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SUR L'INFLUENCE DU CLIMAT DANS LA PHTHISIE PULMONAIRE

Plusieurs médecins ont cru pouvoir attribuer la formation des tubercules dans les poumons à l’inflammation aigüe ou chronique de ces organes, ou de la membrane muqueuse des voies aériennes , mais l’opinion la plus généralement accréditée de nos jours est que, quoique l’action inflammatoire coexiste souvent avec la présence des tubercules — dont elle est fréquemment un effet — et qu’elle en accélère la marche, elle ne suffit pas en elle-même pour produire ce dépôt morbide. Beaucoup de malades succombenfà la suite de pneumonies, de laryngites et de bronchites chroniques, (dont les symptômes ont de l’analogie avec ceux de la phthisie,) qui sont souvent considérés comme phthisiques; comme par

INFLUENCF. DU CLIMAT.

exemple certains ouvriers, des maçons, des tailleurs de pierre, desmincurset autres qui respirent, avec l’atmosphère, un^ poudre fine, ou des molécules métalliques qui donnent lieu h l’excitation chronique de la membrane muqueuse et abrègent leurs jours ; mais dans de pareils cas, l’autopsie démontre rarement la présence de tubercules dans les poumons. Le plus grand nombre de pathologistes des pays où la science à fait le plus de progrès, sont aujourd’hui d’accord que l’existence de tubercules dans les organes est referribleàun état anormal du sang, produit par l’action de diverses causes anli-bygiéniqucs, dont les plus influentielles tiennent à des conditions particulières de l’atmosphère. L’humidité exerce surtout une inlluence marquée sur la production de la phthisie pulmonaire. Les pays ou cette maladie sévit avec le plus d’intensité ne sont pas les plus froids ni les plus chauds, mais les plus humides — qu’ils aient d’ailleurs une température ba.ssc, moyenne ou élevée. — Elle est plus fréquente dans des climats froids et en môme temps humides , comme ceux de la Hollande, de la Grande-Bretagne, de la plus grande partie de l’Allemagne et de la France. Dans le nord de la Russie, au contraire, ainsi que dans la Norvège et en Suède, où le froid en hiver est extrêmement rigoureux, mais où l’air est vif et sec , la

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phthisie est peu commune. D’après les données] statistiques qui ont été publiées sur la mortalité de divers pays, il paraît qu’à Stockholm, sur 1,000 décès, il n’y en a eu que 63 pour cause de phthisie pulmonaire; tandis qu’à Londres la proportion est de 236 sur 1,000 , et elle est presque aussi forte à Paris. Le climat du nord de l’Allemagne est plus froid, mais il est plus sec que celui de la partie du sud près des Alpes ; et nous voyons qu’à Berlin, la mortalité occasionnée par la phthisie n’est que de 71 sur 1,000 décès ; tandis qu’à Munich elle monte à 107, et à Vienne (où le climat est encore plus humide), à 114. La phthisie est aussi très fréquente parmi les indigènes ainsi que parmi les européens dans les pays de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique du sud, qui ont un climat chaud et en même temps humide, comme les Antilles , le Brésil. D’autre part, la maladie est presque inconnue dans beaucoup de localités où l’atmosphère possède au plus haut degré la qualité de la sécheresse, comme dans les régions élevées du Mexique , du Pérou, etc. (1) Dans la haute Egypte, qui a un climat très sec,

(1) L’atmosphfere de quelques villes de ces pays situées dans les terrains bas et prés de la mer, est malsaine et humide. Le docteur A. Smith dit qii’li Lima (Pérou) la phthisie est très fréquente, et que les malades qui ne sont pas trop avancés , guérissent souvent en se hiisant transporter aux régions élevées où l’air est sec.

inflüence'du climat.

la phthisie se voit rarement, tandis que dans la Nubie et l’Abyssinie, où la température est encore plus élevée, mais où tombent les pluies qui produisent les ciues du Nil, la maladie est assez fréquente.

