurs

fibres, par À. Godefroy-Lebeuf, Paris, 4, Impasse Girardon, 1902.

Coupes de feuilles de diverses espèces de Sansevieria cultivées au Muséum d'histoire naturelle de Paris, prises à la base et vers le milieu du limbe (1), réduites au 1/4 de la grandeur naturelle,

Fig. 1. — S. guineensis Wälld. Fig. 12. — $S. Roxburghiana Sch. Fig. 2. — S. metallica Hort. Fig. 13. — S. grandicuspis Haw. Fig. 3. — S. fasciata Cornu. Fig. 14. — S. Stuckyi God.-Leb. Fig. 4. — S. liberica Gér.et Labr. Fix. 15. — $S. Andradae God.-Leb. Fig. 5. — S. Cornu Gér. et Labr. Fig. 16. — S$. cylindrica Boj. Fig. 6 —S. thyrsiflora Thunb. Fig 17. — S. sulcala Boÿj.

Fig. 7. — S. Kirkii Baker. Fig. 18. — $S. Ehrenbergii Schw. Fig. 8. — $S. longiflora Sims. Fig. 19. — $S. zanzibarica Gér:. et Fig. 9. — $S. Aubryana Carr. Labr.

Fig 10 — $S. zeylanica Walld. Fig. 20. — $S. arborescens Cornu.

Fig. 11. — $. glauca Gér. et Labr.

(1) Ce cliché nous a été gracieusement communiqué par M. Gérôme, à qui nous adressons tous nos remerciements.

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Dans l’Afrique orientale allemande, on a découvert égalemenl une nouveauté dans ce genre, le S. Perrotii Warburg, décrit dans le « Tropenpflanzer », du mois d'avril 1901. Cette espèce aurait, d'après son auteur, une très grande importance par suite de la grandeur de ses feuilles très riches en fibres. Elle croit en abondance à l’état sauvage près de Lindi, sur des rochers coralliens à l’ombre de buissons épineux,; elle forme parfois de petites plantations naturelles. Les indigènes dénomment cette espèce, de même que la plupart des plantes textiles « Mkonge », il n’est pas sans intérêt de faire remarquer que les vocables « Mokongi, Bokonge, Bekongi », servent également au Congo Indépendant à désigner certaines plantes à fibres, comme par exemple le Cephalonema poluandrum K. Schum. dont nous avons parlé (p. 29) dans ces « Notices ».

C’est encore sous un nom très analogue « Konge », on pourrait même dire identique, qu'est connue en Malaisie la fibre du S. guineensis qui y est le plus répandue. Un nom très voisin « Nhaconge », serait appliqué au S. Stuchkyi d'après les renseignements que M. Stucky, lui-même à bien voulu nous communiquer.

L'espèce nouvelle de l’Afrique orientale allemande est très voisine du S. Ehrenbergi Schweinf., dont les fleurs sont plus petites, à périgone globuleux dans sa partie inférieure, tandis que chez le S. Perrolii il s’évase en entonnoir et ne se termine pas en pédoncule ; en outre l’articulation se fait chez le S. Perrolii directement sous la fleur, chez le S. Ehrenbergii au pédon-: cule. À l’état frais, les feuilles seraient légèrement

rougeñtres extéricurement, blanchâtres sur la face interne. Les fruits bacciformes sont colorés en vert. La feuille atteignant 1m.75 de long, est donc capable de fournir des fibres plus longues que la plupart des autres Sansevieria à feuilles planes. Des essais de culture mériteraient d’être tentés dans d’autres régions africaines, avec des rejets de cette plante qui, sans aucun doute, s’y développeraient (1).

En 1902, M. Hooker a décrit le $. grandis (2); celui-ci avait été envoyé aux Jardins royaux de Kew, par M. le D' Heath qui tenait la plante d’un négociant cubain. Cette plante, d’origine probablement africaine, a été introduite à Cuba par une société constituée dans le but d'exploiter sa fibre, cette dernière serait d’un beau blanc, soyeuse et très forte.

(4) Nous donnons ci-après certains autres caractères généraux du S. Perrotit, ils pourront être utiles à ceux désireux de tenter la culture : Tige de 5 mm. de large, stolovifère, à stolons de 12 mm de large, radicants, à feuilles grandes, atteignant 12,75 de long. engainantes à la base, de 8 cm. de large, rétrécies vers le sommet où elles ne mesurent que 8 mm. de large, puis brièvement acuminées, aiguës, à bords rouges, très concaves sur la face supérieure, à sillon profond vers la base de la feuille. Panicule grande, en thyrse, très glabre, atleignant 4m,20 de long, à rameaux de 3 à 4 mm., courbés, ascendants, atteignant 42 cm. de long, munis à la base de bractées lancéolées ; fleurs fasciculées atteignant 15 em. de long et 2 mm. de large, lobes linéaires de 9 mm. de long, de 2 mm. environ de large au sommet, obtus. Baie 1-3 coques, à mésocarpe charnu, blanc, de 15 à 20 mm. de diamètre.

(2) Cette espère à été décrite et figurée dansle Botanical Magazine, 1902 pl. 7877.

Ce serait à cette espèce, que nous décrirons sommairement plus loin, qu'il faudrait rapporter la fibre qui a été signalé dans le catalogue des produits de Cuba à l'Exposition internationale de Paris en 1900. Cette plante est dénommée dans la région « Lengua de Vaca +, nom qui lui convient assez, la feuille rappelant dans son contour extérieur, la langue de la vache.

Dans leur travail sur les plantes économiques de Porto- Rico, MM. Cooke et Collins signalent une Sansevieria sous le même nom de « lengua de Vaca >, dont l’exploitation des fibres ne paraît pas être faite.

