ORCHIDÉES NOUVELLES POUR LA FLORE DU CONGO
La famille des Orchidacées est bien représentée dans la Flore du Congo. L'étude des différentes espèces de ce groupe n’a pas encore puêtre faite dans tous ses détails, car fréquemment les collecteurs envoyent en Europe des échantillons peu complets; d’un autre côté la détermination rigoureuse de ces plantes n’est pas aisée, car fréquemment les espèces sont décrites soit d’après des échantillons observés vivants dans les cultures, soit d'après des échantillons récoltés une fois dans leur pays d'origine. On n’a donc pu encore définir la variabilité de plusieurs caractères. Lors de son dernier voyage en Afrique tropicale occidentale, M. R. Schlechter a eu l’occasion de signaler au Congo un grand nombre d'espèces nouvelles, mais il n’en a malheureusement pas publié de descriptions ni de diagnoses, de sorte que nous n’avons pu tenir compte dans ces notes des indications relevées par M. Schlechter.
Si les Orchidacées sont nombreuses au Congo, il ne semble pas s’y trouver un très grand nombre d'espèces de valeur horticole; néanmoins, il y a là certaines formes qui par une culture soignée pourraient acquérir une certaine valeur. Nous possédons en effet au Congo
certains Angraecum et certains Listroslachys, qui, par la longueur de leurs hampes florales et la multiplicité de leurs fleurs, rachètent jusqu'à un certain point la pauvreté de leur coloris; tous ou presque tous sont à fleurs d’un blanc jaunâtre ou verdâtre.
Deux collecteurs se sont particulièrement occupés de la recherche des Orchidacées, ce sont : M. L. Gentil, inspecteur forestier de l’État du Congo, chef de culture au Jardin botanique de l'État à Bruxelles,
et M. Marcel Laurent, ingénieur agricole, chef de culture au Jardin botanique d'Eala (Congo); ces deux zélés collecteurs nese sont naturellement pas attachés uniquement à collecter des espèces horticoles, mais ils ont également dirigé leurs recherches vers les types de valeur scientifique; aussi ont-ils eu l’occasion de trouver un grand nombre de nouveautés. C’est en grande partie à leur collaboration que le Jardin colonial de Laeken doit sa richesse en plantes congolaises, et en particulier en Orchidées.
BULBOPHYLLUM ThOu.
Bulbophyllum flavidum Zndl. var. elongatum 2e Wild. nov. var.
Feuilles de 10-14 cm. de long et de 12-15 mm. de large. Scape dressée de 27-30 cm. de long, multiflore, lâche, bractées florales atteignant 5 mm. de long, gaines de la base de la scape scarieuses, plus allongées. Fleurs blanchâtres, sépales de 5 mm. environ de long, aigus et glabres, pétales très réduits. Labelle recourbé à la base
et vers le sommet, glabre, de 2-5 mm. de long, très étroitement ailé sur le bord, colonne très courte, à bords latéraux ailés et munis d’une dent falciforme subulée.
Environs d'Eala, 1903 (M. Laurent, n. 124).
Ogs. — Nous rapportons cette plante au B. flavidum Lindl. dont nous n'avons pas vu d'échantillon authentique. La plante diffère du type par ses scapes dressées, très allongées, celles-ci atteignent une dou-
zaine de cm. seulement de long dans la plante décrite par Lindley;
en oulre, les pétales qui mesurent de 1,5-2 mm. de long dans la
plante type, sont très fortement réduits dans la plante du Congo, ne mesurant pas 1 mm. de long. La plante du Congo pourrait être un type spécifique différent, d'autant plus que le B. flavidum n'a jamais été rencontré qu'à Sierra-Leone et est connu seulement
d’après des échantillons cultivés.
Bulbophyllum nanum De Wild. nov. sp.
Plante épiphyte, à pseudo-bulbes de 9 mm. environ de long, irrégulièrement distancés sur le rhizome rampant, comprimés, portant une seule feuille oblongue, obtuse au sommet, assez longuement atténuée à la base, de 4 cm. environ de long et 10 mm. de large. Scapes crèles, dressées, de 9 cm. environ de long, à racème de 5 cm. environ de long, à bractées florales lancéolées, aiguës, de 3,5 mm. de long; fleurs roses, courtement pédicellées, à pédicelle de 2 mm. environ de long; sépales subégaux, de 5 mm. environ de long; pétales oblongs, très courts, d'environ 1,5 mm. de long, subobtus, Labelle recourbé, oblong, charnu, de 1 mm. environ de long, cilié sur les bords.
Bokelé (Ruki), 1903 (M. Laurent, n. 178).
