III. Ecoles de filles
Il existe depuis le début des années 1840 des écoles publiques de filles. On y enseigne les connaissances nécessaires à la culture générale civique, et les travaux manuels. L'organisation actuelle en a été fixée par une ordonnance impériale du 27 novembre 1885, en vertu de laquelle le nombre des classes fut fixé à 5, plus 2 classes préparatoires. Le plan d'études complet est le suivant:
Classes
Matières.
prep.
Religion
Langue maternelle ....
Seconde langue nationale .
Allemand ou f rançai^j . . .
Français ou allemand (cours
complémentaire facultatif)
Histoire et géographie . .
Mathématiques
Sciences naturelles et hy-
giène
Ecriture
Dessin
Travaux manuels ....
Chant
Gymnastique
Total
Les classes préparatoires n'ont été organisées par l'État que dans les deux écoles de filles, suédoise et finnoise, de Helsingfors ; en province elles sont entretenues par des particuliers qui reçoivent une subvention de l'État. Actuellement l'État entretient 12 écoles publiques de filles: à Helsingfors 2 (suédoise et finnoise), à Âbo 2 (s. et f.), à Viborg 2 (s. et f.), à Kuopio 1 (f.), à Nikolaistad 1 (s.), à Uleâborg 2 (s. et f.), à Joensuu 1 (f.) et à Jyvàskylà 1 (f.).
Les cours en étaient suivis en 1898 — 1899 par 1,782 élèves, dont 856 ayant le suédois et 876 le finnois pour langue maternelle.
La durée de l'année scolaire et les heures de cours sont les mêmes que pour les écoles de garçons.
A l'entrée de la première classe préparatoire on ne demande que de savoir lire couramment et un peu écrire. Pour être admise dans la première classe, l'élève doit avoir 11 ans au moins, et posséder des connaissances correspondant aux conditions requises pour l'entrée dans la première classe des lycées et écoles élémentaires; en outre on exige une certaine connaissance de l'autre langue nationale.
Le plan d'études montre quelles matières embrasse l'enseignement des écoles de filles. L'enseignement de la religion a pour objet l'histoire biblique, la religion, la lecture de la Bible et une courte histoire de l'église chrétienne. Celui de la langue maternelle vise, comme dans les lycées, à mettre l'élève en état d'écrire sa propre langue d'une manière assez satisfaisante, tout en appelant son attention sur la grammaire, la métrique et l'histoire de la littérature, ainsi que sur un choix d'ouvrages littéraires.
La seconde langue nationale fait Tobjet d'un cours surtout pratique. Les langues étrangères enseignées sont Vallemand et le français. Un grand cours est obligatoire dans l'une de ces langues ; à côté il existe un petit cours facultatif de l'autre langue. L'élève qui a choisi le français comme langue principale a donc le droit de s'inscrire en outre à un » cours complémentaire» d'allemand, et réciproquement. Pour ce cours complémentaire on a le choix en outre, à Helsingfors du russe et de
l'anglais, à Viborg du russe. Le grand cours a pour objet de donner aussi l'habitude pratique de la langue; aussi est-il prescrit que* la langue étrangère, à partir de la troisième classe, doit être employée comme langue d'enseignement pendant une partie des heures de cours fixées. — Pour les sciences, on fait un cours de géographie physique et politique, un résumé de Vhistoire universelle^ préparé à l'aide d'un livre de lectures historiques: en mathématiques, un cours complet dhiritJmiêtique, un petit cours de géométrie plane et les éléments de l'algèbre; pour les sciences naturelles, un aperçu des espèces animales et végétales les plus répandues, surtout dans le pays, un petit cours de physique expérimentale et d'hygiène. — Enfin on a dans les écoles de filles, outre l'écriture, le dessin, le chant et la gymnastique, un cours progressif de travaux manuels de femmes, oii l'on exerce les élèves avant tout à des travaux utiles, nécessaires à la vie domestique, mais aussi à des travaux de goût.
L'enseignement est donné dans chaque école par une directrice, des collègues et des maîtresses. Les conditions requises des collègues sont les mêmes que pour les collègues des écoles secondaires; pour les maîtresses, on les trouvera ci-dessous. L'enseignement des langues étrangères est donné exclusivement j)ar des maîtresses, dont l'une est aussi maîtresse de travaux manuels. Il y a en outre une maîtresse pour la gymnastique, et un maître ou maîtresse pour le dessin et l'écriture, et un pour le chant. Les sciences naturelles et l'hygiène sont enseignées par des chargés ou chargées de cours. A la tête des
classes préparatoires à Helsingfors sont placées des maîtresses de classe. Pendant l'année scolaire 1898 — 1899 il y avait 108 maîtres et maîtresses titulaires, 16 extraordinaires et 23 chargés (et chargées) de cours.
Le traitement dans les écoles à Helsingfors est: pour les directrices de 2,800 mks, plus le logement et le chauffage; pour le plus ancien des collègues, directeur-adjoint, de 4,000 mks, et pour chacun des deux autres collègues, de 3,400 mks. Dans les autres écoles, la directrice reçoit 2,000 mks, le logement et le chauffage, la plus ancien collègue 3,600 et les deux autres 3,000 mks. Le traitement des maîtresses est à Helsingfors de 2,200 mks, en province de 1,800. Après 5, 10 et 15 ans de bons services, les collègues reçoivent un supplément de 800 mks chaque fois, les maîtresses de 400 mks. Les maîtres et maîtresses payés à la leçon reçoivent, selon le nombre d'heures de cours, 1,500, 1,000, 800 et 500 mks, avec 20 ^/^ d'augmentation au bout de 5 et de 10 ans.
Les collègues et les maîtresses à poste fixe sont tenues à faire 28 heures de cours par semaine, mais reçoivent, au delà de 22 heures, un supplément qui est de 140 mks pour les collègues et de 120 pour les maîtresses, le tout par heure et par année. A cet effet, le budget des écoles de Helsingfors comprend un crédit spécial de 7,000 mks, celui des écoles de province un crédit de 4,000. C'est sur ce crédit que sont payés le cours de sciences naturelles, et à Helsingfors en outre les cours facultatifs d'anglais et de russe. La directrice d'école fait à Helsing-
fors 7 et dans les autres écoles 14 heures de cours par semaine.
La pension de retraite complète est pour une directrice d'école à Helsingfors de 3,500 mks, en province de 3,000; pour les collègues, elle est de 3,500, et pour les maîtresses de 2,400 mks. Le service des pensions est du reste régi par les mêmes règles que pour les professeurs des écoles de garçons.
Les taxes perçues pour l'enseignement sont: une taxe d'inscription de 10 mks, et au début de chaque semestre une taxe scolaire de 50 mks à Helsingfors et de 40 en province. Les dispenses totales ou partielles sont accordées selon les mêmes principes que dans les écoles de garçons.
L'âge moyen des élèves était pendant l'année scolaire 1898 — 1899: