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Notices sur Hyères et Cannes

M’étant occupé depuis plusieurs années à examiner les climats des divers lieux de séjour pour les malades, et ayant visité à plusieurs reprises Ilyères et Cannes , je suis induit , pendant les quelques semaines que des circonstances me retiennent dans la première de ces villes, à publier ces courtes notices qui pourront peut-être servir à appeler davantage l’attention des médecins et des malades sur ces localités si favorisées parla nature ; où un ciel d’Italie, un temps généralement serein et doux et des campagnes verdoyantes en hiver ; l’aspect des jardins où croissent l’oranger, le palmier, l’aloès, le cactus et d’autres plantes indigènes des pays chauds, sont, par leur rapprochement des principaux foyers de la civilisation , mis à la portée de beaucoup de personnes qui , quoique désirant profiter des avantages d’un séjour dans un doux climat, ne pourraient pas entreprendre un long voyage, ou qui ne voudraient pas sortir de la France.

Bien que Ilyères ait été fréquentée depuis longtemps par beaucoup de malades, il n’existe aucune publication locale qui en donne une description; car, quoique l’ou-

vrage de M. Denis soit rempli de détails très intéressants sur l’histoire , l’archéologie , l’histoire naturelle et la météorologie du pays, il sert peu comme guide pour les visiteurs, ou pour fournir aux personnes éloignées des renseignements qui sont souvent demandés. Quoique je ne prétende pas remplir celte lacune , j’ai cru que les notices sur le climat seraient plus généralement utiles en y ajoutant un aperçu des particularités d’Hyères, ainsi que de Cannes qui est comparativement peu fréquentée par les visiteurs français ; mais ce séjour est apprécié chaque année de plus en plus par les Anglais dont le nombre s’est tellement accru celte saison, que plusieurs familles n’ont pu s’y loger.

Le mode d’action remédiai du climat me paraît avoir été envisagé d’une manière trop circonscrite. Les observations que j’ai ajoutées font partie d’un mémoire pour lequel m’a été décerné le prix offert par une société médicale des États-Unis; elles peuvent servir à exprimer mon opinion sur ce sujet, en attendant que 1 ouvrage soit publié en français.

Hyères. — Février 1857.

HYËRES.

Hyères est située à quatre lieues à l’est de Toulon, sur la route de Saint-Tropez, à l’extrémité d’une vallée fertile, et éloignée d’une lieue de la mer dont elle est séparée par une plaine entrecoupée au sud-ouest par une chaîne de collines verdoyantes et boisées : la plus élevée (la Colle-Noire), atteint la hauteur de 400 mètres. La partie moderne est bâtie le long de la route, la vieille ville occupant en général la pente méridionale d’une montagne escarpée à laquelle Hyères doit on grande partie sa protection contre les vents du nord ; le sommet est couronné par les restes de l’ancien château , que l’on aperçoit de loin comme l’objet le plus frappant du paysage. Une ceinture de montagnes élevées, mais plus éloignées, s’étend du nord au sud-est formant un abri contre les vents de ces quartiers. La ville est pleinement exposéé aux influences du midi , mais du côté du nord-ouest elle n’est qu’imparfaitement protégée des vents ; les deux

HTÈRES.

hautes montagnes qui circonscrivent la vallée dans cette direction, le Coudon et le Fenouillet, étant séparées par l’espace d’une lieue et demie.

En quittant la grande route de Toulon à Draguignan pour entrer dans la vallée d’Hyères, l’on éprouve déjà une différence dans la température, qui devient de plus en plus marquée en s’approchant de la ville à travers des vignobles et des plantations d’oliviers. Passant devant quelques maisons garnies et l’hôtel des Iles-d’Or, dont la belle façade et la terrasse ornée ne manqueront pas de l’impressionner agréablement, le nouvel arrivé se trouve dans la partie la plus habitée par les visiteurs; d^un côté des maisons commodes, de l'autre la place des Palmiers; terrasse et promenade d’une étendue circonscrite, au-dessus du niveau de la plaine, embellie par cinq beaux specimens de cette espèce de végétation orientale, d’où l’on jouit d’une vue délicieuse, bornée au midi par les lies d’Hyères , à l’est par le ca p Benat et le fort Bregançon , et au sud-ouest par les collines verdoyantes déjà mentionnées, dont la plus rapprochée de la mer est surmontée d’un édifice désigné sous le nom de l’Ermitage- Tout près de la place sont les hôtels de l’Europe et des Ambassadeurs — au-delà desquels la rue , réserrée entre un mur et des habitations d’un ordre inférieur , se ter

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