Ecoles normales d'instituteurs
Trois ans avant la promulgation de l'ordonnance sur les écoles populaires, on avait institué en 1868 à Jyvàskytà, au centre du pays, une école normale (seminarium) de langue finnoise pour former des instituteurs et institutrices. Elle est mixte ou »composée» de deux sections distinctes, mais absolument parallèles, l'une pour les élèves hommes, l'autre pour les élèves femmes, avec une surveillance, une administration et un personnel enseignant communs. Une autre école finnoise organisée sur les mêmes bases fut ouverte ensuite en 1880 à Sordavala. Auparavant on avait ouvert à Ekenàs en 1871 une école normale simple suédoise pour institutrices, et à Nykarleby en 1873 une pour instituteurs, suivant les mêmes principes que celles ci-dessus, sauf que les deux sections n'étaient pas réunies dans le même
endroit. Récemment on a encore ouvert 3 écoles normales simples, une d'instituteurs à Raumo et une d'institutrices à Brahestad en 1896, une d'institutrices à Heinola en 1899, auxquelles s'ajoutera l'automne prochain une d'instituteurs à Kajana, ces dernières toutes finnoises, et se distinguant des précédentes par cette différence importante qu'elles ne sont pas jusqu'ici pourvues d'internat.
Dans un avenir rapproché, la Finlande aura donc dans huit endroits différents 10 écoles normales ou sections, la moitié pour instituteurs, la moitié pour institutrices, 8 finnoises et 2 suédoises.
Le personnel enseignant dans les écoles normales mixtes se compose d'un directeur, de six lecteurs et de quatre collègues, d'une directrice et de trois institutrices; dans une section d'instituteurs, d'un directeur, de trois lecteurs et de trois collègues; dans une section d'institutrices, d'un directeur, de trois lecteurs, d'une directrice et de trois institutrices. A ce personnel enseignant, il faut encore ajouter dans chaque école normale les maîtres et maîtresses des écoles d'exercice dont il sera question plus loin. Les postes de collègue sont nouveaux et n'ont été encore que partiellement introduits dans l'organisation des écoles normales. Autrefois les maîtres d'exercices (chant, musique, travaux manuels, dessin et gymnastique), que sont surtout destinés à remplacer ces nouveaux postes de collègues, étaient assimilés pour le nom, le traitement et les autres avantages aux »lecteurs>>, et c'est une des raisons principales pour lesquelles ces matières, dès le début, prirent dans le programme
des écoles populaires finlandaises une place égale à celle des autres matières, pour le plus grand profit des écoles populaires.
Les conditions de compétence requises des directeurs, lecteurs et collègues sont les mêmes examens universitaires que pour les postes correspondants des établissements d'enseignement secondaire, un stage d'une durée déterminée au lycée normal et un stage d'un mois au moins, pendant lequel le candidat, sous la surveillance de l'inspecteur primaire, prend connaissance de l'enseignement dans les écoles populaires des campagnes et de leur organisation. Cette dernière condition est également exigée des candidates aux postes de directrice et d'institutrice, les autres conditions étant les mêmes que pour les emplois correspondants dans les écoles de filles. Avant de nommer à un emploi vacant dans une école normale, on fait subir aux candidats une épreuve pratique dans une école normale désignée par la Direction générale; et avant de nommer à titre définitif celui qui a été choisi, on le (ou la) désigne pour occuper le poste pendant deux années d'épreuve. La directrice, les maîtres et maîtresses des écoles normales et des écoles d'exercice sont nommés par la Direction générale; le directeur, par contre, est nommé par le Sénat sur une liste de présentation dressée par la Direction générale.
Les appointements du directeur sont de 4,000 mks de traitement, plus le logement et le chauffagee, et des suppléments, frais de représentation et de bureau, atteignant dans les écoles normales mixtes 3,000, dans les écoles simples 1,600 mks. La direc-
trice reçoit, outre les mêmes avantages en nature, 2,200 mks de traitement. Les lecteurs ont 3,200 mks de traitement et 1,400 d'honoraires, les collègues 2,800 + 600, les institutrices 1,600 + 700. Au bout de 5, 10 et 15 ans de service, chacun reçoit une augmentation de resp. 10, 20 et 20 ^' ,, du traitement (honoraires non compris), qui se trouve ainsi au bout de 15 ans augmenté de 50^*,,. Les maîtres et maîtresses qui ont plus de 22 heures de service par semaine reçoivent une indemnité calculée pour les maîtres à raison de 140 et pour les maîtresses à raison de 120 mks par heure et par année; les heures supplémentaires de musique sont payées 75 mks.
