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FORETS

Essences forestières.

Les principales essences forestières de Finlande sont: le pin, le sapin, le boulean, Faune et le tremble. Les autres n'apparaissent que mélangés dans de plus ou moins grandes proportions à la masse des autres arbres: p. ex. le putiet (Prunus padus Dec), le sorbier, le saule marceau (Salix capraea L.), le saule laurier (S. pentandra L.), et, dans la Finlande méridionale, le sorbier alisier, l'alisier finlandais (Sorbus fennica Kalm), le pommier, l'érable et l'orme, ou même encore en petits peuplements, le plus souvent sur un petit espace, comme p. ex. le chêne, le tilleul et le frêne.

Le pin (Pinus silvestris L.) est l'arbre dominant, de la côte méridionale jusque très loin dans la Laponie de l'Enare. On trouve même dans la vallée supérieure de l'Utsjoki (env. 69" 50' lat. N.) des forêts de pins continues, quoique peu touffues; et encore près du confluent de l'Utsjoki et du Tenojoki (69'* 55') on rencontre quelques pins isolés et rabougris. — Sur les pentes des montagnes, le pin monte dans l'Phiare méridional jusque vers 360 à 370 m d'altitude, et on en trouve encore des sujets isolés,

ayant Tapparence de buissons, à 100 m plus haut- Quand on monte vers le N., la limite verticale du pin tombe assez vite; sur le Peldoaivi et les montagnes voisines, elle est d'environ 100 m, dans la vallée de l'Utsjoki, de plus de 200 m inférieure à ce qu'elle est sur les bords de l'Ivalojoki.

Du reste, on a de nombreuses données qui prouvent que le pin s'est autrefois étendu plus loin vers le N. qu'à l'heure actuelle, ce qui concorde avec les renseignements que Ton a de la Suède. Ce recul de la limite du pin tient peut-être en partie à des changements généraux dans le climat, mais on l'a aussi constaté pour une courte période historique, ce qui est sans doute une conséquence de violents incendieset de déboisements imprudents.

Le pin croît le mieux sur les sols frais de galets concassés, surtout s'ils sont légèrement argi-^ leux; mais il se contente aisément, en ce qui concerne aussi bien le climat que la terre, et pousse par suite dans les régions les plus diverses, telles que les bruyères sablonneuses, les rochers presque nus, les marais et autres terres marécageuses. Pourtant il lui faut de la lumière, et il rejette rapidement les branches qui dans la croissance se trouvent à l'ombre; aussi, lorsqu'il est en massif ou mêlé à d'autres arbres, forme-t-il un beau tronc cylindrique sans noeuds, dont le bois élastique, facile à travailler, très résineux et par suite durable, rend r arbre très recherché, et, pour beaucoup d'usages,, à peu près indispensable, non seulement en Finlande, mais encore dans toute l'Europe, et même dernièrement dans des pays situés au delà des mers.

Le bois de pin du Nord, ou, comme on l'appelle ordinairement sur le marché, le bois rouge, est placé par les connaisseurs, à raison de son caractère durable et de l'absence relative de noeuds, au dessus du bois produit dans l'Europe centrale. A raison des prix fixés sur le marché mondial, le bois de pin finlandais est resté en deçà à la fois de l'exportation de Suède, oii la préparation est plus soignée et plus détaillée qu'en Finlande, et de celle de la Russie septentrionale, où la richesse relative des forêts a permis de faire un choix de pièces de charpente très précis et très avantageux pour l'exportation.

Le sapin (Picea excelsa Link) est après le pin l'arbre le plus important de la Finlande, et il rivalise avec lui par son endurance aux rigueurs du climat. Dans certaines parties du pays, le sapin l'emporte absolument sur le pin. Le sapin ne s'étend pas tout à fait aussi loin vers le Nord que le pin, mais de petits peuplements dispersés et des sapins isolés poussent encore sous cette forme près du lac Nitshijârvi (69^ 15 — 20' lat. N.) et le long du Paatsjoki encore un peu plus loin vers le N., soit à 69*^ 27' lat. N.

