‹ Notices sur des plantes utiles ou intéressantes de la flore du CongoChapitre 33 sur 40 · SANTE · texte numérisé non relu

SANTE

porter une très longue sécheresse sans être fortement endommagées.

1°Zucalyplus loxophleba dénommé « Yandee + par ies indigènes et « york gum » par les colons, est un arbre qui atteint de 10 à 25 mètres de hauteur ; il possède un bois dur, violacé, très résistant et renferme de l'huile essentielle dans ses feuilles; il demande un sol argileux, riche, et une chute d’eau de 25 à 50 cm.; il craint la gelée.

2° Eucalyptus redunca, « Wandoo +, ou « White gum » peut atteindre 25 mètres de hauteur; son bois est très dur, très résistant, pèse 70 livres par pied cube et peut être employé avec grand succès dans la construction. Les feuilles renferment également de l'huile. Il se développe dans un sol argileux, pauvre, et même dans un sol pierreux, la moyenne de la chute d'eau étant de 50 à 25 cm. Les écarts de température peuvent être de + 40 à —4.

30 Fucalyptus salmonophloia où « Salmon gum » peut atteindre 30 mètres de haut. Il possède également un bois très dur, résistant, et beaucoup d'huile dans les feuilles. Il lui faut un sol limoneux ou argileux et une chute d’eau de 40 à 15 cm.; la température pouvant varier de — 46 à -- 3.

4 Eucalyptus salubris, « Fluted ou Gimlet gum », est un arbre encore plus élevé que les précédents, il peut atteindre 40 mètres de haut; son bois est tendre et résistant, il se travaille facilement. Les feuilles renferment de l’essence en quantité. Il se développe dans ru sol argileux et même dans des terrains très pierreux. La

chute d'eau exigée varie de 40 à 15 cm., la température PE A0. 5: 3

Le nombre d'espèces introduites aux États-Unis par le Département de l'Agriculture est beaucoup plus considérable; on compte quarante et une espèces prineipales, dont l’énumération serait trop longue à faire ici.

Les essais d'introduction d’£Zucalyplus à Java ont donné de moins bons résultats; l’ÆZ. globulus parait une des moins bonnes espèces pour le climat des Indes Néerlandaises; parmi les autres espèces essayées on peut citer comme réussissant assez bien : Z. piperila Sm., E. viminalis Lab., Æ. amygdalinum Lab., ÆE. botryoides Sm., Æ. saligna Sm. Ce dernier a surtout bien réussi à Tjibodas, et l’Z. alba, planté dans le temps par Teysmann à Tandjonk Priok, S'y est très bien développé; cette espèce était il est vrai originaire de Flores et Timor.

Cette constatation montre une fois de plus qu'avant d'introduire dans une région la culture en grand d’espèces utiles, il sera nécessaire de faire des essais préli-

minaires.

JUTE ou GUNNY

Le jute est fourni, comme on sait, par les fibres de plusieurs espèces du genre Corchorus, de la famille des Liliacées. Le nom de jute, appliqué à cette fibre, proviendrait du sanscrit « vyuta + qui signifie tissu. Cette fibre est parfois désignée aussi sous le nom de « Goeni ou Gunny > et porte de nombreux noms indigènes, mais le nom de jute a prévalu sur tous les autres, qui lui ont été rapportés. On signale, rien que dans les Indes anglaises, plus de soixante-quatre noms indigènes désignant ce même produit.

Le jute a été, certes, employé aux Indes depuis les temps les plus reculés, pour la fabrication de cordages et de tissus grossiers, mais les premiers essais sérieux de tissage, faits en 1820, n'obtinrent pas le succès que l'on en attendait et eurent comme conséquence la défense de mélanger les fibres de jute à celles d’autres fibres textiles. Mais en 1832, un manufacturier de Dundee reprit les expériences et parvint à démontrer que le jute pouvait être employé facilement comme sucecédané du chanvre. Dès lors, l'emploi de cette fibre devint plus ou moins considérable en Europe; Dundee se trouva à la tête du mouvement et possède, actuellement encore. les plus grandes filatures de jute.

La consommation annuelle mondiale étant d'environ 5.700.000 balles de 400 livres anglaises, les filatures de Dundee prennent à elles seules environ 1.200.000 balles, les Indes anglaises 2.550.000 balles, l’Europe continentale 1.550.000 balles, l'Amérique 400.000 balles. La valeur de cette industrie est estimée à plus de 5 millions de livres sterling.

