LA PÊCHE EN FINLANDE
La Finlande a une étendue de côtes d'environ 1,440 km, et un archipel côtier très vaste; la population de ces régions a pour ressource principale la pêche. En outre la Finlande est le pays du monde le plus riche en lacs. Ses lacs intérieurs et ses eaux courantes occupent une superficie de 41,660 km'-, soit 11,2 '* ^ de la superficie du pays. Par suite la pêche est, même pour les habitants de l'intérieur, une source annexe de revenus d'une grande importance; ce n'est pourtant que par exception qu'elle constitue leur occupation principale.
Les pêcheries de Finlande peuvent se diviser en trois groupes principaux: 1) les pêcheries maritimes et côtières; 2) les pêcheries lacustres; 8) les pêcheries fluviales.
Pêcheries côtières et maritimes. L'eau des mers qui bornent la Finlande, la Baltique avec les golfes de Finlande et de Bothnie, n'a qu'une très faible salinité. Sur la côte sud-ouest de la Finlande, la teneur en sel à la surface est d'environ ^\\q(^,q, et dans le Kvarken septentrional elle atteint encore ^q^q. Dans le golfe du Botten, c. à d. dans la partie du golfe de Bothnie située au nord
du Kvarken, elle n'est que de "V^ooo ^^ ^/looo» ^^ dans la partie située le plus au nord elle tombe au dessous de '^ ^qoq. D'une manière générale, on peut dire que la salinité sur la côte orientale de la Baltique et du golfe de Bothnie est, à latitude égale, plus forte que sur la côte occidentale.
De même que la salinité diminue quand on va de l'archipel d'Aland vers l'extrémité septentrionale du golfe de Bothnie, de même elle diminue quand on va vers l'est dans la direction du golfe de Finlande. Devant Helsingfors elle atteint encore ^\qqq env., mais à l'extrémité orientale du golfe la salinité n'est presque plus sensible.
Le peu de salinité de l'eau de mer, et peutêtre aussi le fait que le golfe de Finlande et la mer de Bothnie sont couverts de glace pendant 3 ou 4 mois, et le golfe du Botten pendant 5 ou 6, font qu'il y a peu de véritables poissons de mer qui puissent vivre dans ces eaux*).
'■') Ce .sont:
Cotti/fi scorpiffs L.
» huhalis Euphr. (r.) {/radricomis L.
(rcisterosieus spinafhia L. (r.) !-îcoïnheA' scombnis L. (r.) G oh lus nujrr L.
» minutus Gmcl.
Cyclopterus liimpiis L.
Liparis lineatus Lep.
Centronotus gimeUus L.
Lnmpeuus lampetraefonnls Wallj.
Zoarces vi ri parus L.
Ammodytes lanccolatus Le Sauv.
lancea Ciiv.
Gadus callarùts L.
Cependant de ces poissons de mer, seuls le hareng baltique, le harenguet, la morue, le flet, la cotte quadricorne et le chaboisseau se rencontrent en assez grand nombre pour pouvoir faire l'objet d'une pêche régulière. Celui qui occupe la première place est le hareng baltique (Clupea harengus L.). Sur le produit total de la pêche en Finlande, qui d'après la statistique officielle s'était monté pendant la période 1891 — 1895 à une moyenne annuelle de 17,290,400 kgs, la pêche du hareng baltique atteignait 8,346,200 kgs. Le harenguet (Clupea sprattus L.) ne figure que pour une quantité relativement faible, mais il a pourtant une grande importance dans le sud-ouest de la Finlande, oii il constitue la matière première d'une industrie de conserves fabriquées dans les maisons, et qui sont d'un bon rapport. La morue, le flet (Pleuronectes flesus L.), la cotte quadricorne et le chaboisseau (Cottus scorpius L.) sont très nombreux sur les côtes sud et sud-ouest du pays, mais la pêche n'en a pas atteint un développement considérable.