Pour se développer normalement, le sapin est plus exigeant que le pin quant à la fertilité, et surtout à l'humidité du sol. Par contre, il croît très bien même à l'ombre assez épaisse, et se glisse par suite régulièrement dans les peuplements d'autres arbres, surtout dans les forêts de pins, si le sol n'est pas trop sec et trop dur.

Sur le marché mondial, le prix» du bois de sapin est le plus souvent un peu inférieur à celui

dvi bois de pin pour les mêmes dimensions; une différence de 20 *^ ^^ est tout à fait ordinaire. Mais le sapin a été l'objet d'une demande énorme et sans cesse croissante comme matière première pour l'industrie rapidement florissante du papier et de la pâte de bois, qui se contente des petites dimensions. Il existe en Finlande deux espèces de bouleau, assez rapprochées l'une de l'autre: le bouleau loupeux ou pleureur (Betula verrucosct Ehrh.) et le bouleau à bois cassant ou pubescent (B, odorata Bechst.), et en outre diverses variétés hybrides et le bouleau nain (B. naria) appartenant aux buissons. Le bouleau forme la partie principale des forêts d'arbres à feuilles, c'est donc l'arbre à feuilles le plus important de Finlande. C'est le bouleau pubescent qui joue le principal rôle sur la plus grande partie du pays; il se contente plus facilement pour la station et le climat que le bouleau pleureur, et on le trouve p. ex. presque seul sur les sols marécageux. Dans le N. du pays, la prépondérance du bouleau pubescent devient de plus en plus nette, et celui-ci forme exclusivement la grande région dite des bouleaux qui existe en Laponie au delà de la limite du pin. On rencontre aussi dans la région alpestre le bouleau pubescent en général sous l'aspect d'une broussaille rampant sur le sol, p. ex. le long de la côte de la Mer glaciale et sur le Peldoaivi jusqu'à 540 m de hauteur. Plus loin vers le S. cette espèce devient un arbre de moyenne grandeiu^ avec une écorce lisse, blanche et des branches à direction horizontale.

Le bouleau pleureur l'emporte absolumeut sur le bouleau pubescent dans de grandes parties de l'archipel côtier du sud et du sud-ouest, et dans certains petits territoires il apparaît même à peu près seul. Il est commun dans toute la Finlande du sud et du centre, et même il y forme des peuplements, quoique sur de petites étendues. Dans le N. de la Finlande, il devient de plus en plus rare, mais on le retrouve encore dans la vallée du Patsjoki.

Au point de vue économique, les deux espèces de bouleau sont à peu près équivalentes ; ces arbres sont surtout importants comme fournissant un combustible excellent; de plus leur bois dur et- résistant a été souvent employé pour la fabrication de meubles et d'ustensiles de ménage. L'écorce a été de tout temps employée comme toiture et pour toutes sortes de travaux manuels. Dernièrement le bouleau a pris aussi une certaine importance pour l'exportation dans! la fabrication des bobines etc. ( >sqvares»).

De Vaune il existe aussi deux espèces: l'aune glutineux (A. glutinosa) et l'aune cendré (A. incana). Le premier forme des peuplements dans le sud de la Finlande sur des sols marécageux frais, mais apparaît d'ordinaire plus ou moins abondamment sur une bande étroite le long des cours d'eau et des rivages maritimes. L'abondance en décroît plus vite dans l'intérieur que sur les côtes, où il arriv(^ jusqu'à 65^* 27'; dans l'intérieur du pays, il devient déjà assez rare à partir du 63;e degré.

