TRE
On connait l'importance industrielle du Musa textlilis dont les fibres constituent le chanvre de Manille ; son introduction au Congo et son acclimatation peuvent donc avoir une importance commerciale considérable.
La récolte et l'exportation de ce chanvre constituent une des industries principales des Philippines et des Célèbes et depuis quelques années cette plante a été introduite dans beaucoup de colonies, où contrairement aux anciennes opinions elle peut se développer facilement.
« Chanvre de Manille » est le nom généralement employé par les négociants Anglais et Américains pour désigner ce produit et le distinguer des autres fibres; dans les Philippines, cependant, on ne le considère pas comme un produit de Manille et des environs, il est principalement préparé dans les iles du Sud et est appelé « abaca ». |
Ce bananier croit le mieux sur les côtes des îles de l'océan Pacifique. Luzon fournit, parait-il, la meilleure
er
qualité et la plus grande quantité de fibres. Le A7. textilis ne peut vivre en sol constamment humide ; un sol sec à humidité superficielle considérable est des plus propices pour sa culture. Trop d'humidité comme d’ailleurs une trop forte sécheresse sont néfastes pour cette plante. Il en est de même d’un sol trop riche, qui pousse à la formation de feuilles au détriment de la quantité de fibres et de leur résistance. Il existe de nombreuses variétés de culture reconnues par les indigènes et différant entre elles par des caractères secondaires.
L'’abaca demande peu de soins; dans les Philippines, une fois par semaine, l’ouvrier chargé de l'entretien et de la récolte passe par la plantation et fait le sarclage utile, taille, coupe et enlève ce qui est nécessaire.
Les plants sont obtenus de rejets, on les choisira de 1 à 12,50 de hauteur; ils seront plantés dans un terrain défriché par le feu et placés à 1,80 à 3 mètres de disstance dans des trous de 40 cm. dans les trois sens, suivant la fertilité du sol; en sol pauvre on plantera plus serré. Les rejets atteignent rapidement 3 mètres environ de haut et de 12 à 18 cm. de diamètre; si on les laissait croitre, ils produiraient des fruits qui, d’après certains auteurs, seraient vénéneux.
Le semis peut également être employé pour la propagation de cette espèce intéressante, il a réussi au Congo où il a été essayé par J. Gillet. Ce mode de reproduction est naturellement plus lent que la multiplication par rejets. Les graines de Musa textilis demandent dans les bonnes conditions, de 20 à 25 jours pour germer.
Si on veut faire la culture en grand on choisira na-