Il nous faut également citer une espèce congolaise, le Sansevieria Laurentii, rapportée par la mission du regretté professeur Laurent. Elle est. comme nous l'avons dit déjà, voisine du Sansevieria quineensis, mais a, au point de vue horticole une panachure tout à fait remarquable, sa valeur industrielle n’a pu être déterminée, elle paraît rare au Congo, où Ém. Laurent et M. Marcel Laurent n’en ont observé qu’une seule touffe, dont ils n’ont point vu les fleurs (1).

(4) Nous reproduisons ci-dessous, à l'usage de nos lecteurs africains et pour leur permettre de rechercher en Afrique centrale cette espèce vraiment horticole. la description que nous en avons antérieurement donnée dans la « Revue des cultures coloniales, n° 147 p. 231 +, et qui a été publiée ultérieurement dans la « Retue de l’Horticulture helge et étrangère +, avec une planche coloriée.

Sanserieria Laurentii De Wild. —- Rhizome assez épais, de l’épaisseur du pouce. Feuilles au nombre de 6 environ par bourgeon, canaliculées à la base, aplaties dans leur plus grande longueur, atteignant 7 em. de large et 70 cm de haut, zébrées transversalement de

os

vert pâle sur un fond vert foncé, à nervure médiane souvent blar-

Parmi ces nombreuses espèces, un certain nombre ne pourront jamais être cultivées en grand pour l’obtention des fibres, leurs feuilles sont trop courtes.

Les espèces ayant le plus de valeur sont: S. quineensis, S. longiflora, S. thyrsiflora S. Kirkii, S. Ehrenbergii, S. zeylanica, S. Roxburghiana, S. cylindrica, S. sulcata, S. Stuchyi, S. Andradeæe, S. grandis, S Perrotii.

Il peut donc être utile de donner de ces espèces une courte description.

S. GUINEENSIS Wälld. — Rhizome portant des touffes de 3 à 6 feuilles par nœud. Feuilles assez planes de 02:70. à 1,20 de long et de 6-15 em.

de large, zébrées et munies d’une ligne rouge au bord, canaliculées à la base.

Inflorescence à Der Coupe de la feuille du S. guineensis Willd.;

doncule de 30 à la figure supérieure représente la coupe

45 em. de long; vers la partie médiane, la figure inférieure

fleurs disposées par celle vers la base canaliculée.

trois à six en un ra-

cème dense pouvant atteindre 60 cm. de long, à périanthe

de 3,5-5 cm. de long, d’un blanc verdätre ou brunâtre. Très répandu au Congo comme d’ailleurs dans les

autres régions de l'Afrique tropicale.

châtre, munies sur le bord d’un large liseré blanc jaunâtre, atteignant 18 mm. de large et parfois d’un second liseré interne atteignant 4 mm. de large; feuilles non bordées de rouge et terminées

au sommet par un cuspis d'au moins { cm. de long.

S. LONGIFLORA Sims. — Rhizome portant des tonftes de 4 à 6 feuilles par nœud. Feuilles de 70 à 150 cm. de de long ct de 7-12,5 cm. de large, planes, zébrées et

D mel

Coupe de la feuille du S. longiflora Sims; la figure supérieure représente la coupe vers la partie médiane de la feuille, la figure inférieure celle vers la base plus ou moins canaliculée.

munies d’une bordure rougeàtre, légèrement canaliculées à la base. Inflorescence et pédoncule de plus de 50 cm. de long; fleurs disposées en épi dense, parfois de plus de 30 em. de long, à périanthe d’un blanc verdätre, de 10-12 cm. de long.

Existe également dans l’État du Congo.

S. THYRSIFLORA T'hunb. — Touffes de 6 à 12 feuilles. planes, rigides, atteignant 45 em. de long et 5 cm. de

Coupes transversales des feuilles du S. thyrsiflora ; la figure supérieure représente la coupe vers la partie médiane, la figure inférieure celle vers la base

large, à bandes blanchâtres transversales, à bord rougeatre distinct. Fleurs en épi dense, parfois plus de 30 em. de long.

S. EHRENBERGI Schvoeinf. — Rhizôme à touffes de 12 à 15 feuilles, dont les intérieures presque cylindriques atteignent 1,50 à 1",80 de long et environ 3,5 Cm. de largeur et d'épaisse ur, à sillon médian profond, à angles aigus, et munies d’une ligne rougeàtre sur les bords. Inflorescence, pédoncule compris, de 1%,50 à 1,80 de haut, ramifiée; fleurs de 6 à 18 mm. de long, d’un blanc rosé.

A été signalé jusqu’à ce jour uniquement dans la résion nilienne.

S. ZEYLANICA Walld. — Feuilles de 1 mètre environ de long, rarement plus, atteignant 2-4 cm. de large, assez concaves. Inflorescence analogue à celle du S. quineensis.

Cette plante est originaire de Ceylan.

S. CYLINDRICA Bojer. — Feuilles par groupes de 3 et 5 par nœud de rhizome, atteignant 1,80 de haut et 2,5 cm. de diamètre, à 5-6 sillons bien marqués. Fleurs non décrites

Schéma de la coupe Schéma de la coupe transversale transversale de la feuille de la feuille du S.cylindricu. du S. sulcata.

S. SULCATA Bojer. — Feuilles cylindriques peu nombreuses, atteignant 1 mètre de haut et environ 2,5 cm. de diamètre, à 5-6 sillons bien marqués. Fleurs non décrites.

S. ROXBURGHIANA Schull. — Feuilles atteignant 60 em de long, linéaires-ensiformes, canaliculées à la base, tachetées de noir; inflorescence grêle, racème allongé.