La faible salinité de l'eau de mer fait que la plupart des poissons qui vivent dans les eaux de l'intérieur se plaisent aussi le long des côtes. Pendant la période 1891 — 1895, on pécha annuellement 1,446,100 kgs de ces poissons à écailles: brochet,
lîlwmbus 7}iaxhui(s L.
Pleuronectes flesus L.
Clupea harengus L.
» spraffus L, Belone vulyaris Floni. (r.) Slp]to)U)sio)n(i tjiplile L.
XeropJfis opUidion L.
perche, ide, brème, serte, lotte, gardon. En même temps que ces poissons, il faut aussi mentionner le lavaret (Coregonus lavaretiis L.) dont on prit annuellement 493,900 kgs, et l'éperlan (Osmerus eperlanus L.) dont on recueillit 459,100 kgs. Dans la mer de Bothnie en hiver, et dans le golfe du Botten au printemps et au début de l'été, on fait une abondante pêche au saumon, qui a rapporté 208,900 kgs de saumon par an. Pendant ces dernières années on a également commencé à Âland à se livrer au début de l'été à la pêche du saumon. L'anguille, abondante sur une partie des côtes, n'a cependant été jusqu'ici que peu recherchée par les pêcheurs de profession.
Pêcheries lacustres. Parmi les poissons répandus dans les lacs, les plus importants au point de vue économique sont la corégone blanchâtre (Coregonus albitla L.) et l'éperlan. On en a pris une quantité de 1,849,000 kgs par an. En même temps on prenait par an 3,679,400 kgs de poissons à écailles.
On prend dans les lacs de grandes quantités de lavaret et de truite ou de saumon lacustre (Salmo eriox L.); mais il est impossible de fournir de renseignements sur cette pêche, la statistique officielle ne séparant pas le lavaret et le saumon pris dans les lacs de ceux pris dans les rivières. La plus grande partie de ces espèces, surtout du saumon, étant pêchées dans les rivières, on donnera les chiffres qui s'y rapportent dans le paragraphe suivant.
Pêcheries fluviales. Parmi les poissons péchés
dans les rivières, c'est le saumon qui, en raison de sa grande valeur, occupe la première place. Pendant les années 1891 -- 1895, on prit dans les rivières et lacs du pays une quantité annuelle de 330,800 kgs de saumon, et de 34,100 kgs de truite et de truite saumonée. Parmi les rivières à saumon, le Kemi, l'Ijo et l'Uleâ sont les principales. La première donne à elle seule presque un quart du saumon péché en eau douce.
Après le saumon, c'est le lavaret qui occupe la place la plus importante parmi les poissons de rivière. Dans quelques rivières, comme par exemple le Kumo, la pêche du lavaret est même plus importante que celle du saumon. Pendant la période ici envisagée, la pêche du lavaret dans les lacs et rivières atteignait en moyenne 417,100 kgs, y compris la pêche, relativement insignifiante, de l'ombre (Thymidlus vulgaris Nilss.). Dans la plupart des rivières, surtout de celles qui se jettent dans le golfe de Bothnie, on se livre en automne à une pêche très productive de lamproie (Petromyzon fluviatilis L.), sur laquelle on manque pourtant de données statistiques.
La pêche de l'écrevisse a sans cesse augmenté pendant les dernières années. L'écrevisse de rivière commune (Astacus fluviatilis L.) ne se trouve que dans les parties centrale et méridionale du pays. Le point extrême de son extension géographi({ue est la rivière de Kronoby (63"^ 56' lat. N.). Si on fait exception de quelques endroits dispersés çà e^ là et oii on l'a transportée, la limite septentrionale est située entre 61" et 62** de lat. nord. Au sud
de cette limite, elle se trouve dans les rivières et lacs, petits ou grands, et souvent par grandes quantités. La pêche est faite le plus souvent par des enfants ou des personnes impropres à tout autre travail. Il y a quelques années encore, on pouvait acheter dans certains endroits un cent d'écrevisses pour 50 à 60 pennis. Mais depuis que l'exportation à destination de la Eussie et de la Suède et surtout de l'Allemagne s'est accrue pendant ces dernières années, le prix s'est élevé sur les places même de la pêche à 2 ou 3 marks le cent.