L'aune cendré occupe de grandes surfaces, surtout dans la Finlande centrale et orientale, ordinairement sur d'anciennes forêts brûlées et des terres

d'alluvions; il prend encore aisément racine sur des pâturages et des prairies; dans l'archipel du golfe de Finlande et de la Baltique, il ne se montre que par exception, mais on le rencontre déjà abondamment à quelques km de la côte. Vers le N. il va, bien que rabougri et sensiblement plus rare, presque jusqu'à la limite du bouleau pubescent. Il n'atteint jamais les mêmes dimensions que l'aune glutineux, se maintient volontiers en buissons, et a surtout de l'importance pour la ramée, comme combustible et comme litière.

Le chêne [Qîiercus pedu7icîilata Ehrh.) atteint déjà dans l'extrême sud de la Finlande la limite septentrionale de son extension spontanée, et il n'apparaît que très rarement en peuplements purs, mais le plus souvent mêlé à d'autres arbres ou en petits bouquets.

Le tremble (Fopiilus tremula L.) est un arbre forestier généralement répandu, qui va au nord à peu près aussi loin que le bouleau, mais forme rarement des peuplements purs, et n'est pas non plus d'une grande importance économique. Bien que cet arbre demande pour croître une terre fraîche et assez forte, il n'est pas rare de voir de maigres landes parsemées de drageons de tremble petits et faibles. Son bois blanc et mou est un peu employé pour la confection de pots, et il a été très recherché pour la fabrication des allumettes, ce qui a même donné lieu à une exportation de ce bois.

Après ces arbres indigènes, il faut encore mentionner un arbre étranger, le mélèze de Sibérie (Larix sibirica Led.), qui semble tout à fait se

prêter à une introduction dans les forêts finlandaises. La première forêt cultivée de cet arbre se trouve, chose assez remarquable, en Finlande, dans la paroisse de Nykyrka près de la frontière russe. Les mélèzes qui s'y trouvent se remarquent par une croissance particulièrement belle, avec des troncs très riches, presque sans noeuds, atteignant de 18 à 24 m.

Forêts privées.

Les forêts qui, par le partage, sont devenues des terres soumises à l'impôt, forment les »forêts privées» du pays. Le propriétaire en dispose librement, de même que des champs, sous réserve des petites limitations stipulées par la loi pour éviter la dévastation des forêts.

Le droit de pleine propriété dont a toujours joui le paysan en Finlande a aussi rendu possible la naissance et le développement de l' agriculture jusqu'à son stade actuel, malgré le peu de fertilité de la terre et la position septentrionale et froide du pays. Les riches forêts de la Finlande y ont contribué aussi dans une large mesure, en fournissant du bois, non seulement pour les besoins domestiques, mais encore pour la vente. De plus la forêt, surtout au point de vue de la culture par écobuage ou de la préparation du goudron, a joué un rôle très important. Bien que ces modes de culture abîment trop les forêts pour pouvoir être approuvés actuellement, ils ont pourtant été jadis

une source de revenus pour les habitants; il faut donc, pour les juger impartialement, reconnaître qu'ils ont eu à leur époque une très grande importance. C'est surtout la culture par écobuage, autrefois étendue sur tout le pays, qui occupe une place notable dans l'histoire de son développement.

Culture par écobuage. Aux époques anciennes, et encore au moment de l'introduction du christianisme, l'agriculture des Finnois consistait surtout dans l'écobuage. Sans doute, cette pratique perdit peu à peu du terrain, mais elle était encore la plus générale au début du siècle précédent, et elle est appliquée encore à la fin du siècle présent dans différentes parties du pays, surtout dans les parties orientales des gouvernements d'Uleâborg, S:t Michel et Kuopio.

Les différentes méthodes d'écobuage ont ceci de commun que la forêt est abattue et brûlée par régions, puis le sol préparé et ensemencé.