Ce serait, d’après Roxburgh, la seule espèce de ce cenre indigène dans les Indes; elle est confinée dans la Péninsule occidentale et à Ceylan, soit indigène, soit cultivée.

S. Kirkit Baker. — Feuilles par touffes de 3 à 4, mesurant de 1 à 3 môtres de long, aplaties dans leur partie supérieure où elles mesurent7-8 em de diamètre. Pédoncule et racème relativement courts. Périanthe de 10 à 15 mm. de long.

District du Mozambique.

La fibre est de qualité moindre d’après certains auteurs, elle n’en fournit, dit-on, que 2 p. c.

S. STUCKYI God.-Lebeuf. — Feuilles cylindriques, atteignant 3 mètres de long, présentant des cannelures

Coupes transversales des feuilles du groupe du S. Stuckyi God.- Leb. Coupe extérieure représentant la feuille d’une forme nouvelle, d’après Godefroy-Lebæuf; coupe moyenne celle du S. Stuckyi God.- Leb. et coupe externe celle du S. Andradeæ.

longitudinales et un sillon médian antérieur assez profond et obtus, angles aigus, fleurs inconnues. Les feuilles

atteignent 3 mètres de long, entre autres celles de notre planche hors texte XXXII, dont nous devons le cliché à l’amabilité de M. Stuckyi, le directeur des Plantations du Boror.

S. ANDRADÆ God.-Lebeuf. — Feuilles environ aussi longues que celles du S. Sfuckyt, sillon antérieur plus aigu et comparativement plus profond. Fleurs inconnues. Peut-être une variété de l'espèce précèdente, et toutes deux de l’Afrique orientale et du Yemen.

S. PERROTI Warburg.— Tiges stolonifères. Feuilles atteignant 1,75 de long et 8 cm. de large. Panicule atteignant 1%,20 de haut, à fleurs de 15 mm. de long.

Afrique orientale allemande : Lindi.

S. GRANDIS Hooker. — Feuilles grandes, en rosette, sessiles, les plus grandes atteignant 120 de long et 15 em. de large, obovales-oblongues, zébrées, d’un vert foncé, bordées d’une mince bande brun-rouge. Hampe florale de 60 em. environ de long, panicule dense de 60 à 90 cm. de long, à fleurs disposées par glomérules de 3, branches de 5 cm. environ de long.

Cultivé à Cuba.

On a signalé également à M. Godefroy-Lebeuf un S. nobilis, qui, à la Martinique, aurait fait l’objet d’essais de culture.

Nous donnons ci-après la liste de tous les Sansevieria signalés, avec leurs synonymes et une distribution abrévée; cette liste est dressée par ordre alphabétique, plus tard peut ètre pourrons-nous indiquer un ordre systématique.

Nous engageons tous les résidents en Afrique à nous fournir des renseignements sur les espèces de ce genre qui a, sans conteste, une grande valeur économique.

Sansevieria T'hunb.

S. ANDRADAE God.-Lebeuf Sansevierias gigantesques de l'Afrique orientale. Paris (1903). — Afrique tropicale.

S. ARBORESCENS Cornu ex Gérôme et Labroy in Bull. Muséum Hist. naturelle Paris (1903), pp. 175 et 169 (tirés à part 3et 5). — Afrique tropicale-orientale.

S. BRACTEATA Baker in Trans. Linn Soc. sér. II, 1 (1878), p. 253. — Afrique tropicale.

S. AuBryana Carr. in Rev. Hort. (1861), p. 449. — Afrique tropicale.

S. caNALICULATA Carr. in Rev. Hort. (1861), p. 449 — Afrique tropicale.

S. cornur Gérôme et Labroy in Bull. Muséum Hist. naturelle 1903, p. 175 et 170 (tiré à part 3 et 6) — Hab. inconnu.

S. cyrinpricA Boj. Hort. Maurit. (1837), p. 349. — Afrique tropicale.

Syn. — $ aANGoLensis Welw. Apont. (1858), p. 543.

S. EHRENBERGIt Schweinf. ex Baker in Journ. Linn. Soc. XIV (1875), p 549. — Abyssinie.

S. FASCIATA Cornu ex Gérôme eb Labroy in Bull. Muséum Hist. naturelle, Paris (1903), pp. 175 et 169 (tiré à part 3 et 5) — Congo Français.

S. FLAVESCENS Maury in Morot Journ. de Bot. III (1889), p. 269, fig. 12. — Amérique australe,

S. cLauca Gérôme et Labroy in Bull. Muséum Hist. naturelle. Paris (1903). p. 175 et 169 (tiré à part 3 et 5). — Cochinchine.

S. cRaNDicusris Haw. Syn. PI. Succ. (1812), p 67. — Afrique tro-' picale?

S. GRaNDIS Hook. in Bot. Mag. (1902), pl. 7877. — Cuba.

S. quneensis Wäilld. Sp. pl. 11 (1799). p. 159. — Afrique tropicale.

Syn — S. GLaucaA Haw Syn. PI Succ. (1812), p. 65.

S. HYAGINTHOIDES Hort ex Steud. Nom. ed. II, 2 (1841 , p. 511.

S. LAETEAVIRENS Haw. Syn. PI. Succ. (1812), p. 66.

S. LANCIFOLIA Boÿj. Hort. Maurit. (1837). p 348.

S. POLYPHYLLA Haw. Syn. PI. Succ. (1812), p. 65.

ALETRIS HYACINTHOIDES Var. GUINEENSIS L. Sp.

pl. ed. 2 (1763), p. 456

ALETRIS GUINEENSIS Jacq. Hort. Vindob. I (1770), p. 36 tob. 84.

