Ecoles populaires dans les villes
Le premier enseignement élémentaire dans les villes est donné soit dans les écoles maternelles privées, soit (et c'est le cas pour la plupart des enfants) dans les écoles populaires élémentaires, qui font partie de l'ensemble des écoles populaires urbaines et sont placées sous la surveillance des autorités de l'enseignement primaire public et communal; elles n'ont par suite aucun caractère religieux.
Chaque commune urbaine est du reste obligée de prendre pour l'enseignement primaire les mesures nécessaires, et d'organiser et entretenir des écoles populaires en nombre suffisant et avec un programme assez étendu pour que tous les enfants
qui ne reçoivent pas à la maison ou dans d'autres écoles un enseignement correspondant ou plus complet reçoivent l'instruction primaire de l'âge de 8 ans jusqu'à celui de 14.
Dans les écoles populaiî^es élémentaires, on peut cependant admettre les élèves dès l'âge de six ans. Les écoles populaires proprement dites sont destinées aux enfants de 10 à 14 ans. Dans les écoles élémentaires, les enfants des deux sexes peuvent être réunis; mais les écoles populaires proprement dites sont organisées en règle générale comme écoles distinctes p)our chaque sexe; là où le petit nombre des élèves ou d'autres conditions locales l'exigent, Venseignement mixte y est cependant admis. Les enfants de la première année scolaire doivent former toujours une classe distincte avec un maximum de 40 élèves ; chacune des classes suivantes peut comprendre deux cours d'un an, avec un chiffre maximum de 60 élèves. Les garçons et filles qui après leur douzième année ne peuvent, pour des. motifs légitimes, venir à l'école aux heures ordinaires, doivent recevoir, à d'autres heures convenables, un enseignement régulier d'au moins 12 heures par semaine. Cet enseignement est donné en général dans les écoles du soir. On doit prendre des mesures spéciales pour l'instruction des enfants abandonnés. Dans un certain nombre de villes, l'enseignement des écoles populaires est complété par des cours d'adultes facultatifs, ouverts à ceux qui ont passé par l'école populaire.
Les matières d' enseignement sont, dans les écoles populaires élémentaires: la religion; la lecture et
l'écriture dans la langue maternelle; le calcul et les figures géométriques; le dessin, le chant et la gymnastique. Les écoles populaires proprement dites comprennent en outre: la lecture de livres appropriés écrits dans la langue maternelle; l'histoire et la géographie; la mesure des surfaces et des volumes, les sciences naturelles et leurs applications, et les travaux manuels. La durée des classes est dans les villes de 32 semaines par an, et par jour, dans la classe inférieure de 2 à 4 heures, dans les classes supérieures de 4 à 6.
Pour le personnel enseignant, les conditiofis de compétence requises et les règles pour le droit à la retraite sont les mêmes que pour les instituteurs des campagnes (v. plus loin). Seuls les instituteurs et institutrices ordinaires dans les écoles populaires urbaines, qui ont un traitement mininum de 1,200 resp. 900 mks, et sont tenus à un minimum de 24 heures de classe par semaine, ont droit à la retraite. Chaque ville doit donner tous les ans à l'État un subside pour les retraites, correspondant à 5 ^/^ de la pension complète de retraite pour chaque instituteur ou institutrice attaché à son service. Les traitements varient beaucoup avec les villes. A Helsingfors, où ils sont le plus élevés, le maximum de traitement d'un directeur d'école atteint 3,900 mks, celui d'une directrice 3,300. Dans les petites villes, les traitements ne dépassent pas ce qu'ils sont dans les écoles populaires rurales.
Pour l'entretien des écoles populaires, les villes reçoivent une subvention de VÉtat, égale à 25 ^'^ des dépenses réelles faites par la commune urbaine
pour les objets suivants, se rapportant aux écoles populaires: traitements fixes, chauffage, éclairage, matériel scolaire, objets destinés à l'enseignement, crédits pour fourniture de livres aux élèves indigents, valeur locative des bâtiments mêmes d'école.
Les communes urbaines ont le droit, dans les limites indiquées plus haut, d'organiser leur enseignement primaire de la manière qu'elles jugent la plus pratique et la plus convenable. Les dispositions de détail prises dans chaque ville doivent être réunies en un régleinent soumis à l'examen et à la sanction de la Direction générale des écoles.
Le nombre des élèves pendant l'année scolaire 1898—1899 atteignait dans les écoles populaires urbaines et les institutions qui en dépendent un total de 25,931 enfants, répartis de la manière suivante :
garçons 12,725
filles 13,206
recevant l'instruction
en finnois ....
» suédois ....
dans une autre langue
suivant les cours des
écoles populaires pro-
prement dites
écoles du soir
écoles pour enfants
abandonnés .
d'adultes ....
Le nombre des instituteurs et institutrices pendant cette même année scolaire atteignait 795 personnes, à savoir
instituteurs 217
institutrices 578
La moyenne des élèves est donc de 84 par maître ou maîtresse.
Autant qu'on peut en juger par les données statistiques et d'autres également accessibles, on n'a certainement pas encore réussi en Finlande à introduire dans les villes la prescription de l'ordonnance scolaire sur l'enseignement primaire ou correspondant pour tous les enfants; mais on est arrivé pourtant assez près du but.