‹ Notices sur la commune et sur l'hospice d'ArgenteuilChapitre 16 sur 17 · ÉTAT DE FORTUNE ACTUEL DE L'ÉTABLISSEMENT · texte numérisé non relu

ÉTAT DE FORTUNE ACTUEL DE L'ÉTABLISSEMENT

1° 35 hectares 71 ares 7 centiares correspondant à 104 arpents de bois, territoire de Franconville, Montigny et Taverny, comme il est ci-devant détaillé, estimés ensemble, fonds et superficie, à la somme de 150,000 fr.

2» Bien de Saint -Remy- les- Chevreiise 6,000

3° Biens de M. Brindelet 6,000

4° Grande pièce des Ferreux. . . 1,000

5° Clos de l'hospice 6,000

6° Reste de rentes sur particuliers, 65 fr, à 4 p. 100, soit en capital. . . 1,660

7o Rentes sur l'État, 5,083 fr. au cours de 112 fr 114,000

8° Tous les bâtiments occupés par l'établissement, estimés 30,000

9° Tout le mobilier, tel que linge, literie, meubles et argenterie. . . 10,000

Total. 324,660 fr.

Tels sont les renseignements que j'ai pu me procurer, et que j'ai analysés comme il est dit et détaillé dans cet écrit, qui forme donc l'histoire de notre établissement, d'abord appelé la Charité^ puis la Maison-Dieu, puis l'Hôtel-Dieu, ensuite l'Hôpital, et

aujourd'hui autant hospice qu'hôpital, étant en effet l'un et l'autre : hôpital, puisqu'on y soii;ne gratuitement les pauvres malades, et hospice, puisqu'on y admet d'une manière permanente des vieillards indigents pour y être nourris et entretenus.

En appendice à tout ce que dessus, voici également le détail de quelques laits détachés se rapportant à l'hospice, qui pourront plaire au lecteur que je suppose toujours portant intérêt à cet établissement.

Le premier registre qui existe aux archives a été coté et paraphé, le 29 mars 1704, par M. Gentil, bailli d'Argenteuil. Ce registre contient toutes les délibérations de 1704 à 1729. Il n'y manque pas une page.

Le second registre est coté et paraphé, le 28 décembre 1729, par M. de Sérouville, bailli; il contient également toutes les délibérations prises de 1730 à 1768, et il ne manque non plus aucun feuillet.

Je répète que le registre suivant (de 1768 à 1790) n'existe pas aux archives, non plus que les comptes de 1780 à 1783.

Pour donner une idée de la rétribution des traitements et du prix des marchandises il y a cent cinquante ans, voici ce que j'ai extrait du premier compte-rendu, dressé, conformément à l'ordonnance du Roi, sur la comptabilité des hôpitaux, en date du 12 décembre 1698, par M. Claude Bouchard, l'un des premiers trésoriers.

Du 25 août 1687, payé à M. Moulier, chirurgien, pour une année de ses gages {sic), échue aujourd'hui, la somme de 60 livres.

Le 16 janvier 1688, payé à Vimard et à Capitaine, serruriers, la somme de 4 liv. 2 s., pour avoir fourni conjointement un tronc garni de ses serrures et placé dans l'hospice.

Le dernier de mars 1691, payé au sieur Bonnome, pour une corde et demi-corde de bois la somme de 20 liv.

Le 22 décembre 1691 , payé au même Bonnome, pour une demi-corde de bois, la somme de 6 liv. 10 s.

Le 8 janvier 1692, payé encore au même, pour une demi-corde de bois, 6 livres 10 sous.

Le 6 mars, payé au même, pour une demi-corde de petit bois, 5 livres.

Le 18 du dit mois et an, payé à Bouchard, pour quatre cents de cotrets, 25 livres.

Le 15 juin 1692, payé au sieur Chevillard, marchand de bois, pour cinq cents de cotrets au grand compte 572, la somme de 35 livres.

Payé pour avoir rentré à l'hôpital six demi-rauids de vin, provenant de la quêle faite par M. Simon Collas, prêtre, la somme de 1 liv. 10 s.

Le 12 juillet 1698, payé au sieur Poupet, marchand

de bois, pour la fourniture d'une corde et demie de

grand bois rendue à l'hôpital, à raison de 22 livres la

corde, 33 livres.

Le 16 novembre 1698, quittance donnée par le sieur André Michel, plâtrier, porte Sannois, de la somme de 80 livres, pour la fourniture de dix muids de plâtre rendus à l'hôpital, à raison de 8 livres le muid de soixante-douze sacs.