Modes et engins de pêche. Pêche maritime. La pêche sur les mers qui entourent la Finlande est surtout une pêche côtière; elle se fait uniquement sur des barques non pontées, ou, en hiver, quand la mer est couverte d'une couche de glace, à travers cette couche. On n'emploie nulle part de barques pontées à voiles ou de A^apeurs pour la pêche en Finlande. Cela n'empêche du reste pas les pêcheurs, dans certaines régions, de se rendre, dans leurs barques non pontées, assez loin en pleine mer pour pêcher à la traîne, ou de placer leurs »filets fixes» pour la pêche du hareng sur les rochers et basfonds les plus éloignés.
La construction et le gréement des bateaux varient selon les régions. En général ils sont effilés de poupe et de proue, et portent deux mâts avec une voile à livarde et parfois un grand foc.
Comme on l'a déjà indiqué, c'est le hareng baltique qui constitue la principale espèce de poisson au point de vue économique. La pêche en était faite auparavant surtout à la senne, et cet engin
est encore le principal dans certaines régions. La pêche du hareng à la senne se fait surtout au printemps et au début de l'été, alors que le hareng arrive dans l'archipel côtier pour frayer, et en hiver sous la glace. Les filets d'été sont en général plus petits que ceux d'hiver. La longueur des premiers dépasse rarement 200 mètres, les derniers ont souvent 250 m. et même un peu plus. La hauteur en est calculée sur la profondeur de l'eau, et peut varier de 3 à 27 mètres. Au milieu de la senne est un sac allongé, la »poche» ou »veau», où les mailles sont le plus serrées: l'écartement y varie de 13 à 17 mm.
La plus grande partie du hareng péché en Finlande se prend maintenant avec des filets, de 30 à 40 m. de longueur et de 7 à 8 m. de hauteur. On les place au printemps, le plus souvent en crochet (crémaillères), un filet étant placé perpendiculairement au rivage, et un autre à la suite, mais faisant un angle avec le premier. Quand les nuits sont devenues obscures en automne, on place les filets perpendiculairement au rivage, sans faire d'angles. Outre cette méthode de filets posés, les pêcheurs de hareng d'Âland et d'Ostrobothnie emploient aussi la pêche à la traîne en mer ouverte; on place à la suite l'un de l'autre une dizaine de filets qu'on attache au bateau, et on laisse celui-ci aller selon le vent et le courant. Cette dernière méthode a été introduite pendant les années 1860 par des pêcheurs de Gotland.
Dans la partie septentrionale du golfe de Bothnie, on a, outre la senne et le filet, employé aussi pour
la pêche du hareng, au moins pendant un siècle, les > grandes nasses», qui se sont répandues de ce pays, pendant les dernières périodes décennales, dans presque toutes les régions côtières de Finlande. Une grande nasse se compose de la nasse elle-même, du bras fixé à terre et de deux bras d'angle ou de côté (voir fig. 1). La hauteur varie naturellement, selon la profondeur de l'eau oii on emploie la nasse, de o à 12 mètres. La longueur du bras fixé à terre varie le plus souvent de 50 à 125 mètres, celle des bras d'angle est de 12 à 27 mètres. On les place de manière à former devant l'orifice de la nasse une enceinte vers laquelle le poisson est poussé le long du bras de terre, mais d'oii il ne peut plus sortir. Le bras de terre et les bras d'angle sont attachés à des pieux fichés sur le fond à une distance de 5 à 9 m. l'un de l'autre, ou bien on en maintient la partie supérieure flottante au moyen de flotteurs: dans ce cas ils sont fixés en place par des étais ancrés. Les mailles dans la partie la plus reculée de la nasse (»chambre au poisson») ont ordinairement 12 à 15 mm. d'écartement.