11 est vrai que la phthisie se rencontre souvent parmi les habitants de quelques villes où le climat est sec et l’atmosphère subit des variations considérables de température. Ainsi, l'on a dit que la mortalité produite par cette maladie est dans la proportion élevée de 1 sur 4 décès à Marseille ; 1 sur 6 h Gènes ; 1 sur 7 à Nice ; 1 sur 8 à Naples ; mais, d’après ce que j’ai pu observer, je crois que ces proportions sont exagérées. Le plus grand nombre des affections phthisiques que l’on rencontre dans ces villes proviennent des bronchites et des pneumonies négligées, ainsi que des récidives fréquentes occasionnées par l’exposition du corps à des variations atmosphériques, du genre de vie et de diverses causes d’insalubrité auxquelles sont exposées plus spécialement les classes inférieures de la population , sur lesquelles sévissent principalement ces affections (sans être toujours des phthisies tuberculeuses ) , qui sont comparativement rares parmi les classes aisées ainsi que parmi les habitants des campagnes.

Le docteur Parola dit h ce sujet, dans son ouvrage sur

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les tubercules, (1) « dans les pays chauds et secs, où l’air est agité comme ceux du littoral de la Méditerranée, une grande partie de l’Italie et du midi de la France, la scrofule et les tubercules sont peu fréquentes dans les campagnes, surtout parmi les habitants occupés à des travaux agricoles, qui vivent dans des maisons salubres, et sont nourris d’une manière convenable à leur état. Dans les campagnes de la Hollande, au contraire, ainsi que dans celles de l’Angleterre et des bords septentrionaux du Rhin, la scrofule et les tubercules prédominent plus ou moins, et même davantage que dans les villes. D’autre part, j’ai remarqué que ces affections se montrent beaucoup plus fréquemment dans les villes du littoral de la Méditerranée, ainsi que dans les villes principales de l’Italie que dans les campagnes de ces pays. Nous pouvons donc conclure que la cause de la plus grande fréquence de la scrofule et des tubercules dans les villes que dans les campagnes, ne saurait être attribuée au climat, puisqu’alors ces maladies seraient plus fréquentes dans les campagnes, et qu’elle devrait plutôt êti e attribuée aux habitudes sédentaires, à la mauvaise disposition des

(1) Délia Tuberculose'— '1850. (Couronné par l’Académie de Médecine de Turin.)

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maisons et à d’autres influences anti-hygiéniques qui sont plus actives dans les villes qu’à la campagne. Qui ne sait combien les rues sont étroites et les maisons hautes a Nice, h Gènes et a Naples ; et que les habitants des classes inférieures sont forcés de se loger dans des passages, des caves , aux rez-de-chaussées privés de de lumière et d’une ventilation suffisante? Nous pouvons alors facilement concevoir que cette classe de la] population dans ces villes, soutirante de la privation des premiers éléments de la vie, respire un air moins pur que les brouillards de l’Angleterre et de la Hollande. Contiastez d’ailleurs la malpropreté des rues et des habitations à Naples avec la propreté proverbiale de l’Angleterre et de la Hollande, qui contrebalance en partie les inconvénients résultant de leurs climats, et il ne sera pas difficile de découvrir la source de la fréquence des maladies tuberculeuses dans nos cités , quoiqu’elles y soient toujours moins fréquentes que dans le nord-ouest de l’Europe. »

Les médecins en général, considèrent l’effet des conditions de l’atmosphère etj[les dilférences de climat , trop exclusivement par rapport à leur action sur les organes de la res[)iration. Elles exercent cependant une influence très marquée sur la peau , qui est non seule-

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mont un important organe supplémentaire aux poumons dans l’acte de la respiration, mais elle est aussi la voie par laquelle sont expulsées du système des matières nuisibles dont la rétention détériore le sang, et occasionne quelquefois des formations tuberculeuses. Dans une atmosphère sèche la transpiration insensible est augmentée , elle est au contraire réduite à son minimum dans une atmosphère très humide et calme. L’état de tranquillité ou d’agitation de l’atmosphère influe beaucoup sur la quantité de cette sécrétion.— Edwards a démontré que la perte par transpiration est presqu’égalo dans un air sec et calme, et dans un air moite mais agité , ce qui rend raison des effets favorables de l’air de la mer, des montagnes et des lieux où l’air est souvent agité. Les expériences faites sur des grenouilles pour vérifier ces faits ont été répétées avec les mêmes résultats sur des animaux à sang chaud. Un air calme, saturé d’humidité, réduit aussi chez eux la transpiration à son minimum. Ainsi, la transpiration des habitants des vallées humides est réduite à son minimum ; d’autre part, la peau est fortement stimulée par l’air des montagnes , des plaines élevées et de la mer. Une ventilation active enlève donc du corps une quantité considérable des éléments de la respiration.