Préparation du goudron. A côté de la culture par écobuage, l'art de préparer le goudron en décortiquant le bois a été de tout temps connu dans le pays. La distillation du goudron se pratiquait en grand dès le XVI^ XVIF et XVIIP siècles. Pourtant pendant le siècle présent et surtout pendant les dernières périodes décennales, la situation a changé dans une grande mesure, surtout parce qu'au lieu de prendre le bois décortiqué lui-même, on emploie maintenant d'une façon générale les souches et racines des arbres façonnés en bois de charpente.

Par cette décortication, le but qu'on se pro-

pose est de produire du bois résineux pour la fabrication du goudron. Le pin, seul employé à cet usage, est décortiqué très tôt au printemps, alors (pie la sève monte et. que l'écorce s'enlève facilement, depuis une hauteur d'homme jusqu'à la racine, à l'exception d'une petite bande laissée du côté du nord, pour assurer la vie et la croissance de l'arbre. La seconde et la troisième année, la décortication se continue de même, avec cette différence que pendant la troisième année on ne laisse plus de bande fixée à l'arbre, et qu'on enlève même celles qui restent de la première et de la seconde année. Au bout de ces trois années l'arbre décortiqué est abattu et coupé en petits fragments, pour être placé ensuite dans une sorte de charbonnière appelée »mila», oii on le soumet à une distillation sèche.

Inceîidtes de forêts. De même que les autres pays du nord à population peu nombreuse et à grandes forêts, la Finlande a aussi été tous les ans dévastée par de grands incendies de forêts. Le dommage causé ainsi aux forêts a été très grand, surtout dans les étés secs, où l'incendie s'étendait parfois sur des dizaines de km"-, causant des pertes qui, il y a 80 ou 40 ans encore, pouvaient être estimées à des millions de marcs. Plus tard les choses se sont pourtant améliorées grâce au progrès des communications, à la hausse sur la valeur des produits forestiers et aux progrès de l'instruction.

Les procédés économiques dont il a été question plus haut, en se poursuivant pendant des siècles, ont naturellement imprimé aux forêts finlandaises un cachet tout différent de celui que la nature leur

aurait donné par elle-même. C'est ainsi qu'on peut affirmer avec certitude que la coutume de l'écobuage et les incendies forestiers ont dans une large mesure contrarié l'extension du sapin, tandis qu'ils ont d'autre part favorisé celle du bouleau, du tremble et de l'aune cendré.

Ressources forestières. Les méthodes d'agriculture décrites plus haut ont naturellement détruit non seulement la masse de la forêt, mais aussi les ressources en gros bois d'assortiment. De pareils bois, parmi lesquels on compte d'ordinaire les arbres fournissant les madriers de sciage, et qui ont au moins 30 cm à hauteur de poitrine, ne se rencontrent plus cependant d'une façon générale en massifs étendus, sauf dans les forêts de l'État. Dans les forêts privées, ces massifs à grands arbres ne se trouvent que dispersés çà et là dans le pays.

Le tableau suivant fournit une statistique indiquant le nombre des troncs de sciage qui en 1897 sont descendus le long des grandes rivières, et aussi le nombre moyen de billes nécessaire pour obtenir un standard de batings, ainsi que le nombre des scieries installées à l'embouchure de ces rivières.

Pi^cos do bois.

Nombre de billes par standard.

Cîrandes scieries.

Kivièrc de Tornen .

Keini

Ule.4 *. . . .

Kuiiio

Kyiiimonc

Piolis

Ajoutons qu'on avait en outre flotté sur le Kymmene 980,318 troncs destinés à Findustrie de la pâte de bois ou au chauffage.

L'exportation du bois est d'une grande importance pour le pays, qui en a tiré et en tire encore ses revenus les plus considérables. Cette exportation en 1898 ne se montait pas à moins de 94,090,000 marcs, soit près de la moitié de la valeur totale de l'exportation.