AGYNTHA GUINEENSIS Medic. Theod. p. 16.

S. Kirkit Baker in Kew. Bull , (1887), mai, fig. 3. - Mozambique. S. LANUGINOSA Wälld. Sp. pl. IT (1799) p 160. — Indes orientales. S. LIBERICA Gérôme el Labroy in Bull Muséum Hist. nat. Paris (1903) pp. 175 et 169 (tiré à part 3 et 5). — Libéria. S. LONGIFLORA Sims Bot. Mag. (1826) lab. 2634. — Afrique tropicale.

S. METALLICA Hort. Buitenz. ex Gérôme et Labroy in Bull. du Muséum d'Histoire naturelle de Paris (1903) pp. 175 et 169 (tiré à part 3 et 5).

S. NILOTICA Baker Journ. Linn Soc. XIV (1875) p. 548. — Afrique tropicale.

S. PERROTI Warburg in Tropenpflanzer (1901) p. 190, c. fig. — Afrique tropicale orientale.

S. RoxBURGHIANA Schult. Syst. ves. VII (1819) p. 357. — Indes orientales.

Syn. — S. zeyLanica Roxb. F1. Corom. II (1798) p. 43 tab. 184.

S. ScxiMPERI Baker in This.-Dyer F1. trop. Afr. VII (1898) p. 335. — Somaliland.

S. SENEGAMBICA Baker in Journ. Linn. Soc. XIV (1815) p. 548. — Afrique tropicale.

S. Srucxyi God.-Lebeuf. Sansevierias gigantesques de l'Afrique orientale, Paris (1902), p. 17. — Afrique tropicale. S. suBsPICATA Baker in Gardn. Chronicle (1889) II p. 436. — Delagoa-Bay.

S. succarA Bojer ex Baker in Journ. Linn. Soc. XIV (1875) p. 549. — Afrique tropicale orientale.

S. THYRSIFLORA Thunb. Prod. pl. Cap. (1794) p. 65. — Afrique tropicale et australe.

Syn. — S. ANGUSTIFLORA Lindb. in Act. Soc. Sc. Feun. X (1871), p. 130.

S. ANGUSTIFOLIA Baker in Journ. Linn Soc. XIV (1875) p. 547.

S. FULVOCINCTA Æaw. Succ. PI. Suppl (1819)p. 30. S RUFOCINCTA Hort. ex Baker in Journ. Linn. Soc. XIV (1875) p. 518.

S. SPICATA Haw. Syn. PI. Succ. (1812) p. 66.

SALMIA SPICATA Cav. Icon. III (1194) p. 24 tab. 246.

S. Vorkensit Gurke in Engler Pflanzenwelt Ost-Afrika C (1895) p 144 — Afrique tropicale orientale.

S. ZANZIBARICA Gérôme et Labroy in Bull. Muséum Hist. naturelle Paris (1903) pp. 175 et 169 (Lirés à part 3 et 5). — Afrique tropicale orientale.

S. zEyLANICA Wälid. Sp. pl. II (1799) p. 159. — Afrique tropicale ceutrale et australe, Asie tropicale.

Syn. — $S.AETHIOPICA T'hunb. Prod. pl. Cap. (1794) p. 65. S. ENSIFOLIA Haw. Syn. PI. Succ. (1812) p. 66. S. PUMILA Haw. loc. cit.

S. STENOPHYLLA Link Enum. pl. Hort. Berol. I (1827) p. 342.

ALETRIS HYACINTHOIDES Var. ZEYLANICA L. Sp. pl. (1753) p. 456.

ALETRIS ZEYLANICA Mill. Dict. ed. VIII, (1768) n. 4.

ALOE ZEYLANICA Jacq. Hort. Vindob. (1770) p. 310.

Spec. dub.

S. nogiis nom. nud. Quid? Cult. — La Martinique. S srTRiarTA Don ex Steud. Nom. ed II, 2 (1841) p. 511. S.venosA Don loc cit.

Ogs. - SANSEVIERIA PANICULATA Schins (in. T'h. Dur. et Schinz Consp. F1. Afr. V (1892) p. 141) de l'Afrique australe est le Dracaena Hookeriana K. Koch.

On ne peut songer, comme nous l’avons dit déjà, à exploiter les Sansevieria dans leur habitat naturel; contrairement à l'avis de certains auteurs, il faut absolument en faire la culture. Sans culture on ne pourra fonder une industrie durable, c’est du « rapt économique », du « Raubwirtschaft » comme les auteurs allemands ont vigoureusement désigné cette exploitation irrationelle.

Tirer parti uniquement des stations naturelles des diverses espèces de ce genre, amènerait du reste au résultat auquel on est arrivé encore rècemment au Brésil

dans l'exploitation d’une autre fibre, l’« \ramina » (1). On avait tablé au Brésil sur une production considérable, sans autres frais que ceux de la cueillette, mais après avoir épuisé les régions avoisinant la fabrique, on s’aperçut bien vite que la récolte des plantes productrices exigeait une main-d'œuvre très coùteuse. On a dû commencer des essais de culture, l’usine étant installée, ce qu'il aurait fallu faire aux débuts. Comme nous l’écrivait M. J. Poisson, il faudrait au Dahomey, où M. Eug. Poisson à fait des essais de défibrage, que le S. fasciala puisse être produit en quantité, ce qui n’est pas le cas. La culture seule peut donc fournir la matière première ; elle réussira sans aucun doute, mais il restera à établir quels en seront les frais et par suite les bénéfices de l'exploitation. C'est également ce qu'il faut établir d'une manière définitive pour les différentes Sansevieria.