Ogs. — Cette espèce se classe dans le voisinage du B. recurvum Lindl. (Cf. Rolfe in This.-Dyer Flor. Trop. Africa VII p. 31 and Bot, regist., tabl. 963), mais ses inflorescences ne sont ni refléchies ni horizontales, mais bien dressées. Les fleurs sont, au dire du collecteur, d’un beau rose, les sépales sont un peu plus longs que dans le B. recurvum qui a été trouvé jusqu'à ce jour dans le Sierra-Leone,
à Lagos et à Saint-Thomas.
Bulbophyllum Calamarium Z nl.
Kinumbi (Haut-Lomami), 28 janvier 1903 (L. Gentil); environs d’'Eala, 1903 (M. Laurent, n. 232).
Bulbophyllum Schinzianum X7änzl. nov. sp. in Herb.
Brux.
Pseudo-bulbes distants d'environ 25 mm., à quatre angles de 25-50 mm. de long, à une seule feuille oblongue, obtuse, de 13 à 25 cm. de long et 3,5-5 cm, de large. Pédoncule de 25 à 30 em. de long, à bractées engainantes atteignant 3 em. de long ; racème de 13 à 17 cm. de long, multiflore, à bractées scarieuses, glabres, nombreuses et imbriquées, oblongues-lancéolées, subaiguës, de 23 à 33 mm. de long et de 9-10 mm. de large. Sépales de 10 mm. environ de long, les latéraux d’environ 1 mm. de large, le postérieur deux fois aussi large. Pétales linéaires, de 4 mm. de long, aigus, glabres; labelle ligulé plus court que les sépales, velu sur les bords; colonne centrale de 2 mm. environ de long, munie de dents aiguës de 1 mm. environ de long.
Ubangi, 20 mars 1892 (F. Demeuse); Luebo, 20 novembre 1896 (Ém. Laurent); environs d'Eala 1903 (M. Laurent, n. 32).
Ogs.— M. le Dr Kränzlin a, dans notre herbier, étiqueté cette plante sur des échantillons de M. Laurent : Bulbophyllum Schinzianum, en mai 1897, mais il n’a pas publié la description de cette plante. Cette espèce se différencie cependant très facilement à première vue des B. Calamarium Lindl. et B.rupincola Rchb. f. Chez le B. Calamarium les bractées oblongues-lancéolées, aiguës, mesurent 12 à 20 mm. de long seulement et au maximum, si on se rapporte à la planche 4088 du Bot. Mag. , 5 mm. de large; chez le B. rupincola les bractées oblongues subaiguës mesurent 10 mm. seulement de long. La plante que nous venons de décrire se différencie donc par la grandeur de ses bractées qui donne à ses racèmes un aspect très différent de
celui du B. Calamarium.
MEGACLINIUM Lindl.
Megaclinium djumaensis De Wild. nov. sp.
Rhizome assez grêle, de 3 mm. environ d'épaisseur, à pseudo-bulbes trigones ou quadrangulaires, d'environ 5 cm. de long, à ? feuilles. Feuilles de 10 em. environ de long et 15-18 mm. de large; scape de 10-12 em. de long, à gaines tubuleuses obliques atteignant 7 mm. de long ; rachis aplati, coriace, cunéiforme à la base, subarrondi et brusquement apiculé au sommet, ondulé sur les bords, de 5,5-7 cm. de long et 13 mm environ de large. Bractées de 4 mm. environ de long, aiguës, réfléchies après l’anthèse, distantes de 3,5-5 mm. les nnes des autres ; pédicelle de 2 mm. environ de long. Fleurs à sépale dorsal lancéolé, de 5-6 mm. de long, concave, aigu ; sépales latéraux triangulaires-ovales, de 4 mm. de long et 2 mm. environ de large à la base, aigus au sommet, réfléchis au delà du milieu; pétales linéaires, subaigus, plus courts que les sépales, de 2,5 mm. environ
de long; labelle de 2,5 mm. environ de long, denticulé à la base. Colonne de près de 2 mm. de long, largement ailée.
Vallée de la Djuma, juillet 1902 (J. Gillet, n. 2900).
OBs. — Le M. djumaensis est très affine du M. maximum Lindl. (= M. purpuratum Lindl., Cf. Bot. Mag. t. 5936), mais ses pseudobulbes et ses rachis sont plus réduits. Les feuilles sont aussi plus étroiles; peut-être cette plante du Congo constitue-t-elle une variété seulement du M. maximum trouvé jusqu’à ce jour au Sierra-Leone, dans le delta du Niger et dans l'île de Saint-Thomas. L'allénuation brusque du rachis, qui est constante sur plusieurs échantillons, donne à la plante du Congo un aspect très différent de celui que nous présente la planche n. 5936 du Bot. Mag. déjà citée plus haut.