Pourtant, si on examine la question de l'exploitation des forêts, il faut reconnaître que ce n'est pas l'exportation seule qui les met à contribution. D'après l'évaluation d'une commission chargée de la revision de la législation forestière, la consommation de bois dans le pays même, pour usages domestiques, industriels et autres, atteint la quantité de 16,800,000 m\ tandis que l'exportation n'en absorbe que 3,350,000 ni'', non compris le bois fourni par les forêts de l'État.

SylviGultiire. Il y a encore trente ans, on ne pouvait pas en général remarquer qu'on donnât aux

forêts du pays de très grands soins, car à cette époque on employait encore pour les besoins domestiques les plus simples des bois de grandes dimensions et de grande valeur; par contre les chablis et cîmes restées de la coupe étaient abandonnées à pourrir dans la forêt; on laissait souvent aussi les incendies exercer leurs ravages sans- obstacle, surtoiit dans les parties septentrionales, etc.

Le commencement de l'amélioration date pourrant du début des années 1850, oi^i Ton créa un » Corps provisoire des forêts». Divers grands propriétaires fonciers firent en effet alors diviser leurs forêts en vue d'une exploitation régulière. Maia comme les bois de petites dimensions ne trouvaient pas de débouchés, on abandonna les plans au bout de 10 ans, et les coupes en revinrent à l'abatage irrégulier de jadis.

Mais dès le milieu des années 1870, soit immédiatement après la hausse subite sur les prix du bois, il se produisit un grand changement, qui se manifesta d'abord dans la partie sud du pays, et de là s'étendit aussi aux autres régions. Depuis cette époque en effet, on a cessé d'employer comme bois de charpente les dimensions plus grandes que le nécessaire, et pour les autres usages domestiques (combustible etc.), on n'emploie plus surtout les bons arbres sur pied, mais on se sert aussi des chablis.

Pourtant ce soin accordé aux forêts ne s'est pas étendu jusqu'à la question de la vente. La tentation pour les propriétaires fonciers a été trop forte pour qu'ils y pussent résister, trouvant là un

moyen de faciliter leur travail assez lourd et fatigant. La vente des bois amenait assez souvent une véritable dévastation, et on Ta maintes fois blâmée à juste titre, bien qu'on doive reconnaître d'autre part que le capital ainsi amassé a contribué à faire progresser l'agriculture et l'industrie du pays.

La surveillance exercée sur l'observation des lois forestières a été jusqu'ici laissée en Finlande à la police rurale. On a pourtant constaté que cette surveillance, dans des contrées aussi étendues, n'a pas été, ou plus justement n'a pas pu être assez efficace pour prévenir les dévastations, ce qui conduisit plus tard à prendre d'autres mesures qui visaient au progrès de la s^dviculture privée. C'est ainsi qu'ont été créés des instructeurs forestiers, et c'est aussi dans le même sens qu'a travaillé la Société forestière finlandaise créée en 1878.

Forêts des résidences de fonctionnaires.

De même que les forêts privées, celles (pii dépendent dee résidences militaù^es et civiles ont été, par l'exécution du grand partage, rangées dans la catégorie des terres imposées. Ces domaines de la couronne, appelés résidences de la couronne, ne se distinguent des terres qui, lors du grand partage, sont échues aux domaines privés que par le régime de la propriété. Le droit de propriété de la couronne date du XVIP siècle.

De ces biens, les »résidences militaires», qui forment la majorité, ont servi de domiciles et de terres de solde pour tous les officiers et sous-officiers de l'armée finlandaise tant qu'était organisé le système militaire dit »de répartition». Lors de la dissolution de ce système, les résidences, à quelques exceptions près, revinrent à la couronne, et maintenant toutes, de même qu'une grande partie des résidences civiles, et les biens de donation créés à une époque récente, sont affermées pour le compte de la couronne.