L'Allemagne a introduit postérieurement, vers 1861, cette industrie chez elle et, actuellement, on travaille dans quelques filatures une assez notable quantité de fibres de jute d’origine coloniale. Depuis, de nombreuses filatures de jute se sont établies dans les autres pays d'Europe.

En France, les manufactures de MM. Saint frères comptent parmi les plus importantes; déjà, en 1898, l’industrie française utilisait 82.056.420 kilogs de jute, un peu plus de 83.098.170 kilogs étaient importés.

Les Corchorus fournissant le jute sont cultivés surtout en Asie, au Bengale, en Chine, au Japon, au Tonkin, en Indo-Chine et, récemment, ils ont été cultivés en grand dans l'Amérique du Nord, particulièrement dans le sud, dans le Mississipi et dans la Caroline, où cette culture importée vers 1870 se fait sur les rizières, après une première récolte de paddy. Dans certains cas, ces essais n’ont pas donné de bons résultats financiers par suite de la cherté de la main-d'œuvre, ce qui empêche la concurrence avec les produits très bon marché des Indes. 4

Le Bengale est le pays qui fournit actuellement la plus grande quantité de jute. En Chine le jute est

ESS :7 tt a

cultivé aux environs de Canton et de Hankow, mais la fibre produite ne l’est même pas en quantité suffisante pour la consommation indigène, bien qu’en 1902 la production ait atteint 40,000 ewts alors qu’en 1901 elle était de 20.000 ewts seulement (1). Les jutes chinois, parfois moins estimés, se rencontrent rarement sur les marchés étrangers et la Chine est acheteur en Asie méridionale d’une assez notable proportion de fibres.

Les colonies francaises d'Asie ne produisent pas le jute suffisant à la consommation de la France; en 1899, première année où les statistiques officielles ont séparé, pour le Tonkin, le jute des autres fibres textiles, l’exportation se montait à 1.500 kilogs seulement, ayant atteint une valeur de 300 francs.

Vu l'importance toujours croissante des fibres, vu la demande ferme de matière à tisser, on à essayé, dans divers districts de la région tropicale de l'Afrique, la culture de ces plantes, qui pourraient fort bien y prospérer. Ces espèces se rencontrent d’ailleurs dans la plupart de ces régions, et même au Congo, à l’état subspontané.

Les essais de culture de jute tentés en Égypte, ont donné il y a quelques années des résultats très encourageants. On a pu récolter par acre 1.600 livres de fibres, tandis qu’au Bengale la production moyenne par acre est d'environ 1.200 livres. Malgré ces résultats la culture de cette plante ne parait pas avoir fait de grands progrès

(A) Cwt = 501,8.

dans cette région, dont certains terrains paraissaiemt cependant convenir particulièrement à cette plante. Le gouvernement colonial allemand a fait faire des essais de culture en Afrique orientale; ceux-ci ont donné déjà des résultats; du jute produit dans ces régions a été évalué à 11 liv. st. 25 sh. la tonne sur le marché de Hambourg. A Londres la valeur du jute à atteint ces mois derniers jusque 18 liv. st. 15 sh. la tonne; les prix moyens étant de 13 à 14 livres.

Les espèces du genre Corchorus,ceréé par Linné, sont des plantes herbacées ou des sous-arbrisseaux.

Le Corchorus olilorius, dénommé parfois « mauve des Juifs + ou « corète potagère +, à cause de lemploi de ses feuilles, en Égypte et en Italie, comme légume, est une des espèces le plus communément cultivées pour l'obtentionde fibres; c’est une plante annuelle, herbacée, suffrutescente, de 1 à 5 mètres de haut, à tige droite, peu ramifiée, à feuilles alternes, glabres, ovales, lancéolées, dentées sur les bords et munies à la base du limbe de prolongements filiformes divergents. Les fleurs jaunes sont solitaires ou par paires à l’aisselle des feuilles, les fruits sont des capsules cylindriques, de 5 cm. environ de long, à côtes longitudinales et terminées par un bec.

Cette plante parait originaire de l'Asie méridionale où elle est surtout cultivée, de là elle a probablement été transportée depuis fort longtemps en Afrique et dans les autres régions tropicales, Où sa culture est appelée, : certes, à un grand avenir.

Le Corchorus capsularis est la seconde espèce du

genre qui a acquis une grande importance au point de vue de la fibre.