Megaclinium minor Le Wild. nov. sp.
Rhizomes grèles, rampants, à pseudo-bulbes ovoidesoblongs, distants de 10-30 mm., à trois angles saillants, de 20 à 30 mm. de long et 12 mm. environ de diamètre, à 2 feuilles. Feuilles linéaires-oblongues, de 4 à 8,5 cm. de long, de 6-11 mm. de diamètre, légèrement bilobces au sommet, un des lobes plus développé que l’autre, scape dressée de 6 cm. environ de long, à gaines membraneuses. Rachis de 8 cm. environ de long, aplati, de 3 mm. environ de diamètre et d’un peu plus de 1 mm. d'épaisseur, arrondi, non ailé sur les bords. Bractées ovales, subaiguës, de 4-6 mm. de long, réfléchies après l’anthèse. Fleurs distantes de 5-6 mm., alternes. Fleurs à ovaire atteignant 8-10 mm. de long; sépale dorsal lancéolé-linéaire, aigu, de 7 mm, environ de long; sépales latéraux ovales-oblongs, plus courts que le
dorsal, falciformes, de 6 mm. environ de long et de 3-4 mm. de large à la base, légèrement villeux vers l'extrémité. Pétales filiformes, glabres, plus courts que les sépales. Sépales de 3 mm. environ de long; labelle .; colonne de 3 mm. environ de long.
Kinumbi (Haut-Lomami), 28 janvier 1903 (L. Gentil, She ; | R
Ozs. — Cette espèce doit se classer dans la première série des Megaclinium, lelle que l'entend M. Rolfe (cf. in This.-Dyer Flora of Trop. Afr. VII p. 36), par ses bractées ovales subaiguës et ses pélales linéaires. Le M. minor se classe dans le voisinage du M. leucorachis Rolfe et imbricatum (Lindl.) Rolfe, mais se différencie aisément de Ja première par ses pseudo-bulbes à trois angles possédant seulement deux feuilles, ces dernières étant beaucoup moins développées que dans le M. leucorachis ; cette espèce n’a été trouvée jusqu'à ce jour qu'au Lagos. Quand au M. imbricatum, connu uniquement d'après un spécimen cultivé, originaire de Sierra-Leone, et dont il n’existe en herbier qu'une scape et un croquis de la fleur conservés dans l'herbier de Lindley, il possède des scapes beaucoup plus développées et des pétales qui seraient velus et plus longs que
les sépales latéraux.
Megaclinium purpureorachis De Wild. nov. sp.
Rhizome épais, ligneux, à pseudo-bulbes distants de 7-8 cm., aplatis, à deux angles assez aigus, de 6-8 cm. de long et 2,5-3,5 cm. de large, parfois 3 ou 4 angulaires, portant au sommet deux feuilles oblongues, obtuses, coriaces, de 20-25 cm. de long et 4-5,5 cm. de large. Scapelatérale au bulbe, de 20 cm. environ delonfg, entourée à la base de grandes bractées scarieuses, dont les internes sont aussi longues que le bulbe, à gaines
tubuleuses ou fendues unilatéralement, atteignant 1 cm. delong, cunéiformes ausommet.Rachis ensiforme,aplati, coriace, à bords entiers non ondulés, de 20-25 cm. de long et 22-40 mm. de large à l’état frais, se rétrécissant fortement à l’état sec, couvert de poils épais, écailleux, courts et assez rigides, très colorés en brun pourpre à l’état sec. Bractées florales larges, subobtuses, plus ou moins conchiformes. Fleurs distantes de 9-11 mm., sessiles. Fruits de 23 mm. environ de long, à grains jaunes, surmontés des restes marcescents de la corolle ; sépale dorsal recourbé, de 6 mm. environ de long, aigu, velu sur le dos; sépales latéraux triangulaires, velus sur le dos, de 5,5 mm. de long, aigus au sommet ; pétales linéaires, aigus, plus courts ‘que les sépales, de 3 mm. environ de long; labelle. . . .
Kinumbi (Haut-Lomami), 28 janvier 1903 (L. Gentil, sms):
Ogs. — Cette espèce parait devoir se classer dans le voisinage du M. maximum Lindl. (= M. purpuratum Lindl. in Bot. Mag. tab. 5.936, cf. Rolfe in This.-Dyer F1. trop. Afr. VIT p. 38), mais notre plante diffère de la plante de Lindley (Sierra-Leone, Niger- Delta et ile de Saint-Thomas). par le développement de ses feuilles et du rachis, et par la présence sur ce dernier de poils épais, écailleux,
colorés à l’état sec.