Mais quant aux forêts des résidences, il a été prescrit que le plan d'exploitation sera dressé pour chacune par les fonctionnaires de l'administration des forêts; approuvé par l'autorité compétente, ce plan sera suivi par le fermier, celui-ci disposant librement du bois qui d'après le plan doit être mis en vente. L'administration de ces domaines, dont le nombre total est d'environ 850, a été remise aux gouverneurs des provinces et à des inspecteurs spéciaux des résidences, tandis que d'autre part les travaux de répartition des forêts et le contrôle sont accomplis par les fonctionnaires forestiers.

Forêts de la couronne.

Lors des grands partages auxquels a été soumis le pays, on a appliqué le principe que le sol forestier qui, lors de l'accomplissement du partage, ne pouvait être réparti entre les domaines, reste-

rait indivis et serait réservé à la couronne comme terre supplémentaire, pour en disposer librement.

La couronne a du reste usé de ce droit, et s'est créé de la sorte un domaine public très important. Il était d'abord administré par les gouverneurs assistés de fonctionnaires de la couronne, mais comme cette administration ne pouvait s'occuper suffisamment des forêts et les rendre productrices pour la couronne, et que celles-ci étaient au contraire l'objet de dévastations de toute sorte, soit par les incendies, soit par les coupes, le gouvernement jugea nécessaire d'organiser la chose sur d'autres principes. On commença par organiser, d'après l'ordonnance du 14 janvier 1851, un corps forestier provisoire, et cette même ordonnance créait pour chaque gouvernement un inspecteur provincial des forêts pourvu d'un adjoint. Ces deux fonctionnaires avaient entre autres charges celle de veiller, sous la direction du gouverneur, à ce que l'on observât la nouvelle ordonnance forestière du 9 septembre 1851.

Pour donner un plus grand développement à la question forestière, et surtout pour organiser le corps forestier qu'on projetait, le gouvernement fit appel à un spécialiste étranger, le conservateur des forêts baron Edmund von Berg, directeur de l'école forestière et agricole de Tharand en Saxe, pour lui demander des conseils et des éclaircissements. Après s'être procuré par des voyages dans le pays les renseignements nécessaires, celui-ci donna en août 1858 un rapport sur ses travaux et un projet d'organisation d'un corps forestier pour le pays. C'est

ce projet qui servit aussi de base dans ses grandes lignes à F ordonnance du 7 mai 1859 et à l'instruction du 15 de ce même mois, concernant l'organisation d'un corps de forestiers chargé de surveiller et d'administrer les forêts de la couronne en Finlande.

Le 10 mars et le 15 avril 1859 avaient été publiées aussi des dispositions importantes concernant une question étroitement connexe à la question forestière, celle de la création d'un Institut forestier placé auprès de la forêt domaniale d'Evois. Cependant l'institut ne fut ouvert qu'en 1862, le personnel enseignant se composant d'un directeur, de trois lecteurs, d'un inspecteur des forêts et d'un maître de dessin.

Le développement pris au début par la question amena aussi bientôt à séparer l'administration forestière de la Direction générale du cadastre et des forêts, et à la placer sous une Direction des forêts distincte. C'est ce qui fut réalisé j)ar la promulgation du décret du l'' août 1863, d'après lequel l'administration est sous les ordres d'un directeur général qui décide seul sur les questions qui se présentent.

Comme on l'a noté ci-dessus, la hausse des prix du bois qui s'était produite au début des années 1870 avait provoqué des dévastations de forêts çà et là dans le sud du pays, et amené le gouvernement à créer en 1873 un comité chargé de faire une enquête sur la situation et de proposer un projet de dispositions. Ce projet, déposé en 1874, déclare entre autres choses qu'il faut » augmenter

les forêts de la couronne aux endroits convenables, surtout sur les chaînes de hauteurs d'une grande surface continue dans le centre et le sud du pays, et placer ces forêts sous l'administration du corps des forêts».

Le gouvernement, ayant lui aussi jugé cette mesure utile, fit procéder aussitôt aux achats de terrains convenables. Ces achats furent continués jusqu'au début de la période décennale actuelle, oii ils furent complètement arrêtés.