Un des grands avantages des Sansevieria pour la production de la fibre est sans conteste leur multiplication très facile et leur exigence relativement peu considérable dans la richesse du sol.

Les Sansevieria peuvent se multiplier en effet par divers procédés; on peut obtenir de jeunes plantes : 1° par semis, les inflorescences donnent en général des graines en assez grande quantité; 2° par la division des touffes ; 3° par le sectionnement des rhizomes; 4° par

(4) Cette fibre serait fournie par deux plantes très rêpandues dans les régions tropicales et même au Congo, les Urena trilobata L. et Triumfetta semitriloba Jacq. (Gfr. Rev. cult. col. 1902 p. 93).

bouturage soit des feuilles entières, soit de morceaux de feuilles.

Le premier de ces quatre procédés est le moins appliqué, il mérite d’ailleurs le moins d’être employé, car s'il donne facilement des plantes, celles-ci seront toujours de croissance plus lente que celles obtenues par un des autres procédés. Cependant dans les colonies où l’on désire multiplier le plus rapidement possible, il sera utile de mettre en culture les graines que l’on pourra obtenir; la germination se fera dans une pépinière où les graines seront semées dès leur maturité. Les jeunes plantules seront repiquées dès qu’elles pourront supporter la transplantation.

Les autres modes de multiplication sont beaucoup plus à conseiller, ils entrent dans le domaine de l’horticulture, et sont faciles à pratiquer par tous ceux qui ont manié des plantes. La division des touffes et le morcellement des rhizomes donnent facilement de nombreux jeunes plants, si, comme pour tout bouturage, on a soin de laisser les plaies se cicatriser avant de mettre les boutures en terre. Mais de tous les modes de multiplication le bouturage des feuilles donne le meilleur résultat. Le morcellement des feuilles est préférable au bouturage de la feuille entière, car dans les boutures de fragments de feuilles les bourgeons se forment plus rapidement. Bien qu'il faille conserver anx boutures des feuilles de Sansevieria, une longueur raisonnable d’une vingtaine de centimètres environ, nous avons vu dans les serres des boutures beaucoup plus petites réussir très facilement. Certains planteurs conseillent même

de couper les feuilles en morceaux de 7 à 8 centimètres seulement, dans de bonnes conditions de telles boutures pourront surement se développer, mais on ne peut conseiller au planteur qui doit faire de la culture en grand d'employer de pareils fragments, il y aurait trop de chances de perte.

Une fois un bourgeon latéral bien formé on peut méme enlever le fragment de feuille qui le dépasse et s'en servir comme nouvelle bouture.

On conseille de divers côtés, et Godefroy-Lebeuf a insisté sur le fait, qu'il vaut mieux placer les boutures en pépinières, au lieu de les mettre en place définitive ; la mise en place se fera au fur et à mesure que les plantes de la pépinière montreront des rejets vigoureux. Cette pépinière exige les soins de toutes les pépinières, elle doit être arrosée quand la chose est nécessaire, on évitera l'excès d’eau pouvant amener la pourriture en se rappelant d’ailleurs que la plupart des Sansevieria sont des plantes de régions sèches et arides.

Les exemplaires les plus développés ont été observés dans de telles stations ; il semble aussi que les plantes croissant dans un terrain bien drainé fournissent un rendement supérieur, en qualité, à celles qui végètent dans les régions humides.

Quant à la richesse du terrain de la plantation future, les auteurs ne sont nullement d'accord. Suivant les uns, la culture de ces plantes n’est pas diflicile, et même un sol un peu riche lui serait défavorable; suivant les autres un sol riche ne gàterait rien, bien au contraire. Il y à là, nous semble-t-il, un point qui devrait être

vérifié par l'expérience. La richesse du terrain a probablement une action dans le développement de ces plantes, bien que nous observions une croissance très vive dans nos serres chez des plantes se trouvant très à l’étroit et peu nourries, mais il resterait à démontrer l’action de cette nourriture en abondance sur la qualité de la fibre et c’est là pensons-nous ce qui n’a guère étè fait; les expériences sur le rendement lui-même n’ont pas encore été assez nombreuses, ni surtout faites dans des conditions comparables, pour permettre une conclusion.

Pour le S. longiflora par exemple, les expériences faites en Floride ont démontré qu’en sol riche les plantes atteignent leur développement complet au bout de 12 mois. Le résultat dans les conditions ordinaires est obtenu au bout de deux ans seulement et c’est là un grand minimum, on ne peut espérer obtenir une récolte si précoce, 3 ans et demi à 4 ans semble être une meilleure moyenne.

M. Godefroy-Lebeuf, qui a eu en vue surtout la culture du S. Stuckyi, cette grande espèce à feuilles cylindriques plus hautes qu’un homme, préconise la culiure en rangées distantes de 1,20 en laissant 1 mètre de distance dans les lignes. Cette distance ne pourra être conservée jusqu’à la fin, car si les plantes se trouvent dans de bonnes conditions, elles s’enchevêtreront considérablement, et il deviendra nécessaire de supprimer des rejets afin de permettre le développement complet des feuilles à exploiter. On aura donc facilement une source considérable de matériaux pour continuer la plantation.

La distance à laisser entre les plantes dépendra naturellement du développement qu’atteignent les Sansevieria à l’état adulte. Si les S. Sfuchkyi, conseillés par Godefroy-Lebeuf, demandent un espace aussi grand entre eux, d’autres espèces peuvent être plantées plus serrées, à 60 cm. de distance en tous sens.

