Ecoles primaires rurales
Toute commune rurale, en vertu d'une loi du 24 mai 1898 promulguée aA^ec le concours de la diète, est maintenant tenue de diviser son territoire, dans un délai de trois ans après la promulgation de la loi, en districts d'écoles populaires, et d'y créer et entretenir des écoles populaires complètes en nombre tel que tout enfant appartenant à la commune et en âge d'aller à l'école puisse autant que possible dans son propre district recevoir sans trop de difficulté une instruction primaire dans sa langue maternelle. Dans la répartition en districts, on devra, tout en tenant compte des conditions géographiques, linguistiques et démographiques de la
commune, faire en sorte que le chemin à parcourir pour aller de la maison à l'école ne dépasse pas en général cinq kilomètres. S'il n'existe pas d'école populaire dans le district, et qu'on ait annoncé un minimum de trente enfants habitant le district et en âge d'aller à l'école, la commune doit immédiatement prendre les mesures pour y créer une école. La mise en pratique de cette loi suivra dans un avenir prochain.
Avant cette loi, il existait déjà une ou plusieurs écoles populaires dans presque toutes les communes rurales (v. statistique); mais il n'y avait aucune obligation de les créer. Toute commune, tout village, tout propriétaire foncier était hbre de fonder une école populaire et pouvait recevoir à cet effet une subvention de VÉtat, se montant actuellement à 800 mks par instituteur et à 600 par institutrice. Les conditions requises pour obtenir cette subvention étaient et sont: un nombre minimum de 20 élèves assurés, âgés de 9 à 16 ans (auparavant 30 élèves de 10 à 16 ans); des mesures prises en vue d'assurer le premier enseignement; la construction, selon un plan approuvé, et l'entretien d'un local spacieux pour l'école et d'au moins deux chambres, une cuisine et des dépendances nécessaires pour l'instituteur ou institutrice; l'achat d'un mobilier pratique pour l'école; et enfin la concession à la personne qui dirige l'école de deux à trois arpents de terres cultivées, du combustible, ainsi que du fourrage et du pâturage pour au moins une vache.
La subvention de l'État, qui peut être supprimée si le nombre des élèves tombe à 15 ou au
dessous, constitue la partie principale touchée en espèces du traitement du pey^sonnel enseignmit. Cependant les avantages en nature ci-dessus énoncés sont souvent maintenant perçus en espèces, et lors de l'évaluation de la subvention de l'État on les estime en général à 250 mks au moins. La moitié de la taxe scolaire payée par les élèves revient aussi au directeur ou à la directrice de l'école, comme supplément de traitement en espèces. Au bout de 5, 10, 15 et 20 ans de bons services, la subvention payée par l'État à chaque maître ou maîtresse est augmentée de resp. 10, 10, 10 et 20 ^\^, si bien qu'au bout de 20 ans de services l'instituteur reçoit de l'État un traitement de 1,200 mks et l'institutrice un traitement de 900.
Au bout de 30 ans de bons services, ils ont droit à une retraite, l'instituteur de 1,000 mks et l'institutrice de 750; mais en cas de maladie incurable ils reçoivent au bout de 5, 10, 15 et 20 ans de services resp. le quart, la moitié, les trois quarts ou la totalité de la retraite. Une pension, dont le montant est à l'heure actuelle de 480 mks par an, est payée aussi aux veuves et orphelins des instituteurs décédés, sur les fonds d'une caisse spéciale, subventionnée par l'État, et à laquelle chaque instituteur verse des cotisations annuelles. En outre les instituteurs et institutrices peuvent recevoir des secours de maladie d'un chiffre variable, payées soit par l'État soit par des fonds de donation. Le crédit payé par l'État pour organiser dans chaque commune rurale des bibliothèques pour les instituteurs, qui se monte maintenant à 17,000 mks par an,
mais qui semble devoir être bientôt élevé, doit être aussi compté au nombre des avantages faits par l'État au personnel de l'enseignement primaire; en outre l'État aide, par des indemnités de voyage, les instituteurs et institutrices à se rendre aux congrès généraux de l'enseignement primaire.
Dans les écoles dirigées par un instituteur, il faut engager pour les filles une maîtresse de travaux inanuels, recevant au moins 150 mks de traitement, dont l'État paie 50. De même dans les écoles dirigées par une institutrice, on engage pour les garçons un maître de métiers domestiques, dont l'État paie la moitié du traitement, cependant pas plus de 75 mks.
La condition de compétence requise pour occuper un poste d'instituteur ou d'institutrice, à la ville ou à la campagne, est d'avoir passé par une école normale. Les personnes qui ont suivi les cours complets d'un lycée ou au moins deux des classes pédagogiques de jeunes filles organisées par l'État peuvent aussi devenir aptes à ces fonctions, en subissant dans une école normale des interrogations sur les matières non traitées dans le programme des cours du lycée ou des classes pédagogiques, et en participant pendant une durée déterminée aux exercices de pédagogie pratique de l'école normale. A l'heure actuelle, en raison de l'accroissement rapide des écoles populaires libres dans les campagnes, il y a environ 400 à 500 places qui, dans les écoles rurales, sont occupées à titre provisoire par des personnes qui ne remplissent pas complètement les conditions de compétence.
Les instituteurs et institutrices sont choisis par la direction de l'école; mais le choix, pour être valable, doit être approuvé par l'inspecteur, qui de concert avec le président de la direction, signe la lettre de service définitive de celui qui, après deux années d'épreuve, a été jugé apte à remplir son emploi.