Megaclinium congolensis De Wild. Études FI, Bas- ct Moyen-Congo I (1903) p. 21.
Environs d'Eala, 1903 (M. Laurent, n. 136).
Os. — Les échantillons qui nous ont élé envoyés par M. M. Laurent sont accompagnés de cette note : « Orchidée épiphyle. Fleurs
brunes ». Les feuilles, que nous ne connaissions pas, mesurent de
22-25 cm. de long et 2,5-4 em. de large, elles sont obtuses au sommet, légèrement émarginées.
Cette espèce se différencie nettement de la suivante par l'épaisseur de son rachis qui est plus large après floraison que les bractées, tandis que dans le M. Laurentianum le rachis ne devient pas plus
large que les bractées.
Megaclinium Laurentianum (Ayänzl.) De Wild.
Études F1. Bas- et Moyen-Congo I (1903) p. 22 in obs.
Kinumbi, 28 janvier 1903 (L. Gentil, s. n.); environs d'Eala, 1903 (M. Laurent, n. 135).
Ous. — M. Marcel Laurent décrit cette plante : « Orchidée épi-
phytle, à fleurs petites, jaunâtres. »
ANCISTROCHILUS Aolfe.
Ancistrochilus Thomsonianus (Reichb. f.) Rolfe var.
Gentilii Je Wild. nov. var.
Plante épiphyte à pseudo-bulbes disposés sur un rhizome assez grêle, muni de radicelles nombreuses sous l'insertion des pseudo-bulbes; ceux-ci de 2 em. environ de diamètre, entourés de braciées membraneuses et surmontés de une ou deux feuilles lancéolées, longuement rétrécies à la base, aiguës au sommet, de 18-27 cm. de long (pétiole compris) et de 2,5-6 cm. de large, à nervures nettement parallèles, un certain nombre d’entre elles plus fortement proéminentes. Pédoncules floraux solitaires naissant à la base du bulbe, grèles, pubescents, formant des grappes làches de 3-6 fleurs, atteignant 30 em. de long. Bractées ovales ou ovales-lan-
rl
Extrémité d’une inflorescence d'Ancistrochilus Thomsonianus Rolfe var. Gentilii De Wild (grandeur naturelle).
céolées, aiguës, embrassantes à la base, de 10-15 mm. de long, assez densément velues. Fleurs violacées, très odorantes; sépales oblongs-lancéolés, aigus, de 90-33 mm. environ de long et 11-13 mm. de large, éparsement velus sur le dos, glabres intérieurement, Pétales plus étroits que les sépales, de 25-32 mm. de long et 6 mm. de large, aigus, velus extérieurement comme les sépales. Labelle profondément trilobé, à lobes latéraux obtus, de 8 mm. environ de long et 3,» mm. de large, lobe central linéaire, de 14 mm de long. Colonne de 16 mm. de long.
Kinumbi, 26 janvier 1903 (Haut-Lomami) (L. Gentil,'S.n.}.
Ogs. — Celte plante, dont il existe plusieurs pieds vivants dans les serres du Jardin colonial de Laeken, est très voisine de |A. T'homsonianus (Reichb. f.) Rolfe (cf. This.-Dyer F1. trop. Afr. VII p. 44), plante très intéressante et très ornementale introduite dans la culture par Kalbreyer et provenant jusqu’à ce jour du Calabar et du Cameroun, où elle a élé récoltée assez récemment par M. J. Braun.
La plante du Congo diffère des échantillons du Calabar et du Cameroun, d'abord par la couleur de ses fleurs qui sont violacées et non blanches (cf. Bot. Mag. tab. 6471) et par la grandeur des sépales, qui, de même que les autres parties de la fleur, sont plus réduits en longueur que ceux de l’A, Thomsonianus type.
C’est une des belles orchidées africaines, dont l'introduction dans
les cultures mérite d’être tentée.
EuLopxia À. Br.
Eulophia lurida Z#r4l. var. latifolia De Wild. nov. var.