Ces deux espèces se ressemblent fortement au point de vue végétatif; elles ne peuvent guère se différencier que par leur fruit; celui-ci est une capsule globuleuse, aplatie au sommet dans le Corchorus capsularis, tandis qu’elle est cylindrique chez le Corchorus olilorius.

La meilleure fibre paraît être fournie par le Corchorus Ccapsularis, dont certaines variétés de culture produisent des fibres particulièrement estimées.

Au Bengale, les indigènes connaissent fort bien Îles deux espèces et, sous le nom de « jute +, ils désignent les fibres du Corchorus capsularis, sous le nom de « Nalta-jute + celles du Corchorus olilorius.

Les autres espèces du genre contiennent également des fibres très fortes, mais elles ne sont pas employées; des essais mériteraient d’être tentés avec ces espèces.

Au Congo nous connaissons actuellement, outre les deux espèces communément cultivées, le C. tridens L. Il y à encore en Afrique d’autres espèces plus ou moins répandues, existant parfois dans les autres régions tropicales; on peut citer le Corchorus aculangulus Lam., {rilocularis 1., longipedunculatus Mast., fascicularis DC., tridens L.; leur culture pourrait se faire sans doute avec un certain succès.

La plus grande quantité de fibres de jute amenée sur le marché provient de Calcutta, et c’est une des raisons pour lesquelles ce produit a parfois été dénommé «“ chanvre de Calcutta +». En 1895, les Indes anglaises

exportaient déjà pour 10.475.477 livres sterling de jut®s

La surface dévolue à cette culture est devenue plus:

considérable, mais la production semble diminuer.

D après les statistiques fournies par le Gouvernement des Indes la récolte de 1902-1903 ne dépassera pas beaucoup 6.000.000 balles, ce qui constitue seulement 95 p. c. d’une récolte normale. Comme les récoltes précédentes ont été faibles et qu'il n’y a guère de stock, on peut s'atténdre à voir la valeur de ce produit augmenter notableblement, d'autant plus que le coton a lui-même augmenté de prix et n’est plus fourni en quantité suftisante pour satisfaire la demande toujours croissante.

Au Bengale le jute est cultivé actuellement dans quarante-sept districts. On évalue la surface normale ensemencée en jute à 2.250.000 acres et le rendement à 6.350.000 balles. La récolte de 1903 sera problablement un peu plus élevée que celle de 1902.

Les exportations de 1899 à 1902 se chiffrent comme

suit :

Quintaux. Roupies (l!.

1899-1900. . 9.725.000 d'une valeur de 80.716.000 1900-1901. . 12.415.000 > ” 108.678.000 1901-1902. . 14.755.000 ” » 117.973.000

Le jute est sans contredit, après 1e coton, une des plus importantes fibres textiles. Il est cependant à certains points de vue, inférieur comme qualité, au chanvre, au

lin et à la ramie, mais il a sur ces textiles certains .

avantages, parmi lesquels son développement facile.

(1) Roupie = 2,38 fr.

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Un des principaux produits manufacturés à l’aide de ces fibres est le sac à café, dénommé « goeni » aux Indes Néerlandaises, qui est exporté annuellement de Calcutta par formidables quantités ; on estime que ce seul port exporte par an 100.000.000 de ces sacs. Environ 15 p. c. de la récolte vont aux États-Unis et 60 p. €. cn Angleterre, sous forme de sacs.

Le Brésil emploie actuellement environ 4.000.000 de sacs en jute, et dernièrement ce pays a importé de Dundee pour environ 400.000 livres sterling de fils de jute destinés à être tressés. Le développement de cette industrie a même fait rechercher au Brésil une plante utilisable dans la fabrication de ces sacs. L’« aramina », fibre fournie par l'Urena lobata, une malvacée commune dans la plupart des régions tropicales et même au Congo pourrait, dit-on, remplacer le jute. Une importante fabrique a été fondée au Brésil; elle peut produire 6.000 sacs par jour. Parmi les qualités de Ja fibre d’Aramina on cite en tout premier lieu son peu d'action sur l’arome du café.

Pour se faire une idée des progrès constants de l'industrie du jute aux Indes, il suftit de citer les chiffres suivants : En 1892 il y avait aux Indes anglaises 29 filatures employant 65.585 personnes; en 1902- 1903, Le nombre à presque doublé et le personnel comporte 118.000 ouvriers.

Les filatures belges consomment une assez notable quantité de jute, en 1902 les importations, consommation et valeur de ces fibres se sont élevées à :

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