Le 30 octobre 1707, le bureau de direction fait marché avec le sieur Auger, marchand boucher, pour la fourniture, pendant toute l'année, de la viande dont la Maison-Dieu pourra avoir besoin, à raison de trois sous la livre. Cette même année le pain valait quatre sous et demi la livre, les blés ayant été gelés l'hiver: plusieurs fois, on a acheté de la farine pour cuire dans la maison.

Le dimanche 18 mai 1710, délibération qui dispose qu'à l'avenir aucun malade ne sera reçu à l'hôpital qu'après avoir été visité par le médecin, et s'être muni ensuite d'un billet signé des administrateurs.

Le 10 août 1710, en assemblée, tenue au château du Marais, résidence d'été de monseigneur l'évêquede Meaux (Bossuel '), le bureau de direction a décidé qu'à l'avenir toutes les assemblées se tiendront à l'hôpital, et non plus au presbytère où elles se tenaient auparavant.

Le dimanche, 19® jour d'avril 1711, il est arrêté qu'à l'avenir les meubles et effets de tous les pauvres qui décéderont à l'hospice, sans enfants ou proches parents, appartiendront à la maison.

' Mort h Paris, 12 avril 1704.

Le 2 août 1722, le grand Bureau autorise les administrateurs à vendre les arbres qui ont été arrachés par les terrassiers employés à rélargir le chemin de Paris à Pontoise, qui passe le long de la terme de Saint-Marc, et qui prend beaucoup de terrain à l'hôpital. En 1724, les administrateurs reçoivent, pour indemnité d'environ deux arpents pris en 1721, la somme de 380 livres, ce qui met cette terre au prix de 2 livres la perche.

Le ... juillet 1739, payé aux dames Bernardines et à Jean Barthe, horloger, la somme de 187 livres pour achat, réparation et pose de l'horloge des dites dames Bernardines. Cette horloge a été remplacée par une neuve en 1783, fournie par M. Magitor, de Paris, pour le prix de 340 livres'.

Par délibération du grand Bureau, en date du 3 janvier i74l, les administrateurs sont autorisés à acheter des féveroles jusqu'à concurrence de la somme de 500 livres, pour être distribuées aux pauvres qui manquent de pain. Il en aélé acheté pour 486 liv. 17 s.

Cette année, la récolte a manqué par les pluies trop abondantes et le débordement des rivières. Depuis, la Seine n'a jamais monté aussi haut.

Par la même assemblée (3 janvier 1741), les ingé-

' En 1852, une nouvelle horloge a été achetée à l'aide d'une loterie qui a produit 1,100 francs.

nieurs des routes sont autorisés à prendre dans le bois de Boulin encore 63 perches de terrain qu'il faut pour mettre la roule de Paris à Pontoise à la largeur de 60 pieds, y compris les fossés.

Le 16 juillet même année, par autre délibération du grand Bureau, les administrateurs sont autorisés à faire borner les cantons du terroir d'Argenteuil et de celui de Franconville, sujets à la redevance de la dîme Saint-Ladre, appartenant sur Argenteuil, moitié à l'hôpital, moitié aux religieux Bénédictins, et sur Franconville, moitié à l'hôpital, moitié aux Dames de Saint-Cyr. L'étendue du terrain assujetti commençait au grand sentier du canton de Tourne-Derrière, en suivant sa direction vers la montagne, et en suivant le grand chemin de la Frette jusqu'aux limites du territoire montant droit à la montagne ; et la descendait traversant le territoire de Franconville à peu près dans la même largeur, jusqu'au chemin de Jules César, limitrophe du chemin de Boissy.

Le droit de dîme consistait dans le prélèvement à titre de champart, d'une botte de grain à prendre sur dix bottes dans toutes espèces de récoltes céréales.

Le trentième jour du mois de novembre 1748, le sieur Etienne Chevalier (mon bisaïeul), expose au bureau de direction qu'il a chez lui une somme de 6,000 francs, de fonds oisifs, appartenant à l'hôpital,

et qu'il désirerait qu'il fût pris un parti avant l'hiver pour le placement de cet argent dont il est responsable. Le bureau décide que ces fonds seront déposés dans le coffre de la fabrique.

De 1755 à 1761, le trésorier ayant été autorisé à prendre du vin en payement chez les pauvres débiteurs de rentes, le comptable en a pris dans ces trois années pour 965 francs. Cette quantité de vin, jointe à celui provenant du gros décimateur de Saint-Leu, et à celui qui avait été récolté dans le clos que les administrateurs faisaient valoir, amena un encombrement dans les caves de l'hospice ainsi que dans les celliers de la maison de Palette qu'on avait été obligé de louer; mais comme on ne trouva pas à vendre ce vin en gros, les Sœurs économes furent chargées de le vendre en détail. Cependant l'année suivante (1762), on en a vendu à Baudouin, d'Épinay, pour 1,400 francs, et le 28 juillet, 1765, les administrateurs ont versé, en mains du trésorier, la somme de 789 francs pour vin qu'ils avaient été vendre à Sentis, où se tenait un marché de ce liquide.

