‹ Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la flore du Congo (volume 2)Chapitre 43 sur 47 · LE « RICIN · texte numérisé non relu

LE « RICIN

Faire l’étude complète du ricin, dépasserait de beaucoup le cadre de ces « Notices ». Mais comme à diverses reprises on nous à demandé si l'exploitation de cette plante, que l’on trouve dans presque tous les villages congolais, n'aurait pu être faite avec succès, nous avons réuni sur elle quelques données qui permettront, pensons-nous, au colon de se faire une idée générale de l'utilité de cette plante et des conditions dans les quelles il faut se placer pour l’exploiter.

Le ricin est, d’après certains auteurs, originaire des Indes, et on lui donne comme patrie l’Asie méridionale, mais d’autres botanistes, tel À. De Candolle, croient cette plante spontanée dans l'Afrique tropicale. D’après De Candolle, le pays d'origine du ricin serait sûrement l’Abyssinie, en particulier les régions du Sennar et du Kordofan et il pourrait se faire qu’il soit également spontané dans le Mozambique et la Guinée.

Le ricin appartient à la famille des Euphorbiacées ei se rencontre sous forme de nombreuses variétés d’une seule espèce dénommée : Ricinus communis L.

Actuellement cette plante est répandue dans presque toutes les régions tempérées et tropicales du globe et

dans beaucoup de régions elle parait se rencontrer à l’état subspontané.

Tandis qu’en Afrique, dans les Indes, et dans les autres régions tropicales où elle à été introduite, cette plante est vivace, dans les régions tempérées elle devient annuelle et fréquemment ses fruits n'arrivent pas à maturité, aussi est-ce surtout pour ses qualités ornementales et non pour sa graine qu’elle s’y trouve cultivée.

Le ricin est connu depuis la plus haute antiquité, des graines ont été retrouvées dans les tombeaux égyptiens; il semble que les anciens Égyptiens aient employé, non seulement les fruits, mais encore l'huile et la feuille.

C'est principalement pour l'huile extraite de ses graines que le ricin est cultivé, et cette huile était employée déjà dans l'antiquité comme huile à brüler. Quant aux propriétés médicinales on les emploie depuis moins longtemps. Déjà Pline signale l'extraction de l'huile soit par ébullition de la graine, soit par mélange des graines et de sel et expression de la masse. Il lui reconnait des propriétés purgatives et lui accorde des vertus curatives contre : brûlures, maladie des articulations, des oreilles, la gale. La racine a été préconisée dans le temps contre les douleurs de reins, la feuille contre les abcès et les maladies des yeux.

L'huile n’est plus aussi réputée en médecine, bien qu’elle soit restée un purgatif énergiqne, mais elle a trouvé son emploi dans l’industrie de la savonnerie et pour le graissage des machines.

Jusqu'au commencement du xix® siècie l'huile de

ricin était importée d'Amérique, surtout du Brésil et des Antilles, mais lors des guerres de Napoléon avec l’Angleterre, l’Europe dut fabriquer elle-même l'huile qu'elle ne pouvait obtenir d'Amérique; le Midi de la France et l'Italie fournirent les graines dont on extrayait, par l’eau bouillante, l'huile qui, chauffée jusqu’à évaporation complète de l’eau, était purifiée par filtration. Depuis lors cette méthode primitive a été remplacée et l’on obtient une plus belle huile.

Le ricin est une plante arborescente qui peut atteindre 4 mètres de haut, sa tige fistuleuse varie fortement de couleur ; ses feuilles alternes sont longuement pétiolées, à pétiole mesurant parfois 40 centimètres de long, le limbe est palmatinervé et palmatilobé, variant en diamètre de 20 à 60 centimètres, et fréquemment recouvert comme les autres parties du végétal d’un enduit cireux, glauque.

Les fleurs du ricinier sont disposées en grappes multiflores terminales ou axillaires, les fleurs sont mâles ou femelles, mais existent dans la même inflorescence, celles de la base sont ordinairement mâles, celles du sommet femelles, ces inflorescences peuvent mesurer 50 centimètres de long et même davantage. Les fleurs mâles sont à étamines nombreuses, les fleurs femelles possèdent un ovaire à 3 carpelles ou triloculaire, surmonté d’un style à 3 branches. Le fruit est capsulaire, sa couleur varie du vert au rouge carmin, il est déhiscent ou indéhiscent suivant les variétés; ce caractère est important à consigner, car les variétés à fruits indéhiscents telles que les Ricinus communis var. minor

de l’Inde sont plus difliciles à travailler et exigent une plus longue manipulation.