Épiphyte à pseudo-bulbes allongés atteignant au moins 10 em. de long, à environ 5 feuilles lancéolées,
aiguës au sommet, rétrécies en un pétiole allongé, engainant à la base, de 40 à 60 cm. de long, pétiole compris, et de 4,5 à 8 cm. de large, à 3 nervures très poéminentes en dessous et très visibles au-dessus, nervures intermédiaires de différents grades. Inflorescence de 50 cm. environ de long, naissant à la base du pseudobulbe, munie inférieurement de bractées ovales, aiguës, atteignant 4,5 em. de long et munie le long du pédoncule de gaines obliques, de 2,5 cm. de long; rameaux de la panicule munis à leur base d’une bractée linéairelancéolée, aiguë, de 10 à 15 mm. de long. Fleurs làäches assez distantes, à pédicelle de 16-18 mm. de long, sépales oblongs, subobtus, de 5 mm. environ de long et de 1,3 mm. de Jarge; pétales oblongs, obtus, de 5 mm. environ de long et 2,5 mm. de large; labelle de 5,5 mm. de long et 4,5 mm. de large, trilobé, à lobes latéraux arrondis, à lobe terminal émarginé, arrondi sur les bords; éperon de 4 mm. environ de long, plus où moins bilobé au sommet; colonne de os mm. de long, légèrement pubescente à la base, Fruit ovoide, pédicellé, rétréci au sommet en un col légèrement dilaté à l'extrémité.
Vallée de la Djuma, juillet 1902 (J. Gillet, n. 2806 et L. Genül, s. n.); environs d’Eala, septembre 1902 (M. Laurent, n. 45).
Ogs, — D'après tous ses caractères floraux cette plante se rapproche de l'E, lurida type, tel qu’il a été décrit et figuré dans le Botanical Register pl. 1821, mais la longueur des pseudo-bulbes et la largeur des feuilles lui donne un facies très spécial.
= 131 — LISSOCHILUS À. Br.
Lissochilus seleensis De Wild. nov. sp.
Plante à base légèrement bulbeuse, atteignant 60 cm. de long, munie à la base de quelques bractées scarieuses ; feuilles courtes, d’une dizaine de em. de long et au maximum de 1 em. de large, à nervures parallèles dont quelques-unes sont plus proéminentes sur la face inférieure. Tige florifère portant des fleurs dans les deux tiers supérieurs, munie dans sa partie inférieure de 2-3 bractées engainantes ; bractées lancéolées, acuminées, de 6-7 mm. de long; pédicelle, y compris l'ovaire, de 2,5 em. de long, accrescent après l’anthèse ; sépales oblongs-lancéolés, subspatulés, aigus, de 2,5 mm. de diamètre à la partie supérieure ; pétales ovales, arrondis à la base, cunéiformes au sommet, de 10 mm. environ de long, de 3,5 mm. de large; labelle trilobé, de 13 mm. de long, lobes latéraux arrondis au sommet, lobe terminal oblong, obtus, ondulé sur les bords, à disque muni de nervures proéminentes et garni de nombreuses excroissances verruqueuses; éperon de 4,5 mm. environ de long, allongé, rétréci à la base, obtus au sommet et de 1,5 mm. environ d'épaisseur. Ovaire glabre de 2,5 cm. environ de long, porté à maturité sur un pédicelle de même longueur environ.
Bassin de la Sele (Stanley-Pool), octobre 1900 (R. P. Butaye, coll. J. Gillet, n. 1449).
Ogs. — Ce Lissochilus, par la longueur de ses pélales de 10 mm.
environ, se classe entre les deux groupes proposés par M. Rolle
(in This-Dyer Flora of Trop. Afr. VIIp. 70); par son éperon étroit,
SN
oblong, son labelle trilobé à nervure verruqueuse, il parait devoir se classer dans le voisinage du ZL. pulchellus, dont il diffère par
les mensurations.
POLYSTACHYA Æ00k.
Polystachya Laurentii De Wild. nov. sp.
Plante de 25-35 cm. de long, épiphyte, à tige renflée à la base en pseudo-bulbe allongé, étroit, atteignant au maximum 15 mm. de diamètre, munie à son sommet de 3 à 4 feuilles développées et à la base de quelques feuilles bractéiformes. Feuilles lancéolées, oblongues, de 15 à 25 cm. de long et 2 à 2,5 cm. de large, subobtuses au sommet ousubémarginées-apiculées. Paniculerameuse à pédoncule atteignant 10 cm. de long, à bractées basilaires plus où moins engainantes, les supérieures triangulaires acuminées, de 1,5 cm. de long; inflorescence proprement dite mesurant 20 cm. de long; pédicelles floraux de 8 mm. environ de long, munis à leur base de bractées allongées, très aiguës, de 10 à 22 mm. de long et au maximum de 3 mm. de large à la base. Fleurs courtement tomenteuses, velues comme le rachis, d'un blanc verdàtre, à sépale dorsal concave, de 8-9 mm. environ de long et 3 mm. environ de large; sépales latéraux triangulaires-ovales, aigus au sommet, de 10-12 mm. de long, courtement velus et de 5 mm. environ de large ; pétales lancéolés, arrondis au sommet, non épaissis vers l'extrémité, plus courts que les sépales. Lèvre largement onguiculée, trilobée, munie d'une strie jaune dans la partie inférieure, de 6-7 mm, de long, à lobes latéraux blancs, ovales, obtus, redres-
drre n
sés ; lobe médian triangulaire, fortement épaissi, jaune, à extrémité blanchätre, apiculée; colonne de 4 mm. environ de long, à capuchon terminal recouvrant les anthères ; distance de 4 mm. environ entre le sommet du pédoneule et la base de la lèvre; fruit de 15 mm. environ de long, courtement velu. et courtement stipité, à côtes saillantes.