Les nasses à hareng sont employés depuis la débâcle des glaces ordinairement jusqu'à la Saint Jean, dans la partie septentrionale du golfe de Bothnie jusqu'à la Saint Jacques (25 juillet), et de nouveau en automne après le 1""' octobre; on y prend alors le lavaret et la corégone blanchâtre pendant le frai.
Le lavaret est péché surtout dans de petits filets à lavaret, des filets profonds placés en angle (^^ filets à anglesy>) et des fiasses à lavaret.
C'est la grande nasse qui maintenant constitue dans la plupart des régions côtières l'engin principal pour la pêche du lavaret. Ces nasses à lavaret ressemblent d'une façon générale à celles qu'on vient de décrire à propos de la pêche au hareng, mais sont à mailles plus larges: l'écartement des mailles dans la poche au poisson est de 2,5 à 3,5 cm. Comme on a jugé que l'emploi des grandes nasses avait amené une diminution considérable du poisson, on en a interdit l'emploi dans certaines régions, surtout dans l'archipel côtier intérieur.
Dans certains endroits de l'archipel côtier intérieur, la pêche des »poissons à écailles, nom qu'on donne à diverses espèces de poissons d'eau douce: perche, brochet, sandre, brème, ide, goujon etc. est d'une très grande importance. On les prend surtout au printemps à l'époque du frai dans de petites nasses, et en hiver sous la glace avec des filets.
Il faut mentionner d'une manière spéciale la pêche du saumon, pratiquée dans la partie septentrionale du golfe de Bothnie, non seulement parce qu'elle a une importance économique considérable, mais aussi à cause des engins de pêche qu'on y emploie, qui sont relativement grandioses et particuliers à cette pêche.
Autrefois on tendait pour le saumon des filets dont la bande inférieure était maintenue au fond par des pierres, et la bande supérieure à la surface par des flotteurs. Le courant et les mouvements de la mer déplaçaient souvent ces filets. Il y a quelques dizaines d'années, on commença
par suite à fixer les filets à des pieux fichés dans le fond. Les filets ont en règle générale 10 brasses (17,8 m.) de longueur, et une hauteur variable selon la profondeur de l'eau. Dans certains endroits, on emploie des filets de 10,5 m. de hauteur et même davantage. L'écartement des mailles est de 9 cm. La réunion de trois filets forme une »jata ou »mocka . Une moitié des filets extérieurs de la >mocka» fait ordinairement un angle aigu avec la direction principale de la »mocka». C'est dans l'angle ainsi formé que le saumon reste le plus souvent accroché. Il est rare qu'on voie une »mocka» isolée; d'ordinaire on en réunit plusieurs pour former une longue rangée de filets en ligne droite ou courbe. Maintenant ces rangées de filets se terminent le plus souvent sur une »bordigue» (katsa, fig. 2). Là aussi le saumon, pour être pris, doit être accroché dans les mailles. Cependant il arrive souvent que le saumon enfermé dans cette nasse ne fait aucun effort pour s'échapper, et par suite ne se prend pas dans le filet, mais se sauve quand on lève le filet; c'est pourquoi on a commencé récemment à adapter à ces nasses un fonds en filet qui les change ainsi en »filets à fond> (»pound net» des Américains).
Pèche fluviale. Le saumon se prend dans les rivières de Finlande le plus souvent dans des barrages (pator) et au filet.
