‹ Notices sur l'amélioration des plantes par le semis et considérations sur l'hérédité dans les végétauxChapitre 10 sur 13 · LES PANACHURES DES FLEURS · texte numérisé non relu

LES PANACHURES DES FLEURS

Xolp liiP A la SonjAtH Philomatique, seatioe ilii 17 jauviei’ 'IK'32.

Il existe clans les jardins un assez grand nombre de plantes présentant des variétés à fleurs panachées; mais je ne pense pas que jusqu’ici on ait cherché à déterminer les circonstances dans lesquelles se présente ce genre de variation. Quelques observations que j’ai eu l’occasion de faire sur ce sujet m’ont amené à penser que la nature suivait, dans ce cas, une marche qui est toujours la même. Dans dix exemples de panachures nées sous mes yeux, cette marche a toujours été celle-ci : la plante à type coloré uniforme a donné d’abord une variété à Heur entièrement blanche, puis la panachure s’est j)résentée dans cette variété blanche, en retour vers le type coloré.

Ainsi, sous l’influence de circonstances que nous ne pouvons encore bien apprécier, naît, sans transition, c’est-à-dire sans passer par l’intermédiaire d’une dégradation successive de la nuance, la variété complètement blanche. Cette variété donne ordinairement, dans les premiers ressemis, une plus ou moins forte proportion de plantes rentrant complètement dans le type coloré. — Dans les semis subséquents, moyennant le choix que l’on a soin de faire, chaque fois, d’individus reproducteurs appartenant à la nuance blanche pure, cette race acquiert un certain degré de fixité, et enfin, dans la plupart des cas, nous arrivons après quef fues générations,

(1) Procès-verbaux des séances de la Société Philomal ique, 1852, |). y.

;'i la fixer complèlemonl. — Jusqu’à pta'seul les pauachures ne se sont pas produites dans cette première période, où cependant un grand nombre de plantes, chaque lois, présentent (mais alors d’une manière complète) la couleur de la plante ty[)e. Ce n’est que dans les variétés blanches déjà à peu près complètement fixées que les panacliures se sont montrées à nous.

Elles apparaissent d’abord sous la forme de lignes très peu étendues en largeur ; les portions colorées ne présentant guère qu’un dixième, quelquefois qu’un vingtième, de la surface blanche totale; mais déjà, à la génération suivante, les fleurs entièrement colorées deviennent abondantes ; dans les Heurs panachées elles-mêmes, les portions colorées commencent à prédominer. Il y a cependant presque toujours, dans ces premiers semis, un nombre plus ou moins grand de plantes entièrement blanches. De cette disposition manifeste à rentrer dans le type coloré résulte, pour la création et la fixation des variétés panachées, la nécessité de choisir pour portegraines des incfividus dans lesquels le fond blanc domine beaucoup.

Je viens de dire que j’avais vu naître sous mes yeux dix exemples de fleurs panachées issues de la variété blanche ; je dois ajouter que depuis que l’éveil m’a été donné à ce sujet par le Convolvulus tricolor panaché, qui s’est montré chez nous pour la première fois, il y a une dizaine d’années, je n’ai pu observer aucun exemple de panacliures sorties directement du type coloré. Le contraire a lieu pour les ponctuations, qui, jusqu’à présent, ne se sont offertes à nous qu’issues directement de la variété à Heur colorée. — Je dois ajouter aussi que la couleur jaune uni joue dans les panacliures le meme rôle que le blanc.

Parmi les variétés dont je viens d’entretenir la Société, sept sont déjà fixées assez complètement pour que l’on

puisse dès à présent les reproduire, d’une manière assurée, par graines; ce sont, dans l’ordre où elles ont été obtenues : V Amaranthoïde panachée (Gomplirena globosa), le Muflier jmnaché à fond blanc et celui à fond jaune (Antirrhinum inajus) ; la Belle-de-jour à lleur panaehée (Convoh ulus tricolor) ; le NemophUa insignis à fleur panachée; le Pourpier à grande fleur, à fleur blanche, striée de rose, le Delphinium A.jacis. — Cette dernière variété n’est pas née directement du type coloré, mais s’est présentée dans une variété lilas très pâle, en retour vers une variété violet clair dont elle était primitivement sortie. Trois autres se sont montrées récemment et n’ont pas été de notre part Tobjet d’essais ayant pour but de les fixer ; ce sont : le Clarkia pmlchella, le Broiucdlia erecta |et le Commelina tidjerosa. Enfin une seule, le Zinnia elegans, a jusqu’à présent résisté aux tentatives que nous avons faites pour la fixer. Dans nos semis de Zinnia élégant à fleur blanche, il apparaît presque chaque année des fleurs présentant quelques pétales panachés en violet pourpre, nuance du type de cette espèce ; mais lorsque nous avons ressemé les graines provenant de fleurs qui avaient offert cette variation, nous n’avons obtenu que des plantes unicolores, et, contrairement à ce qui a lieu presque toujours dans ce cas, appartenant pour la plupart à la variété blanche.

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