Environs d'Eala, 1903 (M. Laurent, n. 33).
Ogs. — Cette espèce existe à l’état vivant dans les serres du Jardin colonial à Läeken; l’inflorescence qui s’est développée à Laeken est beaucoup plus réduite que celle récoltée au Congo par M. Marcel Laurent. Dans la plante cultivée on remarque très facilement les pseudobulbes qui sont visibles seulement dans les parties de la plante qui ont donné déjà des hampes florales. Le P. Laurentii, dont les fleurs d'un blane verdâtre, à labelle taché de jaune, dégagent une odeur cilronnée, paraît devoir se rapprocher du P. laæiflora Lindi. que nous ne connaissons, il est vrai, que par la description (Cf. Rolfe in This. Dyer Flor. trop. Afr. VII p. 110), mais il s’en différencie très nelte-
ment par la dimension des feuilles et surtout par celle des bractées.
Polystachya mystacioides Je Wild. nov. sp.
Plante épiphyte à tiges longues, gréles, plus où moins ramifiées, pendantes, atteignant 1 mètre de long, à feuilles équitantes, coriaces, sans nervures, finement ponctuées en vert à l’état frais, aiguës, limbe séparé obliquement de la gaine, de 3,5 à 4,5 cm. de long sur 6-10 mm. de large, assez rapidement caduque, laissant une tige aplatie, formée par les gaines persistantes cles feuilles. Fleurs terminant le rameau principal où un des rameaux secondaires, à pédicelle court, entouré de braciées scarieuses, sépale postérieur courtement velu
sur le dos, de 8 mm. environ de long et de 4,5-5 mm. de large, obtus, apiculé; sépales latéraux obliques-trianoculaires, de 11 mm. environ de long du plus long côté, de 7,5 mm. de large à la base, arrondis-apiculés, d’un blanc-rosé, finement tachetés, courtement velus comme le sépale dorsal; pétales ovales-lancéolés, plus courts que les sépales, de 7-8 mm. environ de long, subarrondis au sommet. Labelle pourpré, à extrémité jaunâtre, trilobé, à lobes latéraux redressés, à lobe antérieur émarginé, légèrement recourbé, subapiculé. Colonne de 4 mm. environ de long, distance de 5 mm. environ de la base de la colonne à la base du labelle. Ovaire de 5 mm. environ de long, courtement velu-duveteux. Losenge (Momboyo), juillet 1900 (L. Gentil, s. n.).
Ous. — Gette espèce possède un port tout à fait caractéristique qui rappelle certains Mystacidium à feuilles équitantes, tel le M. distichum Benth., mais la forme des feuilles est totalement différente, tandis que chez le M. distichum elles sont arrondies au sommet, chez notre plante, que nous avons reçue d’abord non fleurie de M. Gentil, elles sont aiguës. L'examen des matériaux non fleuris nous avait amené à rapprocher cette plante du genre Mystacidium, mais des spécimens vivants recus du Congo au Jardin colonial de Laeken et ayant fleuri nous ont permis de rapporter cette plante, au genre Polystachya. Aucune des espèces connues jusqu’à ce jour ne possède de telles feuilles. Les fleurs sont relativement assez grandes.
Cette espèce a également certaine analogie avec les espèces du genre
Aporum BI.
Polystachya mayombensis Je Wild. nov. sp.
Plante en touffe, à tige florifère de 20 cm. environ de long, peu renflée à la base, à 2-3 feuilles rigides de
7-8 cm. de long, épaisses, coriaces, non planes, canaliculées, de 9 mm. environ de large, inéquilatérales au sommet, à lobes arrondis. Scape garnie de bractées scarieuses et engainantes, légèrement pubéruleuse, ramifiée, à fleurs densément rapprochées le long des rameaux; bractées largement triangulaires, aiguës, de moins de 1 mm. de long, pédicelle court, de 1 mm. environ delong. Sépale dorsal ovale, subaigu, d'un peu plus de 1mm. de long ; sépales latéraux largement triangulaires, de 2 mm. de haut. Pétale linéaire de 1 mm. environ de long. Labelle trilobé, à lobes latéraux se séparant vers le milieu du labelle et redressés, oblongs, obtus, plus courts que le lobe médian, celui-ci suborbiculaire, ondulé sur les bords, émarginé, terminé dans l’émarcinure par un apicule recourbé; labelle muni à la base d'une crête assez proéminente n’atteignant pas le point de libération des lobes latéraux, labelle de 2,5 mm. environ de long; distance de près de 2 mm. de long entre le sommet du pédicelle et l'extrémité antérieure des sépales latéraux soudés. Fruits de 4 mm. de long.