Dans le compte de M. Jean-François Chevalier, l'^un de mes oncles, alors trésorier, on trouve que le 18 germinal an IV <, il a reçu deM. Jaguy, commissaire envoyé au département pour y réclamer une indemnité

* iO avril 1796.

de secours la somme de 60,000 pour l'hospice, mais ces 60,000 francs en assignats n'avaient qu'environ la valeur réelle de 636 francs. Le numéraire ayant été déclaré marchandise, et le louis d'or de 24 francs, valant alors de 220 à 226 francs * en assignats.

Le 14 mai 1806, la maison de l'hospice d'Argenteuil reçoit du receveur des contributions de Franconville un garnisaire pour le retard de payement de la somme de 233 fr. 54 cent, de contributions que l'établissement redoit.

Par délibération en date du 15 avril 1826, la commission administrative accorde à M™* Oshée'^, dernière économe civile , et qui avait exercé gratuitement cette fonction pendant dix-huit ans et demi, une pension de retraite de 150 francs, mais à la condition de quitter tout de suite j)Our faire place à des Sœurs hospitalières de la Trinité, de Chartres. Ces Sœurs sont installées le 18 du dit mois d'avril, par mesure générale et commune à tous les établissements de charité de France. Conformément d'ailleurs

» A la bourse du 1" juillet 1795, le louis valait 3,300 francs d'assignats; au !«'' janvier 1796, il en valait 4,000; au l*' février 3,300, enfin à la bourse du l" mars 1796 il représentait 71,200 d'assignats, et, le 15 juillet suivant, ce papier monnaie était complètement tombé. 11 en avait été fabriqué pour plus de 40 milliards.

' M™» Osbée, décédée le 13 juin 1847 dans sa 84* année.

à l'initiative prise par le ministre de l'intérieur, sous la date du 7 janvier 1840, il est passé un traité entre les administrateurs de l'hospice et le supérieur de la dite congrégation des dites Sœurs de la Charité de Chartres, lesquelles d'après ce traité ont continué et continuent toujours d'exercer dans l'hospice les fonctions qui leur ont été confiées en 1826. (Voir le registre des délibérations, f" 35.)

A ces détails extraits de tous les documents que j'ai compulsés sur l'hospice d'Argenteuil, j'ajouterai ceux qui suivent :

En 1846, a été construit le passage qui conduit (extra muros) du vestibule à la belle façade du Conseil administratif.

En 1847, a été vendue la coupe de la petite réserve, vente qui a produit la somme de 8,600 francs, et à cette occasion, le carreau des deux grandes salles étant usé et fort dégradé, l'administration a fait remplacer le carrelage par deux très-beaux planchers en chêne, ce qui est d'ailleurs plus sain pour les malades.

A l'occasion du choléra de 1849, le grand Bureau a été transformé en une salle de malades, et il est resté depuis pour recevoir les vieillards hommes.

On a vu, page 233, que sans compter le produit des quêtes, dons et aumônes faits de la main à la main, depuis la création de l'hospice, année 1634, jusqu'à l'année 1754, le montant des legs qui ont été faits à cet

établissement s'est élevé à la somme de 103,393 fr. 45 c. Rien dans les comptes des anciens trésoriers, de 1767 à I8l8, ne constate d'autres dons.

NOUVEAUX LEGS FAITS A L'HOSPICE , A DIVERS ÉTABLIS- |j SEMENTS CHARITABLES, ET A LA COMMUNE. ]'

SI

De 1818 à 1838, les legs faits par quatre personnes, dont on verra tout à l'heure les noms, se sont élevés à la somme de 6,600 francs. Ces libéralités, jointes à 600 francs de rente distraits des revenus annuels de l'hospice', ont concouru à former les premiers fonds du bureau de Bienfaisance, qui depuis 1833 a une administration et un budget particuliers.

Les quatre personnes donatrices des 6,600 francs, sont :

r M. Raimont. Par son testament en date du 27 septembre 1818, le dit M. Raimont, alors propriétaire de la dernière maison, quai de Seine, côté sud-ouest, donne aux pauvres d'Argenteuil une somme de 1,000 »

2" M. Truberl père, par son testament

A reporter. . . 1,000 fr.

' En 1833, lors fie l'organisation du bureau de Bienfaisance ; jusque-là les administrateurs de l'hospice avaient la charge de distribuer aux pauvres cette somme annuelle de 600 francs, ea bons de pain, viaude et bois.