La grandeur des graines est très variable, on a observé des graines de 9 à 20 mm. de long, de 6 à 17 mm. de large et de 4,25 à 9,5 mm. d'épaisseur. Cette graine est donc toujours plus au moins ovale, brunâtre, rayée ou tachetée de brun foncé, ce qui permet de la reconnaitre parmi un grand nombre d’autres graines. Ces taches sont dues à une matière résineuse; d’après les observations de M. Poisson, cette résine est localisée dans certaines cellules du tégument externe, et elle peut être enlevée par la potasse. La graine de ricin arrondie à une de ses extrémités possède à l’autre extrémité un renflement ou caroncule, comme d’ailleurs beaucoup de graines d'Euphorbiacées.

Le ricin, comme plusieurs autres plantes de cette famille, renferme de l'acide cyanhydrique, qui parait se développer sous certaines conditions chez beaucoup de végétaux; il existe dans les Manihot et dans les Hevea.

La graine de ricin à en moyenne la constitution suivante :

BA ou phone, NO DL:CE Matières azoiées ss. LOL HUB US -2er CAURUURE ER LS GÉR 05e Matières azotées solubles . . 3 »

cellulose te Mieneimen se 20 Cendres . OUR OR"

Mais dans beaucoup de graines de ricin la teneur en huile ne dépasse guère 45 p. c.

Les graines de ricin renferment en outre une substance toxique qui a été dénommée «ricine» par MM. Kobert et Stillmark. Cette substance est soluble dans les acides dilués, dans les solutions salines étendues, mais insoluble dans l'alcool, l’éther, le chloroforme, le benzol; elle est neutre, sans goût ni odeur. Ce poison se conserve pendant des années dans la graine sèche et est toxique pour l’homme et pour les animaux.

Le ricin est une plante éminemment variable, aussi les anciens avaient-ils élevé au rang d'espèces toutes les nombreuses formes qu'ils avaient observées et qui sont uniquement des variations dues aux conditions de milieu. On a d’ailleurs pu prouver que les ricins de semis ne conservent pas toujours les caractères de leurs parents, preuve bien évidente que les caractères de forme, de couleur de la plante et des feuilles sont sous la dépendance des facteurs extérieurs.

En botanique systématique, on a signalé 17 formes du À. communis caractérisées d’après Müller-Arg. par la forme et la grosseur des capsules, la grosseur et la couleur des graines (1). Les principales variétés, ayant

(4) Suivant Mueller-Arg. le genre Ricinus ne renferme qu’une seule espèce lele R communis dont les variétés sont les suivantes.

Ricinus communis L.

— — var. Mmegalospermus Muell. Arg.

— — — subvar. rutilans (Desf) Muell. Arg (= R. megalospermus Del.; R. rutilans Desf.).

— — — subvar. pruinosus Muell. Arg.

— — — subvar. americanus Muell. Arg

— — var. rugosus Muell. Arg. (= R. rugosus Müll.).

— — — subvar. Blumeanus Muell. Arg (- R. africanus Mill.).

une certaine importance au point de vue de la culture, sont :

Ricinus conmmunis et ses deux formes #4jor et

minor.

— sanguineus. — Ricin sanguin, rouge ou d'Amérique.

— viridis. — Ricin vert.

— inermis. — Ricin inerme.

— zanzibarinus. — Ricin de Zanzibar.

Le Ricinus communis var. minor le plus généralement cultivé est une plante ramifiée dès la base, peu élevée mais très touffue, et donnant même en culture annuelle de très nombreuses inflorescences dont les

— — — subvar Zollingeri Muell. Arg.

— — subvar. inermis(Jacq.) Muell. Arg.(= R.rugosus Mill., R. inermis Jacq.).

— — var. purpurascens (Bertol.) Muell. Arg.

— — var. lividus (Jacq.) Muell Arg. (— R. lividus (Jacq.,

R. communis var. sanguineus Hort., R. perennis Hort.).

— .— var. armatus Steud. (= R. armatus Andr.),

— — var. leucocarpus (Bertol.) Muell. Arg. (— R. leucocar-

pus Bertol.).