Les y)patory> (sing. pata) diffèrent de construction selon les rivières. Dans celles de Torneâ et de Kemi on emploie des pièges d'une espèce particulière, dont les dessins ci-joints (fig. 3) donnent une idée, et qu'on appelle »karsinapator». Ils se
composent d'un ou de deux bras de barrage et d'une clôture plus ou moins rectangulaire (»karsina») oii le saumon se rassemble et où on le prend par une sorte de pêche à la traîne. Les parois du barrage et de la clôture se composent de perches fichées verticalement, écartées de 2 à 4 cm l'une de l'autre, et s' appuyant contre des chevalets chargés de pierres. Outre ces >pator; , il y en a dans ces rivières d'autres, composées d'un barrage construit en général perpendiculairement au rivage, de même nature que les bras de barrage des »pator> précédentes; on y laisse des ouvertures où l'on place des casiers. Le saumon qui n'ose pas entrer dans le casier est pris d'ordinaire dans un long sac en filet qui va en se rétrécissant (en finnois »potku») qu'on fixe un peu en aval du casier, la grande ouverture dirigée vers l'amont. Ces »pator» avec casier et nasse en filet s'emploient dans les rivières de Simo, Ijo, Haukipudas, Uleâ et Siikajoki.
Dans le Kumo, les >pator;> ont la forme de pontons partant du rivage, et d'où le saumon qui s'arrête au bas du barrage et n'est ni entré dans les casiers faits de lattes de bois, ni descendu avec le courant dans les nasses, est enlevé avec de petites épuisettes à long manche.
Tous ces engins sont placés au printemps et relevés à l'automne. Par contre on emploie dans le Kymmene des engins dont les appuis sont formés par des caisses remplies de pierres et qu'on ne relève jamais; on y prend le poisson dans des boîtes carrées formées par des lattes de bois, avec une entrée en forme de coin.
Dans le Viioksen, les »pator» se composent d'une clôture faite d'un filet attaché à des piliers, et en aval de laquelle sont placés de grands casiers ou nasses, comme le montre la fig. 4. Ces engins du Vuoksen sont donc une espèce de » grande nasse» arrangée en vue de la pêche fluviale.
On emploie aussi la senne pour la pêche au saumon dans les rivières. Dans le Vuoksen et la rivière de Kumo, c'est une senne ordinaire qu'on étend depuis une rive en la traînant en bateau et qu'on tire à terre sur la même rive un peu en aval du point de départ. Dans le Kymmene, on construit dans les rapides des môles de pierre partant du rivage, et entre lesquels se forme un espace oii l'eau est tranquille. Le saumon, en remontant le courant, s'y rend pour se reposer, et on le prend avec un petit filet que l'on tend au moment de la pêche devant le débouché de l'eau tranquille et qu'on lève sur une passerelle en pente construite à cet effet. Dans les rivières septentrionales, on traîne une senne spéciale, constituée par un filet droit, à mailles larges, sans nasse, que l'on remonte vers l'aval entre deux bateaux, et oîi tous les poissons qu'il rencontre restent accrochés.
On emploie en général les mêmes engins pour la pêche du lavaret, qui est avec le saumon le principal poisson de rivière.
Pêcheries lacustres. Les poissons lacustres les plus importants au point de vue économique sont la corégone blanchâtre et l'éperlan. La corégone se rencontre à peu près partout en Finlande;
la limite septentrionale exti'ême est le lac d'Enare (69" 20' lat. N.). L'éperlan est également commun, mais ne remonte pas au delà du 68"" degré.
L'engin principal employé pour la pêche de ces deux poissons est la senne. Les sennes ont d'ordinaire une longueur de 107 à 178 m. (60 à 100 brasses). Au milieu on j trouve un »coin» en forme de sac. C'est en face de ce coin que la hauteur de la senne est le plus grande: elle varie selon la profondeur du lac de 4 à 10 mètres. C'est dans le »coin» que les mailles sont le plus serrées. Les mailles ont d'ordinaire de 8 à 10 mm. d'écartement; exceptionnellement, là où le poisson est de petite taille, les mailles n'ont que 6 mm.