A côté de ces deux espèces de forêts de la couronne, il s'en rencontre encore une troisième, constituée par les »biens de donation» rachetés dans le gouvernement de Viborg. La dénomination de » biens de donation» désigne les nombreux domaines fonciers du sud-est de la Finlande qui, entre la conclusion de la paix de Nystad de 1721 (resp. d'Abo 1743) et l'année 1811, c. à d. pendant que la province de Viborg était incorporée à l'empire de Russie, avaient été donnés en fief à des particuliers par les souverains russes.

Le rachat de ces domaines par l'État finlandais a eu lieu depuis 1867. On accorda ensuite aux paysans le droit, par un achat à charge de cens, d'acquérir le droit de propriété complet sur les domaines d'où ils tiraient leur entretien, moyennant restitution à l'État, par amortissement, de la somme consacrée à l'achat. En rachetant ces biens, l'État s'est aussi pi'ocuré, là où les choses s'y prêtaient, de grandes étendues de forêts qui forment maintenant la troisième catégorie des forêts de la couronne.

Adîninistration et surveillance. L'administration locale des forêts de la couronne est remise à sept conservateurs et à 49 inspecteurs ou gardes généraux placés sous leurs ordres. De plus, on a placé, comme adjoints dans les cantons forestiers du gouvernement d'Uleâborg, 29 surveillants, et en outre 3 inspecteurs adjoints, dont deux pour le gouvernement d'Uleâborg et un pour celui de Viborg.

Pour la surveillance, on a 777 gardes forestiers. Depuis 1876 on a créé à l'institut d'Evois une école pour les gardes forestiers, avec une durée , de cours de deux ans.

Exploitation. Les vastes forêts placées sous l'administration de l'État n'ont pas en général permis d'autre exploitation que la coupe du bois ayant dépassé l'âge d'exploitabilité. D'après les taxations, il y avait à la fin de l'année 1899, dans les forêts de l'État placées sous l'administration forestière, 22,396,289 gros arbres de sciage et 30,712,501 arbres de sciage un peu plus petits.

Le parc oii l'exploitation méthodique est poussée de la manière la plus active est le parc de la couronne d'Evois. On y a fait aussi dernièrement, entre autres cultures, des semis d'arbres étrangers: sapin pichta, pin cembra, pin strobus, sapin Douglas et mélèze de Sibérie.

Bien que, comme on Ta noté, une exploitation un peu intensive soit assez rare, on s'est efforcé pourtant de l'introduire graduellement. A partir du commencement de, l'année 1899 le gouvernement a consenti à ouvrir des crédits pour trois fonctionnaires supplémentaires chargés de dresser un plan

d'exploitation des parcs de la couronne, (pii i)euvent compter sur des débouchés même pour les bois de petites dimensions.

Ilevenus, Les recettes i)rovenant de la vente des produits forestiers, des fermages, métayages etc. se montent à 2,912,965 marcs pour l'année 1899, tandis que le montant moyen pour les années 1890—1899 était de 2,327,464 marcs. Les dépenses annuelles de l'administration forestière ont été d'environ 850,000 marcs.

Eésumé de la statistique foncière pour tout le pays, non compris le lac Ladoga:

Terres privées .

Résidences . . .

Forêts delà eoii-

roniie

Terres

c\iltivées

ha.

Sol forestier see

ha.

Marais tourbières, rochers, eau etc.

ha.

Superficie

totale jjour

le pays

ha."

Totaux

Les 36,237,100 ha de la superficie du pays se décomposent en :

Champs, prés et autres terres cultivées . 9,74 ^/q

Sol forestier sec et véff Stable .

Marais, tourbières, rochers, eau etc

Total 100,00 ^' 0

Résumé d'après une étude détaillée de M. E. Th. Sallmén, ingénieur des forêts.

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