AUGMENTATION DES REVENUS
D'après les détails qui viennent d'être donnés, nous voyons que, par les effets inévitables de la révolution de 1789, les revenus de l'hospice sont tombés à 4,800 fr., montant qu'ils n'ont même atteint qu'après la liquidation du tiers consolidé; car, de i792 à 1797
ou 98, on ne touchait guère chaque année que le produit de la vente de la coupe ordinaire des bois et des loyers des biens ruraux, puisque, comme je l'ai déjà dit, les débiteurs de rentes ne voulaient plus payer, et que, le gouvernement étant en liquidation, tout payement d'intérêts était suspendu, et c'est à ce chiifre de 4,800 fr. que nous trouvons que se montaient les comptes de i800 à 1812.
Comment ces revenus se sont-ils élevés jusqu'à 8,000 fr., ce qui est leur taux courant aujourd'hui? — Le voici.
Les habitants d'Argenteuil ayant toujours éprouvé beaucoup de répugnance pour l'établissement d'un octroi dont on n'avait fait qu'un bien faible essai, il n'a pas été possible de mettre ce moyen en pratique pour venir au secours des finauces non pas seulement de l'hospice, mais encore de celles de la commune qui s'est trouvée bien des fois obérée. Or, la commission administrative a pensé devoir appliquer la plus sévère économie dans les dépenses, et sans refuser l'hospitalité à qui elle était due, elle a fait renvoyer l'été quelques vieillards admis pour passer le quartier d'hiver. Une délibération du il prairial an XIII et une autre du 20 fructidor même année (1805) portent que la première salle sera séparée en deux par une cloison en planches de '2 m. 35 c. de hauleur, laquelle devra être établie dans l'alignement du
poêle, et qu'il ne sera reçu' de malades et vieillards qu'autant que cette première salle, ainsi séparée, pourra en contenir; afin, que les dépenses n'excèdent pas les revenus, qu'on tâchera d'augmenter petit à petit, s'il est possible. C'est ce qui est arrivé; car on voit par les comptes qu'il était mis à peu près 1,000 fr. de côté par an. Ce système, pratiqué pendant environ trente années, a dû produire 30,000 fr., soit comme faisant le fonds de 1,500 fr. de rente, ci 1,500 fr. »» c.
Le bien de Saint-Reray-les-Chevreuse, dont il a été ci-devant parlé, est loué net d'impôt pour l'hospice. 220
En 1813 a été vendue la réserve du bois de Boulin, qui a produit franc pour l'hospice 12,000 fr., soit en revenu 600
En 181/i , l'hospice a reçu en linge, en vin, farine, légumes secs, vieux matelas, etc., etc., provenant des débris des magasins de Pontoise et de Franconville et de l'ambulance établie au Pecq, pour à peu près la valeur de 2,000 fr. (Ceci pour mémoire.) , En 1824 a été vendue la petite ré-
A reporter. . . 2,320 fr. »» c.
Report. . . . 2,320 fr. »> c. serve des bois des Éboiilures, qui a produit 8,000 fr., soit 400 fr. de rente. 400
Dans toutes les coupes ordinaires, dites de taillis sous futaies, existaient beaucoup de très-anciens baliveaux qui dépérissaient, dont on a obtenu la vente, laquelle a produit, à très-peu de chose près, la somme de 6,000 fr. , soit en rente 300
Le tour de vente des quatre coupes de Saint-Marc, essence de châtaignier, s'étant rencontré avec l'établissement des chemins de fer, et ce bois d'industrie étant alors fort recherché pour faire des clôtures aux dits chemins, les enchères sont montées au delà de toute prévision, tellement que la vente de chacune des coupes a produit 1,000 fr., ce qui fait ensemble 4,000 fr., soit 200 fr. de revenu , . 200
L'hospice était propriétaire indivis avec la fabrique d'une maison sise rue desOuches, vendue, en l'année 1829 à M. Dubaut, moyennant
A reporter. . . 3/220 fr. »» c.