Report. . . . 1,000 fr.

olographe en date du 24 octobre 182C, donne aux pauvres de la dite commune la somme de 3,000 »

3° M. Desaints, ancien maire du 7^ arrondissement de Paris et ancien propriétaire de l'hôtel actuel de la mairie d'Argenteuil, sis quai de Seine, a donné une somme de 600 »

4° M. Collas (Denis-Jacques), natif d'Argenteuil, marchand de bois et fer à Sèvres, a donné, pour être convertie en rentes au profit du bureau de Bienfaisance , la somme de 2,000 »

En tout comme plus haut 6,600 »

Par son testament en date du il mai 1822 (délivrance du legs le 19 mars 1827), M. Jean-François Collas, gendre Bast, père de M. Collas, nommé cidessus, des plus anciennes familles de la ville, donne à la commune une petite maison sise cour Naveau, des biens ruraux situés sur le territoire, et une inscription pour compléter 400 francs de rente, à la charge par la commune d'entretenir une école de charité, pouvant contenir environ une trentaine de jeunes filles appartenant aux familles indigentes.

Quelques années après, Messieurs ses trois fils ont

fait démolir l'ancienne maison et fait construire celle qui existe aujourd'hui ; mais les biens ruraux ayant perdu de leur valeur locative, ces Messieurs ont eu la générosité d'ajouter à la donation de leur père une inscription de 300 francs de rente sur l'État, acceptée par le Conseil municipal, le 8 mai 1841.

Le 10 mars 1843, le Conseil municipal accepte éi^alement le legs de 50 francs de rente, tiers consolidé, donné au bureau de Bienfaisance par M. Jean- Charles Legrand, ancien marchand de draps et ancien administrateur de l'hospice.

1843, 8 juin, pareille acceptation d'une somme de 400 francs, une fois donnée par M"»* veuve Antheaume, née Douville, savoir : 200 francs à l'hospice, et 200 francs pour être employés dans l'école des Sœurs de Charité.

1844, 11 février, par acte passé devant M* Cousin, notaire en cette commune, M. Pierre Chevreuil, ancien administrateur de l'hospice, et son épouse, née Magnier, propriétaires de la maison bourgeoise en face de l'hospice, donnent à cet établissement une somme de 8,000 francs, franche de droit d'enregistrement, pour la fondation d'un lit qui devra être à la disposition de la famille Chevreuil et de tous ses descendants jusqu'au dernier, mais du premier degré seulement.

Autorisé par le Conseil municipal, 13 février i844.

1844, 19 mars, M. Louis Charles Samson, ancien marchand de bois, Grande-Rue, donne au bureau de Bienfaisance une inscription de lOO francs de rente, 5 pour cent.

1846, 19 août, le bureau de Bienfaisance est autorisé par le Conseil municipal à accepter de M. Violette père, membre du comité local d'Instruction primaire un legs de 150 francs de rente 3 pour cent, destiné à être employé dans l'école des Sœurs de Charité, dont il est voisin ; et plus, d'une somme de 500 francs, pour être distribuée aux pauvres.

1846, lO novembre, acceptation du legs de M'"^ Marie Claude Lhérault, veuve Legrand, consistant en une rente de 50 francs, que cette défunte a entendu donner comme feu son mari.

1849, 17 juin, acceptation par le bureau de Bienfaisance d'un bon de rente de 50 francs, sur l'État, donné par les héritiers de feu iM. Denis Louis Touzelin, ancien marchand de draps, Grande-Rue, au coin de la rue de Pontoise.

1852, mars, M-^^ Chevreuil (ils, née Magnier, donne de la main à la main, à l'hospice, une somme de 500 francs.

1852, par son testament en date du 15 octobre i845, M™» Jeanne Marie Bigeon, veuve de M. Denis Jacques Collas, donateur en 1838, d'une somme de 2,000 fr. au bureau de Bienfaisance, donne comme son mari,

lient après moi le soin de noter les nouveaux dons de notre commune. Les actes de bienfaisance, quel que soit le motif qui les inspire, ne sauraient être trop soigneusement publiés , enregistrés. Je désirelais même qu'il y eût dans la salle du conseil municipal un tableau sur lequel on inscrirait au fur et à mesure les noms des donateurs, ce qui serait un témoignage de reconnaissance de la part des autorités locales, et en même temps un stimulant pour provoquer des imitateurs, l'exemple étant à cet égard ce qu'il y a de plus eflicace.

Je me plais d'ailleurs à le reconnaître, l'esprit de charité se manifeste de plus en plus en France, et notamment dans la commune d'Argenteuil.

ris.

Page 1