La corégone et l'éperlan atteignent dans les divers lacs des dimensions très différentes. Dans les lacs où la nourriture est abondante, ils deviennent plus grands que là où la nourriture est maigre. Les ensemencements de poisson, souvent pratiqués en Finlande, en fournissent une preuve concluante. Dans ces cas, il arrive souvent en effet que la corégone, au moins pendant ses premières années, atteint une taille bien plus grande dans le lac où elle a été transplantée que dans celui d'où on l'a apportée. Dans les lacs où la corégone et l'éperlan atteignent une taille assez grande, on les pêche souvent avec des filets qui n'ont qu'un mètre de hauteur environ.
Le lavaret est lui aussi, surtout dans la Finlande septentrionale et la Laponie, l'objet d'une pêche importante. Dans la Finlande centrale, on
le trouve le plus souvent à l'automne au milieu ou près des rapides, vers lesquels il remonte pour frayer. On le prend le plus souvent à la senne et au filet, et, dans les rapides, également dans les >ypator>^ et à la nasse.
Parmi les autres poissons, les plus fréquents sont le goujon, la perche, le brochet et la brème. C'est surtout dans les lacs peu profonds, où manquent la corégone et le lavaret, que ces poissons ont une grande importance économique. On les prend surtout au printemps avec des sennes, des filets, des nasses, des bor dignes et des casiers; le brochet et la perche se prennent en outre à V hameçon et à la ligne de fond, pour ne pas parler de la ligne volante. Les bordigues dont il vient d'être question se composent d'un enclos partant de la rive, et qui ont à leur extrémité libre une enceinte de lattes, d'oîi on enlève le poisson avec des épuisettes. Tout près du rivage, l'enclos est fait de branchages que le poisson recherche pour y frayer. Ces engins de pêche sont donc en même temps des places de frai artificielles. — Un poisson qui dans certaines contrées joue un rôle économique important est le sandre, à qui son goût fin assure dans le commerce un prix élevé. On le prend surtout à la senne et à la nasse, et aussi à Vhameqon.
La pêche comme sport. La plupart des rivières permettent de se livrer à la pêche pratiquée comme sport, surtout la pêche au brochet et à la perche. Mais la truite elle aussi est répandue sur la plus grande partie du pays, et atteint dans un certain nombre de grands cours d'eau un poids
de 10 à 13 kgs. L'ombre abonde dans les cours d'eau du nord, mais on le trouve aussi au sud, dans le Kumo et le Vuoksen. Au contraire on ne peut compter sur une bonne pèche au saumon que dans rUleâ. Le i)lus grand saumon pris à la ligne dans cette rivière pesait 22 kgs. En outre on pêche aussi le saumon à la ligne dans le Kumo et rijo; mais ce n'est que dans leur cours supérieur, et encore ne le prend-on qu'en faibles quantités. Dans le Vuoksen, on ne trouve pas à proprement parler le saumon de mer, mais une variété qui descend jusqu'au Ladoga. Ce saumon dépasse rarement 4 à 5 kgs; on le prend lui aussi à la ligne.
Préparation du poisson. La préparation du poisson : séchage, salaison et conservation dans des vases à fermeture hermétique, n'a maintenant d'importance que là oii il existe du poisson qui s'y prête, et en quantités telles qu'on ne peut le vendre tout entier frais. Comme du reste les poissons que l'on peut sécher ne sont- pas très fréquents en Pinlande, ce mode de préparation fait l'objet seulement d'une industrie peu importante, et en vue des besoins domestiques. Au contraire la salaison est en Finlande la forme essentielle de la préparation du poisson. C'est ainsi qu'on sale par grandes (quantités le saumon, le poisson le plus précieux de Finlande. Dans la plupart des pêcheries importantes, le produit de la pêche est acheté sur place par de grandes maisons de poissonnerie, qui travaillent le poisson en général fort bien. Parmi les poissons d'eau douce, c'est surtout la corégone
blanchâtre, le lavaret et la brème que l'on sale, en partie pour les besoins domestiques, mais aussi pour la vente sur le marché intérieur. Quant au poisson le plus important au point de vue économique, le hareng baltique, on le sale par grandes quantités, et il constitue ainsi préparé un article de commerce très important aussi bien en Finlande que dans les pays voisins, Russie et Suède. En général on le sale fortement: sous cette forme, il ne répond guère aux exigences gastronomiques un peu relevées; mais il n'y a pas de remède, cette préparation étant déterminée par le goût de la population. Cependant on a commencé récemment à saler le hareng selon la méthode hollandaise, ce qui lui donne un goût excellent. Mais comme le hareng ainsi préparé ne peut se garder aussi longtemps qu'avec une forte saumure, et ne supporte pas la cuisson sans tomber en morceaux, la grande masse de la population ne le demande presque pas.