Région de Tschela, 1902.
Ogs. — Nous avons reçu cette plante par l'intermédiaire de M. le secrétaire général du département des finances de l'État Indépendant du Congo.
Cette plante est indiscutablement voisine du P. golungensis Reichb. f., dont nous n’avons point vu d’échantillon authentique et qui est très commun, d'après Welwitsch, dans le Golungo Alto, mais n'aurait plus été retrouvé depuis dans la région. M. Rolfe rapporte, avec doute, à cette espèce une plante recueillie dans le pays des Mombuttu par Schweinfurth La plante du Mayombe paraît plus délicate que celle de l’Angola, ses fleurs sont plus courtement pédicellées,
ses fruits moins développés.
Les trois espèces suivantes appartiennent au groupe du P. tessellata Lindl., qui lui-même paraît devoir se rapprocher du P. luteola Wight, Nous avons cependant cru pouvoir différencier ces formes, de même que le P. Kindtiana dont nous avons donné la description antéricurement, Si on compare en effet ces plantes entre elles on reconnaît à première vue un aspect de parenté indéniable, mais quand on examine leurs caractères de plus près on trouve des modificalions qui semblent de nature à les séparer spécifiquement. Les labelles paraissent surtout différer, malheureusement la description originale du P. tessellata, de même que celle de la Flora of tropical Africa, ne donne pas suffsamment de détails sur celte partie de la fleur, d'autant plus que ce Polystachya n'a jamais été figuré.
Nous accompagnons les descriptions ci-dessous de trois croquis représentant le labelle des espèces que nous présentons comme nou-
velles.
Polystachya gracilis Je Wild. nov. sp.
Tiges courtes à feuilles peu nombreuses, environ 5 dans les plantules jeunes; système radical très développé. Feuilles adultes lancéolées-oblongues, subaiguës au sommet, rétrécies en pétiole à la base, atteignant 12 em. de long et 2 em. de large. Scape de 15 cm. environ de long, non ramifiée, pauciflore, à bractées scarieuses, loncguement engainantes, à limbe libre de 8 à 10 mm. de long, très aiguës; inflorescence de 1,5 cm. de long, à bractées lancéolées-subulées, à base élargie, de 3-4 mm. de long, pédicelle de 4 mm. environ de long. Fleurs jaunes à sépale dorsal ovale-oblong, de 2-2,5 mm. de long, aigu, sépales latéraux triangulaires, apiculés, apicule légèrement recourbé; pétales linéaires, de 2 mm. envi-
ron de long; labelle trilobé, de 4 mm. environ de long, à lobes latéraux oblongs obtus, redressés, lobe médian suborbiculaire, crénelé sur les bords, plus où moins concave; disque cireux, pubescent, muni d’une crête linéaire partant de la base du labelle et atteignant le niveau de la séparation des lobes latéraux; distance de 3 mm. environ entre la base de la colonne et la base du
labelle ; extrémité souvent plus où moins renflée en forme de Labelle du P. gracilis. sabot. ,
. Mukanda-Monene, Lubue, 26 janvier 1902 (L. Gentil, n. 45 Dis).
OBs.— Ce Polystachya appartient au groupe du P, tessellata Lindl. Il se distingue du P. tessellata tel que Lindley l’a décrit dans le journal de la Linnean Society et tel que le décrit M. Rolfe dans la Flora Of trop. Afr. VII p. 114, par ses scapes non ramifiées, pauciflores, par son labelle plus long et paraissant différemment constitué, Il semble d'ailleurs que plusieurs espèces fréquemment rapportées au P. tessellata en diffèrent assez nettement, surtout par la forme du labelle; malheureusement pour unifier les différences il faudrait pouvoir étudier en détail l'échantillon authentique sur lequel Lindley à fondé son espèce. Celle-ci a été récollée par Mann dans le delta du Niger, et aurait été vue par lui dans le Cameroun, mais Lindley reconnait lui-même n'avoir pas vu d'espèce de cette localité. Depuis, l'on
a signalé le P. tessellata à Saint-Thomas et dans l’Angola.