— — var benguelensis Muell. Arg.

— — var, Reichenbachianus Muell. Arg. (— R. communis

Desf., R. africanus Reichb., R. tunisensis Desf.).

— — var. badius (Reichb.) Muell. Arg.(- R. badius Reichb.,

R. europaeus Nees).

— — var amblyocalyx Muell. Arg.

— — var. africanus Muell. Arg.

— — —— subvar. scaber (Bertol.) Muell. Arg. (= R. scaber Bertol., R. communis Sibth., R.

communis var. microspermus Moris, R. tunisensis Desf. ex Moris).

fruits à maturité sont petits, serrés, et hérissés de longues pointes. Mais le nombre de fruits rachète leur petitesse et les graines renferment une forte dose d'huile, en outre la plante mürissant facilement et les fruits étant déhiscents cette plante est certainement une des mieux appropriées pour la culture en grand. Une centaine de graines pèse environ 17 grammes.

La var. major est moins recherchée que la précédente bien que la récolte puisse se faire sur elle pendant plusieurs années successives, les plantes sont plus développées, mais moins ramifiées, moins riches en inflorescences, les graines sont plus lourdes, une centaine pesant en moyenne 35 grammes. Un des inconvénients de

— — — subvar. subviridus Muell. Arg. (= R. africanus Wäilld., R. communis Rich.).

— — var. Genuinus Muell. Arg.

— — — subvar. erythrocladus Muell. Arg. (= R. communis Schkuhr).

WW — subvar. glaucus (Hoffmg.) Muell. Arg.

(= R. glaucus Hoffmg., R. Krappa Hort.).

— — ee subvar. macrophyllus Muell. Arg.

— — var. Rheedianus Muell. Arg. (= R. vulgaris Moris.).

— — var. microcarpus Muell. Arg. (= R. communis var.

minor Steud.).

— -- — subvar. subpurpurascens Muell. Arg.(= R. lividus Willd.).

— — — subvar. hkybridus (Bess.) Muell, Arg. (= R. hybridus Bess.).

— — — subvar. intermedius Muell. Arg.

— — — subvar. oligacanthus Muell. Arg.

— — - subvar. epiglaucus Muell. Arg.

— — — subvar. denudatus Muell. Arg.

— Ne — subvar. viridus (Willd ) Muell. (= R. viridis Willd.)

cette plante, qui contrebalance l'avantage du poids des graines est leur maturité moins précoce et la déhiscence moins facile du fruit.

Entre ces deux variétés typiques on rencontre naturellement toute une série d'intermédiaires et le planteur devra chercher parmi les diverses formes qu'il pourra avoir à sa disposition celle qui convient le mieux aux conditions de culture.

Le Ricinus sanguineus est caractérisé par ses tiges, feuilles et fruits fortement coloriés en rouge sang, ses graines d'assez grosse taille : 16 mm. de long, 10 mm. de large et 7 mm. d'épaisseur, de couleur clair parsemées de taches plus foncées, pèsent environ

— — — subvar. gracilis Muell. Arg.

— — — subvar. laevis (DG.) Muell. Arg. (= R. inermis Willd., R. laevis DC.).

— — var. undulatus (Bess.) Steud. (= R. undulatus Bess., R. nanus Balb.).

— — var. speciosus (Burm.) Muell. Arg. (— R. speciosus Burm., R. digitatus Noronh., R. spectabilis B1.).

L'Index Kewensis cite encore parmi la synonymie du R. communis :

chinensis Thunb.

. Gibsoni.

. japonicus Thunb.

. macrocarpus Hort.

medicus Forsk.

. medius Gruel.

. minor Mill.

. nanus Balb.

. peltatus Noronh.

. urens Mill.

Noms qui ne sont pas relevés par Mueller-Arg., dans sa monographie des Euphorbiacées.

CRÉÉE ESÉEE

48 grammes par 100 graines. Il faut à cette plante, pour qu’elle puisse mürir ses graines, une plus forte somme de chaleur, sa culture pour être rémunératrice devra être entreprise dans les régions plus chaudes.