La préparation du poisson fumé n'a été, jusqu'à ces dernières années, pratiquée que comme industrie domestique et dans des proportions restreintes. Maintenant il existe pourtant quelques fumeries de poisson, où se pratique le fumage à chaud du poisson, surtout du hareng baltique, du lavaret, de Téperlan et de l'anguille, selon la méthode de Kiel; la fumage à froid est employé surtout pour le saumon. Mais comme le poisson fumé n'entre pour ainsi dire pas dans la nourriture de la population, cette préparation est encore de peu d'importance en Finlande.
l^e système des conserves en vases hermétiquement clos n'a pas pu davantage se développer jusqu'ici et prendre une imi)ortance économique notable, bien qu'il existe des fabriques où l'on prépare le harenguet et le hareng baltique pour les transformer en anchois et en harengs épicés. Cette dernière espèce de conserves a un très bon goût, et peut compter sur une vente même sur le marché extérieiu\ Quant à la préparation des - anchois >; cette industrie ne peut se développer suffisamment faute d'une assez grande abondance de la matière première, le harenguet, pour fournir aux besoins d'une exportation sérieuse. Cependant dans la région d'Ekenas la préparation dû harenguet dans des tonnelets de bois est pratiquée en proportions considérables comme industrie domestique par les pêcheurs et des femmes de la ville.
Enfin il faut noter que le grillage et le marinage de la lamproie de rivière est l'objet d'une sérieuse industrie domestique sur les bords des rivières qui se jettent dans le golfe de Bothnie, où ce poisson est assez répandu.
Commerce du poisson: exportation et importation. Le commerce du poisson est entre les mains de petits commer(^ants ou des pêcheurs euxmêmes, qui le font d'une manière tout à fait primitive. C'est à peine s'il existe de maison d'exportation en gros. Sans doute dans les grandes villes on vend beaucoup de poisson vivant, mais la plus grande partie du poisson frais offert sur le marché est mort. En hiver, la plus grande partie est vendue gelée, et peut par suite supporter
d'assez longs transports sans être endommagée. Par contre en été le transport du poisson à de longnes distances est un cas exceptionnel. A cette saison, le poisson n'arrive aux villes que des environs immédiats. On n'emploie que rarement la glace, et jamais la congélation artificielle.
Néanmoins l'exportation du poisson de Finlande pendant les dernières années a été très importante, et dépasse sensiblement l'importation, comme il résulte des tableaux suivants.
ValeuK de l'importation et de l'exportation de Finlande de poissons, produits de pêcheries et crustacés de 1889 à 1898, en milliers de marks
Sx
I m p 0 r t a t i 0 ii,.
Poi?;son: frais,
séché, salé ou
fumé.
Conserves et crustacés.
Poisson: frais,
séclié, salé on
fumé.
Consei'vos et ci'ustacés.
Tableau
détaillé de l'importation du)
Poisson frais ou vivant.
Hareng salé.
Autres
poissons salés
ou fumés.
Merlan noir.
CD
Quant.
kgs.
Valeur
mks.
Quant.
kgs.
Valeur mks.
Quant.
kgs.
Valeur mks.
Quant, kgs.
Valen mks.