Un des autres avantages des Sansevieria est de pouvoir être cultivés, comme récoltes accessoires, entre certaines autres cultures; il y aura là pour le planteur quelques essais à faire, il est sûr du bénéfice car ces plantes une fois en place ne demandent aucun soin particulier pendant leur croissance. Les soins sont ceux de toutes les cultures : enlèvement de temps en temps des mauvaises herbes pouvant gêner le développement normal des plantes, remplacement des rejets morts. Une fois les pieds suffisamment développés pour empêcher le développement, entre eux, de broussailles ou de mauvaises herbes, ils n’exigent plus de soins et peuvent être laissés à eux-mêmes.

Malgré les coupes annuelles, les plantes se développent en général si fortement qu’il devient difficile de faire la récolte; malgré cette vigueur de croissance, les Sansevieria, paraissent ne pas épuiser le sol sur lequel ils sont cultivés.

On a conseillé, sans grandes preuves les Sansewieria pour marcher de pair avec les cocotiers et même avec les Hevea ou caoutchoutiers de Para, dont la culture est essayée actuellement dans la plupart des régions tropicales.

On récolte les feuilles destinées à être défibrées

lorsque leur croissance est terminée, la feuille acquiert à ce moment une couleur vert-foncé et son épiderme se fendille. On les détachera alors avec soin à leur point de départ, évitant de les couper au ras du sol ce qui laisserait en terre une assez longue portion de feuille, dont un chicot suflit pour amener la pourriture de la souche. La cicatrisation d’une partie de la feuille est bien plus difficile à obtenir que celle de l'endroit du rhizome sur lequel s'attache la feuille, destinée d’ailleurs à disparaitre. On ne récoltera donc pas toutes les feuilles d’une plante, on fera choix de celles qui, les plus mûres, sont aussi les plus développées. Cette récolte pourra se faire plusieurs fois par an.

Les feuilles une fois enlevées des plantes ne doivent pas être traitées immédiatement, elles pourront être mises en stock jusqu'à ce que le temps permette le travail. On évitera naturellement de presser la récolte car des champignons pourraient s’y développer et amener la pourriture au grand détriment de la fibre.

La fibre est obtenue des feuilles fraiches sans trop de difficultés par simple raclage destiné à enlever la pulpe ; après raclage et laminage, les fibres sont lavées, puis mises à sécher dans l’ombre. Si la dessiccation est faite au soleil, elle devra se faire rapidement, car une exposition un peu longue, diminue la résistance des fibres.

Dans certaines régions, entre autres chez les Somalis, on prétend que le lavage à l’eau brunit la fibre La même opinion a été exprimée aux Indes pour la « Murva fibre + provenant du S. Roxburghiana ; un lavage à l’eau saumätre ou salée et un séjour prolongé dans l'eau

douce enlèveraient le brillant particulier de cette fibre que certains auteurs ont été jusqu'à comparer à celle de l'ananas. La nature chimique de l’eau aurait probablement une grande action. Lorsque la dessiccation est terminée les fibres sont pressées en balles.

Cette méthode est simple mais elle donne un rendement inégal, elle pourrait sans aucun doute être avantageusement remplacée par une machine à défibrer. La fibre obtenue ne peut guère être employée pour le tissage ordinaire car elle est trop raide; cependant certains échantillons de fibres, bien préparées, ont pu être tissés et ont donné d’après M. J. Garrow (cf. Dodge, Useful fiber plants of the World) (1), une étoffe très fine. E'le peut en tous cas servir à fabriquer des tissus plus ou moins grossiers de très grande résistance. Grâce à ses caractères, la fibre de Sansevieria est équivalente au Sisal et peut, comme cette dernière, être usagée dans la fabrication des cordes, pour laquelle elle est de grande valeur, sa résistance à la tension et à la pourriture étant considérables. Le défaut de la plupart de ces fibres. qui bien nettoyées, varient dans la couleur, est d’être un peu courtes, mais comme nous le verrons, des plantes découvertes récemment donneront peut-être des fibres d’une longueur suffisante

(1) Cxas. R. Donce. À descriptive catalogue of useful fiber plants of the World, including the structural and economic classification of fibers. Washingtou, 1897.

On trouvera dans cet intéressant catalogue des données nombreuses historiques et pratiques sur les Sansevieria, mais nous ne

pouvons insister sur elles dans ces « Notes ».

pour dépasser en valeur celles du Sisal. En effet, on donne comme longueur aux fibres de Sansevieria de 0,80 à 1,40 (1). Or le S. Stuchkyi possède des feuilles de 3 mêtres de long dont il sera sans aucun doute possible d'extraire des fibres de plus de 1,40 de long.

La résistance de la fibre a déjà été mise en lumière par Roxburgh, il démontra que des fibres de 4 pieds de long supportaient un poids de 120 livres, par contre le chanvre de Russie pris dans les mêmes conditions ne supportait que 105 livres. À côté de son emploi dans la corderie, la fibre brute de Sansevieria constitue encore une excellente matière première pour la fabrication du papier.

Roxburgh à qui l’on doit les premières données sur la valeur de la fibre, rapportée à celle du S. seylanica, utilisée aux Indes anglaises, estimait les feuilles de Sansevieria capables de fournir le quarantième de leur poids de filasse brute, ce qui portait le rendement à l’hectare à 1,600 kilos, produit brut. Les chiffres exacts de Roxburgh sont 1613 livres par acre pour une récolte, et pour deux récoltes par an un peu moins de 2 1/2 tonnes par acre.

(1) M. Axel Preyer, dans une étude sur la fibre des Sansevieria. publiée dans le Tropenpflanzer de 1900, cite les longueurs suivantes des fibres de certaines espèces :

Sarsevieria Ehrenbergri. 0w,80.

— cylindrica, env. 1 mètre.

— longiflora. 1m,20 à 1,40.