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Les autres causes les plus fréquentes de la formation des tubercules sont le défaut d’exercice, la vio sédentaire, les influences mentales déprimantes, elles ont un mode d’action qui leur est commun avec l’humidité, savoir, la diminution de l’activité des fonctions de la peau et la suppression de la transpiration cutanée. Les effets d’un air humide ou vicié, et du défaut d’exercice en ^plein air sur la production des tubercules sont apparents chez les enfants des deux sexes rassemblés dans les ateliers des grandes villes manufacturières , ainsi que chez les hommes de lettres et autres personnes adonnées à des occupations sédentaires. Il est bien connu que les tubercules se forment très facilement dans les poumons des vaches maintenues dans des écuries, des singes et des animaux sauvages (qui sont naturellement très actifs) transportés des pays chauds pour être enfermés dans des ménageries en Europe. Les femmes douées d’une sensibilité plus vive, qui les assujétit davantage à être affectées par des impressions morales pénibles, et menant une vie plus sédentaire, sont plus fréiiuemment atteintes de phthisie pulmonaire que les hommes.

Un médecin français à qui la science et l’humanité sont redevables pour des observations importantes sur ce sujet, remarque, « Deux causes générales prédominent

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sur toutes les autres dans la production du plus grand nombre des maladies chroniques , le défaut d’exercice musculaire et l’humidité. Ces causes agissent prinpalement sur la peau ; elles tendent incessamment à refouler dans le torrent de la circulation les éléments superflus et excrémentiels qui devraient être rejetés au-dehors de l’économie. De cette manière sont produits des changements dans le sang , et des cachexies dont la cause est restée inconnue.

« Appliquez un enduit de vernis, de dextrine ou d’amidon à toute la surface du corps ou à une partie plus ou moins étendue , les conséquences se montreront plus ou moins vite, et seront plus ou moins graves selon que l’application aura été générale ou partielle ; dans tous les cas la respiration de l’animal assujéti à l’expérience devient bientôt étrangement altérée , et la vie même est fortement compromise. On a vu mourir des animaux au bout d’un jour, de deux et trois jours , et même de quelques heures après Tapplication ; ils succombent suffoqués. A l’époque de l’élévation de Léon X au pontificat, l’Age-d’or fut représenté à Florence par un enfant qui eut la surface du corps dorée, et qui en mourut en peu de temps. »

» Quand la sécrétion acide do la peau est subitement

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supprimée, il s’ensuit une altération profonde des éléments organiques du sang. Dans l’Egypte inférieure , l’humidité de l’atmosphère, en supprimant l’exhalaison cutanée, donne naissance à des maladies graves inconnues dans la haute Egypte. (1)

» L’acide lactique, divers sels, l’eau, la graisse et peutêtre l’albumen avec quelques alômes d’acide carbonique sont constamment éliminés par l’acte de la transpiration. Quand l'acide lactique n’est plus excrété, plusieurs maladies du sang, des altérations de la fibrine, de l’albumen peuvent s’ensuivre. En examinant les produits de la transpiration pendant un exercice fatiguant ou un travail forcé, nous pouvons nous former une idée des résultats de l’inactivité habituelle sur l’économie animale par laquelle ces éléments excrémentitiels sont retenus dans le système. Les hommes et les animaux cngrais.sent; l’eau pénètre les tissus, les sels tendent à former de nouvelles combinaisons, et l’excès d’acide lactique de-

(1) Les noirs qui viennent de la Nubie et l’Abyssinie habiter l’Epyple deviennent assez souvent phthisiques. L'humiditô^coniparative de leurs pays les ayant prédisposés h la maladie , le froid relatif de l’Epypto produit chez eux le même effet queiriuimidité dans les autres pays, en supprimant la transpiration abondante qui caractérise cette race.

