‹ Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la flore du CongoChapitre 34 sur 40 · S30[UX · texte numérisé non relu

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La Belgique à en outre pendant la même année exporté 2.226.821 kilogs de jute d’une valeur de 1.046.606 francs, et 459,585 kilos de ce textile valant 216.005 francs sont passés en transit par notre pays.

Le jute est non seulement une fibre utile pour la préparation d’étoffes, depuis le tissu le plus fin, analogue à la soie, jusqu'aux tissus grossiers formant les balles de café, mais il peut servir à faire des cordages résistants quand on emploie pour cet usage les fibres fortes : enfin, c’est une excellente matière pour la fabrication de pâtes à papier. 12

En Europe, les fibres de jute sont généralement employées non blanchies pour la fabrication de sacs, mais à Dundee on prépare avec les fibres blanchies des tissus très fins. Teint, le jute sert à tisser des tapis, des tentures, des couvertures et dans ces dernières années on a souvent employé des mélanges de jute et coton. Certains velours et peluches sont faits avec le jute et le coton, ce dernier formant la trame.

Actuellement les jutes phéniqués et salycilés remplacent souvent le coton dans la chirurgie.

Les principaux marchés de ce textile sont : Calcutta, Londres et Dundee, où de très nombreux filateurs occupent plusieurs milliers d'ouvriers.

Les bonnes fibres de jute sont d’un blanc grisätre ou jaunâtre, possèdent le brillant de la soie, mais ces qualités sont souvent altérées par suite d'un manque de soins dans le procédé de rouissage.

Un fait cependant s'oppose à l'accroissement de cette culture, particulièrement en Amérique, où elle se

développerait admirablement et serait appelée à an très grand! avenir, c'est l'absence de machinerie pratique pouvant remplacer la préparation à la main, trop onéreuse dans ce pays.

Le jute du Bengale est le plus estimé ; le jute chinois des environs de Hankow lui-est équivalent, et celui préparé aux environs de Canton, d'aspect un peu différent,

-est connu sous le nom de « jute ou chanvre vert »..

Pour obtenir de bonnes fibres de jute, pouvant être utilisées dans la fabrication de tous genres de tissus, il faut à la plante un terrain assez meuble, privé de pierres; le jute peut croitre partout ou presque partout dans un climat assez chaud et humide, mais il donne de meilleures fibres dans les endroits élevés et dans les régions plus ou moins accidentées. Dans les sols secs la fibre devient dure et rigide. La culture du jute peut encore être rémunératrice dans une région basse, à la condition que la terre soit toujours légèrement humide; la sécheresse est des plus pernicieuses à ces plantes très sensibles au manque d'eau, mais un trop grand excès d'humidité est tout aussi nuisible, surtout si la période humide est de longue durée et si la situation du terrain ne permet pas l'écoulement des eaux ou si le sous-sol empêche l’eau de s'écouler, et si la surface est transformée en marais; dans ces conditions les racines privées d’air pourrissent facilement.

La température convenant le mieux pour la culture du jute est en moyenne d'environ 26 degrès; elle ne doit guère descendre en dessous de 18 degrés.

Suivant les conditions dans lesquelles la culture aura

été faite, suivant le terrain et le climat, le rendement sera très différent non seulement en quantité, mais aussi en qualité. On cite comme chiffres extrêmes de production à l’hectare : pour le minimum 500 kilogs de filasse, pour le maximum 4.000 à 5.000 kilogs. Si le planteur désire obtenir des fibres fines et très longues, il devra semer et laisser, comme dans toutes les cultures analogues, les plantes très serrées; s’il veut obtenir des fibres plus grosses, plus résistantes et plus durables, il fera bien d’espacer un peu les plantes.

Le sol doit être préparé soigneusement; plus il aura été débarrassé des mauvaises herbes et des racines, plus il aura été hersé et labouré, et par suite rendu meuble, mieux les plantes que l’on sèmera se développeront. Dans certains pays on laboure à diverses reprises le sol qui doit recevoir la graine. Si l’on veut obtenir une bonne récolte, on amènera sur le champ des engrais ou de la terre non encore épuisée. L'’engrais est absolument nécessaire parce que la plante, pour donner une bonne récolte, doit pousser rapidement et atteindre une grande longueur. Par suite même de l'épuisement du sol par cette culture, il n’est pas à conseiller de la reprendre plusieurs fois de suite sur le même terrain.

Des expériences récentes installées dans le Burdwan (Indes anglaises) sur l’engrais à appliquer à cette culture ont donné les résultats suivants. Cinq terrains ont été traités comme suit :

L — Sans engrais.

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