Après trente ans de bons services, ces fonctionnaires reçoivent comme retraite la totalité de leur traitement au moment de la mise à la retraite; au bout de 15, 20 et 25 ans de service, ils ont droit à une retraite proportionnelle égale resp. au (juart, à la moitié ou aux trois quarts de cette somme. Si un maître ou une maîtresse est atteint d'une maladie incurable, ou de toute autre manière devient, sans qu'il y ait de sa faute, incapable de prolonger son service, il a droit, au bout de 20 ans déjà, à la retraite avec traitement complet et au bout de 5, 10 el 15 ans à resp. le quart, la moitié ou les trois quarts de cette somme. Celui qui passe d'un établissement d'enseignement secondaire à une école normale ou réciproquement peut se faire compter pour la retraite les années de service antérieures. Pour les pensions à fournir aux veuves et aux orphelins, les directeurs et maîtres des écoles normales parti-
cipent à la caisse des veuves et mineurs du budget civil.
Tous les ans, quelques maîtres et maîtresses des écoles normales doivent, pour pouvoir suivre le développement de l'organisation et de l'enseignement des écoles normales et de l'enseignement primaire en général, être mis en état de faire un séjour de- quelques mois à l'étranger. A cet effet le budget de chaque école normale comprend un crédit affecté à des bourses de voyage pour le directeur et le personnel enseignant, qui atteint 1,200 mks par an dans les écoles normales mixtes, et 600 dans les écoles simples. Les bourses sont attribuées par la Direction générale sur la demande des candidats, et le boursier est tenu, après son retour, de faire un compte rendu de son voyage.
Pour entrer comme élève dans une école normale d'instituteurs ou d'institutrices, il faut avoir 18 ans accomplis, une sainec onstitution, une conduite irréprochable, et des connaissances acquises correspondant au cours des écoles populaires proprement dites. L'enseignement est gratuit dans toutes les classes des écoles normales. Les élèves indigents peuvent en outre recevoir des bourses ; à cet effet le budget affecte des crédits, pour les écoles mixtes avec internat de 6,000 mks, pour les écoles simples avec internat de 3,000 mks, pour les écoles simples sans internat de 13,000 mks par an. Les jeunes gens qui ont suivi les cours d'une école normale d'instituteurs bénéficient d'une réduction d'un an et demi dans la durée du service actif.
U enseignement dans les écoles normales est réparti sur quatre classes d'un an; trois sont destinées à l'enseignement théorique, la quatrième surtout aux exercices pratiques dans les écoles d'exercice. On donne ci-dessous la liste des matières d'enseignement et d'exercices, en indiquant brièvement l'objet des cours.
Religion: histoire biblique et connaissance de la Bible, morale et dogme chrétiens, aperçu de l'histoire de l'église chrétienne.
Psychologie ^i pédagogie: cette dernière surtout en vue de l'école populaire et de son développement.
Langue inaternelle : exercices soignés, fondés sur l'enseignement grammatical pour donner la pratique de cette langue par écrit et verbalement; introduction à la littérature nationale, lecture de cette littérature.
Seconde langue nationale: grammaire, exercices d'application, visant à permettre de comprendre la langue.
Mathématiques : cours élémentaire de géométrie; arithmétique, en s' attachant surtout aux principales opérations et aux problèmes de la vie pratique.
Histoire et géographie: celles du pays, et aussi l'histoire et la géographie générales.
Sciences naturelles: physique et chimie, en s' attachant surtout aux phénomènes qui se passent dans la vie courante ; zoologie et botanique, visant surtout à faire connaître les espèces animales et végétales du pays.
Hygiène: principes d'anatomie et de physio-
logie et soins physiques à donner aux enfants; hygiène générale.
ÉcrUure.
Dessin: dessin à main Kbre et de projection, perspective.
Chant et musique: théorie de la musique, détermination des tons, chant en choeur; exercices de musique sur le piano et l'harmonium.
Gymnastique.
Travaux manuels pour les élèves femmes, métiers domestiques (sur bois et métal) et jardinage pour les élèves hommes. Pour diriger ces exercices, on a attaché, outre le lecteur (collègue) qui en est chargé, dans les écoles d'instituteurs un maître ouvrier pour les travaux sur bois et un pour les travaux sur métaux, et dans toutes les écoles normales un maître jardinier.