Polystachya latifolia De Wild. nov. sp.
Tige légèrement renflée à la base, feuilles elliptiques, obovales, subobtuses, de 15 à 19 cm. de long et de 4 à 6 cm. de large, inégales au sommet, rétrécies à la base. Scapes de 48 à 70 cm. de long, à branches latérales nombreuses. Pédoncule garni de bractées scarieuses, longuement engainantes et privé de fleurs, atteignant 15 cm. de long. Rameaux latéraux courtement et éparsement velus. Bractées subulées, élargies à la base, réfléchies, de 3 mm. environ de long.
Pédicelle grêle, de 5 mm.
environ de long. Fleurs roses, odorantes, gla-
bres; sépale dorsal de
Labelle du P. latifolia.
2,5 mm. environ de long, sépales latéraux triangulaires-ovales, apiculés, de 3 mm. environ de haut. Pétales linéaires de 2 mm. environ de long’; labelle trilobé, de 4,5 à 5 mm. de long, à lobes latéraux étroits, aigus, plus courts que le lobe médian, celui-ci suborbiculaire, ondulé sur les bords, légèrement émarginé au sommet, muni d’une crète médiane partant d’un peu au-dessus de la base et atteignant la partie du labelle d'où naissent les bords latéraux. Colonne courte, de 1 mm. environ de long. Distance de 3,5 mm. entre le sommet du pétiole et l'extrémité de l’éperon.
Basenga-Lukenie, 24 décembre 1901 (L. Gentil, n. 30 £er); Kinumbi (Haut-Lomami), 28 janvier 1903 (L. Gentil, s. n.); Kimuenza, mars 1901 (JT. Gillet, n. 2087).
OBs. — Ce Polystachya appartient encore au groupe du P. tessellata. I] se différencie par des feuilles plus larges, par la forme de son
labelle dont les lobes latéraux aigus, redressés, sont plus courts que
les lobes terminaux et par la crète de l'onglet du limbe.
Polystachya mukandaensis /Je Wild. nov. sp.
Plante épiphyte, tiges rapprochées en touffes, légerement renflées à la base, à 2-3 feuilles développées et munies à la base de 2 à 3 feuilles courtes, engainantes. Feuilles lancéolées, subaiguës, inéquilatérales au sommet, planes, de 12-20 cm. de long et 9-20 mm. de large.
Scapes simples ou à ramifications rombreuses unilatérales, de 14-40 cm. de long. Pédoncule privé de fleurs atteignant 18 em. de long et garni de bractées scarieuses, très longuement engainantes; bractées florales lancéolées, à base
; : / A Labelle du P. muhandaensis.
élargie, subulées, aiguës, plus
ou moins réfléchies, de 5 mm. environ de long. Pédicelle grêle, de 6 mm. environ de long. Fleurs à sépale dorsal aigu, de 4 mm. environ de long, à pointe généralement recourbée extérieurement, sépales latéraux largement iriangulaires ovales, de 4 mm. environ de
Le pus
long depuis le sommet du pédicelle jusqu'à la pointe recourbée extérieurement; pétales linéaires, grêles, de 3,9 mm, environ de long et de moins de 0,5 mm. de large. Labelle trilobé de 6 mm. environ de long, à lobes latéraux, obtus, oblongs ct irrégulièrement crénelés-plissés sur les bords, lobe médian suborbiculaire, denticulé-plissé irrégulièrement sur les bords, à disque muni d'une crête proéminente se continuant jusqu'à la base du labelle, mais interrompue un peu au-dessus du niveau de la séparation des lobes latéraux. Colonne de 2 mm. environ de long. Distance de 4,5 mm. entre le sommet du pédicelle et l'extrémité de l’éperon formé par la soudure des 2 sépales latéraux; extrémité de cette sorte d'éperon de 1,5 mm. d'épaisseur. Fruit subsessile de 17 mm. environ de long.
Village de Mukanda-Monene (rivière Lubue), 26 janvier 1902 (L. Gentil, n. 45).
O8Bs. — Cette ‘espèce appartient indiscutablement au groupe du P. tessellat ; elle s'en différencie par la grandeur de ses fleurs et par d’autres caractères que l’on saisira en comparant la description que nous venons de donner avec celle publiée par M. Rolfe dans le Flora
of Tropical Africa VII page 114.
ANGRAECUM To.
Angraecum Gentilii Je Wz2ld. nov. sp.
Tiges allongées, assez épaisses, atteignant parfois 4 et 5 mètres de long; à racines assez épaisses appliquées contre le support, mesurant parfois plus de 30 cm. de long. Feuilles linéaires atteignant 22 cm. de long et