L'enseignement comprend les mêmes matières que dans les écoles élémentaires et populaires des villes ; il est réparti en deux classes, chacune à deux divisions d'un an, ce qui fait qu'un instituteur peut avoir à instruire à la fois quatre divisions d'un an. Cependant cette tâche est .facilitée par le fait que le cours de seconde année dans chaque classe consiste surtout en une répétition du premier cours de la classe. Vannée scolaire commence au milieu d'août et va jusqu'au milieu de juin. Elle doit compter 36 semaines, les vacances de Noël et de Pâques non comprises. Cependant on en peut employer jusqu'à 6 en automne et au printemps pour une école cV enfants destinée aux enfants de la région environnante, et visant surtout à être une école préparatoire pour les enfants qui veulent entrer à l'école primaire. Cependant l'année scolaire de l'école primaire elle même ne peut être inférieure à 30 semaines; de même elle doit commencer au plus tard le premier jour non férié d'octobre. La durée journalière des cours et travaux est de 5 à 6 heures.
Un seul instituteur ou institutrice ne peut avoir plus de 50 élèves à la fois; si le nombre des élèves dépasse ce chiffre, on doit nommer un second instituteur (ou institutrice), qui re(;oit les traitements ci-dessus
indiqués. — Pour cire admis dans une école populaire rurale, l'enfant doit avoir 9 ans accomplis, savoir lire couramment et posséder les notions de religion qu'on enseigne à la maison ou dans les écoles enfantines. La plus grande partie des écoles populaires rurales sont ?nixtes. — La taxe scolaire à payer par tout élève que la direction n'en a pas dispensé pour raison de pauvreté notoire est de 1 mk au moins par semestre.
Le certificat de sortie des écoles populaires urbaines ou rurales confère le droit à une dispense d'un an (sur trois) de service actif.
Outre leur enseignement primaire régulier, les instituteurs et institutrices primaires sont tenus d'aider les personnes qui ont passé par l'école populaire ou cherchent à acquérir des connaissances et de l'instruction en leur indiquant et leur expliquant des lectures utiles, en lisant et corrigeant des travaux écrits etc. Pour ces cours d'adultes, qui cependant sont loin de se tenir dans toutes les écoles primaires, l'État, lorsque les cours sont organisés suivant les prescriptions spéciales à ce sujet, fournit une subvention de 250 mks au maximum par école et de 50 mks au plus pour indemnité de voyage aux maîtres des autres écoles qui viennent prendre part à ces cours.
Ce ne sont pas du reste les seules subventions que l'État fournisse. On peut encore citer les suivantes. Pour la construction de bâtiments 'pour les écoles populaires, l'État prête à des conditions favorables aux communes rurales qui le demandent, et donne en outre pour cet objet aux communes pauvres
et dans une situation difficile des subventions directes allant jusqu'à quelques milliers de mks ; l'P^tat fait en outre dresser et distribuer à toutes les communes des plans normaux de maisons d'école. De même l'achat d'instruments de travaux manuels, de tours et de machines à coudre pour les écoles est facilité par l'État au moyen de subventions couvrant une certaine partie de ces dépenses.
Pendant l'année scolaire 1898— 1899, le î^o??^ôre des écoles populaires proprement dites dans les campagnes était de 1,650, à savoir:
écoles de garçons 156
» » filles 156
» mixtes* 1,338
de langue finnoise . . . .
» » suédoise . . . ,
des deux langues
ayant une autre langue d'en-
seignement ....
» n'ayant qu'un maître (ou maîtresse) 1,423
» en ayant deux ou plusieurs . 227 1,650
* Même les écoles désionées dans la rubrique comme » écoles de garçons» ou »de filles» étaient en fait le plus souvent des écoles mixtes. Quand une école de garçons et une de filles se trouvent au même endroit et réunies dans le même ])âtimcnt, comme c'est le cas le plus fréquent, on les réunit d'ordinaire, l'instituteur dirigeant une des classes, l'institutrice l'autre.
Le personnel enseignant se composait de
instituteurs 962
institutrices 926
soit 1,888 personnes.
En outre il faut compter les personnes engagées comme maîtres ou maîtresses de travaux manuels ou engagées occasionnellement, et comprenant 821 personnes.
Le nombre des élèves était pendant cette même année scolaire de 72,991, à savoir:
garçons 40,222
filles 32,769
de langue finnoise 61,597
» » suédoise . . ... 11,278
d'une autre langue ...... 116 72,991
Il y avait donc une moyenne de 44 élèves par école et de 39 par maître ou maîtresse.
Les écoles d'enfants tenues par le personnel enseignant dans la plupart des écoles rurales, surtout en automne avant l'école populaire proprement dite et comme préparation à cette école (v. ci-dessus), comptaient 38,075 élèves qu'il faut ajouter au chiffre précédent. Donc, en chiffres ronds, le nombre des enfants recevant l'instruction primaire dans les campagnes était de 100,000 pour cette année scolaire.
A cette époque, le nombre total des comnuines rurales se montait à 469. De ces communes, 462 avaient une ou plusieurs écoles populaires:
140 communes avaient 1 école.
462 Total 1,650 écoles.
Par contre 7 communes manquaient encore complètement d'école populaire proprement dite. Si l'on compare ce chiffre à celui de la population, on verra qu'il faudrait qu'il fût au moins triplé pour que tous les enfants en âge d'aller à l'école pussent recevoir l'instruction primaire.