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vient l’occasion de nombreuses maladies dont la forme

et la nature varient selon les climats, les localités, l’âge des individus, etc.

î Le traitement de la phthisie pulmonaire finit ordinairement là où il aurait du commencer; l’air de la campagne est recommandé aux moribonds; les phthisiques sont envoyés au midi de la France ou en Italie lorsqu’il n’y a plus d’espoir. Dans ce traitement tout est interverti. Des mesures rcmédiales sont dirigées vers les poumons, tandis qu’elles devraient être dirigées à exciter les fonctions de la peau, (1)

Cet auteur dit que dans les petites villes de la France où la population est composée d’agriculteurs, d’artisans et de boutiquiers, la proportion des décès pour cause de phthisie pulmonaire à la mortalité générale est comme 1 à 40 ou 50 lorsque les villes sont situées sur les pentes des montagnes, sur des plateaux élevés, dans des vallées .sèches accessibles aux vents, ou dans des plaines fertiles; mais que sous ces conditions, la maladie ne se montre pas également fréquente dans les différentes classes do

(1) Des Causes Kénérales des Maladies chroniques , spécialement de la Phthisie Pulmonaire — par le docteur Fourcault. — Paris, 1844.

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la population. Elle est très rare parmi les agriculteurs , ainsi que parmi les artisans qui exercent activement leurs membres, tandis qu’au contraire elle atteint presque exclusivement les personnes sédentaires, qui restent ordinairement dans la maison, se servant seulement de leurs mains ou de leurs doigts pour travailler; qui ne s'exposent pas habituellement h l’action des changements atmosphériques — comme les couturières, etc. — Dans la classe des boutiquiers la maladie est plus fréiiuente chez les jeunes personnes et chez les femmes plus avancées on âge qui mènent une vie inactive. Les individus qui sont exposés à l’action de l’humidité seulement pendant qu’ils travaillent, ne deviennent pas phthisiques quand leur puissance musculaire est activement engagée, comme les tanneurs, les laveurs de laine dans les fabiiqaes, les blanchisseuses , les teinturiers — l’influence expansive et sudorifique de l’exercice musculaire suffisant pour les préserver de la maladie. Ils sont cependant souvent atteints de douleurs rhumatismales, ce qui démontre l’action incontestable do l’humidité sur la peau. Dans des villages, où il n’y a pas des occupations sédentaires, et où tous les habitants sont occupés â travailler dans les champs, la proportion des décès par phthisie n’est que de 1 sur 80 ou 100 de la mortalité générale.

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Nous pouvons donc admeltre en principe, qu’afin de préserver les hommes et les femmes des affections tuberculeuses, ils devraient être assujétis aux influences atmosphériques. Dans les séminaires et les couvents , la consomption pulmonaire est fréquente , ce qui dépend évidemment du défaut d’exercice et d’une bonne ventilation. Sous ces circonstances les enfants deviennent étiolés, leur système devient lymphatique, le tissu osseux est ramolli, la courbure spinale se manifeste et plus tard la consomption est induite.

Le témoignage de quelques autres écrivains médicaux vient confirmer l’exactitude de ces remarques. M. Lombard trouvai Paris, à Genève, à Vienne, k Hambourg un plus grand nombre de personnes atteintes de phthisie pulmonaire menant une vie sédentaire que de celles qui menaient une vie active, dans la proportion de 141 h 80. Dans ces cités, la phthisie est deux fois plus fréquente parmi les ouvriers qui travaillent dans des ateliers et des maisons que parmi ceux qui travaillent en plein air. D’après un relevé de l’hôpital pour la consomption, à Brompton — près Londies — la proportion relative de malades est de 62 sur 100 parmi les hommes qui sqivaient leurs occupations dans des maisons, tandisque chez ceux qui'travaillaient en plein air, la proportion ne

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montait qu’hSO sur 100; toutes les femmes phthisiques suivaient des occupations sédentaires.