Le Ricinus viridis se caractérise, comme son nom l'indique déjà, par la couleur verte de ses tiges, il est très ramifié dès la base et très fructifère, ses graines mesurent : 12 mm. de long, 7 mm. de large et 5 mm. d'épaisseur, elles sont grisätres à taches brunes, on en compte environ 100 dans une quinzaine de grammes. Un des grands inconvénients de cette forme est la difficile déhiscence de ses fruits. À cette variété se rapportent peut-être certains des ricins de la côte occidentale d'Afrique, mais la différence entre ces formes et le type est parfois assez considérable et les dimensions des graines varient ; elles sont dans certains échantillons :

Longueur. Largeur. Epaisseur, Poids p.e.

Soudan. . 12 mm. 8 mm. 5.25 mm. 27 gr.

Sénégalutuun LB up ue ABkor à 3,00) ANR En outre, parmi les espèces considérées comme admises. l’Index de Kew cite :

R. angulatus Thunb. — Indes orientales.

R. dioicus Roxb. — Amboine.

R. sanguineus Hort. (= R. Obermanni Hort.).

et les espèces suivantes douteuses :

R. macrophyllus Bertol.

R. morifolius Noronh.

R. paniculatus Link et Otto.

R. pulchellus Noronh.

R. tomentosus Thunb.

Ces notes font suffisamment voir que dans ce genre, très poly-

morphe, on est loin d’être d'accord sur la valeur à attribuer aux diverses formes qui le composent

Le ARicinus inernis possède des tiges violacées et des feuilles rougeñâtres à l'état jeune, devenant vertes plus tard, la graine est de taille moyenne. Par son port, cette plante rappellele Ricinus communis var. minor, mais elle en diffère par ses fruits moins nombreux, à surface lisse. Comme la forme minor, le À. inermis est hâtif et ses fruits s'ouvrent facilement.

Le Ricinus sanzibarinus est une plante vigoureuse à tiges fortes et cireuses, mais sa valeur culturale est plutôt faible ; elle se fait remarquer par la grandeur et la forme de ses graines, mesurant environ 20 mm. de long, 17 mm. de large et 9 mm. d'épaisseur, de couleur variable, allant du gris clair au noir, Une centaine de graines pèse en moyenne 92 grammes. Cette plante dont la culture n’est guère à recommander, son rendement étant faible, paraît localisée à la côte orientale d'Afrique.

La culture du ricin est possible dans les climats les plus variés, mais si l’on envisage sa culture au point de vue d’un rendement commercial et industriel, il ne faudra la faire que dans une région chaude; sous les tropiques la graine de ricin contient un pourcentage d'huile qui peut atteindre 60, tandis qu’une même variété donne parfois, dans des régions plus froides, 80 p. c. d'huile seulement. Il faut, à ce sujet, faire cependant la remarque suivante : si dans les régions tropicales le pourcentage d'huile est plus considérable, cette huile à moins de valeur et ne peut souvent être employée que dans l’industrie; les ricins cultivés dans les régions subtropicales paraissent être les seuls dont

on puisse extraire de l'huile médicinale. Dans ce cas, la valeur du produit compenserait donc, jusqu’à un certain point, la quantité.

Comme toutes les plantes à croissance rapide, le ricin a besoin d’eau, on ne pourra par suite essayer sa culture dans les pays où les pluies sont rares et où l'irrigation ne pourrait se faire. Le semis s'effectuera au commencement de la saison des pluies et si la culture se fait dans une région subtropicale, on attendra la fin de la période de refroidissement. On ne peut espérer obtenir une récolte dans un terrain pauvre; comme le montre l’analyse chimique de la graine, les cendres renferment une notable quantité de sels minéraux que la plante prend au sol :

Chaux ri en Cette LES ne MAMEME Ut TE PNEU (oo Oxvdé déder. 7 | en er. 0.89 »

Acide phosphorique. . . 38.65 »

Acide sulfurique . . . . 2.81 CHILD Di EP RTN NEr 0.89 »

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Sans une forte proportion d'acide phosphorique et de potasse, le sol ne pourra fournir à la plante les éléments capables de donner de bonnes graines.

On a prétendu que le ricin enrichissait le sol dans lequel il était planté. Ce qui a pu faire croire à cette action du ricin, c’est qu'après destruction du pied les racines restent dans le sol qu’elles enrichissent en matières organiques et rendent plus meuble.

