LA CULTURE DU COLZA
Note lue à la Société Impériale et Centrale d’Agriculture, séancedu 6 janvierl8o8.
Je viens exposer brièvement à la Société les débuts d’une série d’expériences que j’ai commencées cette année sur le Colza, et dans laquelle je cherche à déterminer d’abord, puis à développer l’abondance du principe gras dans la graine.
Le procédé que j’ai employé est fondé sur l’emploi de l’éther et sur la méthode de dilution proportionnelle, qui m’a paru plus exact et d’une manœuvre infiniment plus facile que celle par épuisement. Je me suis assuré, par des épreuves réitérées, que la précision que l’on obtient ainsi est supérieure aux besoins stricts de l’expérience.
Les vingt-huit plantes sur lesquelles j’ai opéré cette année m’ont fourni les rendements en huile qui ont varié de 49 pour 100 maximum à 34 minimum. — Ce sont donc là les limites probables de variations sur lesquelles j’aurai à opérer. — Elles sont, comme on voit, bien plus resserrées que pour la Betterave, qui, au début, me donnait pour limite 4 et 14, et la garance, où je trouvais IS et 49. — Toutefois, telles qu’elles sont, ces limites ouvrent un large champ aux améliorations que je vais entreprendre, et qui, comme on sait, sont fondées sur la multiplication, par individus isolés, de la descendance
(1) Bulletin des séances de la Société Impériale et Centrale d’ Agriculture, 2e série, t. Xlll, p. 77.
des })kniles qui oui présenté au plus haut degré les caractères cherchés. C’est seulement en opérant sur les individus uniques que l’on peut constituer, dans les plantes, une noblesse, c’est-à-dire une série d’individus dans lesquels les qualités individuelles se transmettent, sans altération, de génération en génération. Cette étude de la transmission héréditaire des caractères a été et sera celle de toute ma vie, et les diverses séries d’exjjériences que j’entreprends dans cette ligne, et dont j’ai successivement entretenu la Société ne sont que des ellbrts successifs pour attac{uer la grande question qui fait le lien commun de toutes ces recherches.
632". — Paris. Imprimerie E. Duruy et Ce, rue Dussoubs, 22.