Report. . . . 3,220 fr. »» c.
la somme de 3,435 fr. laquelle somme, partagée en deux, a donné à chacun des deux établissements 1717 fr. 50 c, soit 85 fr. 85 c.
d'intérêts pour l'hospice; donc. . 85 85
Plus, la vente de la vieille et trèsancienne maison de Saint-Marc, maison jusque-là plus à charge qu'à profit, a donné 270 fr. de rente remboursée, mais immédiatement replacée 270
Depuis trente à quarante ans il y a eu un dépeuplement de forêts assez sensible en France, ce qui, avec la grande activité qu'ont prise les constructions, non-seulement à Paris, mais par toute la France, a occasionné un renchérissement dans le bois et a donné une plus-value de 1,000 fr. à nos ventes annuelles.
Comme je crois que son cours actuel se maintiendra, je fixe cet excédant de revenu à 1,000 fr., ci. . . 1,000
Total. 4,575 fr. 85 c.
On ajoutera le montant des an-
A reporter. . . 4,575 fr. 85 c.
Report. . . . 4,575 fr. 85 c.
ciens revenus, c'est-à-dire ceux de
Total. 9,375 fr. 8o c.
Sur cette somme il convient de déduire celle de 600 fr., appartenant au bureau de Bienfaisance et faisant le premier fonds de ses revenus dont l'hospice était autrefois chargé, mais qui ont été transportés à la caisse du bureau depuis son organisation en l'année 1833. (Voir page 288.) 600
Reste. 8,775 fr. 85 c.
Mais sur toutes les sommes détaillées ci-dessus, le mobilier de l'établissement étant déjà depuis bien longtemps tombé dans un état complet de vétusté, il a été dépensé au fur et à mesure de la perception de plusieurs des sommes reçues exlraordinairemeni et ci-dessus détaillées, savoir :
En achat de linge et objets de literie, tels que couchettes en fer, matelas et couvertures, etc., linge de corps et de table, ensemble environ 8,000 fr., ci • 8,000 fr.
Et en maçonnerie dans la maison, de-
A reporter. . . 8,000 fr.
Report. . . 8,000 fr.
puis 1837 jusques et y compris 1841, à peu près aussi, 8,000
Total. . . 16,000 fr.
Ce qui représente 800 fr. de rente à déduire. Restera donc 8,000 fr. moins 25 fr., soit 7975 fr., somme à peu près égale à celle du montant des revenus actuels, comme je l'ai fait voir en traitant ce chapitre.
Il est à observer que, depuis trenie ans, il a été remboursé beaucoup de rentes dues par des -particuliers, lesquelles ne produisaient que 4 p. lOO, et qui ont été replacées en rentes sur l'État au moins à 5, suivant le cours de la rente, ce qui a dû encore faire une bonification.
Mais, en i806, il y a eu une assez forte épidémie, et il est mort 173 personnes, presque toutes habitant les quartiers entre le quai et la grande rue, ainsi qu'en 1832, année du choléra, où il y a eu 276 victimes, mais réparties celte fois dans toute la commune. Or, dans ces deux années, l'hospice a eu un surcroît de dépense qui peut faire compensation avec la bonification dont il est question ci-dessus.
Ainsi avec 8,000 fr. de revenus bien administrés, l'hospice d'Argenleuil peut recevoir et reçoit effectivement tous les malades de la commune, à mesure qu'il s'en présente, et donne en outre l'hospi-
talité gratuite et permanente à quatre vieillards de chaque sexe.
La maison est en très-bon état de réparation, cet établissement est également bien fourni en linge, et il y a d'ailleurs tous les ans, au budget, une allocation pour l'entretien de cette partie du mobilier.
La petite réserve a déjà vingt ans de coupe; encore quatre ou cinq ans, et on pourra obtenir l'autorisation de la vendre. J'estime qu'elle doit produire à peu près 8,000 fr. nets pour lùospice ; ainsi, comme celte somme devra être placée, cela fera 400 fr. de revenu de plus; et dix à douze ans après la vente de cette petite réserve, viendra le tour de la grande, du bois de Boulin, que j'ai déjà, comme administrateur, vu vendre deux fois, et qu'on ne peut estimer moins de 15 à 16,000 fr., toujours en sus des frais énoncés au cahier des charges, ce qui fera encore une augmentation de revenu de 7 à 800 fr. Partant, en 1860, les revenus de l'hospice devront être de 9,000 et quelques cents francs, ce qui mettra cette maison en état de recevoir plus de malades si la population venait à augmenter; et dans le cas contraire on pourra admettre gratuitement un plus grand nombre de vieillards.