Le docteur Copland dit à ce sujet , « la privation de l’exercice en plein air, de l’exposition du corps à la lumière du jour et à l’influence du soleil, est l’une des causes les plus communes des formations tuberculeuses chez des individus de constitution scrofuleuse, ainsi que chez ceux qui n’avaient manifesté aucune apparence do cette diathèse. » (1)

« L’effet des habitudes sédentaires , dit sir James Clark, est extrêmement pernicieux. 11 n’y a peut-être aucune autre cause (sans en excepter la prédisposition héréditaire) dont l’influence est aussi décidée en produisant la consomption que la privation de l’exercice et d’une libre circulation de l’air. Ce sont les causes de la plus grande fréquence de cette maladie parmi les femmes des classes aisées. »

Le même auteur objectant ii ce que les poitrinaires fussent maintenus dans des chambres chaulfées à une température uniforme, remarque, «un long séjour dans un climat très égal n’est pas favorable à la santé, lors

(1) Dlctionary of Médecine, — Article Scrofula and Tubcrclp

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même que l’on jouit de l’avantage de pouvoir prendre 1 cxeiciceen plein air. Des variations do température et des changements atmosphériques, dans des limites modérées, semblent être nécessaires au maintien de la santé. Ainsi, beaucoup de malades, qui retirent un grand avantage de l’habitation temporaire d’un site chaud et abrité, ne pcuvenfsupporter un séjour prolongé dans une pareille atmosphère. » Le docteur Combe remarqua, à l’époque de sa résidence à Madère , que les malades se trouvaient mieux lorsque la température était moins égale, et quand l’état de l’atmosphère était plus variable que lorsque la saison était plus qu’à l’ordinaire douce et égale. J’ai observé le même résultat d’un long séjour de quelques-uns des sites les plus abrités de notre île. De pareils sites sont excellents pour un certain temps, mais un peu plus tard le malade ne fait plus de progrès et perd plutôt qu’il ne gagne en force. L’habitation prolongée des sites très doux et abrités ne convient pas aux jeunes personnes prédisposées à des maladies tuberculeuses. » (1)

Le docteur Milnc Edwards dit,«: qu’une légère agitation

(1) On Climate. — 4* Edition.

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do l’atmosphère, quand sa température et sa condition hygrométrique sont adaptées à la constitution des individus produit un tel sentiment de bien-être, que la poitiinc se dilate et admet une plus grande quantité d’air. La difficulté et l’oppression qu’éprouvent en respirant les personnes qui ont ce qu’on appelle les poumons délicats, sont souvent réferribles à la petitesse do leurs appartements. Cette difficulté est amoindrie quand le malade passe dans un plus grand appartement , ou sort de la maison. Le sentiment agréable que l’on éprouve en respirant l’air de la campagne dépend principalement de ce que la poitrine se dilate plus largement. » (1)

Un médecin distingué de Londres dit aussi à ce sujet , « Nous devons prendre garde de ne pas porter trop loin notre inquiétude, car, c’est un fait incontestable, que l’exposition du corps à l’action de l’air en-dedans des limites d’une hardiesse rationnelle est la meilleure sauvegarde contre la phthisie chez ceux qui y sont prédisposés. C’est à l'effet produit sur la peau que nous devrions probablement attribuer en grande partie les avantages obtenus par les malades du séjour dans un doux climat. L’exposition atmosphérique est un point

(1) De rinfluence des Agents physiques sur la vie.

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très important ; dans notre climat variable elle n’est pas possible. » (!)

Do ce qui précède nous pouvons conclure avec raison, que dans le traitement de la phthisie pulmonaire à une période peu avancée, ce n’est pas seulement ou même principalement la lésion locale qui doit être considérée, mais c’est la disposition anormale de l’économie et l’état vicié du sang (dont dépend dans la plupart des cas la formation des tubercules), que le médecin doit s’attacher à combattre, en faisant choix de bonne heure d’un climat approprié, dont l’action favorise les effets des moyens remédiaux suggérés par les indications ; sans cette mesure préliminaire , l’on ne ferait le plus souvent que temporiser, au lieu de donner aux malades la meilleure chance d’obtenir des guéi isons, ou des améliorations durables.