Avant de commencer le semis on fait subir au terrain à cultiver un labourage profond. Les graines trempées dans l’eau tiède pendant un à deux jours, sont disposées par deux. à cinq dans des trous et recouvertes de ? à 3 em. de terre; le minimum d’espace entre les plants est de 60 cm., le maximum de 5m., et dépend naturellement de la variété cultivée; le nombre de pieds variera donc de 1.800 à 10.000 pieds par hectare. Les graines lèvent environ au bout de 10 jours et quand les plantules atteignent 10 à 15 cm. on arrache les plus faibles, n’en laissant qu'une. La plantation sera entretenue avec soin pendant le jeune àge, au bout de peu de temps, la plante est devenue de force suffisante pour étouffer toutes les mauvaises herbes.

Si l’on veut cultiver le ricin en plante vivace, on aura grand avantage à installer entre les pieds des cultures intercalaires soit de rapport, soit destinées à enrichir le sol.

Si la culture du ricin est faite pour persister plusieurs années, on aura avantage à effectuer au début de la quatrième année un pincement de l'extrémité des axes el des rameaux, de manière à les ramener à 2 m. 50 cm. de haut, afin de faciliter la récolte, celle-ci devant être faite à la main. À partir de la même époque il faudra songer à restituer au terrain, si moyen, par des engrais chimiques, les éléments minéraux enlevés au sol et qui sont de première nécessité pour la plante.

Dans certaines régions des Indes, l’indigène s’est aperçu de l'importance de l'apport d’un engrais et

emploie un amendement à base de cendre de bois et de bouse de vache.

Le ricin a fort peu d’ennemis, et possède au contraire [la propriété de chasser un grand nombre d’insectes. Les terrains sur lesquels cette plante a été cultivée seraient préservés, dit-on, de beaucoup d'insectes pendant plusieurs années; pour cette raison on a essayé dans certaines régions la préservation des autres végétaux de culture en plantant au bord des cultures des pieds de ricins, ou en les intercalant entre les rangées d’autres plantes. Cette propriété est peut-être un peu exagérée, cependant les tourteaux jouissent indiscutablement de propriétés insecticides.

Une chenille a cependant été signalée depuis peu comme occasionnant de grands ravages dans les eultures des Indes, mais elle ne paraît pas exister dans les autres régions du globe où le ricin se rencontre à l’état subspontané ou cultivé. Cette chenille appartient à un Lépidoptère nocturne appelé Noctua melicerla; elle atteindrait à l’état adulte 3 pouces de long sur un pouce de diamètre. Les œufs sont pondus par les papillons sur la face inférieure des feuilles du ricinier et éclosent rapidement, donnant naissance à de petites chenilles de 2 à 3 mm. de longueur ; celles-ci se développent rapidement et, parvenues à l’état adulte, s’attaquent aux feuilles et même aux tiges, détruisant parfois, en une seule nuit, 2 à 3 acres de plantations.

Les plantes attaquées sont en général perdues irrémédiablement et même si, après avoir été attaquées

elles se sont remises, elles parviennent rarement à fournir une récolte atteignant le tiers ou le quart de la production normale. Pour essayer de se débarrasser de ces chenilles, les indigènes enfument les plantes mais sans grand succès; le seul remède connu, jusqu'à ce jour, est une forte pluie d'orage, mais ce remède n’est pas, malheureusement, à la disposition du planteur.

La plante atteint sa maturité au bout de 4 à 6 mois après le semis, parfois plus tôt pour les variétés hâtives, les capsules müres sont dures et cassantes et doivent être enlevées au fur et à mesure de la maturité et avant qu’elles n’éclatent. Les fruits sont mis en tas de 75 cm. de hauteur, pendant quelques jours, sous un hangar, puis on les étend au soleil, dans un endroit sec, en les retournant plusieurs fois par jour. On aura soin d’entourer l’espace dans lequel les graines sont séchées d'une cloison en planches d’au moins 1 mètre de hauteur, afin d'empêcher les graines projetées de se perdre. Au bout de 4 à 5 jours les capsules ont laissé échapper la plupart de leurs graines, on achève leur libération par un brassage. On sépare ensuite graines et débris par vannage.

La graine de ricin est un drastique violent et son ingestion peut amener la mort; à l'analyse chimique elle donne environ :

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