Les fibres du Musa tertilis et de l'Agare sisalana qui sont de qualité analogue, mesurent : la première 1,30 à 1m,50, la seconde { niètre à 4m 30,

M. Dias Montyo, qui a introduit cette culture à la Martinique, où il a importé 6,000 boutures du S. longiflora, la seule espèce d’après lui qui doive être recommandée, soumet les feuilles vertes à un écrasement entre deux cylindres métalliques juxtaposés et tournant en sens inverse. Après ce broiement les feuilles sont mises à macérer dans l’eau pendant 6 jours, l’eau étant remplacée au bout du troisième jour. Au bout de ce temps, il suffit de racler les feuilles avec un couteau à lame de bois; les fibres obtenues sont séchées au soleil puis mises en balles.

Le rendement obtenu par M. Montyo est très considérable, il estime que tous les dix-huit mois on peut obtenir, par mètre carré, de 600 à 700 feuilles de 1 à 1,50 de long capables de fournir de 3,5 à 4,5 kilos soit 380 à 450 quintaux à l’hectare. Même en réduisant cette production de 50 p. c. et en considérant la valeur de la fibre à 50 centimes le kilo, on aurait par hectare un revenu brut de 17,000 à 22,000 francs. Ce rendement est très élevé car, nous l'avons vu, la culture de cette plante n’exige pas de soins spéciaux, et la main-d’œuvre nécessitée n’est pas considérable si l’on exploite par les moyens primitifs que nous avons signalés ; un homme peut, dans ces conditions, préparer 16 à 20 kilos de fibres par jour. On peut encore insister sur cet avantage, c’est qu’une fois installé le champ de Sansevieria peut produire pendant cinquante ans. M. Montyo insiste encore sur le fait qu’il faut cultiver la plante qu’il recommande et pas une autre espèce, car le rendement en fibres des autres espèces

serait quasi insignifiant. Cette dernière conclusion est un peu trop poussée, il est démontré actuellement que d’autres espèces et en particulier les Sansevieria à feuilles cylindriques ont divers avantages.

D’après M. le D' Harris, de Floride, une fois bien établi le Sansevieria longiflora donnerait une récolte nette de 5 tonnes de fibres par acre, valant 100 dollars la tonne. En choisissant le terrain, on aurait pu estimer la production de fibre à 13 1/2 tonnes par acre {(acre — 40 ares 467); mais comme l’a très justement fait remarquer M. Dodge les expériences qui ont fourni le résultat à M. Harris sont déjà faites sur une trop petite échelle pour qu'il soit possible de se baser complètement sur elles.

Depuis assez longtemps, cette espèce est cultivée en Floride et sa fibre a même été parfois signalée sous le nom de « Florida Bowstring Hemp +. Des expériences faites en 1892 ont donné des fibres supérieures à celles du sisal, atteignant de 2,5 pieds à 7 pieds de long. Dans ces expériences, une tonne de feuilles fraiches a produit 40 livres de fibres. Ce rendement est inférieur à celui du Sisal. mais les Sansevieria rachèteraient par la facilité de leur culture la moindre productivité.

A la Jamaïque, où des cultures de Sansevieria ont été également installées on compte, pour le S. quineensis, un rendement de 1 1/2 tonne de filasse par acre, et les fibres de cette provenance ont été estimées à Londres à 30 livres seulement par tonne.

D’autres expertises de MM. Ide et Christie ont donné des résultats moins satisfaisants, il est vrai que les

estimations datent de 1887 : les fibres pour cordages valaient 20 livres la tonne, d’autres préparées à la machine valaient 23 livres la tonne. Dans les essais tentés à la Jamaïque, 1,185 livres de feuilles fraiches de ce Sansevieria ont donné 29 livres 10 onces de fibres sèches.

La Station expérimentale de Porto-Rico, à publié sur la culture des Sansevieria une petite notice. D’après ces données de M G-W. Barrett, un hectare de terrain, sur lequel pourraient prendre place de 8,000 à 15.000 plantes, serait capable de produire 1 à 2 tonnes de fibres ; celles-ci amenées sur le marché de New-York vaudraient 125 dollars la tonne soit un peu plus de 600 francs. La production serait donc aussi considérable que celle du Furcroya gigantea, une plante textile non indigène en Afrique tropicale, mais qui à été introduite et peut s’y développer facilement.

Pour MM. Ide et Christie, la fibre du S. cylindrica. le « Ife Hemp - aurait, bien préparée, la même valeur que celle du S. Zongiflora; elles sont équivalentes comme force et résistance à l’eau salée.

D'après Godefroy-Lebeuf, qui, comme nous l'avons dit plus haut, a essayé de pousser la culture du S. S{uckyi, les feuilles de cette espèce pesant de 1 kil. 250 à 2 kil. 500, peuvent être récoltées dès que la plantation aura 4 ans, à 6 ans on peut espérer pleine récolte. Il estimait qu'une plante peut fournir 8 feuilles soit donc 16 kilos, 1000 plantes produiraient 16,000 kilos en matière fraiche, donnant au moins 5 p. c. de fibres, supposant même un pourcentage plus faible 3 p. c.,

cela produirait 480 kilos de fibres bien nettoyées pour 1,000 touffes, c'est-à-dire 48 centimes par touffe. Sur un hectare, il est possible de loger 8,000 touffes, on obtiendrait donc un total de 3,840 francs de rendement, et en défalquant la moitié on pourrait encore compter 1,920 francs de revenu pour l’hectare. Tout alléchant que soit ce chiffre, il est établi par calculs, l'expérience vraie n’a pas été faite; on ne sait pas ce que coûterait l'installation d’une telle plantation et d’un autre côté le prix de 1,000 francs la tonne est peut-être un peu élevé, surtout pour une matière non encore essayée par la grande industrie.