Dans chaque section d'école normale existe une école populaire modèle ou d'exercice (ofningsskola), comprenant six classes distinctes et une classe mixte d'exercices avec quatre cours annuels correspondant aux écoles populaires des campagnes. Les élèves de la quatrième classe des écoles normales ou les candidats instituteurs et institutrices doivent à la fois assister aux classes de ces écoles d'exercice, y faire un stage à tour de rôle et enfin y passer des leçons d'épreuve. Ces exercices pratiques sont organisés, surveillés et appréciés tant par les maîtres et maîtresses des écoles normales ([ue par le personnel enseignant propre à ces écoles d'exercice. Il se compose: dans les écoles de garçons d'un maître surveillant, ainsi que d'un instituteur ou
d'une institutrice pour les divisions inférieures, et d'un instituteur pour la classe mixte; dans les écoles de filles, d'une maîtresse surveillante, d'une institutrice pour la division inférieure et d'une institutrice pour la classe mixte. Les conditions de compétence requises sont: le certificat de sortie d'une école normale, un minimum de quatra années de bons services dans une école populaire proprement dite, et un examen passé avec succès devant le professeur compétent de l'Université ou dans les classes pédagogiques de l'État sur la langue maternelle, le catéchisme et la pédagogie, et en outre des épreuves pratiques comme pour les maîtres des écoles normales. Le traitement est pour les maîtres surveillants de 2,400 mks de traitement fixe et de 600 mks d'honoraires; pour les maîtres des classes mixtes de 2,000 -f- 600; pour les maîtres et maîtresses des divisions inférieures 1,400 + 500; pour les maîtresses surveillantes, 1,600 mks plus le logement et le chauffage, et pour les maîtresses des classes mixtes 1,500 + 500. Les augmentations de traitement et la retraite se donnent selon les mêmes principes que pour les maîtres et maîtresses des écoles normales.
Jusqu'à l'époque actuelle, il existait auprès de chaque section d'institutrices dans les écoles normales une école enfantine, et jusqu'à ces temps derniers une crèche, le but de ces deux institutions étant de mettre les futures institutrices en état de s'exercer par la pratique au soin physique des enfants et aux occupations régulières qui en résultent. Ces institutions, utiles pour le développement des personnes du sexe féminin, disparaissent maintenant;
par contre les écoles d'exercice sont, à dater de cette année, organisées avec une division inférieure et une division supérieure.
Vannée scolaire dans les écoles normales commence le 20 août et se termine le 10 juin, avec quatre semaines de vacances à Noël et six jours à Pâques. Les écoles d'exercice fonctionnent du 1^' Septembre au 31 Mai, et ont les mêmes vacances intercalaires. La durée journalière des classes diffère un peu selon les écoles normales; elle est en règle générale de 7 heures par jour, les quatre ou cinq heures de la matinée étant interrompues par une heure de déjeuner. — L'année scolaire, dans les écoles normales et les écoles d'exercice, se termine par un examen public, qui dans les écoles normales simples occupe de 1 à 2 jours, dans les écoles mixtes ordinairement 3 jours, le dernier consacré aux exercices de chant et de musique et à l'examen de sortie des candidats instituteurs et institutrices.
Aux écoles normales mixtes de Jyvâskylâ et de Sordavala et aux écoles normales simples d'Ekenâs et de Nykarleby sont joints des internats destinés à recevoir, dans les deux premières 45 élèves par section, soit en tout 90 par école, et dans les deux autres 30. Le but est, non seulement de donner aux élèves pauvres et méritants le logement, la nourriture et les soins pendant une partie de la durée des études (les élèves de 4® année sont tous externes), mais aussi et avant tout de compléter l'enseignement par l'éducation pratique; et les internats, qui ne sont pas aussi strictement fermés
dans les écoles normales finlandaises que dans beaucoup d'autres pays, ont manifesté à cet égard une influence favorable sur l'éducation des instituteurs. Les internes paient une pension annuelle de 120 mks, dont les 5 plus pauvres dans la 2^ et la 8^ année peuvent être complètement exemptés. La discipline intérieure, fixée par un règlement spécial, est surveillée par le directeur et la directrice, et par des surveillants désignés parmi les élèves. Pour la nourriture de chaque élève interne, service compris, le budget comporte une somme de 250 mks par an.
L'organisation de l'internat, en principe, n'est pas exclue des écoles normales citées plus haut et créées en dernier lieu; mais jusqu'ici on ne l'y a pas introduit.
Pendant la dernière année scolaire 1898 — 1899, le nombre des élèves des écoles normales était de:
élèves hommes .... 453 femmes 504
Total 957
dont 243 internes;
le nombre des élèves dans les écoles d'eiercice de 924;
le 7iombre total des élèves dans les écoles normales et les écoles annexes d'exercice atteignait
à Jyvâskylâ . . ... . 600
Ekenâs 258
Nykarleby 168
Sordavala 593
Raiiino (incomplètes) . . 135
Brahestad (d:o) ... 127
Total 1,881
Les dépenses totales pour ces écoles normales dépassaient à la même époque 480,000 mks, dont 278,000 pour le traitement du personnel enseignant.