Si faute de ne pas avoir adopté à temps les moyens les plus propres à procurer un résultat favorable, ou quand par suite d’autres causes, la maladie a déjà fait des progrès considérables, on no peut généralement faire autre chose que d’avoir recours aux palliatifs, parmi lesquels il faut compter un climat doux, égal et moite plutôt que sec.

(1) The Practice of Physic — par les docteurs Bright et Addison.

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afin de prolonger autant que possible rexistencc, ou do soulager les symptômes urgents ; mais pendant qu’il n'y a encore qu’une prédisposition à la maladie , ainsi que quand les organes ne sont lésés qu’à un léger degré , et quelquefois môme lorsqu’elle est plus avancée , pourvu que les malades conservent assez de forces pour pouvoir sans grand Inconvénient prendre l’exercice en plein air quand le temps le permet, nous pouvons raisonnablement espérer — en plaçant les malades dans des conditions hygiéniques favorables, et opposées à celles qui contribuent à produire la cachexie tuberculeuse — d.i les voir se rétablir plus souvent qu’ils n'ont fait jusqu’à ce jour; car ce n’est pas la présence d’un petit nombre de tubercules dans les poumons qui est le plus à craindre, mais c’est la persistance de la disposition anormale qui donne lieu à des dépôts successifs de la matière tuberculeuse , et si nous pouvons réussir à rendre au sang ses qualités normales, les tubercules qui existaient auparavant peuvent disparaître , soit par absorption , soit en étant expulsés , soit enfin en subissant la transformation crétacée.

Le séjour des malades dans un pays où, comme dans plusieurs endroits du littoral de la Méditerranée, le climat est SCC, sans être trop égal d’une part, et de l’autre

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sans être sujet à de trop brusques variations de température, tendrait le plus à leur faire atteindre le but proposé au moyen de cet agent remédiai. La pureté de Tair , l’aspect journalier du soleil et d’une riche végétation, les agréments que présente la campagne en hiver, sont des circonstances qui contrastent fortement avec les conditions du climat dans les pays où la cachexie scrofuleuse et tuberculeuse est commune

parmi les habitants, et qui ne peuvent qu’influer d’une manière bienfaisante sur le physique et le moral. L’un des principaux avantages que possèdent les villes fréquentées en hiver par les malades, sur les pays du Nord, est qu’on peut y vivre beaucoup plus en plein air. Par ce moyen les systèmes musculaire et respiratoire sont exercés , les sécrétions de la peau sont favorisées au plus haut degré, les forces vitales sont maintenues dans leur équilibre normal et les congestions viscérales sont évitées,

La variété des impressions qui réclament l’attention pendant que se fait l’exercice au-dehors , empêche d’ailleurs la prédominance anormale du système sensitif, en donnant un cours plus libre aux idées. Ainsi, par le séjour des localités qui offrent des facilités pour que l’exercice se fasse en plein air dans la saison d’hiver, les

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fonctions digestives respiratoires et cutanées, sont activées, le sommeil est plus profond, la nutrition et l’hématose s’ ilTectuent d’une manière plus parfaite, le bienêtre général est mieux senti , les dispositions morbides sont corrigées , et l’on évite les nombreux inconvénients qu’une vie plus sédentaire dans des climats brumeux entraîne si fréquemment à sa suite.

Toulon. —lmp. et lith. d’E. Aurel, rue de l’Arsenal, 13.

Erratum.

Page 21, au lieu de rocher escarpé, lisez : montagne escarpée et boisée.

La vallée des oiseaux est une des plus intéressantes du voisinage. Elle est à droite delà route de Costebellc, visà-vis le chemin conduisant à l’Ermitage.

-ni

Sur les Climats et les haux minérales.

j . > ?ï«ms rpromîaanjtofwo*^ petit M.èriücliî.’T 'poyag^îurs

I » qui se raniieitl.'t (CJnaelte numcaî&/ie L'*Tidret).^t j r tA’CJ4i*A€*îl>fî <et «r» en anglais ). ;

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liE.^ de l' Anjcteterre , îl étlilioii.

et de la-^lsse f 3® édition ( en angl.iis ).

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