La « Lengua da Vaca » ou S. grandis dont nous avons donné une description sommaire plus haut, a fourni une fibre qui, soumise aux filateurs Ide et Christie de Londres, a été évaluée à 35 livres la tonne. Jusqu'à ce jour, la production de cette fibre n’a pu être faite régulièrement à Cuba, faute de capitaux permettant une eulture et une exploitation rationnelles.

La fibre du $. Ehrenbergii a également été expertisée par MM. Ide et Christie en 1892; ils l’estimaient à 25 livres la tonne, parce que la couleur était altérée, mais ils considéraient cette fibre comme capable d’atteindre une valeur double si elle pouvait être obtenue bien blanche, lustrée et avec toute sa force.

Dans la pratique les machines à défibrer pourraient être employées avec succès, celle de M. Hubert-J.Boeken qui opère le défibrage du Sisal, du Furcroya et des gaines de feuilles de bananiers pourrait sans aucun

doute servir au défibrage des feuilles de divers genres fournies par les Sansevieria (1).

On cite encore parmi les machines employables pour la séparation de ces fibres celles de « Death Elwood » et de « Van Buren ».

A diverses reprises on a essayé d'opérer le défibrage par des méthodes chimiques. En Belgique, plusieurs essais ont été tentés avec succès, dit-on, mais les procédés sont toujours restés secrets et ne semblent pas être entrés dans le domaine de la pratique.

Néanmoins la fibre brute que l’on obtient sans machines spéciales peut très facilement être nettoyée en Europe; le planteur aura donc à voir s’il y a intérêt pour lui à expédier de la fibre brute, ou de la fibre complètement purifiée et d'acquérir dans ce but des machines spéciales. Il y à là une question de prix de main-d'œuvre et de capacité des ouvriers que l’on ne peut régler sans expérience dans chaque région.

L'emploi des machines se généralisant petit à petit, dans toutes les colonies, créera peut-être une phase nouvelle pour cette exploitation. Si même en général la machine augmente un peu les frais de préparation, elle a surtout pour avantage de produire une quantité plus forte d’une fibre plus uniforme et par suite de plus de valeur sur le marché.

(1) Des notices sur les ‘léfibreuses H. Boeken ont paru dans divers

périodiques. M. H. Boeken est constructeur à Düren (Allemagne).

La culture des diverses espèces de ce genre sera, pensons-nous, profitable, mais on ne peut assurer au planteur des bénéfices aussi considérables que ceux annoncés par certains auteurs. Les expériences sont comme on l’a déjà dit, trop peu nombreuses et elles portent sur des espèces différentes ; elles ne permettent donc pas de tirer des conclusions stables.

Parmi les grands avantages des plantes de ce genre pour la culture en grand nous rappellerons leur peu. d’exigence en soins, elles se contentent de sols peu riches et jusqu'à ce jour elles ne semblent pas devoir être abritées ni contre les animaux sauvages, ni contre les animaux domestiques ; elles paraissent peu souffrir de maladies dues soit aux insectes, soit aux cryptogames. Elles peuvent encore, grâce à leur exploitation facile, servir de culture accessoire, ce qui dans les conditions économiques présentes, a beaucoup de valeur.

Quant au rendement nous dirons que les estimations de Roxburgh, que nous avons citées, donnent, en se basant sur les chiffres de production publiés par M. Godefroy-Lebeuf, un total environ aussi considérable que celui annoncé par Godefroy-Lebeuf. En effet, 8,000 plantes par hectare à 8 feuilles de 2 kilos, soit 16 kilos, produiraient en matière fraiche 128,000 kilos, le défibrage donnerait le quarantième du poids, soit 3,200 kilos au lieu de 3,840 kilos, indiqués par Godefroy- Lebeuf.

La fibre « Murva » provenant des Straits Settlements et rapportée au S. zeylanica, et peut-être produite par le S. Roxburghiana, a été analysée par M. Dunstan à l’« Imperial Institute + de Londres, ainsi que quelques fibres d’origine similaire; les analyses qui ont été très favorables pour la valeur de cette fibre, estimée à 35 livres la tonne, alors que le Sisal valait 37 livres la tonne, ont donné les chiffres suivants. Il est à remarquer que la côte de 35 livres pourrait, d’après les experts, être relevée à 40 si la fibre était un peu plus longue.

Eau Cendres Cellulose Longueur

Im (p-c.) (p. c.) (p. €.) des cellules

fibreuses.

Straits (Selangor). 9.9 0.7 1029 1-3 mm.

Grenade... 2 2. 9.0 1.4 TA 1-5 »

ASC Mn 7. ee 0. 4 0.7 15.6: 1.5-3.5>

Dans les expériences entreprises par M. Dunstan, une seule feuille avait donné 2 gr. 6 de fibres lustrées mesurant environ 50 em. de long, elle provenait de la « Selangor Rubber Company +.

Les Sansevieria ont, dans certaines régions et en particulier dans les Indes Anglaises et Néerlandaises. trouvé un emploi médical. Dans les Indes Orientales, les feuilles du S. lanuginosa sont employées pour combattre les maux d’yeux, les rhizomes contre les maladies des articulations ; à Ceylan, c’est le S. zeylanica dont la racine est usagée contre les maladies de poitrine, la toux, etc. Le suc des racines jeunes est con-

sidéré comme agissant contre le venin des serpents, en particulier contre celui de la Vipère de Russel.

Parfois aussi les feuilles des Sansevieria ont été employées comme légume, entre autres celles du S. quineensis, répandu par la culture dans la plupart des régions tropicales.

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